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 Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]

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Philippe d'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
Date d'inscription : 01/06/2008


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MessageSujet: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime18.02.10 16:13

Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] 15801ht Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Pbucket Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Hch00
« On s'est connus, on s'est reconnus.
On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus de vue
On s'est retrouvés, on s'est séparés.
Dans le tourbillon de la vie.  »

    « De retour à la maison … où je m'y sens encore plus étranger que lors de mon départ. Ma chambre me fait peur, j'y retrouve son fantôme, je ne peux y passer mes nuits sans tomber de ce lit où nous nous étions chastement retrouvés avant ce tragique accident. Si la nuit je me retrouve face à mon passé, le jour le présent me torture. Mon esprit me dit de renouer avec mes connaissances passées, celles qui me faisaient sourire, me rallier à cette période de joie et d'insouciance que je ne connaîtrais plus jamais. Je veux m'enfuir de ce manoir mais sans me montrer tel que je suis à ceux qui m'ont connus si … vivant. Et pourtant, je dois me mettre en marche, je ne peux rester pour mort éternellement ! Dommage, à y repenser je me sentais presque mieux dans ma Gascogne … Surtout quand elle s'infiltre dans mon esprit. Elle vit à Versailles et je m'y trouve aussi. Si proches l'un de l'autre d'un point de vue géographique et pourtant, plus mon cœur veut la rejoindre, plus ma raison me dit de prendre mon cheval et partir. Pour la première fois en deux années, j'écoute mon cœur … avec culpabilité. »

    Philippe se sentait presque oppressé dans ce manoir sans savoir où aller. Loin d'ici, de la chambre aux souvenirs d'une vie qu'il ne voulait plus penser. Dans cette maison où il sentait les fantômes, les disputes et aujourd'hui, cette investigation pour retrouver ce père qui l'avait ignoré alors qu'il avait eu tellement besoin d'une présence … A tourner en rond dans le jardin, il allait devenir fou, ou malade avec le temps frais d'ici, cela changeait de sa Gascogne où il faisait bon presque à longueur d'année. Il dormait à l'écurie, passait ses journées à la bibliothèque, devant le clavecin ou sur la tombe de sa mère en silence ou à partir dans d'interminables monologues où il finissait par sangloter. Alors en cet après midi, Philippe n'en pouvait plus et sans avertir personne, il monta à cheval et partit. Le vieux Barnabé hurla de la fenêtre de la cuisine.

    « Philippe ! Où vas tu ? »

    Aucune réponse et il eut peur de le revoir partir loin d'ici sans prévenir. Qu'il se rassure, le jeune homme partait juste pour la ville. Beaucoup, durant ses voyages, ne cessaient de parler de la sécurité améliorée dans Paris, que Versailles s'était encore agrandi et devenait une véritable petite ville … Il allait voir de ses propres yeux azurs. Sa veste flottait dans son galop. Elle datait d'il y a quelques années et Philippe flottait dedans à cause d'un important poids perdu. S'il venait à croiser quelqu'un … Cette infime penser lui fit stopper sa monture d'un coup sec et hésita. Que dirait-il ? La vérité ? Trop douloureuse. Un mensonge ? Pas son genre. Sur la route boueuse, à mi-chemin entre la ville et chez lui, il ne sut quoi faire. Rester un ermite jusqu'à la fin de sa vie ? Il était si jeune encore … Et finalement, il finit par repartir en direction de la ville. S'il rencontrait une connaissance, il aviserait en temps et en heure.

    Le voyage fut bien plus court que dans ses souvenirs ! Versailles s'était donc véritablement développé. Une véritable petite ville avec de jolis petites maisonnées ou hôtels particuliers, des commerces ouverts à foison et la vie respirait en cette journée. Sur le dos d'Hébé, Philippe contempla la foule, les mouvements de foule, ce brouhaha, le mélange des pauvres employés jouant les coursiers et des dames richement habillées. D'ailleurs, sous son manteau, un vieux gilet et une chemise délavée l'habillait, son pantalon, pourtant récent d'à peine une année, devait être resserré par une ceinture. Pour un Duc, il se sentait bien pouilleux. Quitte à venir ici, autant se rhabiller correctement. Si un jour, il devait retourner au Château, il fallait être propre sur lui et ne pas ressembler à ce garçon qui portait sur son dos un assez lourd colis. Il valait mieux s'y atteler maintenant. Il laissa sa monture en charge et se mit à se promener à pieds. Des bonnes odeurs d'une boulangerie lui titilla les narines avant de sentir un parfum mit avec outrance et le fit éternuer. Tout était beau, plus propre que Paris et si chic. Philippe se sentit presque de trop, aurait bien voulu faire demi-tour mais, bien heureux le tailleur dont la boutique ouverte attira le regard azur du gascon. La sonnette derrière la porte tinta lorsqu'il la poussa. Personne à l'horizon mais mille et un tissus, broderies, perles pour mettre en forme les futures robes de belle ou seulement d'apparat. Un homme d'une cinquantaine d'années, drôles de verres devant ses yeux vint à sa rencontre.

    « Je ne fais pas la charité, dehors. »

    Philippe sourit et ouvrit son manteau pour en sortir une bourse. L'habit ne fait pas le moine après tout et l'homme changea de suite d'expression et se courba dans une révérence presque sans fin. Le tailleur ne savait pas d'où venait ce nouveau bienfaiteur mais qu'importe, on ne refusait jamais de l'argent, surtout à cette époque où tous n'avaient pas la chance d'avoir le moindre écu en poche. Le jeune duc dut refaire une bonne partie de sa garde robe, de simples chemises à un beau pourpoint. Il ne savait pas encore s'il repasserait les grilles d'or du palais mais il valait mieux y être préparé. Pas bien épais pour un noble, il fallait bien être bien habillé pour ne pas laisser croire qu'il faisait partie de cette catégorie de la noblesse criblé de dettes. Lui avait fait de la Gascogne un duché prospère, riche, aussi bien en fortune qu'en ressources, alors Philippe ne pouvait pas parler de pauvreté.

    Le temps passe à une folle vitesse. Le temps de prendre les mesures de son corps si frêle, de choisir les couleurs, motifs, les tissus et de payer l'acompte, le soleil avait commencé à décliner dans le ciel. Moins de monde dans les rues, les pavés pouvaient se reposer après une journée à se faire piétiner ; sans la foule, la rue était encore plus belle et il ne résista pas à se promener encore quelques minutes, par curiosité mais aussi pour ne pas rentrer au manoir de suite. Non, prendre un peu encore l'air et espérer … Non, il ne devait pas mais son cœur lui lançait ce message inlassablement : « et si je la revoyais ? » Il fallait qu'il se l'avoue, ses yeux bleus la cherchaient à chaque demoiselle. Philippe s'était toujours interdit de se laisser aller dans les sentiments, pour lui on n'avait le droit qu'à un seul amour dans sa vie, le reste n'est qu'illusion ou mauvais présage. Mais son visage l'obsédait, son rire bourdonnait dans ses oreilles, elle était si différente des autres que personne ne pouvait être indifférent à son charme. Oh, elle devait déjà être fiancée ou même mariée, il n'avait jamais osé lui poser la question de peur de rompre ce petit charme, ce petit baume au cœur lorsque la culpabilité ne pointait pas le bout de son nez. Et puis, Versailles avait tellement grandi, impossible de retrouver une personne seulement avec son prénom et une description physique …

    Il lâcha un soupir et leva les yeux vers les gens venant dans sa direction pour les regarder sans réellement y croire. Et il fit bien ! Non, il ne fallait pas se leurrer, on ne retrouve pas une personne juste en levant les yeux. Mais on peut en trouver d'autres. Plus loin, un visage familier apparut. Philippe hésita, il savait mieux que personne à quel point l'on peut changer en deux années et marcha en la direction de la personne pour être sûr. Si c'était lui … Oui, il s'agissait bien de celui qu'il pensait. Marc de Beauharnais et lui se connaissaient depuis bien longtemps, se ressemblaient sur beaucoup de points. Ils avaient rencontré leurs demoiselles en même temps et se relevaient de bien piètre séducteurs, même en montant des stratégies à deux. Puis Marc s'était marié, Philippe devait faire de même peu après mais le destin ne voulut pas qu'il en soit ainsi … Son ami était au courant, mais ce n'était pas réciproque. D'Artagnan ne connaissait pas la tragédie de la vie de Marc, mais il la comprendrait à juste cause ! Mais nous n'en étions pas encore là … Le jeune homme hésita à aller à l'encontre de son ami, accompagné d'un autre mousquetaire. Ils ne s'étaient pas vus depuis bien longtemps, le physique pourrait presque faire peur. Mais un brin de bonheur poussa sur âme, qu'il était doux de revoir les gens que l'on apprécie. Surtout que Philippe savait entrer en scène pour saluer les gens. Il restait toujours en lui ce côté effronté et libre dans sa tête.

    « Si vous êtes en mission, le chapeau à plumes n'est pas ce qui se fait de plus discret. Les habits de manants sont plus accoutumés, il suffit de me regarder ... »

    Il sourit et attendait de voir la réaction de son ami. Il ne fit pas attention à son camarade à côté et pour le moment, il ne sut donc pas que la personne qu'il cherchait se trouvait juste là, travestie …

______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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MessageSujet: Re: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime20.02.10 16:03

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Versailles, son palais, sa ville, ses boutiques et hôtels chics, ses habitants... Il fut un temps, il y vivait également, il faisait partie de cette masse qui s'agglutinait et se bousculait sur les trottoirs, vaquant à leur occupation, autour de la boulangerie pour venir chercher son pain, à la sellerie pour réparer le cuir des étriers ou à l'Eglise pour la messe dominicale. Il habitait un quartier sans prétention, où de modestes manoirs s'alignaient le long de la rue comme de jolis petits pains bien ordonnés. L'image parfaite de la félicité et de la réussite que Versailles pouvait donner. Jusqu'à ce que sa demeure brûle, sa femme à l'intérieur et qu'il ouvre les yeux sur les coulisses de la vie.

Ainsi, il était revenu des merveilles de Versailles, de tous ces trompes l'œil de richesse, d'exubérance, de bonheur et de joie. Il connaissait la face cachée de la ville et elle n'était guère si reluisante qu'on pouvait le penser... Meurtres, vols, mendiants, noblesse ruinée, maisons de jeu illégales et maisons closes. Le pire comme le meilleur se côtoyaient à Versailles sans jamais réellement se voir. Seule l'apparence comptait, celle d'une ville respectable, lumineuse et éclairante où vivait les plus parfaits gentilshommes, un modèle de cité française. Reflet de son illustre souverain. Il fallait toujours se méfier des apparences songeaient Marc, elles étaient trompeuses. Comme cette vitrine richement décorée et dont les lettres sur la devanture avaient été peintes à l'or fin. Tout cela pour une simple boutique de chapeau dont l'intérieur semblait mal entretenu. L'or ne pouvait cacher la misère que pour un tant...

Il s'était arrêté devant cette boutique le temps de vérifier quelque chose dans le reflet de sa vitre. Il lui semblait avoir entraperçu un jeune gredin s'emparer de la bourse d'un vieil homme bedonnant au teint jauni plus haut dans la rue. Il ne semblait d'ailleurs pas s'être encore aperçut de son délestage, ce qui hésiter Marc quant à ce qu'il avait vu. Il préférait attendre la seconde victime pour être certain, ici à la ville, il ne pouvait pas agir avec précipitation et anticipation, le peuple se retournerait contre lui et à raison. D'un geste il avait rapidement mis Eric de Froulay au courant de son but pour qu'il le suive et l'aide dans sa tache. Ils ne seraient pas trop de deux pour agir discrètement et rendre à leur propriétaire leur dû sans que cela ameute tous les petits gavroches du quartier qui viendraient leur mettre des bâtons dans les roues.

Le jeune Froulay et lui avait été affecté ce jour-ci à la garde de la ville. Usuellement Marc était plutôt au château. Il devait avouer que ce petit tour en ville le changeait grandement, même s'il préférait grandement les missions au loin qui lui demandait de partir pour plusieurs jours. Et habituellement c'était plus Ruzé qui l'accompagnait dans ses rondes, mais un peu de changement ne le contrariait pas non plus. Il connaissait Eric pour avoir effectuer plusieurs missions auparavant ensembles, et le fait qu'ils s'entrainent ensemble tous les matins, leur permettait de se trouver rapidement et de s'adapter à la manière de bretter de l'autre très facilement. Cela conférait toujours un avantage non négligeable dans une escarmouche, un avantage vital parfois.

Si généralement la tenue qu'ils portaient suffisaient à dissuader les plus récalcitrants de commettre leur forfait. Cela ne semblait pas être le cas pour le jeune enfant, il ne semblait vraiment pas encore entré dans l'âge d'Homme, qui malgré leur présence, délester les nobles gens de leur bourse. Certes il ne le faisait pas à leur vue directe, opérant avec un peu de discrétion tout de même, mais pas celle habituelle. Il ne devait guère être très expérimenté encore. Il avait suffit qu'il fasse semblait de s'intéresser à une boutique et lui tourne le dos pour qu'il repère une nouvelle cible et ne s'élance à nouveau dans son forfait. Cet enfant était-il à ce point affamé qu'il en oublie toute prudence ? En parlant de prudence, il avait laissé échapper la sienne, concentré dans le reflet de la vitre, et ne prêtant attention à qui se dirigeait vers lui. Cette fois il voulait être sûr de ce qu'il avait vu. Il ne vit pas alors Philippe se rapprocher de lui et ce ne fut que les paroles qu'il prononça qui le tirèrent de son mutisme. « Si vous êtes en mission, le chapeau à plumes n'est pas ce qui se fait de plus discret. Les habits de manants sont plus accoutumés, il suffit de me regarder ... » Cette voix, il pouvait la reconnaître entre mille, il avait entendu des millions de fois tandis qu'ils ébauchaient des plans tous plus abracadabrants les uns que les autres et voués irrémédiablement à l'échec pour faire la cour à leur dame de cœur. Philippe d'Artagnan ! Que de temps passé depuis qu'il ne l'avait vu. Que de temps encore plus passé depuis que Versailles ne l'avait vu. Il se tourna vers le jeune homme, détaillant sa tenue d'un regard critique et lui plaçant son chapeau sur la tête d'autorité rétorqua.

« Alors prenez mon chapeau, ainsi en plus d'être pouilleux vous aurez l'air ridicule ! »

Et pour une rare fois, il sorti de sa réserve et un grand sourire vint étirer ses lèvres, heureux de revoir son vieil ami et de la gentille blague qu'il venait de lui faire. Il éclata même de rire en voyant la dégaine de Philippe, récupéra son chapeau avant d'aller lui donner une franche accolade. Lui tapant dans le dos, guère trop fort tout de même, son ami semblait aussi fin qu'une feuille d'arbre prête à s'envoler au premier coup de vent.

« Philippe ! Quel plaisir de vous revoir ici !! Qu'est-ce qui vous amène à Versailles ? »

Il se recula pour dévisager son ami, oubliant totalement son malandrin et même jusqu'à son coéquipier qui devait le regarder avec de grands yeux ronds. Un tel comportement ne lui était pas familier. Marc se dominait généralement dans toute situation et ne faisait que peu part de ses émotions ou sentiments, pour ne pas dire jamais. Education à la retenue. Et depuis un an il était même devenu renfermé ou taciturne. Son regard s'était éteint. Et à la joie de retrouver son vieil ami fit place la peur qu'il lui demande des nouvelles d'Isabeau. Sa gorge déjà se nouait.


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MessageSujet: Re: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime20.02.10 19:19


« Doucement mon bonhomme, tu pourrais te heurter à plus dur que moi, sourit Elodie en se penchant vers l’enfant qui venait de trébucher en lui rentrant dedans. »
Tranquillement, elle lui tendit la main pour l’aider à se relever tandis que le gamin, tout tremblant face au mousquetaire qu’il venait de heurter, la dévisageait avec terreur. Un sourire presque maternel effleura les lèvres de la jeune femme qui souleva le garçon et le remit sur ses pieds avant de lui ébouriffer gentiment les cheveux.
« Va ; et ne soit pas aussi pressé, tu as tout le temps devant toi, ajouta-t-elle. »
L’enfant hocha la tête, hésita un instant, tétanisé par l’uniforme militaire puis finit par s’enfuir sans demander son reste, en regardant scrupuleusement, cette fois, où il mettait les pieds. Il disparut au coin d’une rue avec la vieille femme qui l’attendait sous le regard amusé d’Elodie. Elle les observa un instant puis se remit en marche pour rattraper Marc qui, n’ayant rien vu de la collision, avait continué à avancer. D’un bon pas, le manteau cavalièrement retroussé par une épée qui lui battait les flancs, elle se retrouva de nouveau à ses côtés et les deux mousquetaires purent continuer leur ronde dans le jour tombant. Peu à peu, l’activité fourmillante de la ville commençait à s’atténuer, laissant doucement place aux futurs veilleurs et autres créatures de la nuit qui ne tarderait plus longtemps à tomber. Déjà, le soleil déclinait derrière les grands arbres de la campagne versaillaise, rayonnant de ses derniers éclats sur la royale et majestueuse demeure d’un autre Soleil, son seul et unique rival en ce monde ; aveuglant de sa trop vive lumière les dessous d’une Cour éclatante et de la ville qu’elle habitait. Pourtant, à l’heure où ce trop grand éclat languissait et s’étiolait, blafard, sous les assauts de son implacable et nocturne rivale, il était bien plus aisé de les voir, ces ombres traînant leur carcasse vide sur les pavés. Ces fantômes sans consistance que la pluie de richesse et d’honneur avait prit soin d’éviter et pour lesquels elle demeurait obstinément sèche. Le crépuscule, bref instant où jour et nuit se confondaient sublimement, oscillant encore entre l’un et l’autre, était leur domaine. Ce fugitif moment d’indécision qui seul donnait à leur misère le droit de s’étaler dans les rues sans trop leur faire honte ni les transformer en ces créatures nocturnes que tout espoir a abandonné.

Une petite moue tordit les lèvres d’Elodie tandis que ses prunelles brunes et mordorées suivait vaguement l’un des leurs. Subitement, son compagnon de ronde s’arrêta devant une vitrine dont la devanture décorée de fausses feuilles d’or dissimulait mal l’indigence. Elle s’arrêta à son tour, cherchant attentivement dans l’intérieur de cette boutique de chapelier ce qui pouvait bien avoir attiré l’attention de Marc. Mais elle eut beau fouiller l’endroit des yeux, rien ne lui apparut comme susceptible de l’intéresser. Elle fronça les sourcils, et ouvrit la bouche pour lui demander de quoi il s’agissait lorsque le mousquetaire lui fit un geste qu’elle comprit aussitôt. Abandonnant la boutique, elle s’intéressa à sa vitrine et aux images qu’elle parvenait encore à refléter malgré la lumière décroissante. Attentive au moindre mouvement qu’elle pouvait y voir, elle repéra sans mal l’enfant qui attirait le regard de Beauharnais. L’air trop affairé pour être innocent, le jeune garçon décharné faisait mine d’observer la devanture d’un marchant de fruits rangeant ses cagots, mais son regard tournait inlassablement vers l’homme qui discutait à quelques pas de lui. La conversation se termina et sa proie se fut à peine éloignée de quelques mètres que déjà le voleur, visiblement inexpérimenté, s’élançait vivement. Elodie laissa échapper un inaudible soupir. Qu’était-il donc arrivé à ce gamin pour qu’il ne se retrouve obligé à débarrasser les plus riches de leur bourse ? Comment pouvait-il en être réduit à une telle extrémité, en présence de deux mousquetaires ? Mousquetaires qu’il ne pouvait manquer d’avoir vu, la majorité des passants se retournant sur le passage des ces prestigieux soldats – ce dont se serait d’ailleurs bien passé la jeune femme, parfois, mais il s’agissait de détails qui allaient de pair avec l’uniforme. L’on avait pas l’un sans l’autre et cela ne la gênait finalement que lorsqu’il pouvait lui arriver de croiser quelqu’un connaissait Elodie et susceptible de deviner ses traits derrière ceux d’Eric. Sous le regard perçant de la belle, l’enfant s’élança donc sur sa proie, mais en fut détourné par un autre homme pressé qui lui coupa la route sans visiblement plus s’en préoccuper que de la fillette qu’il bouscula également quelques pas plus loin. Le jeune garçon, ayant perdu de vue l’objet de son larcin, resta un moment indécis puis fila dans une rue qui passait à sa droite, disparaissant ainsi de la vitre qui servait jusque là d’observatoire aux deux mousquetaires. Se retournant, Elodie jeta un regard à la ruelle dans laquelle il s’était engagée et allait interroger discrètement Marc quant à ce qu’il lui paraissait bon de faire quand une voix s’éleva derrière eux.

« Si vous êtes en mission, le chapeau à plumes n'est pas ce qui se fait de plus discret. Les habits de manants sont plus accoutumés, il suffit de me regarder ... »
Les mots de la jeune femme s’étranglèrent dans sa gorge avant même qu’elle n’ait le temps de les prononcer et elle dut faire un violent effort sur elle-même pour ne pas se retourner d’un bond mais au contraire, rester totalement immobile. Cette voix… Un brusque frisson lui parcourut l’échine tandis que l’autre mousquetaire abandonnait vitrine et ronde pour poser son attention sur jeune homme qui venait de prononcer ces paroles.
« Alors prenez mon chapeau, ainsi en plus d'être pouilleux vous aurez l'air ridicule ! »
Lentement, elle se tourna à son tour vers l’inconnu qui visiblement ne l’était pas tant que cela, n’osant pas croire à la voix qu’elle venait d’entendre. Pourtant, lorsqu’elle se retrouva face à lui, quelque peu en retrait par rapport à son compagnon qui s’était approché, plus aucun doute ne fut permit. Doucement, comme pour retarder le moment où elle serait inévitablement déçue, la belle leva ses prunelles allumées d’une étincelle étrange – mais heureusement dissimulée par l’ombre que son feutre jetait sur son visage – sur le jeune homme auquel Marc donnait à présent une accolade. Le sourire de ce dernier - son rire même, son attitude joviale, toutes ces choses qui semblaient irréelles de la part d’un mousquetaire qu’elle connaissait si renfermé et taciturne auraient pu la surprendre si ses yeux n’avaient pas rencontré les prunelles azures du nouveau venu, dissipant ainsi le moindre doute qu’il pouvait lui rester.
« Philippe ! Quel plaisir de vous revoir ici !! Qu'est-ce qui vous amène à Versailles ? s’exclama Beauharnais, comme une dernière preuve de ce que son esprit peinait encore à croire. »
Philippe… A peine ce nom prononcé, Elodie sentit son cœur oublier un battement avant de repartir, un peu plus fort qu’elle ne l’aurait voulu. Beaucoup, beaucoup plus fort, même, tandis que ces deux yeux fuyaient soudain ceux du jeune homme qu’elle avait rencontré, il y avait un certain temps de cela, lors d’une mission bien loin de Versailles et de sa Cour. Un jeune homme qu’elle avait rencontré… en tant qu’Elodie et qu’elle avait fait l’erreur de revoir plusieurs fois – de nombreuses fois -, le mois entier qu’avait duré son séjour. Erreur car depuis ce temps là, lorsque ses pensées se laissaient aller à évoquer le nom de Philippe d’Artagnan, elle ne pouvait s’empêcher de se troubler, imperceptiblement d’abord, puis de plus en plus.

Trouble qui cependant ne pouvait égaler celui qu’elle ressentait en ce moment, submergée d’une vague mêlée d’une indicible joie et d’une panique effrayante, la première ayant néanmoins tendance à prendre le pas sur la seconde. De nouveau, elle sentit un frisson inexpliqué lui courir de long de l’échine tandis qu’à son tour, elle s’approchait en tentant de se composer une attitude tout à fait sereine et en comptant grandement sur son feutre pour dissimuler son visage. S’il la reconnaissait…
« Je n’ai pas l’honneur… de vous connaître, monsieur. Pour ma part, je me nomme… Eric de Froulay, lança-t-elle afin de sortir de son mutisme. »
Elle buta sur son nom d’emprunt, résistant à cette petite voix insidieuse qui lui murmurait, tout au fond, qu’elle aimerait qu’il la reconnaisse. Qu’il sache qui il avait face à lui, s’il se souvenait de la jeune femme nommée Elodie avec qui il avait passé des heures, il y avait de cela quelques temps. Avec qui il avait partagé quelques éclats de rire et quelques balades. En lui serrant la main, la belle dut retenir un frisson. S’il se souvenait d’elle, oui… Elle retira sa main de la sienne avec un sourire avenant, luttant contre tout ce qui se contredisait et hurlait en elle. Ainsi, il était revenu à Versailles ? A cette pensée, une intense joie alla même contaminer son regard, qu’elle réprima aussitôt. Elle n’avait pas le droit de se laisser aller à de tels sentiments. D’abord parce qu’ils n’avaient certainement pas lieu d’être et ensuite parce qu’ils la mettaient en danger. Ainsi, il lui arrivait de se balader dans les rues versaillaises, comme elle ? Une fois de plus, elle tenta de se raisonner, d’autant plus que Philippe d’Artagnan était, comme son nom l’indiquait, le frère d’Alexandre… Faisant mine de jeter un regard à la rue par laquelle s’était enfui le gamin – gamin qui, du reste, ne l’intéressait absolument plus et que de toute façon elle préférait laisser filer – elle laissa les deux hommes profiter de leurs retrouvailles, puisque visiblement retrouvailles il y avait, dissimulant les siennes en se faisant passer pour un inconnu, un simple mousquetaire. Ce qu’était Eric, il est vrai, mais seule Elodie semblait avoir son mot à dire dans le combat rigoureux qui se jouait en elle en cet instant. Combat qu’elle ne pouvait ni ne voulait admettre, refoulant avec lui la frustration douloureuse que lui inspirait la situation. Ainsi, Philippe était à Versailles…
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Philippe d'Artagnan

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MessageSujet: Re: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime22.02.10 22:53

    Finalement, ce ne fut pas si difficile d'aller au devant des autres, de ceux qu'on adore. Marc est un ami fidèle, de ceux que l'on garde au plus profond de nos cœurs. Et pourtant la caresse de certains souvenirs ressemblaient à un cinglant coup de ceinturon sur son âme meurtrie. Qu'il était doux le temps où ils cherchaient à conquérir leurs belles respectives, incapables de s'y prendre correctement, même à deux. Pourtant Philippe n'avait jamais été incapable de séduire des jeunes femmes, mais lorsque les sentiments s'en mêlaient, il était difficile de réfléchir de manière correct et tout jeune homme intelligent devient sot face à l'amour. Alors deux sots ensembles ne réussissaient pas plus. C'est à se demander comment les demoiselles ont accepté leurs pathétiques avances ! Pourtant, les deux jeunes hommes avaient trouvé chaussures à leur pied. Des souvenirs d'une vie passée … Et pourtant, la joie de retrouver cet ami ne changeait en rien. Le voir sourire montrait qu'une chose au moins n'avait changé en ce monde ! Du moins le croyait-il … Au moins il avait le mérite de faire rire un jeune Duc dont la vie ne le faisait plus sourire autant qu'avant. Et le voilà cependant à rire aux éclats, chapeau de plumes des plus ridicules sur sa tête. Une raison de plus pour ne pas être entrer chez les Mousquetaires ! Quel bonheur d'éclater d'un rire franc face à un ami dont l'accueil était à la hauteur de leur complicité ! Philippe l'ajusta et prit un air fier qui ne lui allait guère.

    « Je préfère être pouilleux que ridicule et de m'affubler d'une pareille horreur ! »

    Il fut bien mieux sans cet ignoble chapeau, bien qu'il ne fut pas mieux dans ses vêtements où il ressemblait plus à un manant qu'à un Duc de Gascogne ! Mais à cet instant, il s'en moqua puisque la chaleureuse accolade que lui donna Marc réchauffait son cœur. Que personne ne s'imagine quoi que ce soit de déplacé, le jeune homme avait besoin d'être entouré, de savoir que personne ne l'avait oublié. Une boule s'empara de sa gorge et il aurait bien volontiers lâcher quelques larmes. Au fond de sa Gascogne, il s'était senti abandonné de tous alors qu'il n'en était rien. Il fallait juste laisser la vie faire son cours, après tout, tout le monde ne pouvait se soucier de lui ! D'un coup, tout était balayé, du moins temporairement !

    Que faisait-il à Versailles ? Philippe se posait parfois la question ! En tout cas, si c'était un plaisir pour son ami, imaginez pour le Duc lui-même ! Il réfléchissait à la question pour donner une raison valable d'être ici car il n'en avait pas véritablement. Il resta un instant silencieux et n'esquissa un sourire heureux. Et voir un autre chapeau à plumes derrière lui fit presque changer la conversation. Il n'aimait s'attarder sur lui-même, surtout à ce moment précis ! L'autre homme avait le visage presque caché par ce chapeau immonde – à se demander qui en avait après les Mousquetaires pour leur poser sur la tête la moitié d'un derrière d'autruche – et s'avança pour se présenter à son tour. Un peu timide ce garçon, peu sûr de lui mais on ne peut lui en vouloir de se sentir exclu d'une retrouvailles entre les deux amis. Une remarque idiote se fit dans sa tête lorsque leurs deux mains se rencontrèrent : ce garçon avait une main de musicien ou … de femme ! Cela était idiot, aucune femme ne pouvait pas entrer dans ce corps d'élite ! Pourtant, un brin de curiosité le titilla et il se pencha légèrement pour entrevoir un visage entièrement manger le chapeau de feutre.

    « Philippe d'Artagnan, frère de celui qui doit vous tyranniser pour que vous vous cachiez de la sorte ! Mais ... » Il regarda avec insistance, sans savoir vraiment pourquoi. « C'est totalement idiot mais le peu que je vois de vous, je … Non c'est vraiment idiot, je n'ai rien dit. »

    S'il commençait à voir des ressemblances avec Élodie partout, il finirait confiner dans son château complètement fou ! Il se releva et préféra oublier la stupide pensée qui s'était immiscé dans son esprit encore fragile et torturé. Ses yeux azur se tournèrent alors vers son ami à nouveau, il devait bien une explication quant à son retour inattendu. Pour un homme qui ne voulait plus voir Versailles, il avait les pieds en plein dedans ! Il passa sa main sur sa nuque avec une moue gênée de ne savoir que dire pour expliquer véritablement son retour.

    « En fait, je cherchais un tailleur et il n'y a qu'aux alentours de Versailles que l'on trouve la qualité ! »

    L'humour comme arme pour ne pas se tourner en ridicule et détourner légèrement la conversation puis il reprit avec un peu plus de sérieux.

    « Je ne saurais trop quoi dire pour expliquer mon retour. La persuasion de mon frère sans aucun doute, avec ses méthodes peu catholiques ! » Il rit brièvement avant de reprendre. « Pauvre Alexandre, je ne suis point un frère facile mais puisqu'il avait besoin de moi, je ne pouvais le laisser de la sorte puisque mon père n'est pas réapparu. Et je vous avoue que je ne m'attendais pas à voir Versailles aussi changé ! »

    Son regard se posa un peu partout sur les hôtels particuliers, les magasins, les pavés, toute cette nouveauté qu'il ne connaissait pas. Une sorte de nouveau monde auquel il n'appartenait pas, pas encore. Et aussitôt, il regarda à nouveau son ami avec un léger sourire.

    « Je pense que nous avons beaucoup de choses à nous raconter depuis tout ce temps. Que pensez vous de s'installer à une taverne, si vous avez le temps évidemment. Eric, joignez vous à nous, il est toujours un plaisir de rencontrer du monde. »

______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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MessageSujet: Re: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime04.03.10 21:18

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« Je préfère être pouilleux que ridicule et de m'affubler d'une pareille horreur ! » Marc n'avait pu que rire de cette réplique qui lui ressemblait tant. S'il avait eu le choix, lui-même aurait préféré porter les habits d'un pouilleux que cet horrible chapeau trop encombrant. A la réflexion peut-être pas de pouilleux tout de même... Mais il était vrai que ce chapeau était vraiment trop grand et trop ostentatoire avec ses plumes. Enfin, il subissait bien volontiers ce désagrément pour servir son pays et son Roi parmi les mousquetaires. Et le chapeau à plume faisait aussi partie du folklore et de leur reconnaissance dans l'élite de la nation.

Le temps des retrouvailles avec son ami, il en avait presque oublié les bonnes manières mais complètement ce cher Eric qui s'avança pour se présenter à son tour. Je n’ai pas l’honneur… de vous connaître, monsieur. Pour ma part, je me nomme… Eric de Froulay, lança-t-il afin de sortir de son mutisme. Voilà qui était une présentation en règle. Philippe était parti de Versailles depuis si longtemps qu'il n'avait pu connaître Eric vraisemblablement alors il se présenta à son tour. « Philippe d'Artagnan, frère de celui qui doit vous tyranniser pour que vous vous cachiez de la sorte ! Mais ... » Cette réflexion le fit sourire à nouveau, son frère était un excellent capitaine et Philippe le savait, il aimait juste se moquer ainsi de leur supérieur. Plaisanterie innocente, Marc jeta un rapide regard pour vérifier que Eric le prenait bien en tant que tel et non sérieusement. Ce regard suffit à le rassurer, il tourna la tête pour voir le Gascon observer avec insistance le jeune Froulay puis ajouter. « C'est totalement idiot mais le peu que je vois de vous, je … Non c'est vraiment idiot, je n'ai rien dit. » Par réflexe Marc tourna à nouveau la tête vers son acolyte à nouveau, il avait le nez vert ? Une pustule qui lui poussait au milieu du front ? Pourquoi Philippe le fixait ainsi ? Avec ces mots étranges qui plus est, les sourcils froncés il se retourna vers le Gascon et le regarda avec une pointe d'interrogation dans les yeux. Mais le jeune homme ne sembla pas s'en formaliser et Marc ne poussa pas la hardiesse à poser la question. Des réponses arrivaient, d'autres certes, aussi bonne à entendre. « En fait, je cherchais un tailleur et il n'y a qu'aux alentours de Versailles que l'on trouve la qualité ! » Et depuis l Gascogne, il aurait fait le chemin long, périlleux et laborieux, juste pour changer ses oripeaux ? Certes ils avaient peu d'allures mais faire tant de kilomètres pour une chemise... Cela fit sourire Marc, son ami avait toujours autant d'humour. Il secoua la tête, imperturbable puis reprit son sérieux pour écouter la vrai réponse cette fois. « Je ne saurais trop quoi dire pour expliquer mon retour. La persuasion de mon frère sans aucun doute, avec ses méthodes peu catholiques ! » Il rit brièvement avant de reprendre et Marc sourit également. Ils savaient tous à quel point les d'Artagnan étaient croyants et pratiquants. L'espace d'un instant, Marc se demanda si cela était toujours le cas pour Philippe. Avec la perte qu'il avait subit avait-il eu la même réaction que lui ? Croyait-il toujours à l'existence d'u Dieu assez cruel pour vous ôter de la plus terrible façon ce qui vous était le plus cher en ce monde ? Peut-être poserait-il la question si le sujet venait dans la conversation. Quelque part il souhaitait que cela ne soit pas le cas, parce que parler de cela, signifierait d'avoir parler de la disparition de sa chère Isabeau avant... Et il n'en avait guère envie. « Pauvre Alexandre, je ne suis point un frère facile mais puisqu'il avait besoin de moi, je ne pouvais le laisser de la sorte puisque mon père n'est pas réapparu. Et je vous avoue que je ne m'attendais pas à voir Versailles aussi changé ! »

«Et encore tu n'as pas tout vu... Mais heureux que ton frère ait réussi à te ramener par ici. »

Versailles se transformait à une vitesse que vous n'étiez point sûr le matin au lever de retrouver les mêmes rues que la veille au soir. Et il n'exagérait que peu. Il nota cependant mentalement le fait que le père d'Artagnan semblait manquant, il n'avait pas entendu parler de cela jusqu'ici. Le grand D'Artagnan, modèle parmi les modèles chez les mousquetaires semblait avoir disparu. Il préférait ne pas poser la question maintenant, où tous pourraient et pouvaient écouter leur conversation. Il reviendrait sur le sujet quand ils seraient en privé. Mieux valait pour le moment ne parler que de choses communes. D'autant plus que cela reviendrait à mettre Eric à l'écart de leur conversation et cela ne serait guère poli de leur part. Ces choses privées pouvaient bien attendre quelque peu, Philippe ne repartait sans doute pas le lendemain. Ils pouvaient toujours se retrouver dans une taverne plus tard et parler plus librement. D'ailleurs son ami semblait avoir suivit le cours de ses pensées puisqu'il exprima à haute voix ce qui occupait son esprit. « Je pense que nous avons beaucoup de choses à nous raconter depuis tout ce temps. Que pensez vous de s'installer à une taverne, si vous avez le temps évidemment. Eric, joignez vous à nous, il est toujours un plaisir de rencontrer du monde. » En voilà une idée qu'elle était bonne, normal, il l'avait pensé pourrait-on dire si la vanité avait fait partie de ses défauts. Abondant dans le sens du Gascon, Marc annonça.

« En effet... Peut-être pourrait-on se rejoindre d'ici une heure à la taverne Duparc, nous devrions avoir fini notre ronde et avoir été relevé d'ici là. Cela nous laissera toute la soirée pour discuter. La proposition semblait honnête, il se tourna vers Eric pour tout de même s'enquérir de son opinion. Qu'en dites-vous Eric ? Cela vous convient-il ? »

Après tout il n'était pas le seul à décider pour cette partie. Le jeune homme avait pour une fois son mot à dire. La taverne lui semblait le meilleur compromis, ils n'auraient pas trop de trajet à faire pour la rejoindre après la fin de leur quart et Philippe pourrait finir d'expédier ses affaires courantes ici avant qu'ils ne se désaltèrent tous devant un bon verre. Pour une fois Marc ferait une entorse à ses habitudes et ne repasserait pas par le camp d'entraînement avant le repas du soir... Ce n'était pas tous les jours que l'on retrouvait un vieil ami.



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Dernière édition par Marc de Beauharnais le 28.03.10 18:19, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime06.03.10 22:56


Toutefois, Elodie était loin d’être au bout de ses peines – peines qu’elle continua à masquer derrière un sourire avenant lorsque le jeune homme se présenta à son tour, ignorant à quel point cela était inutile, la jeune femme ne se souvenant que trop bien de lui. Mais Eric se devait de rester Eric, donc un parfait inconnu aussi se contenta-t-elle de hocher légèrement la tête à ses paroles.
« Philippe d'Artagnan, frère de celui qui doit vous tyranniser pour que vous vous cachiez de la sorte ! Mais... »
La mimique amusée qui s’était allumée sur les lèvres de la belle à l’évocation de leur supérieur s’éteignit à l’instant même où elle réalisa que le gascon s’était penché pour mieux la dévisager et que son regard se faisait un brin plus intense. Réprimant violement les deux mouvements contradictoires qui semblaient s’imposer à elle, elle resta immobile, se contentant de forcer ses traits à adopter une expression interrogatrice et vaguement perplexe quand aux mots hésitants du jeune homme.
« … C'est totalement idiot mais le peu que je vois de vous, je … Non c'est vraiment idiot, je n'ai rien dit. »
Elle l’observa, l’air de vouloir en savoir plus alors que son pouls avait de nouveau fait un bond de peur qu’il ne l’ait effectivement reconnue. De peur et… d’envie. Elle étouffa bien vite cette idée - cette folie ! - et ne prononça pas le moindre commentaire, s’obligeant à continuer dans le rôle du mousquetaire intrigué, mais loin de se formaliser de ce qui venait de se passer. Et pourtant, derrière un masque qui semblait peser plus lourd qu’à l’ordinaire, elle lança un regard autour d’elle, à la recherche du moindre prétexte pouvant la sortir de cette situation, s’interdisant de penser que si Marc n’avait pas été là, elle n’aurait certainement pas mis les même efforts à dissimuler son véritable visage. Mais rien ne semblait pouvoir venir à son aide et, croisant les prunelles un instant interrogatrices de son compagnon d’arme, se força à rester de marbre. Pendant un instant, l’idée de chercher à rattraper le gavroche l’effleura, mais la voix de Philippe se fit de nouveau entendre, coupant court à ses désirs de fuite.

Elle imita Marc, souriant à sa réplique sur les tailleurs. Sincèrement cette fois-ci, comme à chaque fois qu’elle avait put l’entendre faire de l’humour ce qui lui semblait des siècles auparavant. Il n’y avait pas tant de temps que cela pourtant… Quelques mois, un peu moins d’un an… Et pourtant, elle entendait ces paroles comme celles d’un être perdu depuis dix longues années. Elle s’entailla doucement l’intérieur de la joue tout en se risquant à le dévisager tandis qu’il exposait ce qui le ramenait réellement à Versailles. Il avait maigri, un peu plus encore que lorsqu’ils s’étaient rencontrés où déjà, elle avait noté sa fine silhouette. Mais son sourire, ses prunelles azures demeuraient les même, inchangés malgré le temps qui avait bien put s’écouler. Elle joignit par réflexe son rire à ceux des deux hommes à la mention des méthodes d’Alexandre, prenant soin comme toujours de déguiser adroitement son timbre de voix, plus soin encore peut-être, ignorant les murmures pressants de son cœur. Il fallait qu’elle trouve le moyen de partir, là, maintenant, ou elle allait finir par crouler sous le poids qu’avait soudain pris sa casaque de mousquetaire et qui semblait s’intensifier de minutes en minutes. Il fallait qu’elle sen aille… pour le revoir, peut-être. Pour de véritables retrouvailles, cette fois-ci… Erreur, elle le savait, mais son esprit, lui, semblait résolu à l’ignorer.
« Et encore tu n'as pas tout vu... Mais heureux que ton frère ait réussi à te ramener par ici. »
Elodie eut un nouveau sourire. Au fond d’elle, tout au fond, quelque chose ne put s’empêcher de songer qu’en faisant cela, Alexandre avait pleinement et s’en seulement s’en douter payé le service qu’elle lui avait rendu, deux ans plus tôt, en lui évitant cette fumeuse embuscade placée sur le chemin de sa ronde. Que si elle le pouvait, elle n’aurait plus qu’à l’en remercier et lui annoncer qu’ils étaient quittes, bien qu’elle n’ait jamais réellement considéré cette fameuse dette comme telle. Elle ne l’avait pas fait pour pouvoir un jour à son tour lui demander son aide et n’osait pas même espérer que cela puisse lui servir à lui avouer ce qui rendait la confiance qu’il plaçait en elle presque difficile à porter. Elle le connaissait assez pour savoir qu’elle y risquait une amitié à laquelle elle tenait.

« Je pense que nous avons beaucoup de choses à nous raconter depuis tout ce temps. Que pensez vous de s'installer à une taverne, si vous avez le temps évidemment. Eric, joignez vous à nous, il est toujours un plaisir de rencontrer du monde, lança soudain Philippe, arrachant la belle à ses pensées et une moue incontrôlée, mais heureusement trop peu explicite, à ses lèvres.
- En effet... Peut-être pourrait-on se rejoindre d'ici une heure à la taverne Duparc, nous devrions avoir fini notre ronde et avoir été relevé d'ici là. Cela nous laissera toute la soirée pour discuter. Qu'en dites-vous Eric ? Cela vous convient-il ? surenchérit Marc en se tournant vers elle. »
Elodie resta un instant muette, dévisageant les deux hommes. Luttant contre la part agitée d’elle qui souhaitait en effet les suivre – ou plutôt le suivre – quitte à se faire du mal, elle chercha le plus rapidement possible d’une façon de saisir au vol cette échappatoire qui se présentait. Vite. Il fallait donner vite une réponse. Durant deux longues secondes, elle garda le silence puis s’anima enfin :
« J’aurais été de la partie avec plaisir s’il l’on ne m’attendait pas déjà ailleurs. Un rendez-vous… immanquable, lâcha-t-elle enfin le plus naturellement du monde, un sourire désolé aux lèvres. Une autre fois, peut-être. Profitez-en pour vous retrouver sans aucune gêne ! »
Paroles qui coûtèrent terriblement à Elodie mais qu’Eric parvint à rendre totalement crédible, à en duper le plus fin observateur. Pas de rendez-vous, bien entendu, mais le mensonge faisait inévitablement et entièrement partie de la vie de la jeune femme, qu’elle le veuille ou non… que cela lui coûte, ou non. Après tout, elle l’avait choisi elle-même et savait très bien, trois ans plus tôt, qu’une supercherie de la sorte pourrait avoir de lourdes conséquences, qu’elle s’interdisait d’inéluctables passades de la vie d’une véritable femme.

La fatalité de ces pensées n’altéra néanmoins pas son sourire. Elle laissa les deux jeunes hommes achever de décider de leur future entrevue puis les mousquetaires prirent congé du gascon et sur un « au plaisir ! » jovial, Elodie lui tourna enfin le dos – non sans regrets – puis s’éloigna en compagnie de Marc afin de terminer leur ronde qui, au reste, ne durerait plus très longtemps. Pas plus d’une heure. Pour s’empêcher de sombrer dans les pensées contradictoires qui la mettait sans dessus-dessous, la belle ne laissa pas le silence s’installer trop longtemps entre elle et Beauharnais. Elle commenta cette rencontre, le plaisir qu’il devait prendre à retrouver un ami puis parla de choses et d’autres, un brin plus bavarde qu’à l’ordinaire peut-être, mais mieux valait cela qu’un silence total et tourmenté. Elle plaisante, lança que Philippe avait donné une chance de se rattraper à l’enfant qu’ils avaient de fait laissé filé et conclut qu’il aurait été fort dommage d’arrêter une si jeune âme. En bref, une discussion comme une autre, comme de celle qu’un mousquetaire pouvait avoir durant une ronde quand il ne parlait pas de conquête. Et ni elle ni Marc, elle avait put le remarquer, n’abordaient ce genre de sujets. L’une car elle n’aurait rien à dire, et l’autre… elle l’ignorait. La belle se doutait bien que son réservé compagnon dissimulait aussi quelque chose mais n’avait jamais poussé à la hardiesse à chercher de quoi il pouvait s’agir. A chacun sa part de mystère… En revanche, ce fut sans surprise ni mystère que leur tour de garde prit fin quelques moments plus tard, les deux mousquetaires cédant leur place à la relève. Quelques instants de discussion plus tard, le nouveau duo partait à son tour, laissant sur place Elodie et son compagnon.
« Bien, je vous souhaite donc de bonnes retrouvailles, lui lança-t-elle enfin avec un sourire, dissimulant ainsi sa hâte à pouvoir se retrouver seule et cesser de jouer la comédie. »
Elle non plus ne rentrerait pas à la caserne cependant. Non, elle avait besoin d’une bouffée d’air, et il n’y avait que débarrassée de son uniforme qu’elle y parviendrait. Aussi, deux petites minutes plus tard, prit-elle à son tour congé de son camarade pour s’éloigner par la petite ruelle qui se trouvait en face d’elle.

Ainsi, Philippe était à Versailles. Enfin seule, un brin moins rigoureuse avec elle-même, elle laissa ses lèvres trahir sa réaction à ce constat, à savoir un sourire un peu plus expressif qu’elle ne l’aurait voulu. Sans même y songer, plongée dans la vague de pensées emmêlée qui s’imposa sans pitié à elle, Elodie prit le chemin du troquet dans lequel se trouvait son port d’attache, comme un passage entre deux mondes : celui d’Eric et celui de la jeune femme qu’elle était. Passant par derrière pour se faire plus discrète, elle se rendit tout droit à cette chambre dont elle gardait toujours la clé sur elle et que le patron lui gardait, moyennant quelques pistoles mensuelles. Vivement, elle se débarrassa de son uniforme de mousquetaire et se laissa tomber sur le mauvais lit, laissant échapper un profond soupir, comme libérée d’un poids. Qu’allait-elle faire maintenant, elle n’en savait rien. Ou du moins, préférait n’en rien savoir… Elle resta ainsi quinze longues minutes, étendue sur le matelas, paupières baissées. La journée touchait à sa fin, peut-être aurait-elle la chance de retrouver quelques amis. Les comédiens, ou alors se contenterait-elle de vagabonder dans les rues. Quoi qu’il en soit, s’habiller s’imposait. Lentement, elle se redressa puis alla au coffre posé au pied du lit, lequel contenait quelques vêtements féminins. Elle choisit, un toute inconscience – du moins voulait-elle son convaincre – une simple et jolie robe blanche à laquelle elle assortit une mante noire, de mise vu la fraîcheur du temps. Ainsi, n’ayant l’air ni d’une paysanne ni d’une de ces dames de la Cour, elle s’adressa une moue appréciatrice dans le semblant de glace dont était orné la chambrette puis laissa enfin retomber sa longue chevelure fauve sur ses épaules. D’Eric, elle était une fois de plus devenue Elodie. Une Elodie qui s’échappa légèrement du troquet, croisant au passage le patron qui lui adressa un clin d’œil entendu, toujours persuadé que cette chambre dont elle gardait la clef lui servait à accueillir un prestigieux amant où à quelques activités du même genre. Une méprise qui la faisait sourire – mais qui avait bien failli, lors d’une mission, la trahir – et dont elle s’accommodait très bien.

Elle se retrouva donc de nouveau dans la rue, souriant au soleil qui continuait son lent déclin mais les pensées toujours inlassablement tournées vers le jeune homme rencontré plus tôt. Sa raison lui aurait bien interdit de ne faire ne serait-ce qu’effleurer l’idée d’errer du côté de l’auberge Duparc, qu’elle connaissait pour être celle à laquelle elle venait, lorsqu’elle jouait le rôle d’Eric et que ses compagnons lui proposaient un verre. Mais sa raison était seule dans ce conflit. Seule contre tout le reste, aussi la belle tourna-t-elle dans cette direction. Par acquis de conscience, elle parvint à s’imposer quelques fastidieux détours, se promettant que si elle croisait un visage connu, un ami elle s’y arrêterait. Mais, comme si même le ciel et le hasard s’amusaient à se liguer contre une attitude raisonnable, aucune connaissance ne se mit en travers de sa route. Ainsi finit-elle par se retrouver à quelques rues seulement de la taverne défendue. Rues qu’elle effaça bien vite, trop vite. Il devait y avoir un peu moins d’une heure qu’elle avait quitté Marc lorsqu’elle vit enfin l’entrée de l’édifice, et s’arrêta à quelques pas de ce dernier. Que faisait-elle ici, finalement ? Qu’espérait-elle, une fois rentrée – si elle rentrait ? Après tout, il n’y avait aucune raison valable à ce qu’elle était sur le point de faire. Rien de… raisonnable, une fois de plus. Une folie, comme si sa double vie n’en était pas déjà une immense à elle tout seule. Et puis, Philippe se souvenait-il seulement d’elle ? Etait-ce pour cela qu’il l’avait ainsi dévisagée tout à l’heure, ou était-ce simplement, comme beaucoup, à cause des traits étrangement féminins d’Eric de Froulay ? La jeune femme se mordilla doucement la lèvres inférieure, indécise. En avoir le cœur net ou ne pas tenter le diable. Le revoir sans avoir à s’en cacher ou ne pas prendre de risque. Elle était ainsi immobile depuis peut-être cinq minutes. Un soupir lui échappa. Si Marc était là, il risquait de trouver la ressemblance étrange. Elle baissa la tête et s’apprêta à tourner les talons lorsqu’un éclat de voix provenant de l’auberge l’arrêta. Elle se retourna, hésitant de nouveau. Puis se décida. Tant pis. Elle invoqua pour sa raison la curiosité de voir ce qui se passait, pourquoi ces voix, prétexte fumeux à se risquer finalement à entrer.

Elle eut à peine pénétré dans le bâtiment qu’une silhouette massive, violement poussé par un autre homme, la bouscula, l’envoyant heurter une table occupée par deux personnes. Elodie s’y appuya pour ne pas trébucher, sans cependant adresser un regard aux occupants, trop surprise. Vivement, elle leva la tête vers les deux hommes, ivres sans le moindre doute, qui s’était ainsi levés et qui maintenant se faisaient face. Deux roturiers visiblement, dardant l’un sur l’autre un regard menaçant mais embué par l’alcool. Un silence s’était fait dans l’auberge, tous ayant les yeux tournés vers eux.
« Répètes donc ce que tu as osé dire ! lança celui qui avait poussé, furieux.
- J’ai dit que… »
Il y eut un instant de blanc, durant lequel pas un mot ne fut prononcé par les deux protagoniste de cette scène habituelle aux tavernes, tandis que les autres clients attendaient le fin mot de l’histoire avant de revenir à leur propre table. Placée derrière lui, Elodie ne put voir l’expression indécise de l’homme interrogé, rendu vacillant par le vin.
« J’ai dit que… euh… recommença-t-il, visiblement peu sûr de lui. Au fait, j’ai dit quoi ? »
Nouvelle seconde muette puis l’autre roturier laissa échapper un sourire, suivit d’un éclat d’hilarité incontrôlé. Les clients se joignirent à lui et Elodie mêla également son rire cristallin à celui de l’assistance en voyant les deux acolyte se prendre bras dessus, bras dessous et retourner tranquillement à leur table, commandant deux nouveaux verres. Voilà qui semblait plus raisonnable. La scène terminée, chacun retourna à ses propres préoccupations, et la jeune femme réalisa alors que pour éviter un éventuel coup perdu, elle était restée appuyée sur la table qui l’avait retenue, elle-même toujours occupée par deux gentilshommes auxquels, l’attention attirée par le conflit avorté entre les deux buveurs, elle n’avait pas lancé le moindre regard. Retirant la capuche de sa mante, elle se retourna vers ces derniers afin de s’excuser du dérangement, un sourire toujours amusé aux lèvres.
« Veuillez m’excuser, messieurs, leur lança-t-elle en posant ses prunelles brunes sur eux. »
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Philippe d'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
Date d'inscription : 01/06/2008


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MessageSujet: Re: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime28.03.10 0:34

    «Et encore tu n'as pas tout vu... Mais heureux que ton frère ait réussi à te ramener par ici. »

    Philippe acquiesca. Les retrouvailles entre les frères d'Artagnan furent des plus houleuses et personne n'était sûr du dénouement. Après de nombreuses disputes, des aveux, des peurs et pleurs, ils étaient repartis ensemble pour ce lieu tant maudit par Philippe : Versailles. Parfois, dans le manoir familial, Philippe se demandait ce qu'il faisait ici. Après tout, il aimait la vie à la campagne et le fait de gambader dans la campagne, de partir en voyage quand il le décidait ainsi que de s'éloigner le plus loin possible du lieu de ses malheurs. A Versailles, il n'y avait pas de possibilité de voir la mer toute proche ni de pouvoir de galoper quelques kilomètres pour s'éloigner de toute civilisation. Ici, il y avait toujours du monde n'importe où les yeux azur du jeune Duc se posait. Cela avait presque un côté angoissant. Mais il évita d'y penser et se concentra sur les retrouvailles avec un ami de longue date avec qui il avait partagé des techniques de séduction infructueuses ! Il était donc tout à fait normal de proposer à Marc de pouvoir plus longuement discuter de tout ce qui s'était passé dans leurs vies. Philippe voulait savoir ce que devenait Isabeau, la femme du mousquetaire et son fils. Il voulait voir quelqu'un d'heureux, avec qui il avait passé du temps à trouver un moyen d'attirer l'attention de leur belle. Si lui n'avait la possibilité de connaître le bonheur, il voulait que les autres le vivent pleinement. Autant dire qu'il allait tomber de haut …


    « En effet... Peut-être pourrait-on se rejoindre d'ici une heure à la taverne Duparc, nous devrions avoir fini notre ronde et avoir été relevé d'ici là. Cela nous laissera toute la soirée pour discuter. La proposition semblait honnête, il se tourna vers Eric pour tout de même s'enquérir de son opinion. Qu'en dites-vous Eric ? Cela vous convient-il ? »

    « J’aurais été de la partie avec plaisir s’il l’on ne m’attendait pas déjà ailleurs. Un rendez-vous… immanquable. Une autre fois, peut-être. Profitez-en pour vous retrouver sans aucune gêne ! »


    Rendez vous proposé et accepté par Marc avec grand plaisir mais Eric avait autre chose à faire. Philippe le regarda avec un petit sourire entendu. Généralement quand un homme avait un « rendez-vous immanquable », c'était une histoire de filles. Il y avait des phrases codées que tous comprenaient. Enfin, dans l'optique où Eric était véritablement un homme. Mais personne ne se doutait, et encore moins Philippe, qu'il s'agissait en fait d'une fille du nom d'Elodie ! Cette même Elodie que Philippe avait rencontré, que la beauté et la personnalité avait totalement chamboulé son âme torturé. Cette même fille qui hantait parfois ses rêves, entre deux cauchemars de sa fiancée, et parfois à qui il pensait tout en s'interdisant le moindre sentiment au delà d'une simple amitié. Seulement, la réalité était tout autre. Mais nous n'en sommes pas encore là.

    « Je pense que Marc comprenons tout à fait. Il y a certains rendez vous que l'on ne doit jamais laisser passer. Quant à nous Marc, je t'attendrais à la taverne, même si je ne sais où elle se trouve. Oh, je me repérais bien dans les routes gasconnes alors trouver une taverne sera un jeu d'enfants. Ravi de vous avoir rencontré Eric. »

    Un petit hochement de tête et ils se séparèrent. Les mousquetaires continuèrent leur ronde tandis que Philippe reprit son chemin à la découverte de la nouvelle ville. Les rues s'enchaînaient avec une foule incroyable, des maisons ont poussé de partout ainsi que des échopes de tout genre. Le jeune homme ne savait plus où donner de la tête car son regard se posait parfois sur les passants, plus précisement les patientes. Ce manège dura de longues minutes avant de secouer la tête. Qu'avait-il à les regarder ? Il était stupide de rechercher une personne dans tout ce monde. Et puis, ce n'était pas parce qu'il était dans la ville qu'ELLE l'était aussi … Autant chercher une aiguille dans une meule de foin. Elodie … Le visage de la belle, sa jolie crinière tombante sur les épaules, son sourire charmant sans être véritablement charmeur, son air sincère et toute cette aura qui l'entourait. Tous les hommes devaient rêver d'elle, lui le premier même s'il secouait la tête lorsqu'il réalisait qu'elle lui trottait un peu trop dans la tête. Et puis, Elodie devait bien avoir un homme dans sa vie, même si elle désirait une certaine liberté et que leurs discussions pouvaient faire penser le contraire … Et voilà qu'il repensait à elle. Elle l'obsédait beaucoup trop. Selon sa conception de vie, Philippe n'avait le droit qu'à une chance en amour. Emmanuel était morte, sa chance lui était passé sous le nez, plus jamais il serait heureux. Alors, pas la peine de penser à la demoiselle, cela ne le torturerait que davantage.

    Le temps passa à une vitesse folle et d'Artagnan se mit à la recherche de cette taverne Duparc. Cela ne devait pas être difficile, bien que les tavernes ne manquaient pas. Il erra bien pendant une dizaine de minutes avant d'enfin demander son chemin à un homme assez âgé assis devant l'échope d'un chapelier. Les explications furent un peu brouillonnes mais assez explicites pour Philippe car il trouva assez rapidement. L'heure n'était pas encore écoulée mais le jeune homme s'installa à une table non loin de l'entrée pour pouvoir capter l'attention de son ami lorsqu'il arrivera. Ce qui ne tarda pas. Marc était réglé comme une horloge, ponctuel comme lorsqu'il passa la porte des lieux. Le duc se leva pour lui faire signe de venir le rejoindre. Le sourire était franc et amical, il lui tardait d'avoir plus de nouvelles. Parler avec un ami, cela lui avait manquer. Sans forcément balancer tout ce qu'il avait sur le coeur, mais rien que de parler de la pluie et du beau temps, savoir ce qui s'était passé en son absence … Bref, juste avoir une conversation avec quelqu'un que l'on apprécie. Une fois tous les deux à table et commander de quoi boire, Philippe ne tint plus ses questions.

    « Il y a bien longtemps que nous nous sommes pas vus ! Par ma faute, je concois que je n'ai pas été un bon ami à donner de mes nouvelles ... Tant de choses ont du changé et tu as le devoir de tout me dire ! »

    Il voulait poursuivre mais deux hommes, visiblement saoûls, haussèrent le ton du fond de la taverne. Cela allait tourner à la bagarre s'ils ne se calmaient pas. Philippe ne comprenait pas un mot de ce qu'ils se disaient, à croire que les saoulards ont un langage que seuls eux peuvent saisir. Puis cela se calma alors il voulut continuer.

    « Avant que je parte, tu venais d'être père ! Alors ... »

    Et là, un des deux hommes frappa l'autre au visage. Et voilà comment commença la bagarre. Ils se poussèrent dans toute la taverne jusque devant la porte ! Deux fous furieux !

    « Répètes donc ce que tu as osé dire ! lança celui qui avait poussé, furieux.
    « J’ai dit que… »
    « J’ai dit que… euh… recommença-t-il, visiblement peu sûr de lui. Au fait, j’ai dit quoi ? »


    Et après s'être frappés comme des dégénérés, les voilà à rire. Philippe, spectateur, trouvait cela presque désolant puis s'aperçut qu'une silhouette s'était appuyé à leur table pour éviter les deux dingues. De dos et capuché, cela aurait pu être n'importe qui. Lorsqu'elle se retourna, d'Artagnan put découvrir le visage qu'il recherchait tout à l'heure dans les rues, voilà qu'elle venait à lui.

    « Veuillez m’excuser, messieurs. »

    « Elodie … »

    Philippe la regarda, ses prunelles bleu océan se perdaient dans les iris noisettes de la jolie demoiselle. Et sans réfléchir, il se leva, pile au moment où la serveuse arriva et par concours de circonstances, il fit renverser le plateau et rougit de sa maladresse. Il aida la demoiselle à ramasser les morceaux de verre au sol. La jeune fille paniquait à l'idée que son patron l'enguirlande pour cet incident.

    « Je suis un grand maladroit, pardonnez moi … Dites à votre patron que je paierais. »

    Elle repartit et lui eut un sourire gêné avant de se retourner vers Elodie où il se sentit une montée de tout un tas de sentiments incontrôlable.

    « Vous ici ! Je ne pensais vous retrou … revoir à ma première visite versaillaise ! »

______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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MessageSujet: Re: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime02.05.10 19:09

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Ce n'était pas tous les jours que l'on retrouvait un vieil ami, et que l'on éprouvait une telle joie à le revoir. Il faut dire que ce sentiment n'avait plus fait parti de sa vie depuis quelques temps et l'éprouver à nouveau était tout autant bizarre que soulageant. Il était encore capable de ressentir de la joie, une vrai joie sincère et pure. Finalement, tout n'était peut-être pas mort avec Isabeau. Il espérait réellement que sa proposition siérait à tout le monde, malheureusement pour eux, Eric déclina. Ou peut-être heureusement pour lui, il pourrait retrouver son ami en privé et ne pas s'étaler devant ses comparses. J’aurais été de la partie avec plaisir s’il l’on ne m’attendait pas déjà ailleurs. Un rendez-vous…immanquable, leur dit-il mot à mot ce qui fit soulever un sourcil à Marc. Immanquable ? Qu'il mange son chapeau s'il n'y avait pas une histoire de fille la dessous ! Néanmoins il ne pensait pas Eric ainsi, le jeune homme ne lui avait pas donné l'impression d'être un coureur de jupon. Remarquez qu'on ne connaissait jamais réellement quelqu'un en fin de compte... Et il ne faisait équipe avec le jeune Froulay que depuis peu... Ceci expliquait peut-être cela. Une autre fois, peut-être. Profitez-en pour vous retrouver sans aucune gêne ! Déclina le jeune homme et Marc hocha la tête pour l'excuser, le remercier, lui dire qu'il avait entendu, peu importe, il se contenta d'acquiescer à ces paroles. Philippe répondait déjà pour lui, ce qui arrangeait l'homme de peu de mot qu'il était. « Je pense que Marc comprenons tout à fait. Il y a certains rendez vous que l'on ne doit jamais laisser passer. Quant à nous Marc, je t'attendrais à la taverne, même si je ne sais où elle se trouve. Oh, je me repérais bien dans les routes gasconnes alors trouver une taverne sera un jeu d'enfants. Ravi de vous avoir rencontré Eric. » Ce à quoi Marc acquiesça avant d'ajouter.

« Tu n'auras pas de mal à retrouver, Versailles n'a fondamentalement pas autant changé que tu ne le penses... »

Un petit hochement de tête et ils se séparèrent. Marc et le jeune Froulay repartirent dans Versailles pour terminer leur ronde. Ils n'en avaient guère pour long encore... Pas plus d’une heure, au vue de la position du soleil. Alors qu'il plongeait allègrement dans ses sombres pensées tout en réfléchissant sur le moyen d'avouer les choses à son ami, - Sa fortune avait tourné mauvaise cette dernière année... Un monde de n'être plus capable de parler à un de ses meilleurs amis à cœur ouvert mais soit. Il trouverait bien un moyen. - habituellement calme, le jeune comparse de Marc se mit à jacasser de plus belle. Il commenta cette rencontre, le plaisir qu’il devait prendre à retrouver un ami puis parla de choses et d’autres, malheureusement Marc n'y opposait que sa réserve naturelle, voire même pire, mais le jeune homme devait y être habitué et s'il ne lui répondait que peu, il le laissait parler tout à son aise et meubler la conversation pour deux. Éric plaisanta, lança que Philippe avait donné une chance de se rattraper à l’enfant qu’ils avaient de fait laissé filer et conclut qu’il aurait été fort dommage d’arrêter une si jeune âme. Distrait, Marc se contentait d'opiner du chef, même si d'avoir laisser partir un suspect l'ennuyait après réflexion, mais il avait bien trop en tête pour s'appesantir sur cette pensée. En bref, une discussion comme une autre, comme de celle qu’un mousquetaire pouvait avoir durant une ronde quand il ne parlait pas de conquête. Ils n’abordaient jamais ce genre de sujets, de toute façon. Marc parlait déjà peu sur les conversations générales, mais sa vie privée... Il se serait complètement refermé. Et puis, elle ne regardait que lui, c'était bien la raison pour laquelle on l'appelait privée d'ailleurs.

Le temps fit son œuvre et la fin de leur collaboration du jour arriva. Marc fit son rapport aux deux hommes qui se présentaient à lui, leur parla du jeune gavroche qu'ils avaient manqué d'attraper mais ne donna pas les réelles raisons du laisser aller de cette âme. La relève transmise, l'heure de se séparer enfin présente, aucun des deux hommes ne sembla s'embarrasser de politesses inutiles. Bien, je vous souhaite donc de bonnes retrouvailles, lui adressa le jeune homme en guise d'au revoir.

« Bonne soirée à vous Froulay. »

Répondit Marc à son tour, un salut du chapeau et il s'en alla de son côté pour retrouver Philippe. Il devrait peut-être passer se changer à la caserne... Malheureusement, il n'en aurait guère le temps et s'il ne se pressait pas il finirait par être en retard. Sur son chemin, malgré le risque de faire attendre son ami, Marc dévia un peu et repassa devant la rue qui abritait autrefois sa demeure. Il ne l'avait pas fait rebâtir, même s'il en était encore propriétaire. Il resta à contempler quelques minutes les ruines s'éparpillant sur un terrain à présent occupé par mendiants et autres saltimbanques sûrement. Il n'y avait personne en cette heure, mais des traces de vie étaient éparpillées au sol. Peut-être devrait-il un jour rendre à cet endroit sa beauté d'antan. Mais ce jour n'était pas encore venu décida-t-il en sentant son cœur toujours aussi serré par la vue des décombres et l'évocation de sa chère Isabeau dans chaque pierre de cette bâtisse. Il se força à reprendre son chemin et hâta le pas pour arriver en temps et heure.

Il trouva l'auberge facilement et poussa le battant de la porte pile à l'heure, comme à son accoutumé. Il aperçut Philippe debout, lui faisant signe, il se dirigea naturellement vers lui après avoir ôté son chapeau et l'accueillit du même sourire chaleureux que son vis à vis. Il prit place et le tenancier vint lui demander ce qu'ils désiraient. Une cervoise plus tard, Philippe semblait ouvrir les vannes à ses questions., ce qui fit sourire Marc. Depuis combien de temps gardait-il toutes ces questions enfermées ? « Il y a bien longtemps que nous nous sommes pas vus ! Par ma faute, je concois que je n'ai pas été un bon ami à donner de mes nouvelles ... Tant de choses ont du changé et tu as le devoir de tout me dire ! » En bon ami, d'un geste de la main, Marc lui avait fait comprendre qu'il ne lui tenait pas rigueur de ce silence, il ne comprenait que trop bien d'où il pouvait venir et la vérité... Il n'aurait pas été plus capable de lui répondre s'il avait écrit que de lui parler s'il était venu le voir. Effectivement beaucoup de choses avaient changé et ce devoir de tout dire était ce qui l'angoissait le plus. Sans raison pourtant, mais on ne contrôlait pas vraiment ses craintes, surtout les plus irrationnelles.

Ils auraient bien poursuivit mais le ton entre deux hommes montaient dans l'auberge et il se retourna pour voir qui osait faire un tel tapage avec un mousquetaire en uniforme dans la dite taverne. Les hommes l'aperçurent et cela sembla les calmer rapidement, son insigne ou son regard peu amène, peu importe, le résultat fut le même. Il reporta son attention sur Philippe qui enchaînait déjà. « Avant que je parte, tu venais d'être père ! Alors ... » Ce qui était vrai, aussi Marc hochait de la tête. Il ouvrait la bouche pour répondre quand un énorme vacarme se fit entendre, provenant de l'exact endroit que précédemment. Marc se retourna une fois de plus et aperçu les deux hommes s'empoigner et se bousculer dans toute l'auberge. Il soupira. Il allait devoir faire des heures supplémentaires au vu du regard que le tenancier lui lançait pour qu'il mette fin à cela.

Une demoiselle se retrouva totalement quasiment assise sur leur table quand elle essaya de se rattraper après avoir été bousculé par ces deux malotrus. La, cela en était trop ! Ils devenaient discourtois ! Marc se leva, mais avant qu'il n'ait pu esquisser un geste les deux hommes riaient à gorge déployé. Bon, le bon côté des choses, il n'aurait pas à faire d'heures supplémentaires, et encore moins de rapport barbant alors qu'il avait le plaisir de retrouver un ami. Un qui semblait avoir retrouvé une agréable connaissance, ce qui avait échappé à Marc jusqu'à présent et qu'il ne réalisait qu'en s'asseyant vu que la serveuse leur apporté les boissons commandées un peu plus tôt. Et tandis que le mousquetaire reprenait place sur son siège le jeune d'Artagnan le quittait subitement et renversait le plateau de la serveuse. Marc tenta de dissimuler son rire en vain, il n'était guère très bruyant mais bel et bien présent. Il détourna la tête pour rester discret. Si Philippe ne ressentait rien pour cette jeune femme, il voulait bien manger son chapeau ! Il n'avait pas été aussi maladroit depuis qu'il faisait la cour à sa jeune fiancée. « Je suis un grand maladroit, pardonnez moi … Dites à votre patron que je paierais. » Ce qui ne fit que faire rire Marc de plus belle, essayant toujours de rester discret. Probablement sans grand succès mais il ne voulait vraiment pas embarrasser son ami. Les affaires avaient l'air de reprendre pour lui. Il en était heureux. Une fois qu'il eut finit de jouer les souillons, il reprit place sur leur siège et Marc raffermit son contrôle sur lui-même pour tourner la tête vers les deux personnes et regarder d'un peu plus près cette jeune demoiselle qui mettait son ami en émoi. « Vous ici ! Je ne pensais vous retrou … revoir à ma première visite versaillaise ! » La maladresse de son ami n'était pas seulement physique, les mots semblaient vouloir se jouer de lui également. Marc tourna la tête vers la dite demoiselle et s'exclama.

« Froulay ? »

Son regard descendit sur la tenue et il écarquilla les yeux avant de dire. Ce n'était vraiment pas la tenue d'un mousquetaire et encore moins d'un homme.

« Veuillez me pardonner, je vous ai pris pour... »

Commença-t-il sans pour autant arriver à finir sa phrase, prit par le doute.

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MessageSujet: Re: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime25.05.10 21:13


Et son regard s’était à peine levé sur l’un des deux occupants de la table que déjà elle reconnaissait les traits familiers de son compagnon d’armes, Marc. Constat qui, fatalement, impliquait la présence d’un second jeune homme à ses côtés ; jeune homme également loin de lui être inconnu. Avant que le mousquetaire ait pu poser les yeux sur elle, Elodie détourna vivement ses prunelles pour les poser sur l’homme en question, saisie d’un nouveau flot de pensées et de sentiments qu’elle ne put s’empêcher de trahir elle-même dans un sourire.
« Élodie… »
Au moment où Philippe laissait échapper ces trois syllabes, les regards des deux jeunes gens se croisèrent et se noyèrent un instant l’un dans l’autre. Le sourire de la belle s’étira encore, toujours un brin mutin mais assortit d’une lueur de surprise qui n’était qu’en partie feinte. En effet, si elle se doutait bien qu’elle pourrait les retrouver ici – il fallait l’admettre, elle était venue dans ce but… - elle pensait néanmoins pouvoir voir les deux amis avant d’en être elle-même vue ; et ainsi se donner encore la possibilité de ne pas prendre le risque qu’elle était entrain de prendre – sans que cela n’y change grand-chose, certes, mais au moins par acquis de conscience. Mais visiblement, ce cher Destin avait pris la décision de lui éviter cette étape inutile. Providence ou fatalité, l’on ne saurait trancher. A l’instant où Élodie se faisait cette réflexion tout en se perdant dans les iris noisettes de Philippe, ce dernier se leva brusquement, comme poussé par un ressort. De son côté, au même moment, la jeune fille qui servait les clients de la taverne arriva avec les boissons demandées. Aussi fatalement que la présence de Marc entraînait celle du gascon, ces deux mouvements aboutirent à une inévitable collision avant laquelle l’on eut absolument pas le temps d’ouvrir la bouche pour la prévenir. Suite à un premier geste de surprise, une moue à la fois amusée et désolée effleura les lèvres de la belle lorsqu’elle vit le plateau se renverser sous le regard horrifié de la demoiselle ; attention qu’elle rapporta rapidement sur Philippe qui se baissait déjà pour ramasser quelques morceaux.

Elle fit de même pour les rares fragments de verre qui avaient roulé jusqu’à ses pieds et les déposa délicatement sur le plateau de la demoiselle qui s’en retourna, toute rougissante et confuse de sa bévue malgré la réplique et le sourire gêné du jeune homme. Puis de nouveau, ce dernier se tourna vers Élodie, lui arrachant un second sourire, à peu près aussi expressif que le premier, une lueur amusée en plus.
« Vous ici ! Je ne pensais vous retrou … revoir à ma première visite versaillaise ! »
Ainsi, il se souvenait bel et bien d’elle ; de même qu’il se rappelait qu’elle vivait à Versailles. Cette idée fit monter en elle un nouveau flot de ces sentiments troubles et étranges qu’elle préférait s’interdire. Vraiment, il fallait qu’elle cesse de penser à ce jeune homme de la façon dont elle le faisait. Et pourtant…
« Philippe ! fit-elle, renouant presque inconsciemment avec cette complicité des temps passés. J’avoue que je ne m’attendais pas non plus à vous trouver à Versailles ! Néanmoins, m’en voilà ra- commença-t-elle. »
« Ravie ». Tel était le mot qui lui aurait échappé si Marc, dont elle avait presque oublié la présence, ne l’avait pas interrompue, se rappelant aussitôt à son bon souvenir, et d’une façon bien particulière.
« Froulay ? »
Vivement, l’intéressée se retourna. Rien dans son visage ne put trahir l’instant de gêne qui l’empêcha de répondre immédiatement. Ses traits restèrent figés dans l’expression joyeuse qu’ils avaient empruntée tandis que le regard effaré du mousquetaire s’étonnait plus encore de ce qu’il avait sous les yeux. Dans un coin obscur de son esprit, Élodie ne put empêcher une petite voix pernicieuse de lui souffler qu’elle l’avait bien cherché. Toutefois, Marc sembla se raviser et revenir sur sa première impression.
« Veuillez me pardonner, je vous ai pris pour...
- Mon frère, je suppose, reprit la jeune femme en profitant de fait que je jeune homme s’interrompe, visiblement prit par un doute. Il n’y a là aucun mal, monsieur, c’est une erreur que vous ne serez ni le premier, ni le dernier à faire. »

Elle assortit ces paroles d’un sourire avenant après avoir un instant levé les yeux au ciel, comme amusée. Il fallait absolument ôter tout trouble de l’esprit du mousquetaire qui connaissait bien trop Éric de Froulay pour ne pas rester perplexe. Passer chaque matin deux heures face au même homme, épier ses moindres mouvements, jusqu’à l’expression de son visage… voilà qui limitait les erreurs quant à le reconnaître plus tard, dans une autre situation. Une imperceptible moue tordit les lèvres Élodie. Or, il fallait cette fois qu’elle parvienne à déjouer cette évidence. Il fallait que Marc croie dur comme fer et soit convaincu qu’il n’avait face à lui que la sœur du prétendu Éric de Froulay et en aucun cas la même personne. La belle ne connaissait pas assez son réservé compagnon pour être certain de sa réaction s’il venait à découvrir que c’était à une femme qu’il révélait ses talents de bretteurs, mais elle pouvait sans mal avoir de sérieux doutes. L’on pouvait être le meilleur des gentilshommes, une pareille découverte changeait la donne. Découverte qui, en l’occurrence, risquait fort de conduire Beauharnais à tout confier à sont supérieur – ce qui, soit dit en passant, ramenait encore à un d’Artagnan… Une nouvelle moue, fugace, tordit les lèvres de la jeune femme avant de laisser de nouveau place à ce sourire mutin qui lui était si propre. Alors qu’elle relevait la tête et s’apprêtait à parler, la jeune serveuse s’arrêta à ses côtés, tenant fermement son plateau dont elle déposa rapidement le contenu sur la table, sans accident cette fois. Suite à cela, elle leva les yeux vers Elodie et lui demanda si elle désirait quelque chose.
« Laissez cela, fit-elle avait un petit signe négatif. Monsieur, je suis enchantée d’avoir fait la connaissance d’un des camarades des mes frères ; tout autant que de vous avoir revu, Philippe, continua-t-elle en posant un regard un peu trop troublé à son goût sur ce dernier. Toutefois, je ne voudrais pas m’immiscer dans vos… votre conversation… »
Un autre sourire, tout aussi espiègle et charmant, ponctua cette réplique - qui aurait pourtant pu la trahir si elle s’était laissée aller à dire « vos retrouvailles » comme elle avait failli le faire – malgré l’autre petite voix qui lui soufflait qu’en dépit de ce qu’elle venait de dire, rester ne lui aurait pas déplu. Qu’importait le risque encouru vis-à-vis de Marc… Décidément, la raison semblait l’avoir abandonnée.

[Je suis vraiment, vraiment désolée du retard et de la qualité de cette... chose u__u]
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Philippe d'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
Date d'inscription : 01/06/2008


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MessageSujet: Re: Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie]   Tous jouent un rôle, seuls les sentiments sont sincères [Marc-Elodie] Icon_minitime05.08.10 21:21

Tout s'enchainait trop vite, cela en donnait presque mal à la tête à ce pauvre d'Artagnan. Depuis son arrivée, il sortait trop peu, ne restait jamais loin du manoir ou partait galoper dans la campagne. Bref, il évitait tout contact avec la société, le monde extérieur, tout ce qui pourrait lui rappeler un bonheur révolu. Et la seule fois qu'il met un pied en ville, il retrouve son compagnon de séduction ratée et Élodie. Ah Élodie … Comment expliquer ce qu'il ressentait pour elle ? Lui mentirait effrontément pour se voiler la face. Pourtant, il n'était pas du genre à raconter des mensonges à tort et à travers. Mais là, c'était pour se protéger car en parler rendrait tout réel. Cette fille était la seule à avoir percer toutes les couches de son âme, toutes ses armures, ses peurs, bref tout et s'était logé directement dans son cœur. Il n'avait rien demandé, ils s'étaient rencontrés et avaient discuté, ni l'un ni l'autre n'avait exprimé un quelconque intérêt, des sentiments au-delà de cette amitié apparente. Et lorsqu'elle partit, Élodie lui indiqua qu'elle vivait vers Versailles. Cela n'était sûrement qu'une politesse puisqu'elle le savait Duc de Gascogne et lui avait souvent parlé du château de Castelmore à Lupiac. Après son départ, la jeune femme venait souvent hanté ses pensées, son doux visage se dessinait dans ses rêves, souvent ses songes éveillées digressait jusqu'à elle … Jamais bien longtemps, Philippe s'en voulait d'éprouver des sentiments pour une autre femme que sa défunte fiancée, surtout après un deuil si court. Un an et demi, cela était énorme pour certains, beaucoup se remariaient rapidement mais pas le jeune d'Artagnan. Il ne pouvait pas faire un mariage d'État, c'était contre sa philosophie de forcer les choses, d'emprisonner une femme dans une cage dorée tandis qu'il se morfondrait. Et il croyait dur comme fer que l'on avait le droit qu'à un seul amour, le vrai et l'unique. Sa chance était passé, il se voyait déjà vivre seul pour le restant de ses jours … Alors pourquoi son cœur battait-il trop fort à la vue d'Élodie dans cette taverne ? La demoiselle avait tout pour plaire, du moins pour lui plaire et l'on ne peut lutter contre de pareils sentiments, on peut juste les cacher au fond de soi, pour mieux ressortir ensuite.
Cela n'avait pas échappé à Marc que la vue d'Élodie faisait ressortir la maladresse du Duc. Le plateau renversé mélangé à cette gaucherie d'antan, le même cocktail que lorsqu'ils couraient après les dames de leurs cœurs. Difficile d'ailleurs de faire abstraction du rire de Beauharnais, peu discret mais Philippe ne voulait pas répliquer, il ne ferait que s'enfoncer davantage. Et puis, face à Élodie, une partie du monde s'effaçait.
La belle avait un sourire à faire damner tous les saints. Tout son visage s'illuminait à cet étirement de lèvres et ses yeux posés sur lui le réconfortait plus que tous les baumes et confessions du monde. Ses joues rosirent de la revoir. Il n'avait pas gâché sa beauté dans ses souvenirs, elle était aussi divine avec ses longs cheveux, sa gorge parfaite, sa peau claire et ses yeux marrons brillant de malice. Philippe pouvait passer des heures à la contempler sans se lasser. Sa raison le poussait à tourner la tête, ne pas regarder de la sorte mais il faisait partie de la famille d'Artagnan, des sanguin qui n'agissent pas avec la raison; Et ces retrouvailles lui faisaient tellement de bien …

« Philippe ! J’avoue que je ne m’attendais pas non plus à vous trouver à Versailles ! Néanmoins, m’en voilà ra- ... »
« Froulay ? »

D'Artagnan tourna d'instinct vers son ami avant de regarder Élodie à nouveau. C'est vrai que certains traits se confondaient avec le mousquetaire de tout à l'heure ! Voilà la raison pour laquelle Philippe avait hésité quelques instants en faisant la connaissance du mousquetaire. C'était son frère ! Elle venait de l'expliquer à l'instant même, le mystère était résolu. Le monde était petit tout de même, à croire que les mousquetaires poursuivaient Philippe de près, avec son père et son frère, comme de loin, avec Élodie et Marc. Il reprit son sourire lorsque la demoiselle reprit le sien et jeta un rapide coup d'œil à son ami avant de s'avancer vers la jeune femme qui voulait prendre congé d'eux.

« Toutefois, je ne voudrais pas m’immiscer dans vos… votre conversation… »

Ce fut instinctif, lui-même réalisa son geste après coup. Philippe attrapa le poignet de la jeune femme, sans force ni lui faire le moindre mal, juste pour la retenir. Il ne voulait pas la voir partir, ce serait trop cruel. Il voulait qu'elle reste, rien que quelques minutes. Maintenant qu'il savait qu'elle était là, le jeune homme reviendrait volontiers par plaisir. Mais elle n'avait pas le droit d'arriver dans sa vie et en ressortir sans savoir quand ils se reverraient, si elle aurait le temps de lui consacrer quelques heures pour discuter comme ils avaient fait la première fois. Qu'importe si elle était fiancée ou quoi que ce soit, d'Artagnan ne s'attendait pas à ce qu'elle tombe dans ses bras, il voulait juste qu'elle l'apprécie et qu'il puisse la voir pour ne pas oublier ce visage si particulier et si beau à la fois.

« Restez. Restez s'il vous plait » Il eut presque un visage grave soudainement en prononçant ces mots, presque une plainte, une complainte. Puis il prit un joli sourire amusé pour se reprendre. « Vous n'allez pas partir aussi vite sans au moins me donner quelques nouvelles de votre vie à Versailles. A moins que vous ayez quelque chose de grave à cacher à un mousquetaire ! »

Il se mit à rire de bon cœur et se tourna vers son ami qu'il n'avait pas oublié. Mais il avait oublié de demander si cela dérangeait Beauharnais d'avoir une demoiselle qu'il ne connaissait pas à sa table. C'était un manque de correction qu'il rattrapa aussitôt.

« Je manque vraiment à tous mes devoirs … La campagne annihile tout sens de la politesse. Si cela te dérange Marc, dis moi, ce ne sera pas un souci. Élodie comprendra que tu ne veux pas t'étendre sur ta vie en sa présence ou quoi que ce soit d'autre. »

[c'est nul mais c'est pas correct de ma part d'avoir tant traîner ...]

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Prince Philippe:
 


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