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 Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Comme la pierre.
Côté Lit: Vide.
Discours royal:



Capitaine des Mousquetaires
ɸ Sang de gascon ɸ

Âge : 56 ans
Titre : Ombre du Roi
Missives : 175
Date d'inscription : 03/12/2006


MessageSujet: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   07.11.09 14:51





Charles de Batz-

Castelmore d'Artagnan




(Philippe Noiret)




« Tous pour un, un pour tous, c’est notre devise. »

    ► 50 ans
    ► Mousquetaire à titre honorifique, Chef du réseau d'espion du Roi
    ► Français
    ► Veuf
    ► Catholique, bien qu'il fréquente davantage l'athéisme
    ► Hétérosexuel



♕ PROTOCOLE ♕
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?

Versailles ? Mais qu'est-ce donc Versailles ? Le lieu où l'on engraisse comme des oies des hauts distingués, hommes de lettres oisifs et peu scrupuleux ! Regardez-les ces couards, ces maudits vautours, tourner de bien mauvaise augure autour de la Couronne de France. Chacun essaie de tirer son épingle du jeu, de grappiller la moindre informations susceptible de les enrichir encore davantage ou de les rapprocher du Trône. C'est la Cour du paraître ! Les hommes n'y sont pas jugés pour leur courage ou leur talent de combattant ! Que nenni ! On les juge sur l'étendue de leurs terres, sur leur costume bien souvent ridicule, sur la faculté de chacun à se savoir vivant, à exister. Versailles, c'est un combat quotidien, pour survivre, pour éviter de se faire écraser comme une fourmi sur la pierre dure. Chacun y défend son apparence. Mais il n'est nulle question manichéenne que l'on se pose à Versailles. Ni paradis, ni enfer. Il n'y a seulement que les vaillants et les lâches. Les vaillants sont ceux qui n'ont jamais peur de répondre à toute provocation et qui s'attirent une image d'illuminé et d'huluberlu. Les lâches sont la décadence de la société, ceux qui se couvrent de cape ou d'un masque et qui répandent leur venin tels des serpents ! Qu'il m'en coûte ma réputation, ou la vie, mais de mon vivant, jamais un serpent ne sortira la tête pour me mordre sans l'avoir eue préalablement tranchée ! Et Versailles, lieu malsain par nature n'en est pas moins l'idée la plus brillante de notre siècle. Le Roi a compris que l'on ne pouvait appâter les mouches qu'avec du miel. En leur accordant luxe, prestige et futilités, il comble leur égo et leur orgueil tout en les maintenant à vue. Est avisé, l'homme qui sait garder un oeil sur ces amis et les deux sur ses ennemis.

COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?

N'est fidèle que celui qui en a la force... celui qui est capable de lutter contre toutes les formes de tentations même les plus abjectes et les plus viles. La Cour étant composée en majeure partie de faibles, elle est un véritable nid de vipères. Le complot est à la réalité, ce que le soleil est au ciel. Du plus petit au plus gros, du plus absurde au mieux ficelé, chacun a une intrigue, une trame, un chef. Ma mission est de les défaire et de les réduire à néant. Il faut avoir des oreilles partout, des yeux sur tous les détails... et surtout des relations, beaucoup de relations. Les plus idiots se répandent en exploit dans les lieux du peuple, les tavernes, les hôtels à vagabonds, les maisons closes. Il est encore plus simple de les combattre que d'apprendre à un cheval le triple-galop. En revanche, ceux dont il faut se méfier, ce sont les silencieux... là où à peine d'infimes détails permettent de témoigner de leur existence. C'est un véritable travail d'investigation, une enquête minutieuse qu'il faut mener pour traquer les commanditaires. Fort heureusement, plus le complot est énorme, plus son initiateur a le bras long... et plus il a d'argent. La liste des coupables est donc, chaque jour de plus en plus réduite. En tournant le complot en rumeur, les Espions du Roi s'en trouvent avantagés. Pour garantir la sécurité du Roi, on ne peut se permettre aucune erreur, qu'elle soit de jugement ou d'action. Tout doit être calculé, méticuleusement, dans un délai précis, avec des mots définis. Une rumeur lancée, c'est un complot mystifié, une façon de le plonger dans le calme. Et il ne faut jamais oublier que c'est du silence et de la pénombre que surgit le loup.

COLOMBE OU VIPÈRE ?

Plutôt Gascon ! Ni colombe, ni vipère ! Ni innocent, ni coupable. Quelle est donc cette mentalité de ramener tout au mal et au bien ? Je fais fi d'une telle simplification, car les choses sont beaucoup plus compliquées. Le salut de l'âme n'intéresse que ceux qui y croient. Je n'ai nulle âme à faire racheter. Un homme doit être prêt à prendre les décisions qui s'imposent. Ôter une vie ou la laisser sauve, chaque choix a son importance. Nul droit à l'erreur, nul besoin de pardon. Ceux qui usent de métaphores ou de paroles imagées pour se faire comprendre, ceux qui parlent dans le dos des gens ne méritent rien de mieux que le mépris. Mais un homme soumis est un homme qui se tait, qui est spectateur. J'agis, peu m'importe l'impression que laisseront mes actes, tant que le but et la finalité de mes plans sont respectés. Tant que le Roi est servi comme il doit l'être.

DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?

Je peux tout confier, mais si on vous le demande, je n'ai jamais dit ces confidences. J'aime bien :
- crier, c'est un sport qui devrait même être national.
- le combat à l'épée, art noble par nature.
- les enquêtes qui ne s'éternisent pas, plus vite c'est résolu, moins ça m'agace.
- les plans douteux, ça change le quotidien.
- le vin, surtout de Gascogne.
- la Gascogne, surtout avec du bon vin.
- les chevauchées sauvages à travers le pays.
- la musique et les récits de Philippe.
- entretenir des correspondances à travers l'Europe.
- que l'on m'obéisse, purement et simplement.
Quant à mes envies, je pourrais vous dire plus mais ça m'obligerait probablement à vous tuer juste après...



♕ HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
► Alex
► 24 ans
► 5/7
► Code bon (by Myself)
► Double compte : Alexandre d'Artagnan
► Pas de suggestion





______________________

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Dernière édition par Charles D'Artagnan le 10.02.12 22:27, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   07.11.09 14:51


♕ BIOGRAPHIE VERSAILLAISE ♕


      L'héritier de d'Artagnan

    "Dès ses premiers cris, j'ai su que Charles n'était pas n'importe qui. Il avait la beauté d'un éphèbe, la liberté d'un aigle, le courage d'un lion et surtout le sang d'un Gascon."


- Un garçon, un garçon !!!

Tels étaient les cris qui retentissaient dans tout le Château. Et de la dame de compagnie d'ajouter un "Encore !" non lassé. Il faut dire que dans la famille d'Artagnan, il y avait déjà eu cinq garçons avant ce petit dernier. Cinq !!! Que des héritiers ! L'aîné avait un peu plus de quinze ans, maintenant... il était entré dans les Ordres, en Espagne afin d'apaiser la colère d'un Comte qui avait des vues un peu belliqueuses sur la Gascogne, pourtant qualifiée de terre de rien par le Royaume de France. Les deux enfants qui avaient suivi étaient morts de la petite vérole. Le quatrième avait vécu normalement jusqu'à ce qu'il chute d'un arbre et ne se paralyse. Il ne parlait pas et gardait l'oeil fixé sur la même fenêtre. Un an avant la naissance de ce nouvel arrivant, un autre enfant était mort né. Et puis voilà que le Château était empli des braillements de ce nouvel invité. A l'entendre, tous surent qu'il s'agissait d'un garçon vigoureux et surtout tenace. Aucun bras ne sembla le calmer pas même celui de sa mère. Le petit personnel était plutôt inquiet mais néanmois, les choses s'apaisèrent lorsque le bébé fut (enfin !) aphone. Profitant de ce répit, les deux parents lui cherchèrent un nom. A faire une entrée aussi fracassante dans le monde des vivants, il fallait un prénom glorieux, conquérant. Charles vint alors tout naturellement et c'est ainsi qu'il fut baptisé. Cela rendrait hommage au Roy, et à l'Empereur Charles Ier, dit Charlemagne. Il méritait bien son nom. Il avait une grande intelligence et un certain caractère... fâcheux... et grognon...

- N'a-t-on point assez d'un d'Artagnan fier comme un paon pour avoir en prime un d'Artagnan de mauvais poil ? Cette famille est plus que jamais difficile, tant à supporter qu'à servir ! Ailleurs, on nous demande de faire des choses, on nous ordonne de nettoyer, de faire telle course ! Ici, nous sommes ignorés, les directives sont inexistantes ! Et dès lors que l'on essaie de se rendre utile en voulant arranger les armoiries du Duc, c'est un véritable crime de lèse-duché ! Ah ! Qu'il me soit bientôt donné un temps de répit pour mes vieux jours !

- Allons, ne vous plaignez pas d'être aussi chanceux ! Le Duc vous a-t-il déjà battu, humilié ou fouetté ? Que nenni ! C'est un homme bon qui a beaucoup de considération pour ses serviteurs ! Et la considération passe par le respect. Je peux vous dire que jamais, au grand jamais, il ne m'a adressé quelconque mot méchant, ou blessant. Et lorsque ma propre épouse a eu notre petite fille, il m'a concédé une semaine de repos et de congé. Il ne supporte pas que l'on pose les mains sur ses affaires. Que ça soit les armoiries d'Artagnan, de sa femme ou sa tenue de soldat. J'ai la très grande impression que son fils sera pareil, voire pis encore ! Dussais-je miser mon gagne-pain là-dessus !

- Tout de même, le Duc pourrait nous donner une tâche. Cette famille est résolument étrange, elle ne ressemble à aucune autre !

Le domestique ne put mieux dire. Pour beaucoup de leurs contemporains, les d'Artagnan étaient spéciaux. On faisait circuler beaucoup de rumeurs sur eux, sur leur façon de vivre, très simple, trop simple pour qu'elle soit honnête. Fort heureusement quelques effets de légende venaient taire les pourparlers d'auberge ! Bertrand de Batz-Castelmore était célèbre pour ses états de fait au service de l'armée notamment. Connu pour son courage et sa réputation de guerrier aguerri, sa détermination n'était plus à débattre. Il représentait fièrement la Gascogne. Quant à sa femme, elle avait apporté avec sa beauté, une richesse conséquente. Françoise de Montesquiou, fille de d'Artagnan, avait à son actif un grand nombre de terres et de fortunes diverses. C'est ce qui permettait au duché de Gascogne de vivre avec autant de domestiques. Pourtant la famille d'Artagnan avait cela de particulier qu'elle vivait en dessous de ses moyens. Elle détestait se pavaner autrement que pour vanter les mérites au combat ou à la broderie des différents membres. Par conséquent, le futur héros, Charles, naquit dans un contexte modeste, où la vie était tout sauf mondaine. C'est grâce à cela qu'il est devenu ce qu'il est aujourd'hui.

      La vie est une suite d'aventures

    "Ne découvre de nouveaux horizons que celui sait quitter tout rivage. Ne vit de nouvelles aventures que celui qui sait quitter tout ancrage."


En ce temps-là, les femmes et les hommes avaient des rôles à respecter à la lettre. Chacun était éduqué selon un modèle lui permettant d'avoir des acquis divers et variés. Ainsi, il fut convenu que Charles étant un mâle, appelé à être dominant, il devait devenir un homme courageux et droit. Son père lui enseigna avant toute chose la lecture et l'écriture, deux matières essentielles selon lui pour tout homme qui se respecte. Il était difficile de respecter toutes les règles d'orthographe et de grammaire qui composaient la langue française. Il y avait beaucoup de particularités et de subtilités difficiles à prendre en main et à comprendre. Mais le jeune d'Artagnan fut un élève assidu et rigoureux. En témoignent les longues séances de travail qui le gardaient à l'intérieur, sur le pupître, muni d'une plume et d'un encrier. Et chaque séance, son père venait contrôler, rectifier, féliciter ou sévir. Il était rare qu'il s'emporte. Son fils possédait une capacité impressionnante de concentration et de débrouillardise. Tout gentilhomme respectable aurait dit alors sans faire nulle bassesse hypocrite qu'il était un grand philosophe, un grand stratège. Dans la famille, on préférait ne pas l'accabler de superlatifs, bien que ce fût une coutume ordinaire. Les Gascons ayant par essence un égo fort démesuré, il était inutile de leur faire enfler les chevilles davantage au risque qu'ils ne puissent plus enfiler leurs bottes !

Ainsi, son père entreprit de lui apprendre les choses essentielles. Après la lecture et l'écriture, Charles fut sommé d'acquérir de lui-même ses propres capacités d'orientation. C'est ainsi qu'il fut chargé de retrouver son chemin dans une forêt près de Lupiac où son père l'avait conduit en lui bandant les yeux. Le patriarche resta avec lui tout le long, il tenait trop à son gamin de sept ans pour le laisser s'échapper à la sauvette dans un endroit réputé pour avoir des sangliers féroces et des escarpements plutôt raides pour un gosse. Après quatre longues heures, Charles retrouva la commune de Lupiac, où il était né et où le Duc de Gascogne avait élu domicile. Son père en fut plutôt étonné et le questionna sur la façon dont il s'y était pris. Tout naturellement, son fiston répondit, l'esprit brillant dans ses yeux marrons :


- Père, il a simplement suffi que je suive vos traces de pas. En me portant sur vos épaules elles ont été marquées plus fortement. La terre est meuble suite à la pluie d'hier. De ce fait, il m'a semblé que le chemin suivi à l'aller devait être celui qui nous retournerait chez nous.

Devant une telle perspicacité, l'homme ne sut que répondre. Il le regarda avec une flamme dans les yeux, la flamme de l'homme comblé et satisfait. Evidemment, cela ne mettait aucunement l'orientation dans l'affaire mais, après lui avoir enseigné quelques rudiments sur le soleil, le lichen et le vol des oiseaux, le père décida de laisser son phénomène apprendre par lui-même et explorer le monde plein d'aventures ! Il décida de passer à la troisième phase de sa formation : l'apprentissage du combat. A mains nues pour commencer. Charles se débrouillait bien mais il avait malheureusement trop envie de toucher à l'épée pour que son père puisse le perfectionner. Rapière en main, il s'avéra rapidement un combattant maladroit mais redoutable. Si les gestes et les feintes étaient imprécis, le plus incroyable était sans nul doute l'observation dont il faisait preuve. Repérant les faiblesses avec l'oeil du tacticien, il pouvait être dangereux de combattre avec lui. Cela obligeait son père à mettre une protection de cuir sous sa tunique et à se creuser la tête pour n'avoir aucune faille dans sa garde. De toutes les choses que l'on peut dire, c'est que d'Artagnan enfant fut construit par son père pour moitié, par lui-même pour le reste.

Ce ne fut qu'à l'adolescence que sa mère joua un rôle plus important. A cette étape difficile de la vie, le jeune homme qui se transformait peu à peu, avait des idéaux de voyages, des histoires à raconter et à vivre. A douze ans, il n'y avait pas plus débrouillard. Il avait appris la chasse et la pêche avec son père, combattait comme un véritable démon et écrivait avec une aisance singulière. Mais ce qu'il aimait faire par dessus tout, c'était parler. Et le voilà à imaginer un long voyage dans les contrées espagnoles, évitant les ennemis, admirant les paysages. Un esprit aventureux que sa mère canalisa doucement. Enfin, elle essaya du moins. Car Charles était entêté, comme son père. Il ne déviait jamais d'une idée et à de nombreuses reprises, il partait en expédition, seul, à la découverte du monde ! Ah oui, il faut préciser pour situer les choses dans leur contexte que pour le jeune homme, le monde qu'était la France, n'avait qu'un centre : la Gascogne ! Aussi, dès qu'il le pouvait il la parcourait, laissant parfois des jours passer sans revenir à la maison. Son père était occupé à une quelconque bataille mais sa mère s'inquiétait. Il lui racontait tout avec engouement dès qu'il le pouvait. Et il y mettait du coeur. La vie de Charles d'Artagnan n'allait être qu'aventures. Le sentiment qui l'habitait quand il partait explorer en toute liberté était trop grand pour qu'il en fasse abstraction.

      La naissance d'une légende

    "Tout homme mérite bien un jour de poser son lourd fardeau. Plus ce fardeau est grand, moins il pourra se reposer, mais qu'importe. L'Histoire l'élèvera en héros. Et la légende, le mythe, pourra alors commencer... et perdurer."


Tout mythe a un commencement, toute légende à ses prémisces. Mais un point important les fait basculer, ce point de non-retour où le destin croise la vie des hommes et les amène à inscrire leur nom dans l'Histoire. Ce jour vint pour Charles à l'aube de ses dix-neuf ans. Tout jeune, tout explorateur qu'il fut, son père jugea bon de lui passer la main. C'est ainsi que le jeune gascon hérita d'une lettre à remettre à un certain De Tréville, puis d'un cheval à l'allure plutôt ridicule, il fallait l'admettre, et une bourse légère. Le Duc de Gascogne avait décidé de lui laisser faire fortune. Il savait cependant que si son fils en avait besoin il pourrait prendre quelques uns de ses deniers mais cela aurait symbolisé pour lui un échec retentissant. Salutations viriles, derniers sourires, le coeur comme bouclier, Charles partit donc à l'aventure. La plus grande de sa vie. Cette histoire est célèbre, mais il n'y a pas de mal à en reparler ! Dans sa montée vers Paris, d'Artagnan se fit voler sa lettre pour Tréville par le Duc de Rochefort, dont il ignorait encore l'identité. Il décida malgré la perte de la recommandation de son père de poursuivre son voyage. A son arrivée à Paris, il s'en fût quérir le Capitaine des Mousquetaires, le fameux M. de Tréville. C'est suite à cet entretien qu'il rencontra ceux avec qui la légende allait être partagée : Athos, Porthos et Aramis. Une rencontre qui manqua se finir dans le sang, puisqu'en fier gascon qu'il était, il avait un duel avec les trois dès le premier jour ! Finalement avec l'arrivée des hommes du cardinal, ils firent équipe et leur amitié se lia.

Après des frasques et son entrée dans la Compagnie des Essarts, d'Artagnan fit la connaissance de son premier amour. Il faut dire que la jeune mercière avait toutes les qualités pour être aimée. Une peau de lait magnifique, une voix douce, un charme qui fit tomber amoureux notre héros. Ah, autre fait important aussi, c'est à cette époque que d'Artagnan trouva son premier laquais, le meilleur selon ses dires bien qu'il eut été le seul, un certain Barnabé Planchet. Fameux Barnabé qui a sa part d'héroïsme dans tout ça ! Après péripéties et aventures, Constance Bonacieux, la si belle mercière fut enlevée par les hommes du Cardinal. Richelieu, ennemi suprême des Mousquetaires avait le bras long, il cherchait à faire tomber la Reine. Charles fut mêlé à l'histoire par un coup du sort, et il fut chargé de rapporter les ferets de diamants que Louis XIII avait offert à Anne d'Autriche et que par un feu de passion pour le duc de Buckingham, ennemi naturel de la France, elle lui avait donné, sans se douter une seule seconde du fait que le Roi poussé par la perfidie du Cardinal lui demande de les porter lors d'un bal. Ayant eu vent du départ des mousquetaires pour l'Angleterre, Richelieu tenta de les faire arrêter. Trop tard. Charles récupéra les ferets et les rapporta juste à temps à la Reine.

Richelieu avait perdu la bataille mais pas la guerre. Il fit enlever Constance Bonacieux ce qui fendit le coeur de Charles. Avec l'aide de ses amis, une nouvelle fois il tenta de savoir où elle était détenue. Ils rentrèrent à Paris où De Tréville leur apprit qu’ils devaient se préparer pour rejoindre le siège de la Rochelle. Il annonça alors à d’Artagnan que le Roi lui accorderait une place chez les Mousquetaires après la bataille. Pendant ses préparatifs, d'Artagnan rencontra Milady, pour la seconde fois mais il ignorait qui elle était. Il la courtisa, son coeur ne cherchant qu'à obtenir ses faveurs. Par une tentative maladroite, il découvrit qu'elle était marquée d’une fleur de lys au fer rouge. Furieuse de se voir démasquée, Milady tenta par deux fois de le faire assassiner, sans y parvenir. À la Rochelle, Athos, Porthos et Aramis croisèrent le Cardinal à la nuit tombée et acceptèrent de l'escorter jusqu’à une auberge. Intrigués, les Mousquetaires s'attardèrent et découvrirent qu'il attendait Milady, qu'il chargea d'une mission capitale : tuer le Duc de Buckingham ; en échange il lui donnait un blanc-seing pour assassiner d’Artagnan sans risquer la Bastille. Milady tenait en effet à faire disparaître l'odieux personnage qui avait par mégarde et avec imprudence découvert son terrible secret. Athos reconnut en Milady son épouse répudiée, Charlotte Backson, et lui déroba le papier, sauvant sans nul doute la vie de son ami.

Pour échapper à la surveillance des agents du Cardinal, les Mousquetaires tentèrent une action héroïque en allant défendre un bastion avancé où ils se retrouvèrent seuls sous le feu de l'ennemi avec Grimaud, un de leurs laquais ; une fois le gascon informé du danger qu'il courait, ils décidèrent d'écrire à Lord de Winter pour lui révéler la vérité sur Milady. Ensuite ils demandèrent à la Reine, par le biais de Mme de Chevreuse, le lieu où se trouvait Constance Bonacieux. Leurs plans ainsi arrêtés dans le plus grand secret, les Mousquetaires quittèrent le bastion et retournèrent au camp où ils furent accueillis en héros. De retour en Angleterre, Milady fut retenue prisonnière par son beau-frère. Elle séduisit son geôlier, le convainquit d'assassiner le Duc de Buckingham, et retourna en France. Là, elle se réfugia dans le couvent des Carmélites où se cachait désormais Constance. Découvrant les liens entre la jeune femme et d'Artagnan, elle la tua au moment même où celui-ci arrivait en compagnie d'Athos, Porthos et Aramis. Aidés par Lord de Winter et le bourreau de Lille - frères de deux anciennes victimes de Milady - les Mousquetaires s'emparèrent de la meurtrière à Armentières et lui firent un simulacre de procès. Le verdict fut unanime : coupable, elle méritait la peine de mort. D'Artagnan, ravagé par le chagrin et par la vengeance prit cependant la décision avec un sang-froid étonnant pour quelqu'un de son âge. Les mousquetaires rentrèrent à Paris, où d’Artagnan fut alors promu Lieutenant des Mousquetaires par le Cardinal Richelieu avec qui il se réconcilia. Il se battit en duel avec Rochefort et finit également par se réconcilier avec lui.

La boucle n'était pas encore bouclée. Et même si d'Artagnan avait hérité en quelques années d'un prestige auprès des plus grandes figures du moment, de M. de Tréville, admirateur, ses trois camarades et amis, Athos, Porthos et Aramis, le Roi Louis XIII, la Reine Anne d'Autriche, le Duc de Wardes, le Cardinal Richelieu, son talent de combattant et son intelligence en firent bientôt un Seigneur parmi les Seigneurs. Un grand ! Une légende vivante ! L'évocation de son nom suffisait à faire douter le plus arrogant de ses adversaires et pour cause... il n'avait pas fini de faire entendre parler de lui. A juste titre, on l'appelait le lion redoutable.


      La famille

    "Le coeur a ses raisons que la raison ignore. Et sous n'importe quelle armure, il continue de battre. Poum-poum... poum-poum... De sorte que nul ne puisse jamais l'oublier."


La notoriété avait un goût très amer. Difficile pour le jeune gascon d'avouer ses difficultés sentimentales. Pas après ce qu'il avait vécu... Constance lui revenait sans cesse, dans ses rêves... Milady avait réussi son plan. Elle lui avait porté un coup... presque fatal. Charles se plaça au fur et à mesure dans une vision très critique de la réalité. Il voyageait, accomplissait ses missions, convolait à droite et à gauche. Mais sans jamais retrouver le goût de sourire franchement. Il ajournait de mois en mois son retour en Gascogne, n'ayant pas la force d'affronter les souvenirs des belles contrées dont il avait fait la description à la femme qu'il aimait. Lorsqu'il se décida à rentrer, il apprit que son père était enterré. Deuxième coup d'estoc porté à son coeur. Ne pouvant encaisser moralement ces deux chocs, il erra sur les routes, se trouva une taverne et passa sa nuit à boire plus que de raison. Lorsque les devoirs le rappelèrent à Paris, il y retourna, tête haute, mais l'âme en berne. Et à mesure que le temps passait il n'avait ni goût pour les voyages, ni goût pour autre chose que son travail. Envoyé souvent dans des missions périlleuses il continua sa carrière auprès de ses amis, incapables néanmoins de lui apporter un réconfort suffisant. La mort de Milady n'avait pas du tout cicatrisé cette plaie. Charles se négligeait mais il put compter sur la présence de Barnabé pour lui éviter de sombrer. Le serviteur lui devait la vie et il prenait cette dette très à coeur. Le Mousquetaire montrait en tout cas une fougue et une audace démesurées. Il prenait souvent des risques inconséquents pour sa vie et semblait s'en moquer totalement. Une rumeur se mit à circuler sur lui, le faisant passer pour un être suicidaire, adorateur de rites occultes. On tenta même de le faire passer pour fou. Evidemment il avait lui-même réglé le problème en menant son enquête et en faisant passer un sale quart d'heure aux menteurs. Cet épisode eut le mérite de mettre à dix le tout un chacun. D'Artagnan n'était pas le genre d'homme à se laisser cracher au visage sans rien dire et surtout sans rien faire !

Ce coeur que l'on aurait dit en pierre n'avait néanmoins d'attirance que pour les relations d'une nuit, celles qui n'engagent aucun sentiment ni aucun avenir. Il faut dire qu'il avait une bonne réputation et un physique tout à son avantage. Il ne lui était pas difficile de finir en compagnie d'une femme, noble ou servante. D'ailleurs, étant très volage à cette époque, il entretînt une liaison avec la femme de son ami Porthos. Cette liaison secrète déboucha sur un ébat passionné, mais comprenant son erreur et surtout le fait qu'il était en train de trahir un ami, Charles mit fin à cette relation. Il la cacha bien évidemment à Portau, et ce secret ne fut transmis à Cédric par sa mère, par l'intermédiaire de son journal personnel, que bien plus tard. Pour lui, plus question de s'enflammer et de briser son coeur à nouveau. Le destin n'avait cependant pas dit son dernier mot. Alors qu'il fut envoyé pour surveiller un convoi, il fit la rencontre de Marie-Béatrice, Comtesse d'Enjou. Elle n'avait pas vraiment de terres, c'était davantage un titre honorifique obtenu après l'aide que sa famille avait apporté lors du siège de la Rochelle. En revanche, elle possédait de magnifiques yeux bleux et un visage parfait, celui d'une véritable enchanteresse. Charles tomba sous le charme mais le fait d'être réveillé par la passion, celle qui avait aussi montré son visage lors de la rencontre avec Constance, ne lui convenait guère. A la grande surprise de ses compagnons, il traita la jeune femme avec une extrême froideur et un air revêche. Quand elle tenta de se montrer douce, il répondit brutalement, avec un air agressif et sauvage. Autant dire qu'ils n'eurent guère l'occasion de dialoguer. Pour Athos, Porthos et Aramis, il ne faisait aucun doute que d'Artagnan était à nouveau amoureux. Ils n'avaient pas manqué de voir le regard qu'il portait sur la Comtesse, ni d'entendre avec quel flegme il s'adressait à elle, en profitant pour afficher publiquement son arrogance et sa prétention. Bien entendu, ils ne purent guère en parler, le gascon s'emportant avec une exagération démesurée à chaque fois que le sujet tombait sur la table des discussions. Il y eut d'ailleurs beaucoup de bagarres à ce sujet et certains taverniers n'hésitèrent pas à refuser d'accueillir des Mousquetaires tant les dégâts de leurs combats pouvaient être importants. Ils saccageaient tout et pour peu qu'ils aient bu plus que de raison, la situation pouvait très facilement déraper en rixe générale.

Entre-temps après Athos ce fut à Porthos de goûter aux joies de la paternité avec la naissance de Cédric, qui intervint quelques temps après la nuit d'adultère. Charles ne recroisa Marie-Béatrice que quelques mois plus tard, alors qu'il était de garde à la Cour. La Comtesse le frôla sans un mot ni un regard, ce qui vexa le Mousquetaire. Incapable de tenir sa langue dans sa bouche et de remballer sa fierté, il lui fit remarquer son existence. Il s'en suivit une discussion agitée où il répondit au stoïcisme de la belle par des paroles déplaisantes et sarcastiques. Alors qu'elle s'était rapproché de lui pour le gifler, il saisit sa main en plein vol et déposa un baiser dessus. Le calme s'installa, ils se regardèrent et puis elle éclata de rire, permettant à la pression de disparaître. Ils venaient de se trouver, leurs regards brillaient et leurs coeurs battaient à l'unisson. Oubliant les méthodes bourrues du jeune homme, Marie-Béatrice se montra distante, le laissant peu à peu tenter de la séduire par des gestes attentionnés. Elle lui mena la vie dure, refusant de céder à des avances. Elle était désireuse de le voir à l'oeuvre, de connaître à quel point il semblait l'aimer. Et puis surtout elle s'amusait de le voir bouillir intérieurement. Il avait le sang chaud et ça lui plaisait beaucoup. Ce ne fut que lorsqu'elle eut la certitude qu'il était sincère et désespéré de ne pouvoir l'aimer qu'elle se lança. Aussi jeune et raillée pour son côté mièvre et rêveur qu'elle affichait, elle venait de dompter Charles d'Artagnan. C'était un exploit, un succès dont elle ne se cachait pas. Paradoxalement, cela lui attira un profond respect de la part de son entourage alors que Charles se faisait chambrer pour son côté laxiste. Evidemment, ces accrocs déclenchèrent de nombreuses empoignades mais à vrai dire le tout-Paris avait l'habitude.

Marie-Béatrice était très pieuse et elle refusa d'avoir une quelconque relation charnelle avant le mariage. Passablement agacé par les messes philosophiques d'Aramis, Charles ne portait pas la religion dans son coeur. Mais il respecta les opinions de la jeune femme. Elle mit du temps pour le convaincre d'accepter une union mais elle y parvint. Leur mariage fut donc célébré, coloportant râgots et animations dans toute la Gascogne. Ils avaient décidé d'y célébrer la fête puisque la mère de Charles, malade ne pouvait raisonnablement pas entamer un quelconque voyage. Les années qui suivirent leurs noces furent difficiles. Il était souvent amené à voyager et à quitter le Duché pour le Roi. Marie-Béatrice restait donc en compagnie de sa belle-mère, loin de ses missions à la Cour. Ils finirent par quitter le sud de la France pour s'installer sur Paris ce qui leur permit de se voir plus souvent et d'envisager posément de fonder une famille. Par chance, Charles n'avait pas eu d'enfant illégitime, bien qu'il ne se soit jamais privé de relations charnelles et que la naissance de Cédric ne l'ait jamais inquiété. Les hommes comme lui étaient rares, malheureusement. Depuis qu'il était marié, il refusait toute infidélité, bien que la tentation soit parfois grande. Ils eurent leur premier enfant, qu'ils baptisèrent Alexandre, sur décision de la nouvelle maman, admiratrice des grands rois de l'Antiquité. Charles eut beaucoup de mal à se faire à son rôle de père et d'entrée de jeu, il se montra strict et sévère. L'arrivée de son second fils, Philippe ne le fit guère changer. Bien qu'il soit très maladroit dès l'instant où il s'agissait d'exprimer des sentiments, sa femme avait le pouvoir de le tempérer et de l'apaiser. Elle l'avait parfaitement compris et parvenait à le cerner rien qu'au regard. Il assuma un rôle de père autoritaire mais protecteur, s'avisant que sa famille ne manque de rien.

Charles continuait à voir Aramis, Porthos et Athos. Les trois hommes aimaient à plaisanter sur l'éducation des enfants, destinés à devenir Mousquetaires par la suite, sauf pour Cédric, que Porthos destinait à autre chose. Pour D'Artagnan, les choses étaient claires dès le début. Alexandre était l'aîné, il deviendrait Duc de Gascogne et devait par conséquent apprendre les rudiments des armes pour redorer le blason local. Ainsi, il se chargea lui-même de l'éducation militaire du jeune garçon et l'admiration que lui vouait ce dernier l'aidait grandement à la tâche. Quant à Philippe, Charles voulait le voir libre de toute terre et de tout titre, prêt à voyager et à découvrir les choses que lui avait pu apercevoir, sans jamais les toucher de part sa mission. Il se montra sans pitié envers ses rejetons, pensant qu'en creusant l'écart entre eux et lui, il diminuerait son influence, surtout sur Philippe qu'il voulait épanoui. D'emblée, il créa un fossé avec le cadet marquant à son encontre de la froideur et une sévérité sans pareille. Marie-Béatrice désapprouvait sa méthode mais aussi influente eut-elle été, il était impossible même pour elle de faire face à l'entêtement du Mousquetaire. Il contribua donc de façon minimaliste à l'éducation de Philippe et se concentra surtout sur celle d'Alexandre.



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MessageSujet: Re: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   07.11.09 14:51


♕ BIOGRAPHIE VERSAILLAISE (suite) ♕
      La solitude

    "L'essence même de cet homme, son âme s'est éteinte en même temps que sa moitié. Et si son coeur aujourd'hui, bat encore, ce n'est qu'en attente de la mort."


Les années passèrent et les choses changeaient au fil du temps. La mère de Charles s'éteignit un soir de novembre et bien que le Mousquetaire se soit éloigné d'elle, sa disparition lui fit mal. Il put compter sur le soutien de Marie-Béatrice pour faire son deuil. Les efforts et les entraînements étaient plus difficiles pour le corps du Mousquetaire qui mine de rien commençait à en tenir. Les campagnes et les aventures s'étaient enchaînées toutes plus denses et agitées les unes que les autres. Physiquement, Charles avait le poids des ans et des excès sur son échine et ses compagnons étaient eux aussi dans la même situation... Ils envisageaient au fur à mesure de raccrocher leurs uniformes les uns après les autres. Même si les quatre amis continuaient de se voir de temps à autre, ce n'était plus comme avant. Une page commençait déjà à se tourner. Leurs intérêts divergeaient et le temps leur manquait pour qu'ils puissent vraiment entretenir des liens aussi proches. Ainsi allait la vie. Aramis fut le premier à abandonner les mousquetaires au profit d'une carrière ecclésiastique. Ce changement de cap et cette nouvelle ambition lui attirèrent les boutades de Charles pour qui la religion était ni plus ni moins qu'un ramassis de vieilles fables et d'élucubrations. Le sujet était très tendu envers les deux hommes et même avec sa femme. Combien de fois l'avait-il exhortée à abandonner les prières pour se concentrer sur la réalité des choses ? Il ne le comptait plus. S'il y avait bien un sujet sur lequel Marie-Béatrice ne pouvait le raisonner, c'était celui-ci. Le fossé entre l'abbé et le gascon avait toujours été grand. Ils n'avaient pas la même philosophie de vie et Aramis avait un goût trop prononcé pour les complots. Leurs caractères étaient plutôt opposés mais complémentaires. Là où Charles usait d'astuce et d'audace, Aramis employait une méthode plus diplomatique et courtoise. Il était moins bourru, plus raffiné mais D'Artagnan, lui, était sans aucune doute, beaucoup plus à cheval que les questions morales. Il faut dire que le Chevalier d'Herblay sous ses faux-semblants très pieux avait une large tendance à pêcher plus que raison et qu'il ne s'embarrassait jamais de réflexions sur le bien-fondé de ses actions. Malheureusement, la voie qu'avait suivi Aramis était une voie solitaire. L'évêque put néanmoins compter sur Porthos quelques temps pour accomplir quelques basses besognes. Mais sa quête ne pouvait se faire que sans D'Artagnan et Athos, qui outre sa froideur naturelle, n'était guère très passionné par les ordres. Ils continuèrent donc de servir, côte à côte. Ces trois vétérans s'attiraient le respect des recrues et en imposaient par leur charisme et leur intelligence. Ils formaient un duo quasi-inséparable et de redoutables combattants. Leurs exploits passés, le fait qu'ils aient su en tirer les leçons et aller de l'avant, tout cela jouait en leur faveur. Leur amitié se renforça. Le fils d'Athos, Raoul devint l'un des plus proches amis d'Alexandre de même que Cédric et il n'était pas rare que les trois gamins s'amusent à rejouer la vie de leurs paternels.

Après quelques années, le Comte de la Fère décida de retourner à des choses plus essentielles, son fils notamment mais aussi ses terres et ses richesses. La séparation fut douloureuse, car le mousquetaire aimait profondément son travail, bien que son allégeance au Dauphin n'eut pas été très solide. Charles, désormais en duo avec Porthos, prit un peu de distance vis à vis des Mousquetaires, soucieux à cause de la santé de sa femme. Il fut cependant appelé à une mission capitale : protéger Louis XIV de la Fronde. Ayant éprouvé un profond respect pour son père, Louis XIII, il marqua au jeune monarque son attachement. Ce fut lui qui déjoua la Fronde et qui parvint à arrêter Fouquet. Par cet acte, il sauva la vie du jeune garçon et entra dans l'histoire pour toujours. Il permit aussi au Roi de France d'accéder au trône et de pouvoir commencer son règne. Suite aux évènements, Louis XIV le chargea de sa propre sécurité. Le Mousquetaire n'était pas peu fier d'afficher cette allégeance. Pour lui, il avait accompli une mission essentielle en protégeant son Roi. Pourtant, Charles avait beau être fidèle et loyal, la réalité le rattrapa et les choses commencèrent à se gâter. Alors qu'il enquêtait sur de possibles complots, il tomba sur la piste d'Aramis et de Porthos. Les deux hommes, anciens compagnons d'aventure et d'armes travaillaient à une conspiration contre le Roi. Leur objectif était de le remplacer par un prétendant au trône plus légitime. D'Artagnan, très sceptique quant à l'existence de cette personne, leur laissa la vie sauve et la liberté, uniquement parce que ses amis renoncèrent à leur projet. Mais depuis ce jour, l'estime qu'il leur portait diminua, même si l'amitié était toujours aussi présente. Dans son rapport, il cacha leurs noms et ôta toute référence susceptible de les trahir. Il continua à servir sous les ordres du Roi, étant devenu Capitaine des Mousquetaires par nomination royale. Redoutable lorsqu'il avait une arme, Charles l'était encore plus lorsqu'il s'agissait de déjouer les plans des ennemis que comptait la France. Il avait un esprit affûté et une stratégie souvent parfaite. Il n'avait qu'une personne pour le seconder et l'aider dans cette tâche : sa femme. Marie-Béatrice écoutait ses interrogations et souvent elle l'aiguillait sur de bonnes pistes. Quand il avait un plan, il le lui expliquait, elle pointait les failles de ce dernier pour qu'il les corrige. Elle fut l'un de artisans de sa réussite. Mais les évènements tragiques se succédèrent néanmoins, le faisant vite déchanter. Alors qu'il menait vaillamment une mission pour éliminer des conspirateurs, Charles fut gravement blessé par un homme qui l'attaqua par derrière. Il lui avait planté une dague dans le flanc, tandis que le Mousquetaire portait secours à la femme d'un aubergiste. Son assaillant fut abattu par un tir de mousquet en pleine tête. D'Artagnan ne put voir qui était son sauveur de suite. Il s'écroula suite à ses blessures, dans une mare de sang. Il fut surpris de se réveiller dans l'auberge et d'être encore vivant. Il fit la connaissance d'Etienne de la Tour, son ange-gardien, médecin de profession mais ancien soldat. L'homme avait pris soin de lui et comme Charles le lui fit remarquer ensuite, il fut le seul médecin à qui il faisait une confiance aveugle. Les deux hommes se lièrent d'amitié après avoir sympathisé et il en profita pour lui demander de soigner Marie-Béatrice, dont les problèmes de santé se faisaient plus fréquents bien qu'elle s'efforce de paraître en forme en permanence.

Quelques semaines après qu'il ait failli y laisser sa peau, Raoul, le fils d'Athos mourut, provoquant chez le Comte de la Fère une blessure terrible. Charles et Marie-Béatrice tentèrent de le réconforter, en vain. Il vit Athos, impuissant, en train de sombrer dans une dépression de plus en plus conséquente. Le Destin était cruel, il accordait des instants de bonheur qu'il reprenait d'une façon impitoyable. Le Comte de la Fère disparut sans laisser de traces, ébranlé par le chagrin et le désir de vengeance. Personne ne sut où il se rendit mais une rumeur circula bientôt indiquant qu'il avait été tué après avoir abattu un groupe de dix hommes, seul. Cette rumeur, Charles n'y prêta nulle attention car il était affecté par un drame personnel. La santé de Marie-Béatrice s'était dégradée rapidement en quelques jours. Etienne était très sceptique, il ne le cacha pas et conseilla à Charles de ne pas quitter la demeure familiale pour rester près d'elle. Très inquiet par la situation, Charles demanda de plus en plus fréquemment des permissions pour assister sa femme. Malgré les préconisations et les bons soins d'Etienne, son état empirait de jour en jour. Après de longs mois d'agonie, Marie-Béatrice finit par s'éteindre, laissant derrière elle un mari ravagé par la nouvelle et deux enfants, livrés à eux-mêmes. Charles ne put encaisser le coup. Il avait jadis perdu Constance et ça l'avait blessé au point de manquer le détruire. Mais là, la situation était décuplée, il avait passé une grande partie de sa vie auprès de cette femme, il l'aimait, autant qu'elle l'aimait. Son coeur était parti, il ne battait plus pour rien ni pour personne... à part ses enfants. Mais il fut si désemparé et si meurtri qu'il ne leur apporta aucun réconfort. Ce fut Barnabé qui assura ce rôle auprès d'Alexandre et de Philippe. Charles respecta les dernières volontés de sa femme. Il la fit enterrer dans le domaine, dans les jardins, selon les rites catholiques. Il lui fit bâtir le plus beau caveau de la ville et il dépensa une somme folle pour faire graver en lettres d'or une épitaphe à sa mémoire. Le jour de l'enterrement, la lueur qui animait son regard disparut. C'était comme si la vie l'avait quitté lui aussi, comme si la flamme s'était éteinte. Il ressemblait à une coquille vide. Il versa des larmes, caché derrière un arbre pour la dernière fois. Il prit congé de ses enfants et quitta le manoir, n'y passant que pour s'assurer qu'ils étaient en sécurité et avait de quoi vivre décemment. Il posa une barrière avec eux refusant de les voir. Il se trouva une chambre dans un hôtel particulier et il s'y terra après avoir rendu son uniforme de Mousquetaire. Pendant cette période très sombre, Charles se laissait décrépir en espérant mourir à son tour. Le Grand Charles avait perdu le goût de la vie et ne souriait plus. Tout lui devenait égal, dénué d'intérêt... Un matin, alors qu'il observait l'extérieur par sa fenêtre avec un oeil terne, un messager anonyme glissa une lettre sous sa porte. D'Artagnan l'ouvrit, la lut et la jeta au feu le visage crispé par la colère. Sur la missive courte, il venait d'apprendre qu'Athos avait bien été tué et qu'il ne s'agissait pas d'une rumeur. Impassible et déterminé, il sortit enfin de sa chambre... paya ses frais et rejoignit le manoir en grande pompe plus déterminé que jamais.


      La force et l'audace

    "Quand la vie vous a repris vos choses essentielles, il ne vous reste que vos yeux pour pleurer ou que votre dignité pour vous relever. Un Mousquetaire ne pleure pas. Un Mousquetaire se bat jusqu'à y perdre la vie ou l'ôter."


Tout ce qui avait fait la gloire de Charles aurait pu être effacé avec la mort de sa femme. Et pourtant, après avoir fait le mort pendant des mois il fit son grand retour parmi les Mousquetaires. Le Lieutenant alors en place, Mathias de Sandras l'autorisa à enseigner ce qu'il savait aux troupes. Ce fut à cette époque qu'il prépara l'insertion d'Alexandre et son acceptation dans les rangs. Retrouvant son ancien compagnon Porthos, amaigri et fragilisé par de longs épisodes fiévreux, il renoua quelques liens avec lui. Lorsqu'Alexandre devint enfin un Mousquetaire, il se pencha sur la grangrène même du Royaume : les complots. Malgré les instants de silence et d'éloignement, le Roi lui accorda une nouvelle fois toute sa confiance. Se jurant intérieurement de retrouver l'assassin d'Athos et de lui faire payer, il n'en oubliait pas son devoir suprême : protéger Louis XIV. Bien que l'homme soit plus capricieux que son défunt père, il n'en restait pas moins le dirigeant incontestable de la France. Son caractère lui avait valu d'avoir de nombreux ennemis et d'être la cible de nombreuses tentatives d'assassinat. Charles avait toujours marqué ses contemporains par son intelligence et sa capacité à avoir deux coups d'avance. La vie ressemblait à une partie d'échecs. Il suffisait de bien positionner ses pions et de partir à l'attaque lorsque le moment était opportun. Fort de cette vision des choses, il entreprit de faire la lumière sur le décès d'Athos et d'apporter un rapport complet au Roi. Sur les traces d'Athos, Charles ne tarda pas à découvrir l'immonde perfidie des assassins. Quand il s'était éloigné pour s'occuper de sa femme, Athos avait été sur la piste des meurtriers de son fils. Il les avait éliminés mais avait aussi trouvé un ordre de mission, dans lequel son nom apparaissait comme celui de la prochaine cible. A mesure qu'il avait enquêté, d'Artagnan avait découvert que les donneurs d'ordres avaient deux objectifs : amputer les Mousquetaires de l'un de leurs plus vaillants combattants et à long terme, affaiblir le Roi pour l'assassiner. Malheureusement pour Athos, il n'avait pas pu tuer les dix hommes qui s'étaient jetés sur lui. Les trois survivants s'étaient échappés, pour calmer l'affaire et pour se faire discrets. L'un était blessé à la joue, l'autre au flanc, et le dernier avait un doigt amputé. Pris d'admiration pour le héros qu'avait été le Comte de la Fère, Charles traqua les trois hommes, les défia et les tua l'un après l'autre, pour faire justice. Bien sûr, il récupéra leurs affaires et remonta jusqu'à la source même du complot mené ni plus ni moins que par un parent de Fouquet. Il demanda audience au Roi et lui présenta un rapport détaillé, expliquant que le parent du félon avait malheureusement trouvé la mort quelques jours plus tôt victime d'une chute de cheval. Louis XIV n'avait alors qu'un groupe d'espions totalement désorganisés qui ne payait pas de mine. Il expliqua le projet qu'il avait afin d'assurer sa sécurité. Le principe était simple, il s'agissait de créer un véritable réseau d'espions à travers tout le Royaume et même dans les autres contrées pour voir venir les coups. Les agents seraient les yeux et les oreilles du Roi, ils agiraient dans l'ombre, tapi dans le silence pour récupérer les informations que l'on ne pouvait se procurer par les moyens habituels.

Louis XIV avait noté un manque d'organisation et une efficacité assez limitée. Il ajouta quelques prérogatives et autorisa Charles à agir et à lui montrer que ce qu'il avançait pouvait marcher. Le Roi restait sceptique sur le sujet mais il n'ignorait pas la réputation de stratège de d'Artagan et décida de lui accorder une chance. Charles lui prouva qu'il avait bien fait de placer sa confiance en lui car deux mois à peine après la création de ce nouveau groupe, il déjoua une tentative d'empoisonnement. Le travail avait un peu tardé à cause de la mort de Porthos. L'homme, connu de par les légendes pour être quelqu'un de fort et de massif avait perdu beaucoup de poids après des fièvres répétées. Il laissait derrière lui son fils Cédric que Charles n'avait pas eu de grandes occasions de rencontrer depuis que son père l'avait humilié quand il avait voulu devenir lui aussi Mousquetaire. Il se rendit à l'enterrement. Les choses sérieuses purent commencer. Louis donna son feu vert pour la consolidation du réseau. Charles rendait des rapports précis et complets au Roi et attendait ses ordres pour les transmettre aux différents agents. Bien vite, il s'organisa pour créer des relations. Il ne le savait que trop bien, plus il aurait des personnes dans son entourage, plus il passerait inaperçu. C'était bien le but, puisque personne ne devait se douter de l'existence de ce réseau d'espions. Parmi les personnes importantes de son entourage, Charles avait déjà repéré Ferdinand d'Anglerays, un gascon comme lui qu'il avait déjà croisé par le passé. Les deux hommes s'appréciaient déjà et étaient de bons amis. Mais leur lien se renforça lorsque Charles décida de s'éloigner du Roi pour éviter de se faire remarquer. Le fait d'avoir déjoué des complots avait provoqué une hausse des soupçons à son encontre. Il était temps pour lui de disparaître et d'agir dans le secret à l'abri des regards et des rumeurs. Ainsi donc, il proposa à Ferdinand de rejoindre les espions de sa Majesté après avoir obtenu l'accord du Roi. Ainsi, le Fou pouvait tout gérer pour lui sans se faire pister et assurer une liaison efficace pour tout le réseau.

Charles ne sut jamais si Louis XIV avait donné son aval par confiance ou bien par admiration. Il avait très probablement remarqué la grande complicité qui les unissait et leur redoutable intelligence. Les unir était un enjeu stratégique de taille. Ils étaient complémentaires et terriblement efficaces. Et ils avaient un tempérament si différent que quand ils agissaient, c'était de façon redoutable. D'Artagnan avait la détermination et l'astuce, Ferdinand lui avait le langage, la méthode et l'expérience. Charles profita de cette relève pour se concentrer sur sa vie personnelle et la mort de son frère, celui qui était paralysé. Du côté de ses enfants, le deuil avait été fait, mais pas vraiment grâce à lui. Un évènement bouleversa tous ses plans. Depuis des années, il avait écrit le destin de ses enfants lui-même. Alexandre deviendrait Mousquetaire, serviteur de sa Majesté et Duc de Gascogne. Il était l'aîné, c'était à lui qu'il imposerait une vie. Quant à Philippe, en tant que cadet, il n'avait jamais voulu interférer avec l'enseignement que lui avait donné Marie-Béatrice, pour la simple et bonne raison qu'il voulait le voir décider de sa propre vie. De ces deux garçons, Charles ressemblait le plus au petit dernier, bien qu'ils ne cessent jamais de s'embrouiller dans des querelles de bas étage. Lui aussi, jeune, il avait été aventureux, il voulait découvrir les choses. Son destin en avait décidé autrement et pourtant, malgré sa grande carrière, il pouvait agir comme bon lui semblait. Il était influent, il avait la confiance du Roi, la liberté d'aller et venir. Peu de gens pouvaient se vanter d'avoir la même chose, à part peut-être Philippe.

Quand Alexandre décida d'épouser une fille du peuple et de renoncer à ses titres au profit de son frère, Charles se rendit compte que ses deux enfants n'accepteraient jamais de vivre l'existence qu'il leur avait tracé. Il ne pouvait plus leur imposer des voies et devait simplement tâcher de les guider. Philippe devint donc Duc, puisque Charles renonça lui-même à en assurer la charge. La famille d'Artagnan s'agrandit quelques mois plus tard avec la naissance d'Aurore, premier enfant d'Alexandre et de Marine. Evidemment, la fillette avait été conçue hors mariage mais Charles avait veillé, impitoyablement à corriger cette bavure. Bien que parisien, Charles connaissait la Gascogne comme sa poche et il y prit de temps à autre des nouvelles de Philippe qui s'occupait du Duché avec une certaine volonté, bien que ses débuts eurent été difficiles. Quelques mois avant la naissance d'Aurore, Charles fit la connaissance d'Evangeline de Combron, par l'intermédiaire du Roi. Rapidement, ils lièrent une grande complicité. Pour Charles elle devint la fille qu'il n'avait jamais eu et bien qu'ils divergent sur de nombreux points, ils ne sont jamais disputés sur un quelconque sujet. Elle le respecte tout autant qu'il l'admire. Leur bonne entente leur permit de réaliser de nombreuses missions et d'enchaîner de belles réussites. Mais si Charles avaient des liens avec des nobles ou des personnes respectables, il savait que la meilleure façon d'entendre parler d'un complot, c'était en plaçant les bonnes oreilles parmi le peuple, soit dans une taverne... soit dans une maison de passe. L'adage était connu, les meilleures confidences se faisaient sur l'oreiller. Il se rendit dans le plus grand secret dans un quartier populaire de Paris et y fit la rencontre de Rose Beauregard. Prostituée, elle reçut de l'argent de ses mains pour un travail bien spécial. Il ne lui demanda aucune faveur charnelle, et dès leur première entrevue, il lui ordonna de ne jamais faire preuve de basse vertu quand il la rencontrerait. Il avait des principes et pas question pour lui d'y déroger. Il lui proposa un marché. En échange d'une somme d'argent conséquente, elle lui établissait un rapport sur tout ce qu'il se passait autour d'elle pouvant alimenter les enquêtes sur les complots. La jeune femme, ravie de pouvoir gagner une coquette somme sans avoir à s'adonner à des tâches humiliantes accepta. Depuis, elle demeure la plus précieuse source d'information du Mousquetaire. Ce fut d'ailleurs elle qui rapporta les première rumeurs concernant le complot suprême, celui qui visait à détrôner définitivement le Roi. Charles se lança dans une enquête approfondie, désireux d'en savoir davantage sur ce nouvel ennemi qui commençait à poindre le bout de son nez... mais il n'avait ni visage ni existence matérielle.


      Le passé que l'on oublie

    "Un homme ne peut aimer son reflet dans un miroir. Chaque fois qu'il croise son propre regard, il se juge lui-même. Le passé ressurgit, criant de vérité, rappelant les échecs, balayant les réussites. C'est ainsi."


Toute son existence, Charles l'avait consacré à servir son Roi. Et ces actes lui avaient attirés autant d'admirateurs que d'ennemis. Le fait qu'il rôde toujours à des endroits incongrus n'était guère rassurant pour ses adversaires. Le fameux complot dont il entendit parler, fut celui de la Main de l'Ombre, mais il ignorait tout de son nom et de son organisation, les seuls indices qu'il avait c'était que cette organisation s'apparentait à une sorte de secte satanique. Difficile d'y voir clair tant elle semblait désireuse d'ourdir dans l'ombre la plus totale. Malgré ses contacts près des catacombes Charles ne put malheureusement pas avancer sur ce domaine, ce qui en plus de le rendre irrascible le mit dans un état d'agressivité exacerbée. Une nouvelle lui réchauffa le coeur : les fiançailles de Philippe. Il était ravi d'apprendre que le Duc allait se marier et donc s'assurer un avenir plein de bonnes choses. Et la jeune femme en vue était noble, donc il pourrait garder ses titres. Il était satisfait que sa famille puisse partir sur d'autres bases et prendre soin d'elle toute seule. Sa mission allait l'amener à être encore moins présent. Barnabé, en tant que loyal serviteur fut mis au courant de tous les évènements auxquels participaient son maître. Et il fut obligé au secret par Charles, qui ne ratait jamais une occasion pour le lui rappeler avec toute la sévérité dont il était capable.

Malheureusement les bons moments ne durèrent pas. Charles commença à recevoir des lettres anonymes, où on le menaçait de mort. C'est à cette même période que Cédric, le fils de Porthos se présenta à lui avec le journal de sa mère. Il savait pour la liaison qu'il avait eu avec elle. D'Artagnan ne put guère le nier devant lui mais quand Cédric parla d'un lien de parenté, il explosa. La rencontre fut houleuse et manquer virer au règlement de compte. L'arrivée de Portau avait de quoi bouleverser sa vie, car lui-même commençait à douter de la véritable paternité de l'enfant. Il faut dire qu'il avait toujours eu un air de ressemblance avec Alexandre et Philippe plus qu'avec son propre père. Et il n'avait aucun point commun avec son père. Cette histoire eut le don de semer le trouble dans l'esprit de l'ancien Mousquetaire. Les menaces de morts à son encontre continuèrent, lui faisant oublier ce problème de fils illégitime. Bien que cela ne lui fasse aucunement peur, quand les menaces se firent à l'encontre de sa famille, de son sang, les choses changèrent du tout au tout. D'Artagnan n'avait aucune inquiétude en ce qui concernait sa vie mais il était prêt à tout pour protéger celle de ses enfants. Alexandre était assez expérimenté pour se défendre bien qu'il ait une famille sur laquelle veiller. L'objet de ses inquiétudes n'était autre que Philippe. bien que le cadet ait reçu une formation militaire pour se protéger, il était davantage un homme d'esprit qu'un combattant. Et le destin fut cruel car il confirma ses soupçons avec toute l'injustice dont il était capable. Philippe et sa fiancée avaient été pris dans une embuscade. Et après une résistance vaine, la malheureuse jeune femme fut tuée. D'Artagnan parvint à s'échapper et à rentrer au manoir où choqué, il raconta les évènements à Barnabé et à son père. Charles resta silencieux le long de son récit, une boule au ventre. Lui qui croyait avoir son coeur déchiré par la mort de sa femme, il se rendit compte qu'il pouvait encore l'avoir brisé. Philippe avait probablement été victime d'un guet-apens. Il sembla si perdu que Charles ne songea qu'à une chose, l'éloigner de lui pour le mettre en sécurité. Il savait que Philippe ne l'écouterait qu'à moitié. Furieux contre lui-même d'avoir toujours voulu avoir le dernier mot et d'avoir installé ce climat de défiance, il réagit avec froideur et de façon impitoyable.

Il accusa Philippe d'être un incapable de n'avoir pas su réagir et de lui faire honte. Des mots violents, mauvais qu'il regretta avant même de les avoir prononcé. Mais les propros eurent l'effet escompté. Philippe quitta le manoir pour ne plus y remettre les pieds. C'était radical et maladroit. Il n'avait pas le recul pour savoir si c'était la meilleure chose à faire mais de cette façon il avait deux assurances : ses deux fils seraient séparés et donc plus difficile à tuer ensemble et Philippe allait errer loin d'ici en Gascogne où il serait en sécurité, puisqu'apparaissant comme innoffensif. Le soir même, après un vif accrochage avec Barnabé qui désapprouvait complètement sa méthode, Charles décida de partir du manoir. Il demanda au serviteur de ne rien dire à ses enfants et à tout mettre en oeuvre pour qu'Alexandre ne cherche pas à trouver Philippe. Comme Barnabé réchignait, Charles vociféra un lot de jurons et lui rappela la dette qu'il avait envers lui avant de s'excuser pour mal qu'il venait de faire. Plus que les hurlements, ce furent les excuses qui convainquirent Planchet. Charles quitta Paris pour se réfugier dans un endroit secret que seul son serviteur connaissait. Ils communiquèrent par pigeon voyageur, Barnabé lui envoyant les lettres de Philippe qui après avoir été lue lui furent retournées. Profitant de cette disparition, Charles oeuvra dans le plus grand secret sous ordre du Roi pour enquêter sur la secte et sur les maîtres-chanteurs qui l'avaient menacé.

Il se lança sur la piste des assassins de la fiancé de Philippe sans parvenir à conclure à une attaque de bandits ou une embuscade. Tout semblait trouble dans cet affaire. Pour la première fois, il était face à un défi d'envergure, un défi qu'il devait absolument relever, puisqu'il était à sa hauteur. A défaut d'avoir des noms, Charles avait quelques cadavres de renom. Des nobles retrouvés morts dans des situations douteuses, un prêtre notamment, qui avait été tué dans une église. Pour d'Artagnan, la secte satanique était impliquée là-dedans. Il s'entoura d'experts dans le plus grand secrets chargés d'examiner les corps et leurs effets. Alors qu'il enquêtait sur le meurtre de Victoire de Nouailles, les mousquetaires ayant été informés lui parlèrent d'un homme blond, plutôt jeune qui avait rapporté l'incident. Maigre indice et pourtant à force de se creuser la tête, Charles se rendit compte que la description pouvait correspondre à Cédric de Portau. Jugeant ce raisonnement peu logique, il se concentra sur d'autres personnes mais ne raya pas Cédric de la liste pour autant. En effet, le temps et la solitude lui avait fait prendre conscience d'une chose. Cédric n'était pas venu le voir par hasard. Il ne savait rien de ce qu'il était devenu après l'humiliation causée par son père. Il ne savait pas quels étaient ses buts... mais le fait que le jeune homme ait hérité de terres ruinées par la mauvaise gestion de son père avait probablement un lien avec cette réapparition soudaine. Essayait-il de s'approprier la Gascogne ? Le fait qu'il soit reconnu comme un d'Artagnan pouvait être une façon de réclamer son droit d'aînesse et donc les titres qui allaient avec. Charles avait cependant l'image de Porthos en mémoire et il était incapable de voir en son fils un être vil, calculateur et aux sombres desseins. a y réfléchir, il ressemblait davantage à un homme perdu, rejeté par son père et cherchant une reconnaissance quelque part. Le Grand Charles, ce fameux stratège commettait une regrettable erreur en pensant de la sorte. Une erreur qui en plus de pouvoir lui couter cher plus tard, augurait une réalité : il était bel et bien sur le déclin.



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+ A la mémoire mon avatar +




Dernière édition par Charles D'Artagnan le 10.02.12 22:41, édité 6 fois
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
Discours royal:



ADMIN TRAVESTIE
Monsieur fait très Madame

Âge : 27 ans
Titre : Prince de France, Monsieur le frère du Roi, Duc d'Orléans, de Chartres, d'Anjou, seigneur de Montargis
Missives : 9957
Date d'inscription : 03/01/2007


MessageSujet: Re: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   25.02.12 14:02

TU ES VALIDE (ENFIN!) !
BIENVENUE A VERSAILLES

Charles n'est pas mort (et il a fini sa fiche ... private joke entre atviens PTDR )
Heureusement que tu m'as dit que tu me préviendrais quand ta fiche serait finie, recevoir un MP de Cédric pour me prévenir, avec en titre "menaces mortelles", c'est flippant PTDR Je savais que No' devait approuver ta fiche mais elle est pas ta secrétaire (on sait ce que tu leur fais ... *sorT* ) Bref, cette fiche est enfin finie et quelle fiche ! Very Happy En gros il ne reste que moi, en bonne feignasse à devoir terminer la fiche de Monsieur Razz Bon, tu connais la maison depuis le temps donc rebienvenue mon Alex Razz
PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensFiche de rpsDemandes de rangs et de logementsProposer un scénario.


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Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:
 


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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il baigne dans la colère et la frustration maternelle mais puisqu'il ne s'est pas laissé abattre, il continue de battre.
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
Discours royal:



♠ ADMIRÉE ADMIN ♠
Here comes the Royal Mistress

Âge : A l'aube de sa vingt septième année
Titre : Favorite royale, comtesse of Leeds et duchesse de Guyenne
Missives : 7231
Date d'inscription : 10/09/2006


MessageSujet: Re: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   25.02.12 14:19

BON DIEU !!!! What a Face

Aujourd'hui est un jour historique !!! PTDR PTDR PTDR

Aramis le diable va pouvoir revenir !! Son pote est enfin arrivé à Versailles ! PTDR

Bienvenuuuuuuuuuuuuuu d'Artie père ! cheers Ne poste pas le premier rp dans 4 ans juste ! * sort avec ses vannes * PTDR

Et oui Steph au boulot pour Mister ! Qu'est ce que ça veut dire ça ? Suspect

Laughing

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La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Pas de coeur, cela ne cause des troubles de l'humeur et c'est trop fragile. Car quand on le brise, ça fait si mal, un coeur.
Côté Lit: Je ne compte plus les hommes, seulement les pièces qu'il laisse une fois qu'ils ont fait leur affaire.
Discours royal:



    Ô la belle ÉPINE
    pleine de rose


Âge : 24 ans
Titre : Prostituée ; Princesse de Schwarzenberg (faux titre)
Missives : 350
Date d'inscription : 04/11/2011


MessageSujet: Re: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   26.02.12 14:18

Tiens, mon patron est de retour Razz

Rebienvenue à toi cheers

______________________


Vous les femmes, vous le charme,
vos sourires nous attirent nous désarment.


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   26.02.12 17:56




Une jolie fiche drunken
Re cheers
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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Ce n'est pas l'amour, mais l'amitié qui le déchire.
Côté Lit: Souvent vide. Les exigences du métier...
Discours royal:



    Bouffon, donc...
    Intouchable.


Âge : 36 ans
Titre : Fou du Roi, seigneur de la Boissière, baron d'Anglerays.
Missives : 1835
Date d'inscription : 24/08/2011


MessageSujet: Re: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   26.02.12 18:05

MON COPAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAIN cheers Alors collègue, il paraît qu'on a traîné sa fiche ? PTDR En tout cas ravi de te voir parmi nous, et puis un autre gascon à la cour Mordious, il était temps ! What a Face Re-bienvenue parmi nouuuuuuus ! cheers

______________________

Bouffon !

Que d'éternelles et incurables douleurs dans la gaieté d'un bouffon! Quel lugubre métier que le rire!


© belzébuth

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Côté Coeur: Une servante de ma connaissance...
Côté Lit: la servante sus-citée l'a déserté, profitez-en!
Discours royal:



ADMIN BIZUT
Phoebus
ৎ Prince des plaisirs

Âge : 20ans
Titre : Prince de Neuchâtel
Missives : 4011
Date d'inscription : 12/01/2010


MessageSujet: Re: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   26.02.12 18:42

PTDR Oh le fou-rire en voyant cette fiche terminée!!!


Ca y'est, d'Artagnan n'est pas mort Razz

Je la lirais certainement ce soir (sacrée excuse pour ne pas RPiser What a Face ) ^^


Je ne sais pas trop si je dois te souhaiter la bienvenue au bout de 4 ans Laughing

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"Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables,
et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


This, is Paris:
 
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MessageSujet: Re: Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan   Aujourd'hui à 7:17

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