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 Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |

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MessageSujet: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   20.02.10 2:18

    Juliette avait passé une journée bien fatigante en ce jour, d’abord elle c’était levée très tôt pour se préparer à aller au château de Versailles. En effet elle habitait au château de Trianon avec quelques autres nobles, ces apparitions au château de Versailles étaient plutôt rare mais elle se tenait d’être remarquable à chaque fois, visible et belle ce n’était pas en option lorsqu’on fréquentait Versailles c’était plutôt une obligation. Juliette avait donc réveillé ces dames d’honneurs qui ne se levait pas très tard contrairement à elle qui aimait beaucoup dormir, les deux dames de compagnies l’avaient habillée d’une robe rose bonbon, certaines auraient pensées que c’était à vomir mais c’était assez voyant et très à la mode : elle le savait à Versailles il ne fallait pas passer inaperçu. Alors qu’il était près de dix heures du matin, Juliette enfila sa perruque et décida de se maquiller par elle-même. Elle savait qu’il n’était pas évidant et que les nobles préférait souvent faire faire ça par les personnes qui les servaient mais Juliette avait décidé de faire ainsi, elle restait finalement une personne assez simple.

    Elle arriva au château de Versailles pile à l’heure de la messe, Juliette y assista, étant une personne pur et croyante elle aimait beaucoup assister au messe mais de la a assister à des messes en latin chaque jour elle s’en serait peut être passer. Bien sur comme tout les nobles digne de ce nom elle avait une formation en latin, elle parlait aussi l’anglais et l’espagnol. Cette diversité de langage était très apprécié à l’époque, pour sa vivacité d’esprit et son intelligence Juliette Charlotte avait fait sensation plus que pas sa richesse qui était loin d’être démesuré.
    Pour le déjeuner elle avait était invité au palais, elle ne mangeait pas à la table de la famille royale mais elle avait était invité dans les appartements d’une princesse de sang qu’elle connaissait peu. Cette princesse avait trouvé bon de mieux faire connaissance avec la jeune femme autour d’un repas et cela avait marchée, les deux jeunes femmes faisaient preuve de courtoisie mais Juliette Charlotte la trouvait légèrement trop prétentieuse : ça devait être ça la grande différence des rangs.

    En fin d’après midi alors que certains faisait une sieste, Juliette Charlotte décida de visiter son ami Molière, c’était un homme qui commençait à être connu à Versailles et ils s’étaient tout de suite bien entendus. Certes il y avait une assez grande différence d’âge entre eux deux mais ça ne les empêchait pas d’être ami, ils parlaient de tout et de rien, ils parlaient pas mal de théâtre ou d’autres langage, ils étaient à peu près sur la même longueur d’onde sauf sur certains points qu’il évitait d’aborder. Juliette lui confia qu’elle s’ennuyait un temps soit peu à Versailles : elle ne faisait rien de ses soirées et encore moins de ses nuits. Sa vie de célibataire cherchant le prince charmant la faisait passer de salon en salon où on la présentait souvent à des vieillards pour qui elle n’avait que très peu d’intérêts.
    Juliette Charlotte dina chez Molière au moins ici elle se sentait à l’aise, elle n’avait pas trop à s’expliquer ni à faire bonne figure comme à la cour, ici elle était dans des appartements privés. Elle faisait aussi preuve d’intelligence et pouvait montrer aux autres que la femme n’était pas qu’un objet de désir mais aussi une personnalité particulière, elle aimait beaucoup que les hommes prennent conscience de cela car à cette époque être une femme à la naissance était déjà un réel handicap.

    Après ce diner Juliette Charlotte, Molière et une petite troupe de personnes décidèrent de se rendre à Paris pour regarder une pièce de théâtre, ils montèrent ainsi dans trois petits carrosses différents. Les carrosses étaient assez luxueux, même si les voyages étaient longs à cause d’eux Juliette aimait bien les emprunter elle trouvait cela très divertissant et assez confortable. Une fois arrivé à Paris ils allèrent se divertir dans le théâtre, Juliette Charlotte ria beaucoup pendant cette soirée et après cela ils repartirent doucement, légèrement fatigué, Juliette Charlotte s’assoupi même dans le carrosse tellement cette journée avait était fatigante.

    A Versailles ses amis lui dirent au revoir et elle du rentrer seul à Trianon, elle n’était pas très rassurée à l’idée d’aller seule dans les jardins seule le soir alors qu’il était le milieu de la nuit. Néanmoins elle ne fit mine de rien, elle n’était pas peureuse, pas trouillarde, elle n’avait jamais peur de rien enfin c’Est-ce qu’elle laissait paraitre. Juliette traversait les bois qui menait à Versailles tranquillement, une petite bougie à la main elle essayait de trouver son chemin mais elle se perdit malheureusement vite dans le labyrinthe des arbres qui s’offrait à elle. Il n’y avait personne et il faisait noir, très noir, elle ne voyait plus rien, sa bougie était presque consumé, elle entendait des bruits, quelques bruits, elle préférait penser que c’était le bruit des animaux et elle se disait que le roi avait beaucoup de bête à chasser.

    Elle sentit une présence derrière elle et dans le peu de choses qu’elle voyait elle vu des ombres, deux ombres, deux ombres qui étaient derrière elle. Elle se rendit compte que ses ombres la suivait depuis un petit moment avant elle ne s’en était pas rendue compte mais maintenant elles ne semblaient pas se détacher d’elle. Ces deux hommes, elle savait que c’était des hommes ne la lâchait pas d’une semelle, elle décida de courir un peu pour les semer, c’Est-ce qu’elle fit mais cela ne marcha pas. Les deux hommes la prirent de force, elle eut mal. Ils commencèrent à lui enlever sa belle robe qu’elle avait mis des dizaines de minutes à enfiler et ils la toucher avec leurs mains répugnantes. Ils touchaient sa peau pure qui n’avait jamais connu l’amour et la luxure, néanmoins il n’eut le temps de rien faire à part la toucher, il faut dire que Juliette Charlotte se débâtait et crier fort, cela n’arrangeait pas leurs affaires, les deux hommes avaient bien du mal, ils avaient mal choisit leurs proies. Alors qu’ils commençaient à devenir plus entreprenants envers elle, un troisième homme arriva et déjà des larmes coulèrent sur ses joues tandis qu’elle continuer de crier de se débattre. Comment pouvait-elle faire, elle n’acceptait pas l’idée de se faire violer par trois hommes, elle continuait de se débattre et de crier et cela semblait marcher car il ne lui avait toujours rien fait a part la toucher.
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MessageSujet: Re: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   04.03.10 5:30

Nicolas se retourna sur le dos et soupira. Fermant les paupières, il remua les yeux, dévoré par cette sensation douloureuse, mais ô combien plaisante! De la fumée traînait dans l’air et une musique jouait un air joyeux un étage plus bas. Couché dans le petit lit, le mousquetaire tentait de reprendre le cours normal de sa respiration. Dans la chambre voisine, un cri de jouissance fit écho aux soupirs. Un mesquin sourire se posa sur les lèvres de Nicolas. Sans aucun doute, il était bien heureux au lieu où il était et il ne voulait certainement pas en changer. Les petites mains d’Isabelle recommençaient déjà à le taquiner. Se mordant la lèvre inférieure, il la laissa faire quelques instants, puis, reprit vite l’énergie qui l’avait quitté plus tôt. Relevant son torse, il prit Isabelle par la taille, la faisant basculer par l’arrière, ce qui lui arracha des petits cris nerveux. Nicolas coucha la jeune femme sous lui et la regarda quelques secondes avant de l’embrasser une nouvelle fois. Avec ses longs cheveux châtain clair, ses grands yeux ambrés, son petit nez retroussé, sa poitrine pleine et ses hanches voluptueuses, personne n’aurait pu dire que la petite Isabelle n’avait que quatorze ans. D’ailleurs, qui s’en offusquerait? Les marchandes d’enfants polluaient Paris, sans parler des fillettes qui faisaient les rues pour manger. Dans les larges prunelles de la catin, Nicolas vit cette sorte d’admiration et d’amour pur se mêler, avant qu’elle ne défaille alors qu’il l’assaillait de nouveau. Ah! Douce et étroite Isabelle!

Replaçant sa chemise, Nicolas regarda autour de lui pendant que Mollie calculait son compte. Il riait de ce vieil homme qui, ne pouvant faire autre chose, touchait tout ce qui passait à sa portée. Il observait cette fillette qui ramassait les verres vides et pria pour que rien ne lui arrive. Il envia ce gentilhomme dont la soirée venait de commencer, alors qu’il allait être de garde dans une heure. Ah! Encore une longue nuit sans dormir. Pourtant, il avait tant eu besoin de triompher du jeune corps d’Isabelle.

-Le montant habituel, Nicolas, plus les trois dernières fois, calcula Mollie mentalement.

Nicolas sortit une liasse de billets de sa poche de pantalon, en compta quelques-uns et les mit sur le comptoir de la mère maquerelle.

-Je devais un peu d’argent à O’Finlay, pour un service et j’en ai rajouté un peu pour Isabelle…

Mollie sourit. C’était une gentille femme. Elle avait pris ce métier par défaut. Elle n’aimait pas réellement cela, mais c’était une source de revenu stable et – on doit se l’avouer – extrêmement payante. Les filles de Mollie étaient propres, douces, gentilles et on pouvait avoir ce qu’on voulait. À la mi-quarantaine, la patronne aimait Nicolas de Ruzé comme un neveu. Affectueusement, elle étira la main pour lui mettre dans les cheveux.

-Ça me fait bien plaisir que tu sois satisfait d’Isabelle. Tu sais, tu es son préféré, son premier en plus. Elle rechigne chaque fois que ce n’est pas toi qui la demande. Elle me dirait qu’elle est amoureuse de toi, que je ne serais pas surprise. Malgré que ce serait difficile de ne pas l’être avec un joli minois comme ça!

Nicolas eut un rire gêné. Que les dames de la cour lui tournent autour, cela ne semblait pas lui déranger, mais à chaque fois que Mollie lui parlait de l’amour dévoué qu’Isabelle chérissait pour lui, il était mal à l’aise. Pauvre fille, saurait-elle jamais qu’elle s’accrochait à des chimères?

-Mollie, tente seulement de lui enlever les idées de mariage de la tête. Elle m’en a encore parlé aujourd’hui.

-Je sais, je sais. J’essaie bien, mon chéri. Bonne nuit, rentre bien!

Nicolas salua et retourna dans l’air froid de l’extérieur, retrouvant ses sens. Il faudrait qu’il se dépêche, il serait en retard pour son tour de ronde et il s’attirerait encore des reproches de la part de d’Artagnan! Que la nuit allait être longue!

Jonglant avec ses pensées autant qu’avec son épée, Nicolas de Ruzé perdait son temps entre deux grands arbustes. S’amusant à les découper et à regarder leurs branches et feuilles sur le sol, il comptait les heures qui le séparaient de son lit. Oui environ un bon quatre heures! Il n’était définitivement pas sorti de l’auberge. Il soupira avant de regarder la lueur que faisait la lune sur la verdure qui s’étendait autour de lui. Tout semblait mort, étrange, comme dans un état second. Il était bizarre de penser qu’à ce moment, la soirée de jeux venait de se terminer dans les appartements royaux et que tous rentraient chez eux pour dormir et autres choses… Un sourire prit ses lèvres. Ah! Sacrée Isabelle tout de même. Elle savait totalement comment faire. Il faut avouer qu’il avait été un bon professeur. Son orgueil s’accommodait très bien de ce genre de réflexions. Il en était là dans ses pensées lorsqu’il entendit un cri percer la nuit.

Se figeant, il resserra la poigne de son épée, son regard parcourant les jardins. Un nouveau cri! De femme! Rapidement, Nicolas remit son épée dans son fourreau et se mit à courir en direction des cris, qui se faisaient de plus en plus pressants, de plus en plus aigus et apeurés. Devinant exactement ce qui arrivait, Nicolas forçait l’allure, bénissant le Ciel de ne pas avoir cédé au vin. Ses jambes parcouraient la distance qui le séparait du crime à une vitesse qu’il n’aurait pas cru possible, ses hautes bottes résonnant et faisant crisser la gravelle des chemins. Lorsqu’il arriva sous le couvert des arbres, il jeta un regard vers les deux assaillants, mais il dut avouer qu’il remarqua avant tout la blancheur des cuisses de la victime, tranchant avec le noir de la nuit.

-Tous les deux, reculez immédiatement! ordonna-t-il, reprenant le ton autoritaire et sans réplique qu’il utilisait envers ses soldats.

Deux vilains visages lui firent face, alors qu’il dégaina son épée, faisant ciller le métal. Avec un repli préventif, il recula, ce qui eut l’effet escompté; ils s’avancèrent, laissant leur proie. Nicolas fit quelques passes de poignets, fouettant l’air de son épée. Son regard vif, habitué à la noirceur, lui permit de remarquer qu’ils n’étaient pas armés. Ils étaient tout de même costauds!

-Vous n’êtes pas mieux que mort, tous les deux!

-Ah ouais? J’pense pas non!

Aussitôt, le premier homme se jeta sur lui. Tournant rapidement sur lui-même, Nicolas évita l’attaque et le méchant tomba sur le sol. Évidemment comme le mousquetaire le pensait, ces deux ennemis étaient plutôt enivrés. Il ne devrait pas y avoir trop de problème, malgré sa fatigue. Avant qu’il n’ait réellement pu faire montre de ses talents d’épéiste, les deux hommes étaient déjà sur le sol en train de se vider de leur sang. Ruzé n’était habituellement pas du genre à laisser vivre des criminels, en mission du roi, alors s’il pouvait agir ni vu ni connu, c’était encore mieux! Car, il devait l’avouer, Nicolas de Ruzé aimait tuer. Peut-être l’avait-on initié à la chasse trop jeune et on ne lui avait pas appris à distinguer les bêtes et la roture. Puisque cela était évident, ce n’était pas des gentilshommes qu’il venait de tuer. C’était de vulgaires paysans enivrés à la taverne voisine. Quant à savoir comment ils étaient arrivés dans l’enceinte de Versailles, c’était une autre histoire! Il faudrait qu’il en parle au responsable du palais, demain.

Reprenant son souffle, Nicolas essuya son épée sur les vêtements des morts avant de la remettre dans son fourreau. Puis, un sourire se posa sur son visage. Son regard s’éleva vers la pauvre jeune femme qui venait d’être brusquement assaillie. Il aurait bien voulu l’aider, mais comment le faire? Comment réconforte-t-on une femme qui vient de se faire attaquer? Il s’avança vers elle doucement et s’agenouilla devant elle. Il lui parla avec une voix très tendre, par peur de l’effrayer.

-Vous n’avez pas à me craindre. Je suis mousquetaire. Je tairai votre secret, mademoiselle.

Nicolas posa ses longs doigts sous le menton de la jeune femme et éleva son visage dans la lumière de l’astre nocturne. Elle avait des beaux cheveux frisés et un visage ressemblant à celui d’Isabelle, mais avec des yeux clairs et une bouche plus petite. Jolie, mignonne et toute touchante dans sa peine.

-Je comprends mieux pourquoi ils s’en sont pris à vous, mademoiselle. Aviez-vous déjà remarqué à quel point vous êtes jolie? dit Nicolas, maladroitement.
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MessageSujet: Re: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   12.03.10 16:20

    Si elle avait su qu’il lui arriverait une telle mésaventure Juliette Charlotte ne serait jamais rentrée seule dans Versailles mais malheureusement sa grande candeur ou son innocence et ses idées qui lui amènent à penser que Versailles est le meilleure lieu qui puisse exister lui faisait croire que tout irait bien, et pourtant deux personnes étant en train de l’agresser dans l’un des bosquets du château. Juliette était assez bouleversé par la mésaventure qui était entrain de se passer, heureusement qu’il ne l’avait pas violé, Juliette Charlotte en effet avait la ferme volonté de rester pure jusqu’au mariage et ne voulait pas coucher à droit et à gauche, sa noblesse était toute fraiche et elle savait qu’une telle réputation pouvait la faire redevenir une pauvre petite paysanne si aucun conte, duc ou marquis ne voulait d’elle.

    Et c’est au moment où elle pensait justement qu’elle allait se faire violer qu’un troisième homme arriva, qui était-il, elle ne le savait pas au début que c’était un mousquetaire, elle croyait que c’était encore un mauvais homme. Quand il prit la parole elle fut légèrement rassurée, il allait au moins la sauvé d’un viol certain, le jeune homme regarda le mousquetaire, ce n’était pas Marc, elle l’aurait reconnu, c’était encore moins Eric de Frouley, elle l’aurait reconnue parmi beaucoup d’hommes de la cour. Elle ignorait son nom en fait mais peut importe c’était une personne en tout cas bienveillante.


    Juliette ne savait pas ce qui allait arriver aux hommes qui lui avait fait du mal, bien qu’elle les détester elle ne souhaitait pas vraiment qu’ils meurent. Elle était étrange, oui, un peu, en fait elle ne souhaitait le malheur a personne, peut être parce qu’elle avait était assez malheureuse dans sa vie pour ça. Les gens qui commettent le mal doivent être punis c’est certain mais doivent-ils pour autant mourir ? Doit on laisser agoniser des hommes écarteler pendant des heures ? Doit on rire de tout même de la mort ? Ces questions philosophiques étaient les principales discutions qu’elle avait avec les poèmes contemporain ou les écrivains, c’est pour ça qu’elle aimait beaucoup parler avec les intelligents de ce monde.

    La jeune marquise s’aperçut plus tard que le mousquetaire tua les hommes qui lui avait fait du mal, sortant son épée, se retournant, tombant au sol à plusieurs reprises leurs deux hommes se vidèrent de leur sangs avant que Juliette Charlotte ne s’en rend compte. Elle avait un peu de peine pour eux même si elle voulait les voir blessé, elle n’était peut être encore pas prête à les voir gisant devant elle, les yeux dans le vide alors qu’il y a quelques secondes ils étaient bien vivant à la regarder. Elle regarda rapidement les deux hommes puis étant a genou par terre elle mit la légère dentelle qui d’habitude ornait ses avant bras sur leurs yeux, c’étaient eux qui lui avait arrachés mais c’était un signe de respect pour elle. Non pas pour les hommes qui l’avait agressé mais une sorte de respect envers la mort, elle fit ensuite un signe de croix même si il était sur que ces hommes la ne finirait pas au paradis mais brûlerait jusqu’à la fin des temps en enfer.

    Juliette Charlotte s’intéressa ensuite à l’homme qui lui avait sauvée la vie , il s’abaissa pour lui parler, elle remarqua même dans la nuit qu’il avait des yeux bleus, elle avait toujours voulu avoir les yeux bleus mais elle avait les yeux verts, bien que c’était assez jolie et que ça s’accordait avec son visage elle pensait que les yeux bleus avait quelque chose de plus mystérieux. Lorsqu’il lui parla, elle sourit malgré les larmes qui coulaient sur ses joues, elle ne souffrait pas mais elle était choquée, surprise et il y avait un tas de sensations qui se mélangeait dans son cœur. Elle lui répondit en essayant de reprendre doucement sa respiration normal :


    - L’agression n’est pas une chose si grave que cela puisque vous m’avez sauvé d’un viol

    Juliette se releva légèrement, elle remit correctement sa robe qui laisser paraitre ses jambes nues, elle remit également ses chaussures qui avaient glissés durant la bagarre, elle se releva ensuite doucement puis le mousquetaire pris son visage entre ses mains et l’observa, comme si il n’avait jamais vu une jeune femme de son âge. Elle se demandait ce qu’il pouvait bien penser, si il savait qu’il la comparer à une catin elle ne serait certainement pas très heureuse. Elle n’avait rien d’une catin, elle avait beaucoup plus de classes et ses habits n’étaient certainement pas ceux d’une pauvre femme, il y avait peut être une vague ressemblance mais Juliette Charlotte ne s’abaisserait jamais à penser qu’elle ressemble de près ou de loin à une prostituée, enfant et en plus de ça pauvre. Juliette entendit ensuite le compliment que lui fit plaisir mais qui n’était peut être arrivé au meilleur moment, avait-on raison d’agresser une femme parce qu’elle était belle ? Est-ce que ça donnait le droit à quelqu’un d’avoir des droits sur elle, de lui faire du mal, ce n’est pas ce que penser Juliette Charlotte, pour elle, et bien que cela puisse paraitre précurseur pour le quinzième siècle, l’homme n’était pas différent de la femme et elle ne voyait pas pourquoi celui-ci aurait le droit de faire n’importe quel chose sur une femme. Ou alors ce droit devait être réciproque. Belle était la théorie de la marquise mais elle ne serait, elle le savait, jamais appliqué. Ayant repris son attitude normal et son fort caractère elle répondit d’un air plutôt sec :

    - Je ne crois pas que la beauté donne le droit de faire ce que l’on souhaite….

    Juliette Charlotte fit ensuite un petit sourire comme pour adoucir ce qu’elle venait de dire bien qu’elle le pensait. La marquise de demandait qui était l’homme qui se trouver en face d’elle. Elle n’en avait aucune idée, bien qu’il soit mousquetaire elle ne voyait pas qui il était, elle non plus ne c’était pas présenter, il fallait qu’elle retrouve ses esprits car en ce moment l’évènement qui venait de se passer lui avait fait un tel choc qu’elle ne se sentait pas totalement prête. Juliette Charlotte regarda l’homme devant elle puis le bosquet de Versailles, elle marcha un peu pour s’éloigner des deux cadavres qui gisait non loin d’une fontaine du château. Elle fit enfin une légère révérence au mousquetaire et dit enfin :

    - Je m’appelle Juliette Charlotte de Bourgogne, je suis marquise de Bourges et baronne d’Avalon, je vous remercierai toujours de ce que vous avez fait pour moi. Et vous qui êtes vous ?

    La question qu’elle voulait lui poser depuis un bon moment fut enfin posait et voyait la pleine lune qui émettait une légère lumière, elle se disait qu’il était plus sage de rentrer en compagnie du jeune homme, elle ne voulait pas rentrer toute seule après ce qui venait de lui arriver. La marquise demanda donc avec une gentillesse de sa voix douce :

    - Je loge au château de Trianon, pourriez vous m’y accompagner s’il vous plait. Je pourrais vous offrir un chocolat si vous désirez.

    Un chocolat ce n’était peut être pas la chose qui l’attirerait le plus à l’accompagner mais au moins ce serait déjà quelque chose qu’elle lui donnait et puis Juliette Charlotte avait toujours adoré le chocolat, c’était son truc et elle aimait beaucoup partager une tasse de cette boisson avec les gens qu’elle appréciait.
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MessageSujet: Re: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   24.03.10 16:12

Pendant que Nicolas poussait les deux corps lourds du bout de son pied, la jeune femme alla déposer sur leurs visages un morceau de dentelle qui avait été enlevé de son habillement durant la bataille. Aussitôt qu’il remarqua une telle piété de la part de l’inconnue, il n’eut d’autre choix que d’arrêter de frapper de ses bottes les morts. Il espérait seulement qu’elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Nicolas de Ruzé adorait tuer et ce n’était un secret pour aucun de ses compagnons. Les coups d’épée qu’il donnait étaient aussi vifs que plaisants pour lui. Alors que la victime se recueillait presque auprès de ceux qui avaient eu des intentions bien moins nobles à son égard, le mousquetaire regarda les alentours.

La forêt était dense, ne laissant pas paraître beaucoup de la lumière donnée par la lune. L’astre ne passait que difficilement entre les branchages ce qui en faisait un éclairage diffus et –il devait l’avouer- qui n’était pas très rassurant pour une demoiselle. Un vent froid et rapide soulevait sa cape, faisant bouger le rebord de son chapeau. Nicolas éleva sa main et tint son couvre-chef pour qu’il ne s’envole pas. C’était comme si Dieu était fâché de la mort de ses deux bandits, exprimant sa colère par Zéphyr. Soudainement, maudissant cet uniforme qu’il détestait, il eut un sourire avant de laisser le chapeau partir au vent. Avec un regard soulagé, il regarda le feutre voler dans l’air comme s’il eut été une feuille. Nicolas mit ses gants de cuir puis se retourna vers la jeune femme, qui était sans doute beaucoup trop sentimentale. Un peu plus et elle semblait pleurer ses agresseurs. Faisant cliqueter son épée à sa ceinture, le mousquetaire se rendit près d’elle. Ah bah voilà, elle pleurait. Pourtant, elle semblait assez forte lorsqu’elle lui signifia que l’agression n’était pas grande chose comparée à un viol. Cela était bien vrai, mais Nicolas avait déjà connu moins extrême comme développement.

Sa conduite était encore plus étrange par le fait qu’elle se releva et rassembla ses morceaux de vêtements perdus dans la bataille. Les yeux de Nicolas, habitué à la noirceur de la nuit, examinèrent chacun de ses mouvements. Lui, il restait là, ne sachant pas trop quel parti prendre. Devait-il aller la reconduire? Après tout, Ruzé, malgré son titre de mousquetaire, était un homme. Peut-être craindrait-elle une attaque si elle était seule avec lui? Ou devait-il la laisser sur place, gagner seule son domicile? Il ne pouvait certainement pas lui demander, cela paraîtrait par trop insistant. Attendant patiemment la jeune femme, Nicolas restait silencieux et immobile. Que pouvait-il faire d’autre? Mais brusquement, la jeune femme lui adressa une réplique bien cinglante face à son commentaire de tout à l’heure.

-Non, madame, bien évidemment, dit-il seulement avant de s’incliner.

Que pouvait-il dire? Elle lui signifiait que la beauté n’était pas chose suffisante pour obéir à ses désirs. Un sourire ironique prit la bouche de Nicolas. C’était exactement le contraire de ce que pensait le jeune mousquetaire. Pour lui, la beauté était la seule et unique chose digne d’intérêt sur terre. Qu’elle fût dans la personne d’une demoiselle ou d’une toile de maître, la beauté était la seule chose importante et dénuée d’ambition. Elle était née à cet endroit par la faute d’une personne ambitieuse, oui, mais jamais la beauté, elle seule, ne pourrait avoir de mauvaises intentions. Nicolas avait la pensée d’un décadent de la fin du XIXe, mais il ne pouvait le savoir. L’inconnue adoucit son visage devant l’abnégation de son sauveur et se présenta. Nicolas trouvait définitivement cette fille bien étrange. On venait de l’agresser et elle se présentait avec une révérence, comme si elle était dans la galerie des Glaces. Nicolas fronça des sourcils. Où voulait-elle en venir? Ah! voilà, elle voulait savoir son nom. Ruzé se plia à ses désirs.

-Nicolas de Ruzé, mousquetaire du Roi.

Pourquoi ajouter ses titres de noblesse? Il les détestait d’une certaine manière; il leur en était reconnaissant pour son entrée à la cour, mais Nicolas, étant un éternel adolescent, n’aimait pas les responsabilités qui y étaient rattachées. De plus, avec le temps, il était venu à détester ces hommes nobles, possesseurs de terre, qui ne faisaient rien de leurs journées. Pour Nicolas, dont l’action était partie intégrante de son sang et de son être, se résoudre à attendre que d’autres fassent le travail pour un fainéant était pire que d’être pauvre et de travailler pour gagner son pain quotidien. Oui, d’accord, il n’appréciait pas beaucoup les roturiers, mais il devait avouer qu’ils étaient ceux qui faisaient vivre le pays et que si demain, Dieu décidait de retirer une classe sociale de la terre, ce ne seraient certainement pas eux. Cependant, Nicolas n’arrivait pas à décider quel genre de personne était Juliette Charlotte de Bourgogne. Était-elle de ces fillettes gâtées prétendant être plus pures que des religieuses, alors qu’elles accueillaient des hommes différents dans leur lit chaque soir? Ou était-elle plutôt une fille prise au piège de son statut social et qui ne rêvait que de courir dans les champs pieds nus? Vu sa demande, Nicolas aurait parié sur le premier choix. Il eut un drôle de sourire. Non, pas ce soir! Il était fatigué et aspirait seulement à finir son quart de travail afin d’aller se coucher. Alors si mademoiselle de Bourgogne voulait jouer à autre chose que des cartes, Nicolas déclinerait l’offre. Non pas que la demande serait plaisante, mais tout simplement parce que le pauvre mousquetaire était totalement crevé!

Néanmoins, il accepta. Il ne pouvait pas laisser partir Juliette Charlotte seule après ce qu’il venait de se passer, sans passer pour un total incongru. Et cela ferait certainement des histoires… Il aurait des plaintes et d’Artagnan viendrait le réprimander… Argh! Non c’était définitivement plus simple d’aller reconduire la jeune femme au Trianon. Et puis, qui sait? Peut-être que la veillée serait charmante. De plus, Nicolas sentait ses os prendre froid. Le chocolat lui ferait un grand bien.

S’approchant de la jeune femme, il lui fit une révérence et lui offrit poliment son bras.

-Peut-être n’êtes-vous pas très solide sur vos jambes après ce méchant incident?

Galant, Nicolas l’était. D’une manière aléatoire, certes, mais il l’était toujours. Autant par hommage à la beauté des femmes que par compassion à leur faiblesse. En arrondissant son bras pour Juliette Charlotte, Nicolas ne savait certainement pas dans quoi il s’embarquait. En effet, ils n’étaient pas très loin de Trianon et le mousquetaire n’osa pas commencer une conversation. Il devait se l’avouer, il n’était pas très doué dans l’art de la discussion. C’était tout de même normal lorsqu’on passe nos journées avec d’autres hommes, tout aussi incultes et dont les principaux sujets de conversations sont les femmes et les batailles. C’étaient également ses sujets de prédilections, mais il fallait ajouter que Ruzé était cultivé dans plusieurs sujets de discussion tels l’histoire, la théologie et l’histoire militaire. Oui, la théologie. Avant la mort de sa tante, qui avait fait office de mère, il avait été éduqué selon les bons préceptes chrétiens et avait appris comment les autres religions étaient des parjures. Aujourd’hui, il ne croyait plus trop à toutes ses histoires, mais restait qu’il était très versé dans le sujet. Juliette Charlotte préférait sans doute parler robes, rubans et souliers, il n’osa pas dire un mot. Mais lorsqu’il entra dans ses appartements, le mousquetaire fut taraudé de l’envie de retourner immédiatement à son poste.

Mais dénigrer le simple cadeau que la demoiselle lui offrait en reconnaissance ne semblait pas très juste. Il finirait sa tasse et partirait aussitôt. Oui, voilà. C’était son plan. Par contre, Nicolas réalisa bien trop tard combien l’air du salon de la marquise était chaud et parfumé. Peut-être pourrait-il s’éterniser un peu plus.

-Merci pour le chocolat, mademoiselle.

L’envie lui passa en tête de demander du cognac, mais il se retint. La jeune femme en serait certainement offusquée.
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MessageSujet: Re: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   26.04.10 20:05

    Juliette était étrange, oui cela est vrai, sa grand-mère lui avait toujours dit que cette femme était tout et son contraire, à la fois forte et à la fois faible, à la fois fragile et solide, à la fois dur et douce, c’est certainement pour cette raison qu’il y avait de grande difficulté à cerner son caractère exact bien que ce qu’on retenait dès la première conversation était une gentillesse naturelle, une générosité grandiose, un sourire exquis et un esprit borné. Juliette n’avait certainement jamais vu d’homme mourir devant ces yeux et c’est pour cela certainement que la bataille avait était un choc et qu’elle avait un respect, léger certes, pour les hommes qui lui avait fait du mal parce qu’il avait finit par être bien moins chanceux qu’elle. Il ne fallait certainement pas essayer de la comprendre, elle était définitivement trop compliqué.

    Quelques larmes coulaient sur ses joues, ce n’était pas la tristesse qui l’emparait car à vrai dire ils avaient en quelques sortes bien payés leurs sottises, c’était l’émotion de l’agression qui remontait à la surface…Mais en effet le temps était affreux et le vent lui rappela qu’elle ne devait pas s’apitoyer trop longtemps sur son sort, après tout elle n’avait pas était violé et le plus sur chemin était désormais celui du retour, de toute façon elle était assez proche d’elle pour lui dire ce qu’elle pensait. Certes la Reine c’était la Reine mais la jeune marquise savait toujours prendre les gens avec des pincettes lorsqu’il s’agissait d’affaire d’importance, elle faisait toujours en sort que l’autre se sent coupable et répare les dommages causés sans jamais dire du mal de ce qu’il a fait. Juliette savait retrouvé son calme et se dire que maintenant elle ne devait plus agir comme une paysanne mais comme une femme noble, c’était ce qu’elle pensait toujours mais durant l’incident elle n’y avait plus penser. C’est pour ça que soudain elle se reprit et se comporta comme une noble était censé se comporter, sans rien dire, sans une parole, c’était ce qu’elle pensait des nobles, il ne censé rien avoir dans le cœur ou alors ils exposaient tout, ils étaient peut être un peu extrême parfois mais bien sûr elle ne pouvait pas critiquer la noblesse, elle qui avait voulu tellement en faire parti était désormais plus heureuse qu’une paysanne mais savait que la noblesse était aussi critiquable que les cerfs.

    C’est peut être pour ça que parfois elle avait des comportements bizarre, car elle oubliait presque parfois que désormais elle était noble et qu’elle devait se tenir comme telle. La marquise changeait parfois de comportement, pas encore tout à fait dans le monde des nobles encore un peu dans le monde des paysans parfois elle se perdait un peu dans les deux mondes, celui de son enfance et celui de son adolescence et celui dans lequel elle avait toujours voulu vivre, et où elle était désormais. Lorsqu’il lui répondit « Non madame bien évidement » elle avait au contraire l’impression qu’il n’en pensait pas un mot. Elle savait bien lire dans les gens sans même qu’ils parlent, elle les avaient observés bien assez longtemps et en tant que noble aussi bien qu’en tant que paysanne c’était pour dire à quel point elle connaissait la « race » humaine. La jeune marquise fit donc un petit sourire sans rien ajouter de plus, à vrai dire elle ne pouvait pas dire grand-chose de plus peut être que Nicolas, tout sauveur qu’il était n’était pas un homme blanc comme neige mais comme il l’avait sauver elle porterait toujours une reconnaissance envers lui. Lorsqu’il s’inclina devant elle, elle fit un large sourire, presque encore heureuse qu’on se plie encore devant elle et son titre, c’était encore relativement nouveau.

    Lorsqu’il se présenta comme mousquetaire du roi, la jeune marquise eu envie de dire « encore » presque comme-ci elle en avait l’habitude. C’est vrai que depuis son arrivée à Versailles, Juliette Charlotte avait rencontrer beaucoup de mousquetaire depuis qu’elle était dans les murs de Versailles. Presque plus de mousquetaire que d’honnêtes nobles d’ailleurs, d’abord elle rencontra Marc qui avait récupéré les bijoux qu’un rodeur lui avait tout dérobé. Puis ce fut la rencontre avec Eric de Frouley, ce mousquetaire qui lui avait plu dès qu’elle l’avait vu mais celui-ci n’avait cessé de la repousser depuis un long moment, elle n’avait toujours pas compris pourquoi, si seulement elle savait que cet homme était en réalité une femme tout s’expliquerai, elle sourit en entendant son nom, ainsi était-il un noble pour que son nom soit orné d’une particule. Elle lui répondit toujours avec son sourire de dame de la cour :


    - Bien que dans des circonstances aussi étrange que celle-ci c’est un plaisir de faire votre connaissance

    Pourquoi ne les avait-il pas dit ? Tout ces titres de noblesses, pouvait-on les haïr, elle ne comprendrais certainement jamais pourquoi, les titres manquaient tellement aux paysans comme elle le fut qu’on pouvait oser ne rien dire lorsqu’on présenter aux autres. Si Juliette Charlotte le pouvait elle donnerais de l’argent aux pauvres, enfin c’était déjà ce qu’elle avait commencer à faire car depuis qu’elle était devenu plus riche elle donnait, en échange de service un peu d’argent au pauvre, cela devait rester bien entendu secret, vous imaginez le scandale à la cour si on osait pensez qu’une noble personne donnez de l’argent à des pauvres sous prétexte qu’ils avaient cultivés quelques légumes pour vous cela ferait un grand scandale. Mais elle savait que quand elle était jeune ces quelques pièces qu’elle balançait de temps à autre lui avait grandement manqué. En tout cas ce que Nicolas pensait d’elle était faux, d’accord elle l’avait invité pour boire un chocolat mais c’était vraiment pour ne boire qu’un chocolat, elle n’avait pas les idées mal placés. Elle n’était pas une de ses nobles qui jouait les petites saintes et qui enchainer les conquêtes comme Nicolas s’amusait à le penser, non ce n’était vraiment pas son genre, elle ne voulait pas non plus redevenir une paysanne elle avait déjà donner pendant plus de 16 ans, cela faisait seulement quelques années qu’elle connaissait le confort d’un château et même si parfois la simplicité d’un foyer où règne l’amour lui manquait jamais elle ne s’amuserait à défaire tout ce qu’elle avait construit.

    Ensuite, Nicolas proposa son aide à la jeune femme, elle hésita un moment, était ce vraiment bien de se faire voir en plein Versailles avec un mousquetaire au bras mais en même tant elle n’avait pas envie de rentrer seul après ce qu’elle avait vécut. Elle sourit puis accepta son aide en disant :


    - Merci c’est bien gentil de votre part


    Elle prit donc son bras, bizarrement il ne disait rien, vraiment rien, on dirait qu’il avait brusquement perdu la parole, il semblait plutôt réactif mais là il n’osait pas créer une discussion, peut être penser t-il que les femmes ne pouvait pas avoir la parole, elle trouvait cela bien bizarre mais préférait garder ses réflexions lorsqu’ils seraient à l’intérieur, elle se contenta d’avancer doucement dans le château de Trianon, elle y pénétra donc et ôta le petit châle qui lui couvrait les épaules. Elle prépara immédiatement le chocolat, elle s’absenta quelques secondes pour aller dans la cuisine où il n’y avait plus aucun domestique et elle fit chauffer le chocolat, seule, pour une noble cela était bien étrange. Elle revint avec un petit tableau orné de feuilles dorés ainsi que de jolies peintures, les tasses étaient peintes de fleur assorti à la tellière ou il y avait du chocolat chaud, bien sûr à cette époque c’était du chocolat d’Afrique ramolli par la chaleur, la marquise adorait ça, elle servit le chocolat dans les deux tasses et s’assit en faisant un geste pour que le mousquetaire s’assoit également, elle répondit simplement :

    - Ce n’est pas grand-chose

    Elle attendit ensuite un brin de conversation mais rien, plus aucun mot ne sortait de sa bouche. La marquise lui demanda donc avec un air rieur :

    - Soit vous avez trop l’habitude des femmes, soit au contraire vous n’en avez pas l’habitude car vous paraissez à vide de toute conversation, je peux vous proposer un jeu de billard, si ça peut animez chez vous quelques conversations…

    Juliette n’aimait pas vraiment la solitude et encore moins quand on ne lui parlait pas, se regarder en chien de faïence pendant de longues heures sans rien dire était une situation très stressante pour elle et elle était prête à faire un peu n’importe quoi tant qu’il y avait des mots, des discours, quelque chose…




Désolé du gros retard encore une fois Fleurs
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MessageSujet: Re: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   29.04.10 16:54

-Soit vous avez trop l’habitude des femmes, soit au contraire vous n’en avez pas l’habitude, car vous paraissez à vide de toute conversation.

Nicolas releva la tête et jeta un coup d’œil intrigué vers mademoiselle de Bourgogne. Honnêtement, cela semblait autant d’une raillerie que d’une question. Allongeant ses longues jambes, Nicolas s’adossa davantage dans le fauteuil qu’il avait choisi. Physiquement, il avait trop l’habitude ; il connaissait ces créatures par cœur et savait les moindres recoins de leurs corps comme s’il avait été un docteur. Également, sa perspicacité de mousquetaire l’amenait à assez bien comprendre les rouages de l’esprit féminin. Il n’y avait qu’un qu’il ne savait pas percer à jour et c’était bien pour cette raison qu’il aimait la propriétaire de ce cerveau secret. Mais, au niveau de la conversation, il devait l’avouer, Nicolas n’y connaissait rien. Il n’avait pas été élevé dans un salon ; il n’avait pas passé son enfance assis entre sa tante et une lointaine cousine, entouré d’une dizaine d’autres femmes se demandant si l’enfant qu’attendait madame d’Outremont était bien de son mari et que « saviez-vous que monsieur de Laval a été vu avec une catin la semaine dernière » ? Non, Nicolas avait été éduqué à l’École militaire. Évidemment, maintenant, il pouvait bien paraître rustre, mais le soldat qui passait ses soirées à parler chiffons ne ferait certainement pas long feu devant les Prussiens.

-Mademoiselle, je crois que cela n’a guère rapport avec les femmes. Je crois que je n’ai simplement pas l’âme à la conversation.

-Je peux vous proposer un jeu de billard, si ça peut animer chez vous quelque conversation…

Mais qu’est-ce qu’elle voulait tant à parler, celle-là ? Était-elle réellement incapable de rester silencieuse ? Il y avait de ces gens qui étaient mal à l’aise dans le silence. C’était plutôt le contraire chez Nicolas ; le silence semblait si beau comparé à des conversations vides de sens. Discutez sur la raison pourquoi les hommes ont été mis sur terre semblait plus intéressant que les milliers de conversations de cour. Malgré qu’il devait s’avouer qu’un billard le réveillerait peut-être…

-Oui, d’accord. Allons-y !

Nicolas se leva et déposa sa tasse dans le plateau féminin qu’avait apporté son hôtesse. S’étirant subtilement, il suivit la demoiselle. Le billard… Voilà bien longtemps qu’il n’y avait pas joué. Il espérait seulement ne pas être trop rouillé. Soudainement, au premier, un bruit de cassure se fit entendre. Ses réflexes de mousquetaire activés, Nicolas avait déjà les genoux pliés. Il jeta un court regard vers Juliette Charlotte comme s’il avait peur qu’elle disparaisse dans l’air. Sans bruit, il étendit son bras jusqu’à la taille de la jeune femme et la plaqua contre le mur. Chuchotant, Nicolas la bombarda de questions :

-Avez-vous des invités ? Est-ce une servante qui pourrait s’être pris les pieds dans un tapis ? Avez-vous une idée de… ?

-Putain de merde!

Les yeux de Nicolas s’agrandirent davantage. Cette voix d’homme n’était certainement pas celle d’un serviteur policé. Il s’agissait plutôt d’un paysan. Mais que faisait-il ici ? Se retournant vers Juliette Charlotte, il lui fit signe de ne pas dire un mot, ni de bouger. Rapidement, telle une ombre, Nicolas fit le tour du salon en éteignant toutes les lampes, plongeant l’entier hôtel de Trianon dans le noir. Les oreilles tendues, il tenta de distinguer les bruits du premier. L’homme marcha lentement, en se collant contre les murs. Cela s’entendait au grattement de ses vêtements grossiers sur du papier peint. D’une main, le mousquetaire dégaina son épée. Ses yeux, par les nombreuses patrouilles de nuit, étaient habitués à la noirceur. L’ennui, c’est qu’il ne connaissait guère les lieux. Ah et puis, à la guerre comme à la guerre ! Lui non plus ne les connaissait pas. Doucement, et surtout silencieusement, Nicolas s’avança vers l’escalier. Pour atténuer le bruit, il monta à quatre pattes, les yeux analysant l’étage. Vif, il vit rapidement un mouvement à sa gauche. Son regard y repéra un gros homme, qui n’avait certainement rien d’un serviteur. La main de Nicolas resserra le pommeau de son épée. Que pouvait-il bien faire ici ? Nicolas parvint enfin à l’étage supérieur. Il vit les débris d’un vase rose sur le sol. Se redressant de toute sa haute taille, il pointa son épée, se mettant immédiatement sur la défensive. On ne savait jamais ; peut-être qu’il avait un pistolet sur lui. Mais dans ce noir, il aurait été bien difficile de tirer et d’atteindre sa cible. Peut-être cet homme n’avait pas entendu Juliette Charlotte et Nicolas entrer. Après tout, ils avaient été assez silencieux et le Trianon était bien isolé. Avec la concentration, on pouvait aisément perdre divers morceaux de l’environnement. L’homme se retourna à demi ; fort heureusement, la lumière de la lune était complice avec Nicolas et lui permettait de voir sans être vu. Le but de l’exercice finir le plus vite possible de régler cette affaire. En regardant de plus près, il vit dans les grosses pattes de l’homme des bijoux. Mais voilà ! Mais soudainement, l’homme se retourna et pencha la tête dans l’escalier.

-Gilles ? demanda-t-il dans le vide.

Le silence suivit l’appel. Le cœur de Nicolas battait à toute vitesse. Cela voulait donc dire que… ?

-Gilles ? Tu es toujours en bas ?

Merde ! Juliette Charlotte ! Mais voilà, le but de ce viol ! Ce n’était certainement pas désintéressé. Ils devaient tous être de mèche. Savant les serviteurs partis et la jeune femme seule, ils avaient décidé de la retenir et de faire leur vol bien tranquille. Évidemment, les deux qui devaient s’occuper de la marquise avaient décidé de s’occuper pour tromper l’attente. Mais cela, c’était sans compter Nicolas dans le jeu. Ce qui inquiétait le mousquetaire en l’instant précis, c’était Juliette Charlotte en bas… Ils étaient deux et de bonne taille ! Pour Nicolas, cela représentait un défi s’il ne les prenait pas par surprise. Surtout si ce dénommé Gilles trouvait Juliette Charlotte avant qu’il n'ait pu se débarrasser de celui qu’il avait devant lui. Se mordant les lèvres, il analysa la situation. Il faudrait qu’il le fasse silencieusement. Moindrement qu’il lâcherait un cri, son complice pouvait tenter n’importe quoi sur Juliette Charlotte. Merde ! Merde ! Merde ! Que faire ? Devait-il descendre et sortir la demoiselle de la maison, la mettre en sûreté, qu’importe le reste ? Mais s’il revenait vers l’escalier, le voleur le verrait. Son esprit marchait à toute vitesse.
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MessageSujet: Re: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   30.04.10 20:30

    Juliette Charlotte ne connaissait rien de la réputation de Nicolas de Ruzé, elle ne savait pas qu’il enchainait les conquêtes, ni qu’il connaissait bien les femmes, elle ignorait aussi qu’il n’avait jamais était initié à l’art de la conversation, cela semblait tellement naturelle de parler en compagnie des dames et de hommes de hauts pouvoirs. C’était dans ses occasions qu’on pouvait révéler son esprit vif, son intelligence et sa culture ce qui était fort apprécié par le roi et la reine. Il y avait, il faut dire la vérité, des femmes et même des hommes qui ouvrait la bouche pour dire un tas de sottises monstrueuse malheureusement avec leurs rangs, leurs terres et leurs appuis financier on ne pouvait rien dire à ceux-ci. Elle trouvait cela injuste, ils étaient à Versailles complètement idiot, ne trouvant ni le courage ni l’envie de s’instruire alors qu’il y avait dehors des tas de paysans qui rêvaient de leurs places et qui était certainement beaucoup plus intelligent qu’eux, beaucoup plus cultivés. Devaient-ils tous se battre comme elle c’était battu pour devenir noble ? Quel misère.

    Nicolas ne semblait pas bavard c’est le moins qu’on puisse dire, c’était pour le moins une chose qui exaspérait Juliette. Elle était, de son côté toujours entrain de parler et c’était aussi ce qu’elle avait appris lorsqu’elle était petite, lorsqu’elle était encore paysanne mais qu’elle était déjà fasciné par les châteaux, elle savait que le grand silence dans les salons ne faisait jamais bon effet surtout quand c’était nous la réceptionniste. Heureusement pour briser le silence il y avait les fameux jeux de la cour, c’Est-ce qui amusait beaucoup Juliette Charlotte, les jeux de cartes ou même les autres lui apportait un peu l’adrénaline qu’elle ne trouvait déjà plus dans la routine sempiternelle de la cour. En plus à la cour, depuis son arrivée, Juliette Charlotte était vraiment une très bonne joueuse, à chaque fois qu’elle touchait à un jeu, elle finissait par gagner, c’est souvent ça qui lui procurer l’envie de rejouer. Elle ne jouait que peu souvent de l’argent mais le jeu était devenue pour elle la plus sûr façon de gagner de l’argent, ce qui à Versailles était vite dépense entre les tenues qu’elle avait décidé de laver à chaque fois qu’elle en mettait une, les chaussures, les chapeaux, les coiffeurs, sans parler des accessoires indispensable à toute femme de la cour : l’éventail, les rubans, les tasses de thé, la tellière, la bibliothèque garnit des meilleurs livres ainsi que les gants.

    C’était le seul sorte de pêcher que s’accordait Juliette Charlotte, la jeune marquise heureusement son dévouement envers le seigneur était assez important pour que cette passion soit oublié en deux ou trois « notre père ». Lorsque le jeune mousquetaire sortit une parole un petit sourire s’afficha sur le visage angélique de la jeune noble, il avait enfin dit un mot, elle ria légèrement et lui répondit :


    « - Ah, bien, enfin une parole. Allons-y donc alors… »

    Juliette Charlotte de dirigea vers le billard qui ne se situait vraiment pas loin du canapé dans lequel ils étaient assis tout les deux depuis leur retour, Juliette Charlotte disposa donc doucement les boules sur le tapis puis prit une queue lorsqu’elle entendit un bruit, un léger bruit qui eu pourtant toutes les raisons d’affoler Nicolas de Ruzé, elle réfléchit un court instant, ça ne pouvait être personne, personne qu’elle connaissait en tout cas. Elle chuchota donc rapidement :

    « - Non, impossible »

    Elle comprit ensuite que la parole devait être mise de côté, elle ne savait pas quoi faire mais préférait rester pour le moment immobile. Elle savait que les gens qui se trouvaient ici n’étaient pas des enfants de cœur, certainement comme ceux qui avait tenté de la violée, avaient-ils un lien ? Juliette Charlotte trop peu intéressé par ces affaires de cambriolage et pris dans la peur d’une nouvelle attenta ne préférait se posait aucune question. Elle sentit Nicolas l’abandonnait, certainement pour régler le compte du voleur qui était monté au premier étage, non loin de l’endroit où avait sévit le bruit quelques secondes plus tôt. Juliette Charlotte ne savait pas quoi faire, elle pensa néanmoins à quitter ses chaussures, elles savaient que celles-ci, muni de grands talons seraient les premières à la trahir lorsqu’elle marcherait. Elle savait que sa robe n’était pas non plus la meilleure des tenues pour courir mais là, elle n’avait pas le choix, en même temps courir était-ce meilleure la solution ? Assurément non. Elle avança doucement dans la petite salle jusqu’à son bureau, elle savait là-bas qu’il se trouvait un couteau, il était impensable qu’elle s’en serve mais il est clair qu’elle possédait un certain courage et qu’elle pouvait se protéger avec cet accessoire. Juliette Charlotte ne voyait pas grand-chose, le Trianon était plongé dans le noir, seul la lumière de la lune éclairait largement le palais pratiquement vide. Elle se demandait où étaient ses servantes, peut être qu’elles s’étaient absentés mais ça semblait louche que personne d’autre que Nicolas de Ruzé et Juliette Charlotte de Bourgogne soit les deux seuls dans ce château qui accueillait pas mal de monde la journée et même la nuit.
    Elle sentit ayant caché le couteau dans les plis de sa robe une présence derrière elle, une présence qui n’était pas celle de Nicolas, bien qu’elle le connaissait peu, l’homme était beaucoup plus grand et beaucoup plus mince. Elle savait qu’un homme se trouvait derrière elle et elle savait aussi que cet homme n’était certainement pas là pour lui faire du bien. Elle sentit l’homme la prendre par la taille et lui dire dans le creux de l’oreille :


    « Alors ma mignonne on ne c’est pas assez amusé avec les copains, tu voulais rentrer plus tôt à la maison, je crois que c’est une mauvaise idée tu sais. Tu aurais vraiment mieux fait de rester un peu plus longtemps. »

    Elle sentit la main descendre sur son bas ventre, elle n’avait pas d’autre choix, cette fois si il n’y avait pas de mousquetaire pour la sauver, le seul mousquetaire était en haut certainement entrain de régler le compte de son complice. Elle parvint à attraper le couteau, puis se retourna doucement comme si elle était plus disposé à coucher avec ce vulgaire paysan pour lui enfoncer le couteau dans le bras. Elle retira vite et se dit que ce n’était pas une si bonne cible que ça, elle finit donc par donner deux lacérations dans les jambes de l’homme et elle lui dit de façon arrogante :

    « - Et moi je pense que vous n’auriez jamais du passer par ici et que vous auriez mieux fait de rester chez vous. »

    Elle-même n’en revenait pas, elle avait agresser un homme, en même temps ça commençait à bien faire, elle ne c’était pas assez défendu auprès des deux autres cette fois si elle avait bien décidé qu’elle devait faire face. Après tout c’était de la légitime défense et le paysan avait bien chercher sa réprimande, mais Juliette Charlotte était légèrement choqué tout de même, elle qui n’avait jamais volé un morceau de pain. Ensuite elle entendit le fameux complice qui demanda :

    « Gilles ? Tu es toujours en bas ?»


    Elle suposa donc que celui qu’elle avait agressé était Gilles. celui-ci grogna, il n’était pas visiblement au mieux de sa force pour hurler, comme un chien à la mort :

    « La garce, elle m’a planté un couteau, je ne peux plus marcher »
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MessageSujet: Re: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   01.09.10 18:51

Le cerveau de Nicolas fonctionnait à plein régime. Il tentait désespérément de trouver une issue à la situation dans laquelle il était plongé. Il en avait connu des pires, mais il lui semblait que celle-ci était plus périlleuse. C’était sans aucun doute lié à la présence de Juliette Charlotte. Habituellement sur les missions, il était seul, ou avec un compagnon. Il n’avait pas peur pour sa vie. Il pouvait bien mourir, cela ne changerait rien pour personne. Orphelin, il n’avait qu’un cousin qui se souciait de lui comme d’une guigne. Il y avait bien Marianne, mais est-ce qu’elle se soucierait de lui? Connaissant sa jeune amante, elle trouverait probablement le moyen de retrouver son adrénaline dans les bras d’un autre. Peut-être essuierait-elle une petite larme attendrissante pour séduire un soldat aux épaules larges. Et son compagnon avait probablement les mêmes préoccupations que lui. Lorsqu’on était mousquetaire, il fallait avoir pensé à mettre sa vie en danger à chaque seconde. Pour Juliette Charlotte, par contre, c’était différent. La pauvre ne connaissait rien des atrocités de la violence et c’était son devoir de la protéger. S’il échouait que dirait le Roi? Une jeune demoiselle morte dans son idyllique Versailles en présence d’un mousquetaire au passé –admettons-le – assez troublé.

Mais la jeune femme était apparemment plus futée qu’elle ne le paraissait. La voix du dénommé Gilles retentit du rez-de-chaussée. Juliette Charlotte avait planté un couteau dans la chair du complice de son adversaire. Dans la lueur de la lune, Nicolas vit l’expression du visage du voleur changer. Encore une seconde et il passait à l’action. Dans l’escalier, il vit les mouvements gauches de l’homme changer de vitesse. Il glissa les bijoux dans son havresac et dégainant un petit couteau, il vint vers les marches. Nicolas n’hésita pas deux secondes. Il s’allongea dans l’escalier. Vu la noirceur, le voleur trébucha contre ses longues jambes et descendit les marches cul par dessus tête. Vivement Nicolas se releva, sauta jusqu’au corps amorti, le dépassa afin de retrouver Juliette Charlotte. Il dégaina son épée et avança précautionneusement entre les dessertes et les sofas. Il devait faire vite, l’autre ne tarderait pas à sortir de son évanouissement. Nicolas avait peut-être fait une erreur, mais aussi idiot que cela pouvait paraître, il ne l’avait pas tué, cela représentait de précieuses secondes durant lesquelles il devait retrouver la marquise. Il reviendrait bientôt.

Son regard de mousquetaire n’eut aucune difficulté à voir la silhouette de la jeune femme dans la pénombre. Rapidement, il alla vers elle, prit sa taille de son bras et la calant contre son dos, la maintenant fermement avec son avant-bras. De son autre bras, il avait son épée. Un regard lui permit de comprendre la situation. Il plaqua doucement Juliette Charlotte contre un mur pour la protéger de toute attaque possible. Il tourna sa tête vers elle et regarda son visage.

-Mademoiselle. Vous êtes en un morceau? Il ne vous a pas fait de mal?

L’oreille aiguisée de Nicolas ne mit pas longtemps à entendre les sifflements qu’émettaient un homme aux côtes blessées. Un sourire carnassier passa sur les lèvres du mousquetaire. Maintenant, celui-ci ne sera qu’un jeu d’enfant à tuer. Restait celui blessé par Juliette Charlotte. Les blessures n’étaient peut-être pas profondes et il était possible que cet homme se cache afin d’attendre son heure.

-Dites-moi, est-ce qu’il y a quelque chose que vous désirez absolument sauver?

Si Juliette Charlotte décidait d’aller trouver un médaillon ayant appartenu à sa mère ou un portrait de son père, cela compliquait tout de même les choses. Mais il devait tout de même respecter le code d’honneur et faire ce que la dame désirerait. Car sinon, il filerait de cette maison le plus rapidement possible, mettrait Juliette Charlotte en sécurité et irait chercher les autres mousquetaires pour venir chercher les deux intrus.

Soudain, Nicolas entendit le cliquètement d’un chien en train de charger. Rapidement, le mousquetaire fit une jambette à Juliette Charlotte pour la faire basculer sur le sol, alors qu’il sautait. Tout avait été fait dans une minuscule seconde et la détonation était partie. Nicolas retomba sur le sol et pointa la lame de son épée dans son ennemi. Alors qu’il le tuait sans aucun remords, il espérait seulement que la marquise ait échappée aux balles.

Le corps de l’homme tomba lourdement contre le sol. Nicolas retira son épée et fit des moulinets dans l’air afin d’aller rechercher le complice du cadavre qui traînait dans le salon. Le long corps de Nicolas longeait les meubles, les murs, pour éviter de se faire voir. Il espérait seulement que le silence joue pour lui. La respiration d’un homme aux côtes cassées s’entend facilement. La paume moite de Nicolas se resserra sur la poignée de son arme. Il calma sa respiration et ferma les yeux pour se concentrer sur son environnement. Tant que la marquise restait cachait, il n’y aurait aucun problème. Puis, il l’entendit. Se retournant rapidement, le mousquetaire s’éloigna de justesse pour éviter un coup de poing qui alla fendre le mur. Plusieurs aquarelles tombèrent sur le sol. Nicolas profita de ce moment d’une chance inattendue pour sortir de cette mauvaise passe et alla derrière le voleur. Celui-ci ne pouvait que peu bouger, Son poing était prisonnier entre deux fondations des murs. Un sourire mesquin éclaira le visage de Nicolas, alors qu’il transperçait le corps de cet homme pour une énième fois ce soir. Quatre? Ce n’était pas mal pour une seule soirée. Le corps tomba mollement sur le sol. Maintenant tout ce que Nicolas voulait était de partir de cette maison le plus rapidement possible.

-Mademoiselle! Mademoiselle! Ou êtes-vous? Venez me rejoindre.

Alors qu’il attendait que Juliette Charlotte fut visible, il essuya son épée et la rangea.

-Avez-vous des amis qui pourraient vous héberger pour la nuit? Des amis sûrs, j’entends. Il est réellement impossible que vous restiez ici. Qui sait quel vilain complot dort dans ces lieux?


Vraiment désolée pour le quatre mois de retard! .... Un peu honteux!
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MessageSujet: Re: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   24.10.10 19:16

    Pendant ce temps, Juliette Charlotte pensait également à la même chose, car même si elle était en compagnie d’un mousquetaire sa vie n’était pas assurée, elle aussi se demandait bien des choses. Est-ce qu’elle manquerait à quelqu’un, à sa meilleure amie qu’elle n’avait pas vu depuis des mois ? A son demi-frère qui la détestait sous prétexte qu’elle était un enfant légitimé ? A son père qui avait organisé pour elle une union avec un italien qu’elle ne connaissait pas ? Assurément c’était sa mère qui lui manquerais le plus, cette paysanne qui avait pour seul défaut sa classe sociale, qui avait épouse pour le bonheur de toute la famille, un petit marquis et qui avait ainsi donné un titre plus qu’infime mais qui avait permis à la famille d’avoir quand même quelques terres. Pourtant cette mère, elle ne lui écrivait que des lettres, privée d’autres moyens de communication.
    Peut être même qu’elle devait mourir maintenant, était-ce le mieux pour elle, pas vraiment car elle ne connaîtrait ni le bonheur des enfants, ni celui de s’élever encore un peu plus dans la société. Pourtant cette pensée lui rodait dans la tête, comme si c’était l’une des issues possibles, elle n’allait pas toujours être aidé par les mousquetaires, deux agressions en quelques mois, c’était trop, beaucoup trop.
    Elle en parlerait à son amie la reine, la reine que ferait-elle pour elle ? Est-ce qu’elle assurerait vraiment une meilleure sécurité ? Certainement pas, même si elle la comprendrait et l’écouterais elle ne ferait certainement rien, faute de pouvoir dans son couple royal.
    Et c’était ça qu’elle redoutait devoir se taire comme le faisait la reine, elle n’aimait pas être emprisonnée, les convenances et les codes, elle avait pu s’y faire mais se taire devant un mari infidèle, prétentieux et hautain. Jamais Juliette Charlotte n’en serait capable.

    Juliette Charlotte était embrouillé dans ses nombreuses pensées mais elle eut quand même la force et le courage d’agir, elle avait pu se débrouiller toute seule. En fait elle devait se débrouiller, comme quand elle était paysanne, elle n’avait pas le choix, ces souvenirs revenaient dans sa mémoire, bien qu’elle ait fréquenté les châteaux de la Loire, lorsqu’elle revenait chez elle, elle devait faire à manger et s’occuper de la famille comme toutes les femmes doivent le faire. On ne se pose pas de questions pour faire à manger alors pourquoi s’en poser lorsqu’on doit blesser quelqu’un ?

    Elle savait qu’elle avait en quelque sorte la vie de quelqu’un entre ses mains, mais aucun choix à faire, c’était lui ou elle et ce serait lui qui aurait mal, pas elle. Elle lui donna donc un grand coup de couteau puis entendit à nouveau la voix de l’homme, quelques bruits se firent entendre par la suite. Elle avait peur qu’un nouveau voleur vienne la voir mais non c’était Nicolas, une des seuls personnes qui pouvait l’aider mais à chaque fois qu’il agissait, il y avait un meurtre, un surplus de violence pour Juliette Charlotte. Lorsqu’il lui demanda si tout allait bien, elle hocha la tête puis répondit :

    « Non, je vais bien physiquement, mais je suis un peu secouée. »

    Elle réfléchit ensuite à sa question, est-ce qu’elle voulait emporter quelque chose, tout était ici, toute sa fortune, toutes ses robes, tout ces bijoux, toutes ces chaussures, toutes ses affaires, toute son or, toute sa fortune, toute ses lettres, tout les dessins de ses proches. Comment choisir quelque chose parmi tout cela une seule et unique chose, c’était trop compliqué, elle avait sur elle ses bijoux et sa robe favorite. Tout cela lui convenait, même si c’était assez sommaire, elle ne pouvait rien choisir, peut être qu’elle pourrait revenir dans son appartement pour récupérer ce qu’elle souhaitait, peut être qu’elle serait relogé car les évènements qui c’était produit ici lui resterait certainement dans un coin de la mémoire. Après avoir pris un peu de maquillage et de poudre blanche qui était vraiment à proximité, elle lui répondit tentant de garder un peu de son air gracieux :

    « Voilà qui est fait, je n’ai plus rien ou trop de choses à prendre… »

    Juliette entendit ensuite les balles retentirent, elle se plia de tout son corps et le plus discrètement possible, mais la vitesse ne suffisait pas, ou n’a pas suffit pour le petit chien qui passait par là, si la jeune marquise a été sauvé des balles son chien n’a pas survécu, percé par les balles au niveau du ventre, il est mort dans les bras de la jeune femme tandis que Nicolas continuait de tuer, ou de pourchasser les voleurs.
    Inutile de dire que Juliette Charlotte avait peur, avait mal, le sang coulait sur sa tenue, elle savait que ce n’était pas le sang de quelqu’un ou son sang mais elle imaginait que ça aurait pu être le sien, des larmes coulait sur ses joues mais elle se retenait d’émettre un bruit, un son, un cri. Elle ne pouvait pas se le permettre, elle risquait la mort.

    Elle entendit les épées se heurtait, puis l’une trancha un corps et elle reconnut l’ombre triomphante de Nicolas, il avait gagné assurément, il avait tué l’autre voleur. Les appartements de la marquise devaient être plein de sang et d’hommes à terre, elle ne voulait pas voir l’homme se lever car elle savait que le spectacle ne serait pas bien beau à voir.
    Elle sortit de sa cachette, qui n’était rien d’autre qu’une armoire, et s’approcha de Nicolas sachant que le combat était désormais terminé, enfin c’était ce qu’on pouvait espérer. Elle sortit de l’armoire avec le chien dans les bras, sa robe maculée de sang, on ne pouvait pas brosser pire portrait que celui là. La chaussure rongée par la poussière des meubles, la robe rouge sang et le maquillage noir ayant coulés sur ses joues tellement les larmes avaient coulées. Elle passa la main sur son front puis s’approcha de Nicolas lorsqu’il lui dit qu’elle devait le rejoindre, elle aurait certainement dû allumer une bougie ou quelque chose du genre car elle avait tant peur de trébucher dans un corps, elle tenta d’arriver à Nicolas grâce à la lumière de la lune, toujours le petit chien agonisant sous son bras, elle n’avait pas la force de le lâcher. Elle lui répondit tristement :

    « Je suis là, Monsieur »

    Juliette Charlotte réfléchit ensuite, qui pouvait bien l’accueillir, sa meilleure amie habitait à Versailles ainsi que son demi-frère, la reine elle-même une autre de ses amis ? Impossible voyant et de toute façon la sécurité ne serait peut être pas plus assuré qu’ici. Aller cher Molière, peut être mais celui-ci devait être dans une fête, elle lui dit alors :

    « Mes amis habitent à Versailles, et ma famille habite si loin que je serais éloigné de la cour à jamais. Je connais certains comédiens mais ils participent à des fêtes et j’ignore où ils peuvent être….Mais je ne veux pas vous embêter plus que je ne l’ai déjà fait… »

    Juliette Charlotte ne voulait pas l’embêter plus que cela, il lui avait déjà sauvé la vie, il ne pouvait pas faire davantage pour elle, elle logerait dans un hôtel, quelque part, si elle arrivait à obtenir sa calèche d'ailleurs car les cheveaux etaient partis depuis bien longtemps mais peut être qu'elle pourrait en obtenir une autre d'ici peu.



HJ : Désolé pour le retard également :S
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MessageSujet: Re: Quand la virée nocturne se transforme en cauchemar | Nicolas de Ruzé |   30.12.10 19:03

    À voir le visage triste de Juliette Charlotte, Nicolas se sentit légèrement coupable de lui avoir parlé aussi brusquement. Il faut avouer qu’il ne savait guère comment se comporter avec des jeunes femmes ingénues. Il n’avait pas vraiment la chance de les côtoyer. En effet, qui laisserait sa fille ou sa sœur sans surveillance à Versailles près des mousquetaires? Marianne lui vint à l’esprit, mais cette dernière si elle était jeune, était loin d’être ingénue. Selon la réponse de sa protégée, elle n’avait nulle part où aller. Nicolas l’aurait bien amené chez lui, si cela ne contrevenait pas horriblement aux convenances… et s’il avait eu un chez lui bien entendu. Et il était certain que Juliette Charlotte préférerait dormir dans son hôtel que dans le camp des mousquetaires.

    Il poussa l’amabilité jusqu’à lui offrir un sourire triste. Malgré sa profonde lassitude, Nicolas trouva l’énergie de sortir Juliette Charlotte et lui-même de l’hôtel. Il craignait d’autres embuscades. Lorsqu’ils furent à l’air libre, le mousquetaire dût s’avouer qu’il n’était guère plus rassuré. Les jardins du Trianon étaient plongés dans le noir et il était difficile d’y voir plus loin que son nez. Tenant toujours la main de la demoiselle, il la traînait derrière lui, comme il l’aurait fait d’un paquet encombrant. La délicatesse n’était pas le fort de Nicolas. Pour l’instant, il tentait davantage de ne pas trébucher et de s’éloigner le plus possible de Trianon que de ne pas briser les fins escarpins de la jeune femme.

    -Vous avez des amis en ville? Parfait! Vous irez passer la nuit là-bas et j’irai immédiatement chercher mes collègues pour sortir ses cadavres de votre demeure. On va nettoyer l’endroit, ne vous inquiétez pas.

    Se dirigeant vers l’écurie royale, Nicolas ne ralentissait pas le rythme. Il ne pouvait s’empêcher de craindre une attaque multiple. Et si Juliette Charlotte n’était pas la seule qui avait été visée cette nuit? Nicolas devait vraiment se dépêcher; après tout, il n’avait pas gardé son poste de surveillance, laissant la voie libre à d’éventuels crimes.

    En passant les portes de l’écurie, il cria aussitôt le nom du palefrenier qui s’occupait des quarts de nuit. C’était celui avec lequel il était le plus souvent en affaire, vu ses sorties nocturnes. Rapidement, un cheval fut scellé pour Juliette Charlotte. Le palefrenier la fit monter. Nicolas se rapprocha de la jeune femme, en caressant l’encolure de sa monture quelque peu revêche.

    -Ne vous en faites pas. Vous aurez certainement une lettre du préfet du palais pour vous avertir quand vous pourrez revenir. Je vais tenter de remonter à la source du problème, nous allons trouver qui a commandé l’accomplissement de cet acte. Je suis certain que le Roi voudra bien faire quelque chose pour vous venir en aide.

    Nicolas regarda le visage de Juliette Charlotte dans la pénombre.

    -En attendant, partez et ne vous arrêtez pas. Vous avez une bonne monture, ne la ménagez pas. On ne sait jamais ce qui traîne dans les rues à ces heures. Je ne peux malheureusement vous accompagner, vous comprendrez que je dois retourner immédiatement au campement pour trouver de l’aide. Il est fort possible que d’autres méfaits sont à prévoir pour cette nuit. Par contre, Michel, le palefrenier que voici, vous accompagnera jusqu’à la demeure de vos amis.

    En disant ces mots, Nicolas donna à Michel un de ses pistolets de combat et lui donna quelques recommandations quant à sa mission d’escorte aux côtés de Juliette Charlotte. Lorsque le palefrenier fut monté sur un autre cheval, le mousquetaire revint à la jeune marquise.

    -Je vous souhaite la meilleure des chances, mademoiselle. N’hésitez pas à référer de moi si jamais il y a le moindre problème dans la suite des évènements. Que mes meilleurs sentiments vous accompagnent.

    Ruzé s’inclina profondément et en se relevant, claquant la cuisse du cheval de Juliette Charlotte le faisant partir au galop, aussitôt suivi de Michel. Nicolas resta immobile quelques instants dans le noir à les regarder partir dans la lumière argentée de la lune avant de se retourner et de partir à la course vers le campement.


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