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 La foi comme seul et unique soutien [ouvert]

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MessageSujet: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   09.01.10 23:48

Il était bientôt encore à Versailles où les courtisans récupéraient encore du bal de la veille qui s'était vu terminer aux aurores. Toutefois, chez la Princesse de Condé, les serviteurs étaient déjà nombreux à s'activer pour que tout soit prêt pour le départ de leur maîtresse à la prière. Épuisée par son retour au Château de Versailles, Charlotte avait quitté assez tôt le bal afin de pouvoir se reposer suffisamment pour les semaines qui s'annonçaient chargées. De plus, il lui avait paru opportun d'éviter l'affrontement si tôt après son retour. Elle s'était contentée d'ignorer sa belle-sœur haïe, la Princesse de Conti, une de ces Mazarinettes dont le défunt Cardinal avait contaminé la Cour. C'était déjà bien suffisant pour que Madame de Condé la haïsse mais il fallait en plus, comme si il pouvait y avoir pire, tenir compte du tempérament particulièrement ombrageux de l'Italienne qui avait du mal à céder le pas à sa belle-sœur. Chaque fois qu'elle y pensait, le cœur lui poignait d'imaginer que l'on avait marié la fine fleur de la noblesse de France avec des filles à peine sorties du ruisseau de fange où elles étaient nées.

Le regard que lui avait lancé la Martinozzi avait suffi à ce qu'elle soit à deux doigts de faire un éclat en plein salon et aille lui en demander raison ce qui avait fait sourire quelques fins observateurs de Cour toujours prêts à faire leurs affaires de la moindre bisbille au sein de la Maison de Condé. Si bien que la mieux née des deux avait fini par choisir l'indifférence pour retourner à ces quelques conversations et finalement rentrer à ses appartements. Ses femmes, qui connaissaient sa volonté de se lever tôt qu'elle soit ou non à la Cour, lui effleurèrent l'épaule dès les premiers rayons du soleil et la princesse se laissa lever dans une atmosphère calme et détendue. C'était quelque chose sur lequel elle insistait particulièrement : outre le fait que la noblesse et la religion de ses dames devaient être irréprochable, les bavardages, piailleries et chamailleries n'étaient pas tolérés au lever de la princesse. Quand on lui demandait pourquoi, elle répondait toujours de même :


"C'est tout simplement pour leur bien...Je suis d'humeur suffisamment difficile au matin pour ne pas qu'elles s'exposent à ma fureur à bavarder de tout et de rien."

Si bien que ce sachant prêtes à être mises à la porte au moindre mot, les jeunes demoiselles de compagnie, leurs aînées ainsi que le petit personnel se tenaient tous cois en regardant la jeune femme se préparer ce qui avait le don de la faire rire. Souvent, elle en arrivait à demander un peu d'animation pour ne pas avoir l'impression de vivre dans une crypte. Une fois le signal donné, il n'était pas un appartement où la discussion tenait une place plus importante que chez Madame de Condé. Bien sûr, à Paris, il restait encore quelques salons où l'on pouvait intelligemment discuter mais à Versailles...Si bien que si il restait un endroit où l'esprit était à l'honneur, c'était bien chez elle.

Dès qu'elle résidait à Versailles, elle réunissait un cercle qui rivalisait avec ceux de la Reine ou de Madame Henriette. Cela faisait partie de ses devoirs par ailleurs et contribuait au rayonnement de la Cour du Roi-Soleil où sans être une intellectuelle forcenée, la Princesse de Condé passait pour une des dernières tenantes de la préciosité. Sans doute parce qu'il devenait difficile à certains hommes de comprendre que l'on pouvait naître femme tout en ayant assez de cervelle pour distinguer le bon grain de l'ivraie. Certains avaient compris la leçon en essayant d'user avec l'épouse du Grand Condé des mêmes procédés qu'avec certaines autres princesses du sang sans doute moins bien élevées. La honte qu'ils avaient tous ressentie s'était chargée de leur inculquer quelque sens des réalité.

Alors qu'elle se laissait coiffer, poudrer et maquiller avec soin, la jeune femme donnait des ordres quant à l'organisation de sa journée. Où elle irait, si elle jouerait, ce que faisait son mari...Généralement il fallait à sa première dame d'atours un certain sens de l'organisation et du coq à l'âne pour comprendre ce que Charlotte entendait que l'on fit. On lui apporta une robe sombre qui lui servirait à aller à la messe. Il était bien entendu interdit de prendre le grand deuil à la Cour sans que la famille royale fut elle-même en deuil mais compte tenu de son rang, la Princesse de Condé estimait que ce genre de restrictions ne s'appliquait pas à elle. Pour dire le vrai, sa robe était surtout un agrégé de mauve, de gris, de blanc que le velours noir rehaussait par son austérité. D'une main levée, elle arrêta les commentaires de Madame de Chablis sur la réaction du roi indiquant d'une voix sèche qu'elle se changerait avant la messe. Entre temps, personne ne trouverait rien à redire si elle se présentait en toute humilité aux prières matinales où jamais personne n'assistait.

Les cheveux tirés en arrière en un chignon strict recouvert d'une fine mantille de la même couleur, elle prit le chemin qui menait à la chapelle du Château, chapelet en main, et suivie de son petit groupe de suivantes indispensable à la bonne tenue de son rang. On reconnaissait la grande dame au nombre de sa compagnie et à la richesse de son habillement. Certaines n'y allaient pas de gaieté de cœur, les dévotions de la princesse durant généralement longtemps. D'autres étaient assez satisfaites de servir une dame dont on reconnaissait la grande piété sans toutefois l'associer jamais avec la cabale des dévots à la Cour. Les affidés de Bossuet de Conti n'osant jamais trop venir lui faire leur cour craignant trop son trop haut époux tout dévoué au roi ainsi que les remarques glaciales de la dame qui n'aimaient guère les fanatiques.

Enfin, elles pénétrèrent toutes dans la Chapelle accompagnées de pages qui portaient les missel et autres livres d'heures et de prières, où tous se signèrent en se génuflexant. Laissant de côté les dames d'honneur, Charlotte de Condé alla s'installer sur les marches d'un petit autel dans l'abside et commença à s'y agenouiller avec lenteur et une dignité consommée. Il n'était pas question d'être dérangée le temps de ses dévotions aussi envoya-t-elle son petit page éloigner les curieux si jamais il s'en présentait. Bientôt le visage penché sur son chapelet en perles nacrées, on n'entendit plus que les sons marmonnés de quelques mots en latin.


"Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui Iesus. Sancta Maria mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc, et in hora mortis nostrae.
Amen. "


Depuis que le roi Louis le Treizième avait voué la France à la Vierge dans l'espérance d'un Dauphin, la jeune femme suivait avec beaucoup d'enthousiasme les multiples expressions du culte marial. Elle avait accompli le pèlerinage du Puy dans le Velay au terme d'un voyage qui lui avait fait découvrir les Duchés de Bourbon et d'Auvergne que son époux possédait en apanage.

Son éducation stricte en matière de foi l'avait conduite à attacher une très grande importance à toutes les manifestations pieuses possibles et imaginables. Elle n'avait guère besoin de chercher loin pour trouver des exemples en matière religieuse. Il n'y avait qu'à voir sa cousine et belle-sœur, la duchesse douairière de Longueville, qui partageait désormais sa vie entre Port-Royal et le Carmel ou encore son autre cousin Lévis de Ventadour qui avait fondé la Compagnie du Saint-Sacrement en 1627. La religion avait désormais prit une telle place dans sa vie qu'elle n'imaginait même pas comment elle avait pu être si inconséquente lorsqu'elle séjournait à Bruxelles, otage plus que hôte des gouverneurs Habsbourgs de la province. Peut-être avait-ce tout simplement été par goût du défi qu'elle avait ainsi fait preuve d'irréligion tandis que Condé se vautrait avec délice dans la débauche. Elle souriait encore d'avoir vu les douairières flamandes et espagnoles se signer en les voyant passer ensemble.

Toujours était-il qu'elle avait de nombreuses choses à se faire pardonner, et qu'elle n'allait pas entendre sa confession pascale pour déballer au prêtre ce qui encombrait son âme. Ainsi au terme de multiples prières qui prirent de longues minutes, la jeune femme fut-elle la dernière à se relever pour rejoindre la nef où l'attendait ses suivantes.
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   11.01.10 21:29

Anna malgré son titre avait décidé de venir léger à Versailles et n’avait donc pour suite que sa femme de chambre si on ne comptait pas les deux gardes qui se relayaient chaque jour pour la suivre dans le moindre de ses déplacements. N’ayant pas voulu de ses suivantes son père lui imposa ses gardes. Plus les heures passaient plus elle regrettait ce choix orgueilleux et stupide. Elle marchait à petit pas mesuré dans les couloirs du palais demandant par moment son chemin à un garde après avoir posté un garde à chaque coin de couloir pour être sur que personne ne puisse se gausser d’elle perdu dans les dédales d’un palais. Elle finit par trouver la chapelle mais fut surprise d’y voir déjà des serviteurs. Il devait y avoir sûrement quelqu’un d’une grande noblesse vue le nombre de suivant mais elle ne pouvait voir de qui il s’agissait ces derniers lui bouchant la vue. Elle passa le pas de la porte et mit un genou à terre face à l’autel baissant humblement la tête et se signant. Elle se releva ensuite la tête droite et le port fière comme à son habitude tournant le regard en coin pour voir qui il s’agissait. Elle ne reconnut pas ce visage mais peu étonnant. Aux habits et à la coiffure elle devina qu’elle était française et attrapant des bouts de paroles au passage elle crut comprendre qu’il s’agissait de la Princesse de Condé. Ainsi Madame Charlotte de Montmorency ressemblait à cela. Il n’y a pas à dire, elle est fort jolie un visage des plus délicats et une peau fort blanche. Elle finit par retourner à ses pensées pieuses et alla s’agenouiller devant l’autel dévoué au Christ. Elle s’agenouilla entièrement à terre, les deux genoux par terre, et faisant tourner son chapelet pria en silence seul ses lèvres pouvaient laisser comprendre de quoi elle priait. Elle commença par un Ave Maria et enchaîna avec sa prière qu’elle adressait à sa famille et à ses proches rester en Russie. Elle pria aussi pour les soldats russes qui se battait en Pologne et en Ukraine, elle priait pour que le Père Tout Puissant accorde dans sa grande bonté la victoire à la Russie pour que ce merveilleux pays puisse affirmer sa suprématie encore plus en Europe de l’Est car bien évidemment son pays était le plus puissant de ce coté du continent.
Une fois sa longue prière, fini elle se leva et alla saluer la Princesse de Condé. Elle recula son pied droit derrière son pied gauche et pliant légèrement les genoux alors qu’elle tenait les pans de sa robe de chaque coté de ses deux mains. Elle baissa en même temps le regard vers le sol puis se releva s’adressant en parole à la Princesse :


- Bonjour à vous, je suis Anna Alexeïevna Princesse de Russie. J’ai cru comprendre que vous étiez Charlotte de Montmorency Princesse de Condé ? Je suis enchantée de faire votre connaissance. Pardonnez ma cour des plus réduites j’ai préféré voyager léger.


En effet seule Fanny se tenait à ses côtés les deux gardes ayant eu l’ordre d’attendre dehors. On ne rentre pas en arme dans un lieu saint.
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   12.01.10 10:42

Le silence était de mise dans une chapelle comme celle de Versailles et Charlotte de Montmorency ne l'aurait jamais voulu autrement. Le silence était la parure de tous les nobles sentiments que pouvaient susciter la religion. Face à la grandeur de Dieu, qu'étaient donc ceux que l'on appelait les Grands ? Peu de choses pour dire le vrai. Malgré leur fierté, leur sang, leurs richesses, il ne pouvait y avoir que soumission et humilité. Les chuchotements de ses dames intéressèrent brusquement la jeune femme qui se retourna pour leur demander à quelle heure aurait lieu le cercle de la Reine aujourd'hui. Non pas qu'elle veuille y assister mais elle tenait pour de la courtoisie de ne pas tenir le sien en même temps. Même si elle n'appréciait guère l'Espagnole, elle avait plus que du respect pour la grandeur royale. Marie-Thérèse était la maîtresse, elle n'en était que l'une des premières sujettes. Pourtant lorsque l'on avait vu Anne d'Autriche sise sur le trône avec tant de dignité, on ne pouvait que regretter que la souveraine actuelle n'ait pas plus profité de ses enseignements. Mais Anne avait personnifié la grandeur monarchique par nature tandis que l'épouse du Roi-Soleil ne participait à cette dignité que par obligation, contrainte et soumise.

Si leur piété aurait pu les rapprocher, il n'en était rien. Leurs modèles d'éducation avaient été différents. Rien de commun effectivement entre les précédentes reines espagnoles et les grandes dames françaises. Ses tantes, malgré une soumission au pouvoir masculin, ne tenaenit pas pour rien le rôle des femmes dans leur société que Anne-Geneviève avait si brillamment illustré lors de la Fronde. De sorte qu'on avait nourri la jeune Montmorency des exemples éloquents de Madame Louise, Marguerite de Navarre, les deux Anne de Bretagne et de France, Catherine de Médicis et de certaines reines médiévales au premier rang desquelles Blanche de Castille et Marguerite de Provence. De ces prestigieux précédents, la jeune femme avait tiré un sens du devoir, parfois battu en brèche par ses sombres humeurs, et surtout une dignité véritablement à toute épreuve.

Et c'était dans ces moments où la bienséance était nécessairement une aide. Alors qu'elle finissait d'établir le programme de sa journée, une femme grande et blonde vînt se présenter devant elle en une génuflexion adéquate avec le rang de la Princesse de Condé. Ce ne fut que quand celle-ci prit la parole que les sourcils de la jeune femme se soulevèrent d'une surprise vite maîtrisée. Non pas qu'elle soit étonnée de rencontrer une étrangère à Versailles, ce palais étant ouvert à tous les ambassadeurs mais qu'une Altesse Impériale fasse une révérence devant elle la soufflait littéralement. Sur un prompt geste de sa part, ses suivantes se mirent en devoir de répondre à Anna avec un art consommé, leurs grandes robes de cour s'évasant comme des corolles autour d'elles. Charlotte elle-même esquissa le geste avec beaucoup moins d'amplitude se contentant de légèrement plier les genoux et d'abaisser la tête sans même tenir sa robe. Alors qu'elle se relevait, son chevalier d'honneur, prit sur lui de répondre à la princesse russe.


"Son Altesse Sérénissime, Madame la Princesse."

D'un geste souverain, elle fit signe à Bouteville de reculer. Si Anna Alexaïevna préférait une rencontre non protocolaire, la jeune femme n'avait rien à y redire. D'autant plus qu'elle venait de passer une longue demi-heure à genoux et qu'elle ne comptait pas s'y remettre. Un sourire amusé se dessina sur son visage alors que suivant les paroles de son interlocutrice, son regard dérivait sur la seule personne qui accompagnait cette dernière. D'un gracieux mouvement de tête, elle signifia qu'elle avait remarqué la présence de la servante sans toutefois ouvrir la bouche pour la saluer. Ainsi allait la Cour...De la part de la première princesse du sang, c'était déjà beaucoup d'attention. Mais elle semblait ravie de rencontrer ainsi, au débotté, une jeune femme dont la franchise transpirait déjà aux premiers mots.

"Le plaisir est entièrement mien, Votre Altesse. On nous avait annoncé, à mon époux et moi-même, que Versailles aurait bientôt le plaisir de voir l'arrivée d'une ambassadrice extraordinaire du pays des Tsars. Je ne pensais pas que votre père nous ferait le grand honneur d'envoyer une de ses filles. Un plaisir, réellement...", répéta-t-elle. "Vous avez dû faire un long voyage pour rejoindre notre douce France et je suis charmée de voir que vous maîtrisez si bien notre langue."

Effectivement, lorsque l'on savait que le plus long voyage entrepris par Charlotte avait été celui organisé pour le mariage royal à Saint-Jean-de-Luz, on ne pouvait que comprendre que la perspective de traverser un continent puisse lui paraître extraordinaire. Comme bon nombre de ses contemporains, la jeune femme imaginait l'immense Russie comme un univers de glace tellement éloigné de l'Occident qu'il aurait fallu des mois pour l'atteindre. On les disait barbares, chrétiens certes, mais dont les mœurs étaient tellement éloignés des manières françaises qu'ils n'apparaissaient que comme de véritables sauvages dans l'imaginaire collectif. De toutes façons, elle ne savait même pas où se trouvait cette fameuse Russie dont on leur rabattait les oreilles depuis quelques mois. La jeune femme savait qu'à l'est se trouvaient les terres des Maisons de Lorraine et de Savoie, auxquelles elle était apparentée, plus loin l'Empire avec sa mosaïque de principautés théoriquement soumise à l'Empereur Habsbourg. Ce qu'il y avait ensuite n'était que conjectures. Elle connaissait les mots Royaume de Pologne ou Hongrie mais elle ne leur associait pas de réalités précises alors pour la Russie...Mais à vrai dire, Anna se plaignait plus de son absence d'escorte que de la longueur de son périple. Aussi, avec un sourire rompu aux usages de la cour française, Charlotte se mit en devoir de prévenir ses éventuelles inquiétudes.

"Je ne peux que vous féliciter de ce choix. A chacun de mes déplacements, mon mari insiste pour que je sois accompagnée par une compagnie de gardes françaises pour ma protection. En plus de ma maison, de mes meubles et du personnel indispensable, je n'ai pas besoin de vous décrire l'impression carnavalesque que cela peut donner. De plus, je suis certaine que bien des dames françaises seraient ravies de faire partie de votre compagnie et de vous accompagner dans vos pérégrinations françaises."

Effectivement, ce serait, sans doute possible, une véritable foire d'empoigne pour décider de qui pourrait servir Anna de Russie en son particulier. Les places se négocieraient certainement à prix d'or. Évidemment, Madame de Condé ne serait pas sur les rangs, cela aurait été déchoir mais elle n'excluait pas de participer à certaines de ses occupations si la princesse impériale l'avait pour agréable. D'un geste délicat, elle chassa une poussière imaginaire du surplis de sa robe mauve et blanche avant d'ajouter.

"Si cela peut vous être d'une aide quelconque, Madame, je vous indiquerai quelques dames ayant bonne réputation et dont le rang vous ferait honneur. Et également suffisamment discrètes pour ne pas vous étouffer d'une trop pesante attention afin que vous puissiez goûter en toute liberté les plaisirs de la Cour de France."

Si l'offre était sincère et aimable, le ton était sans obséquiosité aucune. La Princesse de Condé était trop noble pour cela et si ces paroles étaient douces, on pouvait sans peine déceler qu'elles étaient franches et dénuées de tout artifice. Elle faisait simplement honneur à la réputation de courtoisie du roi Louis en prouvant par l'exemple que les Français avaient à cœur de se montrer accueillants envers leurs invités. Faisant un pas pour quitter leur place devant l'autel, elle imposa d'un regard à sa suite de rester quelques pas en arrière pour ne pas gêner la conversation. Les suivantes connaissaient suffisamment leur maîtresse pour s'en tenir à ce qu'on leur ordonnait. Celle qui outrepassait ses fonctions sans raison valable n'avait plus qu'à se trouver une autre protectrice. Toujours avec la même amabilité empreinte de courtoisie et de dignité, elle continuait la conversation avec un plaisir visible.

"Et je dois vous avouer qu'étant assoiffée de connaissances sur les autres Cours, je serai ravie que vous me parliez de celle de votre père quand nous aurons l'occasion."

De fait, elle aimait apprendre les façons et courtoisies étrangères depuis son séjour prolongée à la cour bruxelloise où elle avait écouté tous les contes possibles et imaginables sur les pays au-delà de la frontière impériale.
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   12.01.10 11:43

Anna observait les faits et geste de la Princesse de Condé désirant vivement apprendre le protocole Versaillais que Madame la Princesse de France ne manquerais surement pas de lui enseigner. Elle observa donc avec attention le salut que cette dernière lui accordait, en effet en Russie, entre Princesse on se saluait dans une révérence contrôlé mais pas dans un légé plissement de genoux. Cela était valable d’une Princesse à un comte ou duc et un simplement hochement de tete pour ceux de rang inférieure. Anna garda bien enfoui dans un coin de sa tete ce que la Princesse de Condé venait de lui apprendre sans s’en rendre compte. Elle sourit d’ailleurs intérieurement assez contente de l’effet de surprise succité par son salut plus profond qu’il ne l’aurait falut. Elle salua ensuite d’un bref hochement de tete l’homme qui venait à la saluer. Elle ne s’était pourtant pas adressé à lui, un homme avait toujours du mal à rester dans l’ombre d’une femme meme si celle-ci est de rang supérieure, c’est un fait qu’elle avait souvent remarqué, notamment avec ses amants. Elle rendit son sourire à cette dernière lorsqu’elle apperçut sa cour des plus restreintes, c’était un bonheur qu’elle était consciente d’avior meme si à coté il fallait suivre un stricte protocole et ne pas être soi meme ce qui était fort difficile à accepter. Elle resta cependant droite et fière en écoutant ce que lui disait la Princesse de Condé.


- Le plaisir est entièrement mien, Votre Altesse. On nous avait annoncé, à mon époux et moi-même, que Versailles aurait bientôt le plaisir de voir l'arrivée d'une ambassadrice extraordinaire du pays des Tsars. Je ne pensais pas que votre père nous ferait le grand honneur d'envoyer une de ses filles. Un plaisir, réellement... , répéta la Princesse de Condé.Vous avez dû faire un long voyage pour rejoindre notre douce France et je suis charmée de voir que vous maîtrisez si bien notre langue.

Anna répondit par un sourire de circonstance, le français elle l'avait appris grace à son précepteur mais elle ne releva pas, cela faisait partit des compliments sur lequel il était difficile de répondre et répondit :

- Merci beaucoup, le plaisir est partagé. De part les émissaires français venu en Russie j’ai entendu beaucoup de bien sur votre famille. Je ne pense pas être si extraordinaire que cela mais sortir de cette prison dorée qu’est le Palais de Saint Pétersbourg fait du bien n’ayant jamais voyagé à part jusqu’en Autriche il y a quelques années. Pour tout vous avouer je n’ai pas trop laisser le choix à mon père rétorqua-t-elle dans un sourire amusé. Et oui le voyage fut fort long plus d’un mois mais cela en valait le coup quand on découvre ce palais aussi splendide à l’extérieure qu’à l’intérieure.

Anna se dit qu’elle ne devait pas avoir voyager bien loin pour être ainsi impressionné. Pourtant la Russie est bien moins loin que la Chine et c’est un royaume des plus somptueux l’été la neige laissant place aux herbes vertes et aux fleurs embaumant l’air. Il est vrai qu’elle n’avait pas beaucoup voyagé à part aux quatre coins de la Russie et une fois en Autriche, venir en France était son plus long voyage mais quel bonheur que de se retrouver ici. Puis revenant à la réalité elle écouta la suite :

- Je ne peux que vous féliciter de ce choix. A chacun de mes déplacements, mon mari insiste pour que je sois accompagnée par une compagnie de gardes françaises pour ma protection. En plus de ma maison, de mes meubles et du personnel indispensable, je n'ai pas besoin de vous décrire l'impression carnavalesque que cela peut donner. De plus, je suis certaine que bien des dames françaises seraient ravies de faire partie de votre compagnie et de vous accompagner dans vos pérégrinations françaises.

Anna sourit vivement en entendant les propos de la Princesse de Condé, elle imaginait bien la scène puisqu’elle la vivait chaque fois que père décidait de changer de palais impérial. En l’entendant parlé de la garde elle soupira oui elle aussi avait eu droit à la garde. Dans un vif sourire elle approuva :

- Si je puis vous rassurer c’est le même cirque lorsque père nous fait changer de palais impérial et j’aurais du ne points y échapper mais puisque je suis seule à décider de mes bagages je n’ai fait qu’emmener toutes ma gardes robes. Malheureusement je n’ai pu échapper à la garde à cheval de 10 soldats de mon père et le Roy s’est bien entendu permit de nous envoyer des mousquetaires en renfort à la frontière. Je ne suis donc pas passer inaperçu sur les routes et je désespère de pouvoir le faire ici vu l’engouement que suscite mon arrivé.

En effet Anna aviat pour jeu à Saint Pétersbourg de participer aux fetes données par les nobles de la Cour de Russie mais de tout faire pour y passer inapercu, bien évidemment cela ne marchait jamais car elle se devait de garder son attitude froide et hautaine mais entre amies beaucoup réussissait à oublier son titre comme tout à son honneur la Princessse de Condé commencait à l’oublier comme le prouve ses paroles suivantes :

Si cela peut vous être d'une aide quelconque, Madame, je vous indiquerai quelques dames ayant bonne réputation et dont le rang vous ferait honneur. Et également suffisamment discrètes pour ne pas vous étouffer d'une trop pesante attention afin que vous puissiez goûter en toute liberté les plaisirs de la Cour de France.

Anna acquiessa d’un hochement de tete retenant un soupir.

Je vous remercie de votre attention, je ne sais encore j’aurais aimé pouvoir mieux me fondre dans la foule versaillaise et espérait me faire plus d’amies que de dame de compagnie.

Anna avait déjà entendu parler de la courtoisie française mais elle eut vite comprit en quoi elle consistait entre la Marquise légitimé et maintenant la Princesse de Condé. Il y avait un je ne sais quoi d’agréable d’être ainsi à parler à la jeune femme, elle repensait d’ailleurs aux questions sur le salon, ainsi elle allait en tenir un, et bien elle tacherait de s’enquérir de quand il se tiendra pour pouvoir y faire honneur. Elle se demanda si elle devrait en faire de meme, espérons que non meme si elle se doutait qu’il faudrait surement faire montre de démonstration de richesse mais elle avait le temps d’y réfléchir pour le moment il lui fallait s’installer.

- Et je dois vous avouer qu'étant assoiffée de connaissances sur les autres Cours, je serai ravie que vous me parliez de celle de votre père quand nous aurons l'occasion.

Anna sourit en entendant la Princesse,

Bien sur je me ferais une joie de discuter avec vous de tout cela. J’espère aussi que j’aurais l’occasion de faire honneur à l’un de vos salons. D’ailleurs j’ai grande hâte de rencontrer les gens qui font partit de cette cour. Si vous voulez à l’occasion venir dans mes appartements vous y serez la bienvenue évidemment. De plus j’apprécierais énormément apprendre de meme de vos connaissance en matière ce cour française et dans les royaumes que vous avez visité.

Anna souriait se sentant parfaitement en confiance avec la jeune femme qui semblait ne rien faire comme à son exemple. Le plaisir de converser était réellement partager.
Puis se penchant un peu plus vers la Princesse rompant avec le protocole qui demande une certaine distance chuchota aussi bas que possible pour que personne ici présent ne les entend :


D’ailleurs le mousquetaire de Beauharnais nous a fait l’honneur de nous escorter ici et il semble des plus…Courtois, charmant si vous me comprenez

Dit-elle en se reculant un peu adressant un vif sourire à la Princesse.
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   12.01.10 16:01

Les premiers mots d'Anna provoquèrent un léger plissement des fossettes de Madame de Condé. A première vue, son sourire s'élargissait encore mais quelque chose dans la composition de son visage le rendait assez indescriptible. La sérénité affichée par Charlotte ne trembla quand il fut fait mention de la réputation des Condé quoi que cela eût pu prêter à rire. Qui était donc l'ambassadeur qui avait bien pu vanter les mérites d'une famille anciennement rebelle dont les titres, les richesses et la gloire faisaient encore un peu d'ombre au Roi-Soleil ? Enfin, à voir l'attitude soumise voire servile du Grand Condé, la jeune femme ne manqua pas de constater que les services que ce dernier rendait à son souverain semblait avoir levé l'opprobre qui couvrait certains partisans de la Fronde. Sans doute la révélation de la princesse russe était-elle l'expression de l'immense admiration dont jouissait son époux dans toute les cours européennes : on l'avait après tout comparé maintes fois à Alexandre pour son génie militaire. Cette pensée ne put l'empêcher de rire. Un rire tout à trac, assez réfléchi mais ô combien travaillé dans ses jeunes années ,et donc, forcément cristallin.

C'était autant de l'image qu'elle se faisait de la tête du Tsar quand sa fille lui avait annoncé qu'elle se rendait en France, à plusieurs milliers de lieues de la cour impériales, que de l'idée qu'on les ait dépeint son époux et elle sous une lumière si favorable. Non pas qu'ils ne soient pas bien en cour mais parfois le Roi manifestait encore un certain ressentiment envers son cousin dont les rébellions avaient gâché une partie de sa jeunesse. D'un coup sec, elle ouvrit un éventail de soie peinte de scènes champêtres avant de répondre à la jeune femme :


"Il faudra alors que vous me donniez les noms de ces émissaires pour que je les répète à mon époux, il sera ravi de voir que son nom est connu jusqu'en votre lointaine Russie. Je gage même qu'il abandonnera bien vite ses parties de chasse pour venir entendre de votre bouche la nature des louanges dont il a fait l'objet."

Décidément cette rencontre s'annonçait sous des auspices plus que favorables même si on sentait l'ironie de ses quelques phrases. Quant à savoir si la dite ironie s'appliquait à l'attitude de son mari ou bien des propos des ambassadeurs français en Russie, il aurait fallu connaître la Princesse depuis l'enfance pour déchiffrer ce visage amusé qui restait indéchiffrable. Mais elle reprit sur le sujet du voyage tout en conservant un air ébaudi qui faisait joliment briller ses prunelles grises.

"Je ne doute pas de la réaction de l'Empereur Alexis, aucun père n'apprécie que sa fille ait des velléités d'indépendance. Toutefois, je peux vous comprendre, certains palais ne sont pas du tout ce que l'on peut s'imaginer, même un palace peut devenir une prison."

Cette pensée laissa la jeune femme songeuse durant une poignée de secondes. Certains souvenirs remontèrent lui faisant perdre cet éclat amusé qui, pendant quelques secondes, avait brillé dans ses yeux. Les années passées à la Cour de Bruxelles sous la garde vigilante des horribles duègnes espagnoles, celles quand plus jeune où elle n'était autre chose qu'un otage à la cour du Louvre. Toutefois, elle releva le menton d'un coup sec croisant le regard d'Anna. Une Montmorency ne ressassait jamais le passé, et cette Montmorency-là était sortie bien plus forte de ses épreuves que certains auraient pu l'imaginer. Elle sourit légèrement en écoutant la jeune princesse lui faire part de la garde, à vrai dire légère, qui l'avait accompagnée. Même si la Princesse de Condé avait parfois l'envie de voyager léger, elle savait également que ce genre d'escorte était nécessaire pour tenir son rang. Elle avait fini par l'accepter mais cela l'avait dérangé pendant bien des années.

"Je peux comprendre que cela vous pèse mais les pays que vous avez traversé ne sont pas tous sûrs et, même en France, il est des endroits où je ne m'aventurerai pas sans une forte escorte armée. Il est parfois bien difficile de constater que sécurité, souci de tenir son rang et liberté font difficilement bon ménage ensemble. Mais, si je peux me permettre, quelques suivantes dégourdies pourront vous aiguiller et parfois vous conseiller, ou peut-être vous éviter un impair tant les règles de bienséance varient d'un pays à un autre. J'en ai moi-même fait l'expérience à Bruxelles où j'ai résidé quelques années. Sans quelques connaissances, nous pouvons rapidement nous mettre dans des situations inimaginables."

Elle se souvenait encore de l'émoi qu'elle avait provoqué en débarquant dans un bal en robe française au milieu de tous ces Espagnols qui avaient failli mourir soit d'une syncope, soit d'une congestion lacrymale, au vu d'un décolleté pourtant relativement modeste face à certaines exubérances gauloises qui trouvaient de réjouissants exemples jusque dans les plus hauts cercles de la noblesse. Son époux en pleurait encore, dès qu'on le lui rappelait, se gaussant de Charlotte à s'étouffer de rire. Il fallait dire que les faces cramoisies de certains hidalgos avaient valu le détour et n'avaient pu que rendre le Prince fier des charmes de sa femme.

Quand Anna évoqua le cercle que tenait Madame de Condé de façon hebdomadaire, celle-ci ne put qu'en être ravie. Un peu de nouveautés serait du meilleur effet sur toutes ces discussions qui finissaient par devenir longuettes comparée à celles qui se tenaient dans les hôtels particuliers du Marais dans les années ayant précédées la Fronde. Imperceptiblement, la princesse savait bien que la révolte avait marqué une rupture avec tout ce qu'ils avaient connu. Les modes avaient changé et l'on était moins empressé de plaire par l'esprit que par sa vêture ou sa chance au piquet désormais. Personnellement, elle trouvait cela désolant mais sacrifiait comme les autres à ces nouvelles manies. Elle était de toutes façons trop française pour qu'il en soit autrement.


"Vous voir à l'un de mes cercles me remplirait d'aise. Cela vous permettrait d'assister à ces discussions qui sont une de nos petites gloires nationales. Et je ne vous cacherai pas qu'un peu de nouveauté me ravirait surtout si vous nous comptiez par le menu les fêtes réputées qui sont données chez votre père."

Puis, sur le même ton enjoué, elle ajouta avec ferveur :

"D'ailleurs, pour marquer la fin du deuil de la reine Anne et célébrer comme il se doit la fête des fous, un bal costumé dans la plus pure tradition aura lieu. Je ne peux qu'insister pour que vous vous y montriez. Le masque comblera sans doute votre quête d'anonymat et votre envie de vous fondre dans la foule des courtisans."

Soudain, l'altesse russe se rapprocha pour lui souffler quelques mots sur sa suite de mousquetaires laissant Charlotte assez inquiète de la teneur de ce qu'elle lui révélait. Les contes de la débauche ayant fenêtre sur cour à Versailles avaient-ils donc déjà voyager jusqu'à la lointaine contrée des Tsars ? Il était déjà assez consternant de voir que beaucoup de courtisans manquaient la messe pour se remettre de leurs nuits souvent agitées. Heureusement, le Roi, malgré sa maîtresse officielle et quelques dames de l'escalier, sacrifiait chaque jour à la cérémonie religieuse du matin.

Toutefois, la Princesse de Condé possédait au plus haut point ce ton de cour qui lui avait de nombreuses fois sauvé la mise. Elle eût une légère moue pour montrer qu'elle ne voyait pas de qui on lui parlait puis, tout en se rafraîchissant derrière son éventail, elle ajouta en chuchottant avec un sourire charmant :


"Je connais ce nom mais je serai bien en peine de mettre un visage dessus. Il faut bien avouer que tous ces mousquetaires sont du dernier galant et toujours prêts à rendre service. Je suis certaine que Monsieur de Beauharnais sera plus que heureux de répondre à votre attention et de vous entretenir de sa compagnie."
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   12.01.10 17:52

Anna eut l’impression d’avoir dit une bêtise en parlant d’un ambassadeur français ayant dit du bien de son couple. Apparemment ce n’était pas la bonne réponse, elle observait ses réactions avec minutie essayant de comprendre ce qui avait pu être faux dans ses paroles. Il est vrai qu’elle avait entendu parler de la fronde mais elle n’y connaissait pas plus que ce que leur précepteur avait bien voulu leur apprendre. De plus ses sœurs et elles n’étant pas des hommes elles n’avaient pas à en savoir trop et contrairement à Sophia elle n’aimait pas chercher des réponses dans les livres, elle préférait les savoir de suite comme toute princesse gâtée qu’elle était et pouvant parfois se révéler capricieuse si elle n’obtenait pas ce qu’elle voulait rapidement. D’ailleurs tout en observant la Princesse de Condé ses pensées allèrent à Felipe, où était-il encore à vagabonder ? Sûrement dans les bras d’une courtisane, mais Anna n’était pas jalouse, entre Felipe et elle tout fut toujours claire, pas d’amour même si au lit on eut dit de parfaits amants. Il était bien le seul à la connaître autant sur ce point. Un vif éclat de rire provenant de la bouche de la Princesse de Condé fit revenir à la réalité notre princesse russe qui écouta ses propos :

- Il faudra alors que vous me donniez les noms de ces émissaires pour que je les répète à mon époux, il sera ravi de voir que son nom est connu jusqu'en votre lointaine Russie. Je gage même qu'il abandonnera bien vite ses parties de chasse pour venir entendre de votre bouche la nature des louanges dont il a fait l'objet.

Bizarrement elle ne se sentait plus à son aise, oups la gaffe Anna tu viens à peine d’arriver et tu commences déjà, c’est bien ta veine. Comme quoi elle ne sait pas faire mieux qu’être belle et se taire. Et elle aurait peut-être du s’en tenir à cela pour une fois. Elle sourit mine de rien évitant de répondre quoique ce soit sur le sujet laissant la Princesse filée la conversation sur le sujet suivant. Ne pas relever la gaffe pour la faire oublier aussi vite que possible. Espérons qu’elle ne s’en souviendra plus d’ici quelques jours. A un nouveau sujet :

- Je ne doute pas de la réaction de l'Empereur Alexis, aucun père n'apprécie que sa fille ait des velléités d'indépendance. Toutefois, je peux vous comprendre, certains palais ne sont pas du tout ce que l'on peut s'imaginer, même un palace peut devenir une prison.

Anna sourit de nouveau à la Princesse bien que son regard soit redevenu froid de peur que le sujet précédant ne revienne. Oui il avait fallut des mois entiers de discutions pour avoir le droit de venir.

- Oui en effet, et pourtant je ne suis point l’aînée. Mais avec les difficultés actuelles en Russie et en Europe de l’Est il est difficile de voyager c’était d’ailleurs pour cela que j’aurais préféré voyager en carrosse sans armoiries ni escorte mais il fallut que mon père si oppose et à cela je ne pouvais répliquer. Enfin il n’est rien arriver sur le chemin et peut-être serait-il arriver quelque chose sans cela. Toujours est-il que je suis ici et c’est le principal j’essaye de ne plus trop y penser même si je suis plus habitué à avoir une suite dont le bruit est celle de l’étoffe froissé plutôt que d’hommes en armure mais bon on se fait à tout à ce qu’il parait.

Dit-elle d’un ton ironique en adressant un sourire courtois à la Princesse. Il est vrai qu’elle avait aussi raison, beaucoup de palais sans pouvoir sortir devienne vite une prison où l’on est épiée à tous les coins de couloirs. Elle avait d’ailleurs l’impression d’être épié ici mais sûrement plus par curiosité que réel envie de la surveiller. Ici elle ne connaissait personne ou presque.

- Je peux comprendre que cela vous pèse mais les pays que vous avez traversé ne sont pas tous sûrs et, même en France, il est des endroits où je ne m'aventurerai pas sans une forte escorte armée. Il est parfois bien difficile de constater que sécurité, souci de tenir son rang et liberté font difficilement bon ménage ensemble. Mais, si je peux me permettre, quelques suivantes dégourdies pourront vous aiguiller et parfois vous conseiller, ou peut-être vous éviter un impair tant les règles de bienséance varient d'un pays à un autre. J'en ai moi-même fait l'expérience à Bruxelles où j'ai résidé quelques années. Sans quelques connaissances, nous pouvons rapidement nous mettre dans des situations inimaginables.

Anna acquiesça de manière presque imperceptible alors ainsi la France n’était pas si sur que cela, quelle surprise elle eu crut que ce fut tout le contraire. Ce royaume était loin d’être aussi vaste que la Grande Russie il devait être pourtant plus simple d’y faire régner la paix et le calme. Mais il est vrai que dans beaucoup de royaume le peuple a toujours le même mot à la bouche : « On a faim ! » comme si nous en étions responsable. Si les taxes sont tels qu’elles sont cela n’est pas sans raison et cela veut dire qu’ils produisent suffisamment pour pouvoir s’en acquitter. Anna une fois avait assisté à un relever d’impôts et témoin d’une fouille d’une grande ferme. En effet les propriétaires disaient ne point avoir de quoi payer mais après relevage de la paille recouvrant la couche les soldats découvrir moult bourse remplient de pièces d’or. Pourtant les enfants de ce couple n’avaient que des guenilles sur le dos et étaient d’une maigreur extrême, rien que d’y penser cela faisait froid dans le dos d’Anna. Malgré l’attitude lointaine qu’elle avait gardé pendant tout ce temps ignorant les supliccations de la femme elle n’avait pu rester de marbre face à la détresse des enfants. Ils leurs avaient été enlevés et placés dans une famille noble de la Cour de Russie chez un couple qui ne réussissait pas à avoir d’enfants. Ils avaient accepté avec joie et adopté de suite les deux enfants. Bien sur ils leur en avaient voulu mais maintenant ils avaient une belle vie et étaient sortit de la misère.

Pour ce qui était des Cour là étaient bien le soucis d’Anna consciente que chaque Cour européenne possèdent ses propres eus et coutumes et il lui fallait les apprendre rapidement pour ceux de la Cour Versaillaise avant de commettre un impair qui pourrait nuire à tout son pays dont elle était ambassadrice et représentait aux yeux des nobles de la cour de France qui n’avait pour la plupart jamais vu celle de la cour de Russie.


- Vous voir à l'un de mes cercles me remplirait d'aise. Cela vous permettrait d'assister à ces discussions qui sont une de nos petites gloires nationales. Et je ne vous cacherai pas qu'un peu de nouveauté me ravirait surtout si vous nous comptiez par le menu les fêtes réputées qui sont données chez votre père.

Anna sourit ravit à la Princesse contente de voir qu’elle partageait le même plaisir de lui parler qu’elle-même même si elle préférait rester sur ses gardes. On ne peut jamais savoir à qui se fier dès la première rencontre malgré tout elle était déjà fort à l’aise avec la Princesse.

- Et bien c’est donc avec joie que je me joindrais à vous à l’occasion. Je ne sais si je viendrais dès le premier tout dépendra des occupations du moment mais je ferais tout pour me dégager.

Puis Charlotte de Montmorency enchaîna apparemment contente :

- D'ailleurs, pour marquer la fin du deuil de la reine Anne et célébrer comme il se doit la fête des fous, un bal costumé dans la plus pure tradition aura lieu. Je ne peux qu'insister pour que vous vous y montriez. Le masque comblera sans doute votre quête d'anonymat et votre envie de vous fondre dans la foule des courtisans.

Anna répondit de suite :

- Au splendide ! Il ne faut pas louper une telle occasion alors. Je crois qu’il va falloir retourner l’armoire pour trouver la tenue adéquate dit-elle en éclatant de rire.

Elle se ravisa en voyant la moue troublée de la Princesse lorsqu’elle lui parlait de Marc de Beauharnais.


- Je connais ce nom mais je serai bien en peine de mettre un visage dessus. Il faut bien avouer que tous ces mousquetaires sont du dernier galant et toujours prêts à rendre service. Je suis certaine que Monsieur de Beauharnais sera plus qu’heureux de répondre à votre attention et de vous entretenir de sa compagnie.

Anna la trouvait bien dévote, il est vrai qu’une fois mariée elle s’y évertuerait mais pour le moment ce n’était pas le cas et elle comptait bien en profiter. D’ailleurs pour le moment aucun homme ne l’avait intéressé pour n’être plus qu’un amant. Felipe serait peut-être le seul pour qui elle accepterait de rompre le célibat bien que son cœur ne l’aime pas. Il était un bon partit et son titre de Prince de Palme vaudrait une paix et une alliance avec ce royaume malgré qu’il soit loin de russie. Et puis c’était le seul amant avec qui elle avait une telle osmose. Elle se demanda si la Princesse de Condé faisait partit de ces femmes mariées qui étaient puritaine et refusait tout amant disant à qui voulait l’entendre que leur mari les satisfaisait amplement alors que tout à chacun sait que cela est totalement faux. Elle songea qu’elle devrait peut-être l’invité à une balade à cheval l’occasion d’apprendre à le connaître chose qu’elle n’avait pu faire alors qu’il faisait partit de l’escorte.


- Ce qui m’attriste c’est d’être venu en France en connaissant si peu les années de trouble qu’il y eut dans ce royaume. J’espère que vous me ferez le plaisir de me conter tout cela. Je me sens tellement inculte sur ce sujet, c’est une vraie honte pour moi.


Anna fit une moue dépitée espérant que la Princesse ne prendrait pas mal cet aveu.
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   13.01.10 12:24

Cette princesse avait ceci de rafraichissant qu'elle était d'une franchise presque désarmante pour la vieille routière des discussions de Cour policées qu'était Charlotte de Montmorency. Elle trouvait cela plaisant, comme un souffle d'air frais. Sans doute étaient-ce leurs quelques années de différence qui la rendaient si débonnaire à l'égard d'Anna et elle ne pouvait s'empêcher que sans tout ce qu'avait été sa vie, elle aurait pu lui ressembler autrement que par le titre. Magnanime, la princesse passa sur le sujet de la réputation des Condé à l'étranger tout en ne paraissant aucunement impressionné par le regard soudain sévère de l'altesse russe. La discussion continuait sur des sujets plus légers mais si la jeune femme comprenait que l'anonymat soit parfois nécessaire pour certains voyages, elle avait du mal à comprendre que Anna ait pu avoir envie de voyager sans protection. Quant aux difficultés que cette dernière évoquait, la princesse de Condé n'avait aucune idée précise de ce que les dites difficultés pouvaient recouvrir comme difficultés. Elle savait que les Ottomans, quasiment des païens, menaient une guerre contre l'Empereur autrichien puisque certains des fidèles des Condé avaient été servir sous les Habsbourgs pour mener la guerre sainte contre l'Infidèle. De là à concevoir l'état des routes dans des pays comme la Pologne, il y avait un pas qu'elle n'aurait certainement pas franchi. Les contes des fééries de la cour russe l'intéressaient, pas les conditions de circulation...Ainsi était parfois la Princesse, frivole bien que charitable, peinant à s'intéresser à des malheurs qui lui paraissaient si lointains. Elle s'attarda sur les dernières paroles de son interlocutrice avant de répondre :

"Ce serait mentir que de dire que je suis comme vous. J'ai bien trop connu, entendu et vu les fracas et atrocités de la guerre pour pouvoir un jour m'y faire. Je préfère désormais les silences et le calme de mon bon Château de Chantilly."

Un sourire répondit à l'adhésion d'Anna au sujet d'une possible dans l'un des cercles de la Princesse. D'un geste ample de la main, elle fit comprendre que le quand et le comment n'avaient aucune importance pour elle. L'invitation était délivrée,ne restait à la princesse impériale qu'à l'honorer quand elle le pourrait. Madame de Condé n'allait pas s'accrocher à ses basques pour la supplier de venir à celui qui se tenait le lendemain. Tout d'abord, elle était trop bien élevée pour renouveler une invitation avec trop d'insistance, mais également suffisamment compréhensive pour comprendre que Anna de Russie ait envie de découvrir la France autrement que par des discussions littéraires ou culturelles sur tel ou tel sujet. Mieux même, elle ajouta une proposition peut-être plus alléchante pour une si jeune fille.

"Il n'est pas besoin de vous presser, je suis suffisamment charmée que vous souscriviez à mon idée pour ne pas m'offenser que vous preniez le temps de découvrir les merveilles de Versailles. Vous pourrez nous rejoindre à votre guise, cela ne sera qu'une des multiples facettes de votre découverte de la vie à la française. D'ailleurs, si par hasard, vous souhaiteriez découvrir notre grande ville de Paris, je me ferai un devoir de donner des ordres pour que l'hôtel de Condé vous soit ouvert afin que vous puissiez y passer quelques nuits si vous l'avez pour agréable. Paris n'est certes pas la Cour mais la cité bruisse de milles bruits et autres occupations sans compter son histoire."

Point n'était besoin d'être grand clerc pour comprendre au ton de Madame la Princesse qu'elle était toute raffolée de la capitale qui par son rayonnement et surtout son gigantisme qui marquaient tous les esprits. Sans compter qu'elle y avait passé toute sa jeunesse et que ses armes y étaient encore acclamées à l'égale de celles des rois de jadis. Les distractions étant leur principal sujet de communion, elle tînt à fournir à Anna quelques détails supplémentaires sur le bal qui se tiendrait bientôt.

"L'Antiquité étant encore et toujours plus à la mode, ce sera le thème de cette fête. Nous viendrons tous déguisés en personnages grecs suivant l'inspiration de chacun. N'hésitez pas à prendre vos dispositions à l'avance, les couturiers de la Cour et de Paris crouleront bientôt sous les commandes de toutes nos dames et sans doute également des seigneurs de la Cour."

Mais la soudaine réflexion fit perdre son aimable sourire à l'épouse du Grand Condé. Si il y avait bien un sujet qui...Elle secoua brusquement la tête attirant Anna dans l'encoignure d'une fenêtre de l'antichambre de la chapelle. Un tel sujet ne devait pas revenir sur le devant de la table, non pas que Charlotte en ait honte, elle jugeait même la Fronde glorieuse par bien des aspects, mais si jamais on apprenait que Madame de Condé donnait son avis là-dessus, à une étrangère qui plus est, elle y gagnerait simplement un aller simple pour l'un des Châteaux de province de son époux. Sans doute Montrond ou Châteauroux...Baissant la voix si bien que la princesse risquait d'avoir du mal à l'entendre, elle décrivit la situation en quelques mots.

"Il ne fait pas bon de parler ici d'un tel sujet. A Versailles, il n'y a pas que les murs qui ont des oreilles, une simple ombre irait rapporter le moindre propos tenu pour frondeur aux oreilles du roi Louis. Et il garde encore une mauvaise dent contre les Grands coupables d'avoir pris les armes contre sa sinistre créature italienne. Mais si vous êtes intéressée par mon avis sur la question, je peux vous promettre de vous décrire les événements comme je les ai vécus lorsque nous serons en un lieu où il est loisible d'en parler librement."
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   13.01.10 20:19

Anna prenait un grand plaisir à bavarder avec la Princesse de Condé, il était rare qu’elle s’entende aussi rapidement avec quelqu’un qui lui soit parfaitement étranger. D’ailleurs elle s’entendait même rarement bien avec quelqu’un préférant rester froide et austère. Mais un elle ne savait quoi l’avait poussé à se dévoiler à montrer la personne qui se trouvait réellement au fond d’elle. Anna écoutait tranquillement ce que la Princesse de Condé lui disait observant ses gestes et sa tenue. Il est vrai que cette dernière au contraire d’Anna était restée dans toute sa dignité de Princesse malgré la franchise d’Anna, bah tant pis cela viendrait avec le temps si elles arrivent à devenir amies.
Pourtant elle disait ne pas entre comme elle, à quoi se référait-elle déjà…

Ce serait mentir que de dire que je suis comme vous. J'ai bien trop connu, entendu et vu les fracas et atrocités de la guerre pour pouvoir un jour m'y faire. Je préfère désormais les silences et le calme de mon bon Château de Chantilly."

Ah oui du fait qu’elle ne prête plus attention aux gardes et qu’elle s’y adapte. Elle sourit consciencieusement :

- Il faut dire que je n’ai pas trop le choix, en Russie je ne suis que rarement entouré de silence, c’est la le soucis de faire partit d’une famille qui gouverne un royaume. Mais cela à l’avantage de nous permettre de ne pas être trop exige quant au silence même si parfois je peux me montrer autoritaire et faire cesser tout vacarme. Mais cela est rare, je me dois d’être tous les salons, de toutes fêtes et de toutes discutions, ce n’est pas simple mais j’y ai toujours mis du cœur. A votre exemple je suis généralement quelqu’un de très froide et austère regardant les gens de haut et tenir mon rang. Si je puis être franche j’avoue que j’ai pour la première fois eues envie de rester naturelle avec vous.


Elle adressa un sourire franc à la Princesse, elle acquiesça en voyant son geste qui signifiait bien des choses mieux que des mots, c’était donc d’accord elle viendra dès que possible mais elle ne pouvait promettre d’y être dès le premier. Il ne faut jamais rien promettre quand on est Princesse et comme elle aime à se le rappeler une Princesse se doit de se faire attendre et de faire languir les gens, mais elle n’avait pas envie de faire languir cette jeune femme. Puis elle se reconcentra sur ce que lui disait cette dernière. Elle avait une manière de parler français très agréable à l’oreille. Anna aurait aimé pouvoir parler et manier aussi bien cette langue même si elle n’avait pas à se plaindre, leur précepteur avait été un excellent enseignant dans cette langue.


Il n'est pas besoin de vous presser, je suis suffisamment charmée que vous souscriviez à mon idée pour ne pas m'offenser que vous preniez le temps de découvrir les merveilles de Versailles. Vous pourrez nous rejoindre à votre guise, cela ne sera qu'une des multiples facettes de votre découverte de la vie à la Française. D'ailleurs, si par hasard, vous souhaiteriez découvrir notre grande ville de Paris, je me ferai un devoir de donner des ordres pour que l'hôtel de Condé vous soit ouvert afin que vous puissiez y passer quelques nuits si vous l'avez pour agréable. Paris n'est certes pas la Cour mais la cité bruisse de milles bruits et autres occupations sans compter son histoire.

En entendant les dernières paroles de Madame de Montmorency, Anna se laissa emporter par son imagination, Mon Dieu, Paris, Paris et ses boutiques, ses avenues, ses fontaines et ses riches boutiques. Il est vrai qu’elle était venue surtout pour Versailles mais visiter Paris serait sûrement un enchantement. Le carrosse avant de rallier Versailles était passé par Paris et Anna avait été charmée par cette grande ville sublime. Beaucoup d’ambassadeur en parlait comme d’un coupe gorge mais Anna voyait cette ville comme un enchantement.


- Il est vrai que j’adorerais faire les boutiques à Paris ainsi que visité les monuments importants. Je vous avoue qu’une messe dans la Cathédrale de Notre-dame De Paris m’a toujours intéressé. Je vais réfléchir à cela mais promis, je viendrais à l’un de vos salons avant. Pourtant j’ai souvent entendu dire que Paris était dangereux, est-ce vrai que l’on peut facilement s’y faire tuer.


Demanda-t-elle une lueur d’inquiétude dans le regard. Elle s’imaginait déjà là-bas tournant au coin d’une rue Fanny derrière elle, un homme assommant sa femme de chambre et l’égorgeant avant de lui voler sa bourse et ses bijoux, Dieu Tout Puissant que cela est effrayant. Anna en frissonna de peur. Elle essaya de se reprendre, elle qui voulait voyager sans escorte avait peur de se faire tuer en pleine rue, était-ce bien raisonnable d’avoir peur ainsi ? Elle n’y réfléchit pas plus longtemps remerciant son père de lui avoir finalement accordé une escorte de garde il avait sûrement eu raison. Une fois de plus la sagesse de son père lui semblait plus raisonnable que ses caprices de Princesse Gâtée.
Vint le sujet du bal qui allait avoir lieu. Anna ouvrit grand ses oreilles attentives à ce qu’on allait lui dire.


- L'Antiquité étant encore et toujours plus à la mode, ce sera le thème de cette fête. Nous viendrons tous déguisés en personnages grecs suivant l'inspiration de chacun. N'hésitez pas à prendre vos dispositions à l'avance, les couturiers de la Cour et de Paris crouleront bientôt sous les commandes de toutes nos dames et sans doute également des seigneurs de la Cour.

Elle soupira déçu, l’antiquité, il n’y avait donc pas d’autres thèmes ?? Anna acquiesça en entendant parler des couturiers et tenta un faible :


- Nous sommes obligés de s’habiller selon l’Antiquité ? J’avais cru comprendre qu’il était le thème mais que l’on pouvait dévier. Aurais-je mal entendu ?


Puis Anna fut entraînée par la Princesse dans une alcôve en retrait, elle se demanda ce qu’il y avait de si secret à dire, pauvre Anna elle avait bien des choses à apprendre, elle tendit tout de même l’oreille essayant d’entendre de son mieux la confidence. Il est vrai que ce n'était pas simple de tout entendre mais elle crut que cela était bon.


Il ne fait pas bon de parler ici d'un tel sujet. A Versailles, il n'y a pas que les murs qui ont des oreilles, une simple ombre irait rapporter le moindre propos tenu pour frondeur aux oreilles du roi Louis. Et il garde encore une mauvaise dent contre les Grands coupables d'avoir pris les armes contre sa sinistre créature italienne. Mais si vous êtes intéressée par mon avis sur la question, je peux vous promettre de vous décrire les événements comme je les ai vécus lorsque nous serons en un lieu où il est loisible d'en parler librement.

Anna fronca les sourcils, elle connaissait parfaitement cela, les ombres qui passent, attrapent des brides de conversations et rapportent tout à l'Empereur ou tout autre autorité suprême. Anna acquiesça compréhensive et fit signe qu'elle ne dirait rien à part en privée. Mais cela l'a laissait pleine de questions. Elle espérait que sa souveraine curiosité serait rapidement comblée. Mais elle ne voulait pas déjà être mal vu du Roy et de Madame de Montmorency. D'ailleurs il lui fallait rencontrer le Roy de la part de son père.
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MessageSujet: A   16.01.10 16:48

Le visage de la jeune femme s'éclaira d'un sourire devant les confidences d'Anna mais encore et toujours, elle gardait la même réserve digne et pudique. Non pas qu'elle ne se laisse pas parfois aller à la plus simple exubérance mais elle avait été modelée selon un modèle de grande dame auquel jamais elle ne songeait à déroger. Les plus grands exemples lui avaient été donnés comme édifiants et cela aurait été déchoir que de ne pas tenter de faire aussi bien que ces femmes du temps jadis. Toutefois, sans qu'il y parut, le fait d'être décrite comme froide et austère blessa la Princesse. Si on se mettait à la prendre pour une pincée simplement parce qu'elle se montrait soucieuse de tenir son rang avec dignité...Pourtant son ton et son amabilité n'en furent aucunement amoindris, elle voyait trop le jeune âge d'Anna pour prendre pour argent comptant ce que sa franchise non habituée à la cour versaillaise lui faisait dire.

"Nous autres, princes du sang, connaissons également ce genre de situations. Il est de notre devoir d'être présents à chaque fête, chaque cérémonie, et d'entretenir mille et unes discussions pour distraire les invités du Roi et nos clientèles respectives. Même lorsque nous nous rendons dans nos demeures particulières pour échapper aux étourdissements de la Cour, il n'est pas un jour sans que nous ne dussions rencontrer ou recevoir un tel ou un tel qui souhaiterait nous entretenir. Par égard pour mon époux, je me dois d'apparaître dans les palais du roi Louis afin d'y tenir mon rang et de lui faire honneur. La même chose s'applique à tout un chacun qui dispose du droit d'entrer à Versailles."

Elle n'en dit pas plus mais quelque chose dans la façon dont elle prononça ces quelques paroles montrait bien que si il n'avait tenu qu'à elle, elle aurait été tout à fait heureuse de ne venir qu'épisodiquement auprès du Roi. Ce n'était pas à l'ordinaire le genre de remarques dont elle abreuvait de parfait étrangers mais la candeur et la franchise de la russe obligeaient presque à des confidences de la sorte.

"Mais je dois vous avouer que de mon côté, je suis ravie de rencontrer un souffle d'honnêteté en ce château. C'est tellement rare que cela se doit d'être préservé. J'espère que nous pourrons continuer une aussi intéressante discussion en un endroit où nous pourrons nous permettre d'être moins sur nos gardes l'une comme l'autre."

D'un signe de tête, elle désigna la galerie où les courtisans, servants ou mousquetaires passaient et repassaient formant un ballet, qui, si il isolait les deux femmes, ne manquait de rendre toute confidence un peu trop franche mise au risque d'être sue de toute la Cour. La discussion continuait sur Paris et elle ne put s'empêcher de rire à nouveau devant les craintes de la princesse impériale. Certes, la capitale une fois la nuit tombée devenait un coupe-gorge à certains endroits mais il était quasiment certain que jamais Anna n'y mettrait le bout du pied sans y être accompagnée.

"Il y tant de choses à faire en notre bonne Paris que je ne saurai vous en conseiller une plutôt qu'une autre mais vous ne devez pas vous inquiéter quant à votre sécurité. Rien que votre escorte d'honneur suffirait à décourager plus d'un malandrin et chacun sait qu'un ambassadeur est sous protection royale. Quoiqu'il en soit, le plus grand risque que vous pourriez courir est tout simplement de vous y perdre mais je pourrai peut-être réfléchir à vous trouver un guide qui vous ferait découvrir le meilleur de la capitale. Si vous en êtes d'accord, je demanderai à mon neveu Charles de Longueville de satisfaire à votre curiosité. Il ne me refusera pas cette grâce. Je ne saurai trouver meilleure personne pour cela, il est tellement attachée à cette ville que son second prénom se trouve être Paris."

Sans doute faudrait-il qu'elle le prévienne de ne pas aller fouiner sous ces jupes-là mais elle avait suffisamment confiance en lui pour savoir qu'il prendrait comme un honneur d'escorter et de présenter à tout le monde la fille du Tsar de Russie. Mais dans sa voix avait résonné toute la fierté de la mère qu'elle n'était pas. Son filleul lui était cher, sans doute plus que ses autres neveux et nièces, tant son prénom lui rappelait d'heures glorieuses et de hauts faits. Quant à la question sur le bal, elle haussa imperceptiblement les épaules, rien n'était jamais figé pour le Roi-Soleil.

"Point du tout. Si une autre idée vous vient à l'esprit, n'hésitez surtout pas, cela sera du meilleur effet."
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   18.01.10 13:24

Anna répondit avec franchise au sourire de la Princesse de Condé toujours avide d’observer l’art et la manière de se comporter à Versailles. L’attitude de la Princesse la faisait sourire, elle était si fière et droite comme elle-même en temps normal. L’une souhaitait profondément déroger à la règle pour une fois et l’autre ne le souhaitait surtout pas. Cela avait quelque chose de comique probablement dans leur manière de se tenir, de se parler et de s’écouter.

- Nous autres, princes du sang, connaissons également ce genre de situations. Il est de notre devoir d'être présents à chaque fête, chaque cérémonie, et d'entretenir mille et unes discussions pour distraire les invités du Roi et nos clientèles respectives. Même lorsque nous nous rendons dans nos demeures particulières pour échapper aux étourdissements de la Cour, il n'est pas un jour sans que nous ne dussions rencontrer ou recevoir un tel ou un tel qui souhaiterait nous entretenir. Par égard pour mon époux, je me dois d'apparaître dans les palais du roi Louis afin d'y tenir mon rang et de lui faire honneur. La même chose s'applique à tout un chacun qui dispose du droit d'entrer à Versailles.

Anna se contenta d’approuver d’un hochement de tête comme c’était vrai et tellement réaliste. Elle connaissait ce soucis tout particulier en Russie et il est vrai que dans sa tête de jeune femme malgré qu’elle soit armée pour braver une foule et faire bonne figure en public, elle avait espéré que quittant la cour de Russie elle serait un peu plus libre de ses mouvements. Apparemment il n’en était rien, et bien soit elle continuerait de porter se masque. Anna sourit franchement à Charlotte compatissant à ce soucis récurant et peut-être même encore plus important quand on est la fille du Tsar.

- Oui beaucoup de nos courtisans s’agacent de ce protocole en privée en tout cas avec certains de mes amis. Mais il est vrai aussi que plus on est haut placé dans l’échelle sociale plus il faut montrer bonne figure et paraître de tous. Je dois vous avouer que cela en générale m’amuse beaucoup mais je ne sais pas en ce moment je n’ai pas trop envie. Cela viendra avec le temps je pense.

Anna retint un petit soupir il est vrai qu’elle adorait pavané dans les palais et faire comme on le lui a apprit depuis sa plus jeune enfance c'est-à-dire à resplendir, se taire et sourire tout en restant froide et distante. Beaucoup de ses professeurs de maintient aimaient à répéter que son rôle en tant que Princesse est de faire les meilleurs choix possibles pour le peuple et qu’il faut s’élever au-dessus de lui pour pouvoir mieux voir ce dont il a besoin. Anna c’était toujours demandé pourquoi un paysan ne pourrait-il pas mieux savoir qu’un Roi ce dont il a besoin exactement à ce moment précis ? Enfin toujours est-il qu’elle a apprit à décider pour les autres tout comme les autres décidaient pour elle. A coté de cela son rôle de Princesse distante lui avait toujours convenu évitant de faire des alliances douteuses voire hasardeuses avec des gens de mauvaises vies.

- Mais je dois vous avouer que de mon côté, je suis ravie de rencontrer un souffle d'honnêteté en ce château. C'est tellement rare que cela se doit d'être préservé. J'espère que nous pourrons continuer une aussi intéressante discussion en un endroit où nous pourrons nous permettre d'être moins sur nos gardes l'une comme l'autre.

Anna répondit par un sourire ravi en entendant les propos de la Princesse puis suivit son regard vers la galerie. Il est vrai que comme tout Palais Versailles regorgent d’ombre qui pourrait avec délice venir répéter toute conversation mal venue et ayant un sujet des plus déplaisant pour la bonne santé du souverain et de sa royale descendance.

- Je dois vous avouer que cela fait plaisir de pouvoir parler en toute franchise avec quelqu’un que l’on ne connaît à peine. Lorsque j’étais plus jeune et me permettant ce genre d’attitude j’étais très vite remise à ma position. Même si j’adore mon rôle et pouvoir regarder les gens de manière hautaine j’apprécie aussi d’avoir un cercle restreint de confident et autre personne avec qui je peux parler d’égal à égal. Cela donne un souffle de fraîcheur mais de redonne de l’énergie pour avancer toujours plus loin.

Lorsque vint le sujet de Paris, Anna fixa la Princesse en la voyant éclater de rire. Elle essaya de comprendre en quoi ses paroles fussent comiques. Il n’y avait pas grand-chose de drôle à pouvoir se faire égorger dans une ruelle sombre la nuit par des inconnus mal intentionnés.
Anna écouta ensuite avec attention les propos de la jeune femme mais il faut bien le dire elle était un peu vexée de ce rire qui lui semblait sarcastique.


- Il y tant de choses à faire en notre bonne Paris que je ne saurai vous en conseiller une plutôt qu'une autre mais vous ne devez pas vous inquiéter quant à votre sécurité. Rien que votre escorte d'honneur suffirait à décourager plus d'un malandrin et chacun sait qu'un ambassadeur est sous protection royale. Quoiqu'il en soit, le plus grand risque que vous pourriez courir est tout simplement de vous y perdre mais je pourrai peut-être réfléchir à vous trouver un guide qui vous ferait découvrir le meilleur de la capitale. Si vous en êtes d'accord, je demanderai à mon neveu Charles de Longueville de satisfaire à votre curiosité. Il ne me refusera pas cette grâce. Je ne saurai trouver meilleure personne pour cela, il est tellement attaché à cette ville que son second prénom se trouve être Paris.

Anna écouta attentivement ce qu’elle lui dit et sourit en l’entendant parler de guide. Il est vrai qu’un parisien pour guide serait la meilleure chose à faire cela lui éviterait bien des ennuis et le premier étant de se perdre dans cette ville des plus charmantes. Anna approuva donc d’un hochement de tête le sourire aux lèvres.

- Et bien c’est avec plaisir que je prendrais ce jeune homme pour guide, il est vrai qu’il serait du plus mauvais goût que je m’égare dans cette ville. Je me vois mal envoyer un message de détresse à Versailles pour que le Roi envoie une escorte de mousquetaire à mon secours.

Lâcha-t-elle en pouffant de rire derrière sa main. En effet l’idée de se perdre dans Paris l’amusait au plus haut point. Elle serait à l’heure actuelle perdue cela ne l’enchanterait guère mais cela serait vraiment pas des plus agréables. A voir comment se tiendrait le dit guide bien sur. Anna avait bien sentit qu’il s’agissait bien plus que d’un neveu pour la Princesse de Condé et elle en fut enchantée voir ravie d’entendre qu’on la portait à ce point en estime pour juger que le Prince de Paris son propre neveu serait parfait pour l’y guider. Elle continua donc de sourire. Puis vint le sujet du bal costumé Anna approuva d’un hochement de tête ravie d’entendre qu’elle pourrait donc bien sortir le costume auquel elle songeait depuis que ce sujet lui était venu aux oreilles.
Puis elle sourit de manière courtoise et dit :


- Je suis malheureusement navrée mais je vais devoir prendre congé. J’attends une réponse et j’espère que celle-ci ne tardera pas trop. Je vais donc retourner dans mes appartements qui vous sont grands ouverts. Venez quand vous voulez. C’est juste que je vous avoue qu’aujourd’hui mes pieds aimeraient se reposer ils ont du mal à se remettre du voyage.
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   19.01.10 9:54

Les souvenirs de la princesse de Condé ne purent s'empêcher de revenir au galop. Ce protocole pesant était assez nouveau pour la Cour de France. Elle-même dans sa jeunesse avait vécu d'autres coutumes. Il n'y avait qu'à voir la Régence pour être sûr que tout était neuf en ces manières que la princesse, bien que ravie de voir la cour plus policée, respectait difficilement. Le temps n'était pas si lointain où elle avait fait un scandale parce qu'on l'empêchait de se rendre auprès de la reine arguant que le droit d'entrée était réservé à la maison de la souveraine. L'incrédulité première avait rapidement remplacé par une fureur qui avait fait pâlir l'exempt qui prétendait l'empêcher d'entrer et il avait fallu une intervention de la reine-mère, elle-même, pour que Charlotte retrouve son calme et ne parle plus de faire froidement assassiner le pauvre garde par ses gentilhomme. Une dérogation spéciale lui avait été accordée, mais ce n'était qu'une demi-victoire pour la jeune femme qui estimait, au vu des précédents règlements du protocole, que personne ne pouvait restreindre les droits d'entrée des princes et princesses du sang. Assez bizarrement, elle avait été suivie par la princesse de Conti. Malgré le froid entre les deux femmes, cet affront les avait rassemblé pour faire front commun. Heureusement, cela n'avait duré qu'un moment.

"Ce protocole est d'autant plus agaçant qu'il est nouveau. Les précédents palais royaux ne s'y prêtaient pas, il n'y avait qu'à voir Saint-Germain où chacun transitait par la chambre de la Reine afin de rejoindre les autres pièces. Mais depuis que nous sommes à Versailles..."

Elle haussa les épaules pour s'arrêter. Ce n'était guère le moment de s'élancer sur ses grands chevaux et de tenir des discours enflammés sur les droits supposément bafoués des grands. D'ailleurs, Madame de Condé elle-même se limitait ordinairement à la place qui était la sienne et prenait bien garde à ne pas exposer d'avis parfois considérés comme politiques en public. D'une part, cela était désormais mal vu venant d'une femme, de quelque rang fut-elle, et de l'autre, elle devait bien avouer qu'elle s'y était suffisamment engagée dans sa tendre jeunesse pour ne plus vouloir en subir les conséquences. Avec l'âge et les années était venue la sagesse. Ou du moins la prudence.

"Je ne sais si le temps aide vraiment. Je vois cela comme une disposition de caractère : aimer ou point paraître pour le simple fait de paraître. Nous exerçons un pouvoir certain mais là où se trouve le Roi, nous ne sommes rien. Il est difficile d'en assumer les devoirs de représentation tout en connaissant pertinemment le vide qui se cache derrière."

Elle se fit soudain la remarque qu'elle exagérait fortement la situation. Même soumis et moins puissants que les décennies précédents, la haute noblesse assumait encore des devoirs certains dont découlait parfois un pouvoir qui n'avait d'autres limites que celui du souverain. Le temps des principautés indépendantes était bien révolu qu'on le veuille ou non, il ne suffisait que de s'adapter ou de...Elle ne le savait même pas.

"La confiance est effectivement un bien précieux que nous ne pouvons accorder qu'avec la plus grande parcimonie. Mais il est vrai que sans quelques personnes qui me sont chères et sur lesquelles je sais pouvoir à tout instant compter, mon existence me pèserait."

L'idée farfelue de l'altesse russe la fit rire également. Si elle imaginait parfaitement la situation, elle voyait mal un potentiel précédent. A coups sûrs, la cour en ferait des gorges chaudes et se moquerait sans vergogne de la pauvre Anna si par malheur, une telle mésaventure advenait. Elle aimait bien la jeune femme et ne pouvait s'empêcher de penser que son naturel méritait que l'on s'y attarde plus qu'avec quelques mots échangés au détour d'un couloir.

"Je crois que vous pouvez faire une croix sur ce genre d'inquiétudes. Mon neveu fera le nécessaire pour que rien de tel ne puisse vous arriver et vous fera rencontrer sa joyeuse compagnie. Je puis vous assurer que sous la protection du Prince de Neufchâtel, rien ne vous arrivera."

Déjà la jeune femme s'apprêtait à prendre congé et, de toutes façons, la princesse de Condé étant une femme occupée, elle n'aurait pu goûter au plaisir de cette conversation encore bien longtemps sans devoir l'écourter.

"Je vous en prie, il n'y a pas d'excuses à faire. A votre place, j'en serais encore à déballer mes malles et à me reposer. D'ailleurs, l'heure tourne et je vais devoir aller me préparer pour la messe. Croyez bien, Madame, que j'ai été enchantée de faire votre connaissance de cette façon impromptue bien plus agréable qu'une présentation officielle de Cour. A l'occasion je rendrai hommage à votre gracieuse invitation que je ne peux que vous retourner. Mon neveu lorsque je l'aurai averti prendra contact avec vous. Au plaisir de vous revoir donc."

Les dames d'honneur de la princesse à ce signal tacite s'écrasèrent en une révérence gracieuse tandis que Madame de Condé refaisait le même geste élégant qui avait présidé aux présentations premières. Il allait falloir se hâter, la messe se tiendrait dans moins d'une heure, à peine le temps de se changer et d'envoyer quelques lettres. Sur ces derniers mots, la princesse prit congé.
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MessageSujet: Re: La foi comme seul et unique soutien [ouvert]   19.01.10 15:53

Anna écouta posément la Princesse de Condé lui laissant prendre la parole en dernière pour cette première discussion qui fut des plus agréables.

- Ce protocole est d'autant plus agaçant qu'il est nouveau. Les précédents palais royaux ne s'y prêtaient pas, il n'y avait qu'à voir Saint-Germain où chacun transitait par la chambre de la Reine afin de rejoindre les autres pièces. Mais depuis que nous sommes à Versailles...

Anna regarda Madame de Montmorency surprise, ainsi ce protocole était récent. Il est vrai que ce que la jeune femme décrivait de l’ancien protocole à la jeune Anna ressemblait un peu plus au protocole en vigueur en Grande Russie. Son interlocutrice semblant d’ailleurs quelques peu irrité de ce nouveau protocole et Anna le comprenait bien. Même si parfois auprès de ses Parents Impériaux elle défiait le protocole pour pouvoir les voir, ils n’en étaient pas moins plus accessibles à n’importe quels nobles à l’exemple de ce que la Princesse de Condé décrivait comme l’ancien protocole français. A cette idée Anna ne put retenir un sourire, il est vrai que souvent les Grands du Royaume de France aime à se montrer moderne et révolutionnaire, mais parfois à vouloir être moderne on fini par être vexant à tout vouloir changé. En tout cas Anna se sentit ravi d’entendre cela, ainsi elle ne serait pas la seule à avoir du mal avec ce protocole « révolutionnaire » . D’ailleurs partit dans ses pensées elle eut du mal à raccrocher avec la suite de la discussion.

- Je ne sais si le temps aide vraiment. Je vois cela comme une disposition de caractère : aimer ou point paraître pour le simple fait de paraître. Nous exerçons un pouvoir certain mais là où se trouve le Roi, nous ne sommes rien. Il est difficile d'en assumer les devoirs de représentation tout en connaissant pertinemment le vide qui se cache derrière.

Anna approuvait les dernières paroles même s’il faut bien l’avouer en tant que fille du Tsar régnant elle avait un peu plus de pouvoir de permission qu’une simple princesse de sang n’ayant que peu de lien avec le régnant. Il y avait souvent eu des discutions et débats entre ses sœurs, son frère et elle-même sur la manière dont leur père le Tsar aurait du géré tel ou tel révolte. Leur frère voulait toujours noyer cela dans le sang, Sophia aussi d’ailleurs mais avec Eudexia et Martha elles s’accordaient à dire que malgré notre rang on doit essayer d’atteindre le peuple et de le comprendre du mieux possible à l’exemple des nobles de bas étage. Il y a par contre encore un toujours une catégorie de noble qu’Anna déteste au plus au point, il s’agit des légitimés, elle ne sait expliquer cela mais ce n’est pas une catégorie de noble qu’elle apprécie. Elle les voit plus comme des arrivistes qui après s’être bien fait voir du tiers-états tentent d’accéder à la noblesse et aux terres sur lesquels ils ont travaillé plus jeune en espérant aux passages ralliés les dit serfs de cette terre pour donner encore plus de poids à sa requête. Elle avait d’ailleurs pu observer combien ils étaient avides de pouvoir et de connaissance en la jeune Juliette Charlotte de Bourgogne. Il est vrai que cette jeune fille est des plus charmante et agréable, mais un elle ne sait quoi laissait soupçonneuse la Princesse russe. Quelque chose dans son attitude, sa manière d’être la laissait de marbre et assez froide avec elle, comme à son habitude en faite mais peut-être même un peu plus avec cette jeune fille qu’avec d’autre non légitimé.
Anna se surprit à sourire lorsque Madame de Montmorency parla de confiance pile au moment où elle-même songeait à une situation à peu près similaire.


- La confiance est effectivement un bien précieux que nous ne pouvons accorder qu'avec la plus grande parcimonie. Mais il est vrai que sans quelques personnes qui me sont chères et sur lesquelles je sais pouvoir à tout instant compter, mon existence me pèserait.

Anna en entendant rire l’épouse du Prince de Condé sourit franchement en sentant combien ses derniers propos avaient pu être stupides mais bons nous étions en quasi-intimité alors pourquoi se contenir ? Il le faudrait déjà suffisamment lors du bal ainsi que lors de la présentation à Sa Majesté Louis le Quatorzième. Puis vint le sujet de Paris, ah Paris, ville superbe qui fait tant envie.

- Je crois que vous pouvez faire une croix sur ce genre d'inquiétudes. Mon neveu fera le nécessaire pour que rien de tel ne puisse vous arriver et vous fera rencontrer sa joyeuse compagnie. Je puis vous assurer que sous la protection du Prince de Neufchâtel, rien ne vous arrivera.

Anna acquiesça ravie, voilà une bonne nouvelle dans cette journée un peu fraîche il faut bien l’avouer.

- Je vous en prie, il n'y a pas d'excuses à faire. A votre place, j'en serais encore à déballer mes malles et à me reposer. D'ailleurs, l'heure tourne et je vais devoir aller me préparer pour la messe. Croyez bien, Madame, que j'ai été enchantée de faire votre connaissance de cette façon impromptue bien plus agréable qu'une présentation officielle de Cour. A l'occasion je rendrai hommage à votre gracieuse invitation que je ne peux que vous retourner. Mon neveu lorsque je l'aurai averti prendra contact avec vous. Au plaisir de vous revoir donc.

En entendant ses mots la femme de chambre d’Anna, Fanny, s’inclina profondément à l’exemple des dames d’honneur de la Princesse de Condé. Anna tenta de son mieux de reproduire la génuflexion de la jeune femme comme elle eut le loisir de le voir au début de la conversation alors qu’elle ne connaissait rien au protocole. Une fois cela fait elle adressa un dernier sourire à la Princesse avant de repartir dans un léger froissement de soie. Elle se dirigea vers la porte, sa servante quelques pas derrières elle. Elle sortit et les gardes Impériaux Russes se mirent en marche à leur tour. Elle leur dit rapidement la destination prévue puisque l’un d’entre eux se situait devant pour ouvrir la marche. Mais cela bien sur dans sa langue maternelle : В моих квартирах. Puis sa frêle silhouette disparut dans les labyrinthes du palais royal.
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