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 [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)

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Amy of Leeds

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Côté Coeur: Mère enfin apaisée et femme comblée mais pour combien de temps encore ?
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
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Here comes the Royal Mistress

Âge : A l'aube de sa vingt septième année
Titre : Favorite royale, comtesse of Leeds et duchesse de Guyenne
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Date d'inscription : 10/09/2006


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MessageSujet: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime03.11.09 19:52

Amy s’habilla prestement grâce à l’aide d’une de ses dames de compagnie, refusa comme à son habitude le fard et la poudre pour ses cheveux, et sortit en direction du Salon de la Paix. Petit salon qui donnait sur les appartements de la Reine. Pour le rejoindre il fallait traverser bon nombre d’autres pièces et plus elle approchait du but, plus les dames espagnoles de Marie Thérèse s’étonnaient de la voir.

Elles avaient vraiment de quoi ! Il était rare que la favorite officielle ose se présenter chez la Reine. Lorsqu’un garde l’arrêta dans sa marche, elle lui sourit et lui montra un document signé de la main de Sa Majesté.


- La Reine m’a fait l’honneur de m’accorder une audience privée dans le Salon de la Paix.

Des murmures coururent dans tous les couloirs, dans quelques minutes tout Versailles serait au courant. Qu’importait encore une fois les ragots, ce qui intéressait la comtesse se trouvait dans une pièce voisine. Il s’agissait bien sûr de Marie Thérèse. Un autre sourire celui-ci énigmatique se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle entrait dans le salon de la Paix. Amy s’avança vers l’une des fenêtres et fut prise d’un fou rire en apercevant ces courtisans pitoyables se précipiter pour répéter ce qui se passait ! Néanmoins son allégresse ne venait pas que de ce spectacle, si elle était là c’est qu’elle avait certaines cartes en main et non des moindres. Elle l’avait fait comprendre à la Reine en lui envoyant une misse qui disait ceci :

- On dit Votre Majesté férue des jeux, aussi comprendra t-elle que je viens de faire banco et de la vaincre sur son propre terrain. Ne soyez guère fâchée, on ne peut pas tout avoir, la couronne et la fortune. En revanche la fortune peut faire tomber une couronne … Que pensez-vous de poursuivre cette conversation demain au salon de la paix ?

Une heure plus tard, elle recevait une invitation à une audience privée. Amy avait raison de dire BANCO, elle savait tout ! Tout sur la conduite de la Reine, elle savait qu’elle trompait le Roi et elle était bien décidée à tourner l’affaire à son avantage. Enfin à leurs avantages à toutes deux.

Après quelques minutes, les portes s’ouvrirent et la Reine parut dans le Salon. La duchesse de Guyenne s’inclina profondément en révérence et attendit que l’on refermât la pièce hermétiquement. Les deux jeunes femmes se toisèrent du regard. L’une semblait apeurée par ce que l’autre triomphante, venait lui annoncer. Un silence de glace s’installa et la Reine ne prit pas la parole comme le protocole l’exigeait avant qu’Amy prononçât quelques mots à son tour. Mais ce silence dura trop, Marie Thérèse semblait mal à l’aise comme si elle se doutait de quelque chose, il fallait couper court au protocole sinon aucun son ne remplirait cette pièce. La comtesse s’avança lentement vers la Reine et décida d’ouvrir la bouche.


- Je remercie Votre Majesté d’avoir bien voulu me recevoir. Soyez persuadée que je viens ici en amie et en conseillère. En effet …

Amy s’arrêta lorsqu’elle fut assez proche de la Reine et se mit à murmurer tout prêt de son oreille.

- Il n’est guère prudent de s’adonner à des activités peu recommandables dans les passages secrets de Sa Majesté. Nul ne les connaît il est vrai … si ce n’est le Roi, vous-même, à présent lui … et moi-même …

Amy recula après cet aveu et attendit que la Reine se remit de ses émotions pour en venir au vif du sujet.

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La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime04.11.09 12:28

Marie-Thérèse savait que cela arriverait. Elle avait joué avec le feu et maintenant, son petit jeu avait été découvert. Découvert par la pire des personnes. Amy of Leeds, la maîtresse de son époux. Lorsque la jeune reine avait reçu une missive de la favorite, elle avait senti son cœur s'arrêter de battre un instant. A l'idée de ce qui pourrait lui arriver, elle avait frissonné. Donnant congé à ses dames de compagnie, elle s'était assise, face à la fenêtre. Quelle réaction convenait-il d'avoir? Devait-elle se rendre au rendez-vous sans prétendre savoir de quoi parlait la jeune putain du roi? Pourtant, elle avait envoyé à Amy une invitation à une audience privée. C'était la meilleure chose à faire, s'était-elle convaincue.

La sanction pourrait être terrible, répudiation, la mort peut-être même. Marie-Thérèse frissonna à nouveau. Devait-elle s'en ouvrir d'elle-même à Louis? Non, à cette idée seule, Marie-Thérèse éclata en sanglots. Louis l'aurait tué de sa propre main plutôt que de se savoir cocu. Une nouvelle salve de larmes interrompit les pensées intimes de la jeune femme.

Bientôt, Amy of Leeds arriverait et Marie-Thérèse devait se reprendre. Elle cacha assez facilement les traces des larmes, se recoiffa et prit le temps de revêtir une robe particulièrement somptueuse. Aux yeux d'Amy, elle devait représenter la Reine et la royauté sans qu'elle put la remettre en question. La jeune reine savait que Amy ne tarderait pas à arriver. Elle avait envoyé sa lettre une demi-heure à peine auparavant et la jeune favorite ne se ferait pas attendre. Marie-Thérèse se fit introduire peu de temps après l'arrivée de Amy. Elle aurait voulu arriver avec un sourire calme posé sur son doux visage, mais elle n'y parvint pas. Elle devait paraître faiblarde et elle s'en voulut. Mais, elle ne se laisserait pas faire. Il fallait qu'elle résiste. Elle ne pouvait pas se permettre de céder à un vil chantage d'une vulgaire … maîtresse? Amy avait tout de même cocufié Marie-Thérèse et même si elle n'était pas la première à le faire et encore moins la dernière, il fallait avouer que Marie-Thérèse n'avait pas apprécié.

Un silence tendu régna dans la pièce. Finalement, ce fut Amy qui le rompit, contrairement au protocole. Peu importe, Marie-Thérèse décida de prendre place sur un des somptueux sièges recouverts d'un velours hors de prix. Si elle ne l'avait pas fait, elle aurait certainement défailli. Pourtant, elle ne loupa aucune des paroles de sa compagne. Celles-ci lui firent dresser les cheveux sur la nuque. Amie et conseillère. Si elle l'avait osé, Marie-Thérèse aurait giflé Amy. Au lieu de cela, elle lui désigna le siège à côté d'elle et hocha la tête, avec raideur, se permettant même une légère ironie en répondant:

-Mais bien sur, ma chère, je n'en ai jamais douté …

Un léger sourire sucré. La jeune femme réussissait à se reprendre, difficilement, mais tout de même.
Mais au lieu de s'asseoir, comme le souhaitait la Reine, la jeune maîtresse du Roi s'approcha de Marie-Thérèse et lui murmura une phrase qui resta longtemps dans l'esprit de la jeune femme.


-Je ne vois pas de quoi vous parlez …

lâcha avec maladresse Marie-Thérèse. Mais les paroles de la favorite l'humiliait. Elle osait lui rappeler qu'elle avait les faveurs du roi. Marie-Thérèse n'avait pas besoin d'un rappel. Elle le ressentait par tous les pores de sa peau. Un frisson plana sur cette-même beau blanche et Marie-Thérèse désigna une nouvelle fois le siège.

-Asseyez-vous, Comtesse … je vous prie.

La politesse était respectée. A peine … Marie-Thérèse respirait doucement. Après tout, comment Amy aurait-elle pu avoir quelqu'une preuve de sa liaison avec Hector? Elle n'en avait aucune! Marie-Thérèse le savait désormais, et elle permit à un léger sourire de flotter sur ses lèvres.
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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime04.11.09 15:03

La Reine il fallait bien le reconnaître avait beaucoup de sang froid ! Cependant Amy connaissait ce sentiment de culpabilité qui ronge l’âme et réveille la conscience jusqu’à en faire trembler, ou rougir. Elle ne fut donc pas dupe, n’avait-elle pas dans un lointain passé tout avouer de ses intentions premières à Louis ? Contre toute attente il lui avait pardonné, et donc malgré toute la superbe de Sa Majesté, elle se sentait forte, car elle se sentait plus courageuse que cette tête couronnée. Elle avait eu le choix entre le leurre et la vérité, elle avait choisi la vérité. Si bien qu’à présent, le Roi sachant tout de ses petits secrets, on ne pouvait plus rien contre la comtesse. C’était tout le contraire avec la Reine, qui devait se douter de ce qu’elle risquait si son petit secret était découvert. Et justement à moins d’être folle, elle ne pouvait rien dire à son époux. Rien n’est pire qu’un scandale surtout lorsqu’on est à la droite du Roi très Chrétien et qu’on est la fille du Roi très Catholique. Lorsqu’on transmet le sang royal et que son fils, le Grand Dauphin pouvait être déchu de ses droits à la couronne.

Si Amy se souvenait bien de ses cours d’histoire de France et d’Angleterre, cela avait été déjà fait avec une certaine Isabeau de Bavière, cette femme débauchée de Charles VI, leur "fils" Charles VII avait été déclaré bâtard et le Roi avait livré la France à l’ennemi, plutôt que de subir ce déshonneur. Encore en cette année 1666, le scandale serait énorme et qu’adviendrait-il donc de la France ? C’est pour ça et contre toute attente que la favorite avait décidé de taire cette affaire et de prendre sur elle. Pourtant Dieu sait à quel point elle aurait pu en profiter. Après tout, n’était-elle pas Comtesse of Leeds, Duchesse of Wyatt, Duchesse de Guyenne, ambassadrice de Sa Majesté Charles II d’Angleterre ? Elle n’était pas de sang royal mais assez digne d’un Roi si Marie Thérèse était répudiée … Alors pourquoi Amy avait-elle décidé de ne rien dire ? Non seulement pour éviter un scandale qui aurait éclaboussé toutes les Cours d’Europe, pour éviter d’humilier surtout Louis, et pour peut-être prétendre à la paix avec la Reine.

La favorite n’était pas sans savoir que celle-ci la détestait, comment en serait-il autrement ? Elle lui prenait son époux ! Cependant, elle-même venait de connaître à présent l’amour d’un homme et peut-être qu’elle comprendrait mieux sa relation avec le Roi. Belle relation de plusieurs années qui ne se basait pas sur le sexe mais bien sur le cœur. La preuve longtemps Amy avait résisté pour ne pas être considérée comme une putain, et longtemps Louis était resté auprès d’elle.

La Reine saurait-elle voir dans ce geste plus un pacte amical qu’une menace ? En tout cas, Amy allait tenter d’adoucir la situation qui venait de monter largement en tension nerveuse. La favorite décida déjà de s’asseoir comme elle en avait été conviée par la Reine et répondit d’une voix très sereine.


- Je pense au contraire que Votre Majesté sait très bien de quoi je veux l’entretenir. Paysanne ou Reine, nous sommes tous humains et malgré toutes nos résolutions quand la flèche de Cupidon touche notre cœur nous sommes bien peu de chose. Je crois que vous pouvez depuis quelques semaines en convenir Majesté.

La Reine ne répondait pas mais malgré un sourire sucré, Amy voyait toujours cette si discrète expression d’être statufiée.
Mais peut-être qu’Amy se devait être plus directe dans ses propos pour qu’elles se comprennent bien toutes deux.


- En passant par les souterrains il y a peu, j’ai pu vous apercevoir avec un dénommé Hector. Sur le coup je n’eus cru pas reconnaître Votre Majesté mais lorsque je passai mon chemin, je suis vite revenue sur mes pas et c’était bien vous. A présent me direz vous à juste titre, quelles preuves ai-je de ceci ? Bon nombres, j’ai préféré agir dans l’ombre pour les récolter, il ne fallait pas que j’intervienne tout de suite. Il y a eu d’abord ce scellé que je mis moi-même sur certains souterrains que seuls vous-même, Sa Majesté et moi connaissions, or bon nombre nuit, deux scellés furent brisés. Toujours ceux donnant vers vos appartements. Peut-être pourriez-vous alors m’objecter que cela ne prouve rien, je peux le concevoir aisément, que vous pouviez rejoindre votre époux, mais comme vous ne l’oubliez guère, je suis bon nombre de nuits avec Sa Majesté et celui-ci intrigué que deux personnes puissent se rencontrer dans ses souterrains que seuls trois personnes officiellement connaissent pourrait néanmoins vous demander quelques explications.


Le discours qu’elle lui tenait était long mais nécessaire. Amy devait abattre toutes ces cartes et celles-ci qu’elle n’avait pas encore mise dans la conversation allait bientôt tomber comme preuves accablantes.

- En outre, je n’ignore pas que Votre Majesté a pris soin de brûler toutes les missives de son amant. Je n’ai donc rien de vraiment écrit de votre main ou de celle d’Hector excepté un poème vous étant destiné. Car il y a une semaine de cela, cet homme portait un pourpoint de velours bleu roi, dans un moment de passion où il vint à le retirer, il commit une erreur, celle de laisser tomber une dague et cette missive qu’il ne reprit pas car soudain vous avez tous deux entendu des pas s’approcher. Votre amant s’est alors enfui à grandes enjambées. Je pris l’arme et la missive. Cette dague porte des armoiries, je l’ai faite examinée et elle appartient étrangement à un certain Hector de Valois. Vous pourriez là également m’objecter un vol de ma part certes, mais vous n’ignorez pas que je n’ai aucun contact avec ce monsieur, et il me serait difficile voir impossible de dérober un homme chez qui je ne suis jamais invitée ou priée de venir. Concernant la missive, vous pourriez m’avancer un faussaire. A ce propos, dans le cas où vous auriez l’envie subite de récupérer ces objets, je vous répondrai qu’il est des secrets trop importants, pour que leur détenteur avant certaines visites ne prennent pas toutes leurs précautions … J’admets que ces faits là sont troublants pour qui en prendrait connaissance et assez accablants. Et même si je vous sais assez agile pour inventer quelques explications préparées avec minutie, ses faits là pourraient en intéresser plus d'un, en particulier votre époux, qui ne pouvait techniquement pas être avec vous ces nuits entières où les scellés furent brisés.

Un sourire légèrement triomphant passa sur les lèvres de la favorite, malgré son renoncement à la méchanceté, elle n’avait rien perdu de son esprit calculateur.

- A présent que vous savez tout Majesté, sachez que je ne vous veux néanmoins aucun mal. Je préférais vous faire part avant que vous ne mettiez dehors des preuves en ma possession. Vous ne m’aimez guère et je trouve cela regrettable quand nous aurions tant besoin l’une de l’autre.

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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime04.11.09 15:41


Le discours de la favorite commençait bien mal pour Marie-Thérèse qui s'obligea à garder le silence le plus longtemps possible. Ses ongles s'enfoncèrent dans le velours précieux du fauteuil dans lequel elle avait pris place. Doucement, elle se força à desserrer l'emprise de ses longs doigts sur le tissu soyeux. Respirer … Inspirer, expirer! Marie-Thérèse devait absolument faire baisser son rythme cardiaque où elle ne serait plus de ce monde.

Enfin, cela arrangerait sans doute bien du monde. Louis, qui pourrait convoler à son aise avec Amy of Leeds, la Cour qui aurait une merveilleuse souveraine, les ambassadeurs qui seraient bien aise de voir les relations franco-anglaise s'amélioraient... Bref, la jeune femme ne serait pas une perte immense dans ce monde. Si elle n'avait été si dévote, il est fort possible qu'elle eut décidé à cet instant même de se suicider. Mais, dans l'Église Catholique, ce ne sont point des choses qui se font. A ce propos, la notion de Cupidon fit frémir la jeune femme qui ne croyait pas en ces sottises et que la seule évocation agaçait. Mais elle n'était point en mesure de prêcher à la maîtresse de son époux la foi catholique et elle se contenta d'écouter jusqu'au bout ce que pouvait lui dire cette Amy …

Les paroles de la jeune femme devinrent soudain plus précises, plus horribles, plus crues et Marie-Thérèse eut pendant un horrible instant l'impression d'étouffer. Elle chercha à reprendre son souffle. Elle était à la limite de la conscience et se battait pour rester éveillée. Son corset, qu'elle avait serré plus que d'habitude, pour des raisons évidente: se mettre en valeur face à cette beauté de la Cour, ne l'aidait absolument pas à ne pas s'évanouir.
Amy débitait une à une les preuves de la culpabilité de Marie-Thérèse. Des scellés ? Oh, Seigneur Dieu, cette femme n'avait pu faire ça. Calculatrice et cupide, par le Ciel … Qu'allait-elle donc exiger: que Marie-Thérèse l'avoue au Roi? Qu'elle parte, qu'elle se tue ? L'esprit de Marie-Thérèse n'en pouvait plus d'imaginer une à une toutes les situations qui dépendait uniquement de la bonne volonté de Amy. Au son du prénom de son amant, Marie-Thérèse sut qu'elle était perdue. Lamentablement perdue. Elle n'était même pas digne d'être une amante. Même plus digne de vivre, elle venait de perdre la dernière parcelle de son honneur. Être découverte par la propre putain de son époux … Si elle l'avait pu, elle aurait pleuré toutes les larmes de son corps mais fort heureusement, cet épisode fâcheux avait eu lieu avant la venue d'Amy.

Mais cette affreuse femme se permit de rappeler à Marie-Thérèse que c'était auprès d'elle que Louis passait ses nuits. La jeune femme aurait pu la tuer en l'entendant dire cela, mais elle n'en avait ni la force ni le pouvoir. Marie-Thérèse n'aurait jamais imaginé pouvoir se sentir aussi misérable. Mais c'était un fait, elle se sentait misérablement vil, mauvaise. Amy, en quelques paroles bien senties lui avait fait comprendre quelle femme odieuse elle était devenue en trompant son royal époux.

Entendre Amy raconter une furtive rencontre entre les deux amants salissait totalement les moments merveilleux qu'elle avait pu partager avec lui. Elle se revoyait, ce fameux jour où il était vêtu d'un pourpoint bleu roi. Elle ferma les yeux, entendant les derniers mots d'Amy: besoin l'une de l'autre. Aveuglement, elle chercha à se lever et glissa à terre, inconsciente. Terriblement pâle, la Reine n'avait pu supporter une minute de plus cette tension. Elle avait sombré dans l'inconscience. Le coussin de velours du fauteuil amortit fort heureusement sa chute. Ses premières pensées lorsqu'elle revint à elle furent: pourquoi ais-je demandé à ce que l'on me lace si fort? Elle n'en dit rien à Amy, et évita le plus longtemps possible de repenser à cet horrible scène qu'elle venait de vivre. Finalement, elle lâcha dans un murmure:


-Étiez-vous sérieuse?

Ces seuls mots, les seuls que sa gorge nouée lui avait permis de prononcer sans trop de difficultés. Le sang-froid qu'elle avait pu avoir s'effriter peu à peu, dévoilant le visage d'une femme rongée par la culpabilité et le chagrin d'une vie terne.
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Amy of Leeds

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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime04.11.09 17:09

Amy après son long monologue se tût pour laisser son discours produire son effet. Elle baissa la tête en attendant une réaction de la Reine, en faisant ce mouvement elle s’aperçut que cette dernière avait les ongles plantés littéralement dans le tissu des riches fauteuils. La Reine se savait perdue avec Amy. Après avoir ébloui son visage, son sourire s’effaça et ce fut une mine déconfite qui prit possession de ses traits.

N’avait-elle pas été trop loin ? Elle ne voulait que faire la paix avec cette noble dame et au lieu de ça, elle venait de l’horrifier au plus haut point. Amy n’avait pas été très charitable, elle en voulut à sa personnalité et leva les yeux au ciel. Dieu qu’il est difficile de changer son caractère, quatre ans qu’elle y remédiait mais parfois le naturel que diable était plus fort ! La favorite n’avait pas voulu agresser Sa Majesté, mais d’un autre côté elle connaissait fort bien les sentiments de la Reine à son égard et Amy ne les comprenait plus. Que Marie Thérèse soit chaste et vienne la traiter de sale putana, soit, mais qu’elle tombe amoureuse et trompe son époux, n’était ce pas plus grave alors qu’elle, favorite, n’en avait point et donc ne tromper personne ? Qui était la plus grande pécheresse des deux ?

L’amante de Louis XIV avait agi par fierté et peut-être aussi par défi. Après quatre ans passés dans l’ombre, elle qui avait été si proche des complots, jusqu’à en avoir des espionnes en la personne de Mademoiselle de Noirange, elle ne supportait peut-être plus cette vie rangée et monotone ? Elle avait eu besoin de se prouver qu’elle pouvait encore vibrer avec quelque peu d’intrigues et piéger la Reine avait été grisant.

Cela dit elle désirait réellement lui venir en aide, sinon pourquoi serait-elle ici à tout lui raconter, de ses preuves et de sa stratégie. Non Amy n’était pas mesquine, fière, nostalgique sur ses intrigues palpitantes passées oui, mais plus mesquine. Mais comment faire comprendre ceci à la Reine de France, qui ne la connaissait pas et d’ailleurs la haïssait ?

Soudain tandis que la favorite était plongée dans sa réflexion, Marie Thérèse désirât se lever sans doute pour quitter la pièce sans mot dire, mais s’évanouit. Amy se précipita vers elle afin de l’aider, elle tomba légèrement dans ses bras, le siège amortissant cette chute fort heureusement. La favorite s’en voulut encore plus, ses paroles avaient été maladroites, toute la Cour connaissait la dévotion de la Reine, et forcément Amy venait de faire voler en éclats cette qualité. Comment réparer cette erreur tout en gardant à l’esprit cette affaire ? Déjà Amy entreprit de prendre une cruche d’eau que l’on avait servi en vue de l’audience très certainement, elle y trempa son mouchoir en dentelles et tamponna le front de la Reine. Fort heureusement, Marie Thérèse reprit ses esprits et Amy penchée sur elle esquissa un sourire tout en approchant son oreille pour ouïr sa question. Cette fois-ci elle répondrait mais prendrait mille précautions. Tout d'abord elle se rassit à ses côtés, pour avoir une conversation d'égales à égales.


- Majesté … Oui j’étais sérieuse en vous parlant de tout ceci, mais je me répète je ne vous veux aucun mal. Même si cela n’en a point l’apparence, je ne suis pas venue ici en ennemie prête à vous dévorer, et à faire de vous la femme la plus indigne d’Europe. Je vous propose bien au contraire mon aide. Je ne vous dirai pas que celle-ci est gratuite car je voudrais solliciter la protection de Votre Majesté contre certains de mes ennemis ! S’il vous plait pouvons-nous en converser calmement ?

Amy se rapprocha quelque peu d'elle et reprit avec gentillesse.

Je vous assure que je ne suis pas celle que vous pensez, sinon pourquoi serais-je ici ? Oui pourquoi, réfléchissez y ? Cela fait des semaines que je connais votre amour pour Hector de Valois et que je n’en dis rien au Roi. Je sais fort bien ce que vous éprouvez, et il m’en coûte tous les jours d’entendre le mot putana sortir de vos lèvres, alors que je n’ai fait comme vous, que suivre mon cœur. Sommes nous si différentes Majesté ? Je ne le pense pas et c’est pourquoi je me tais et c’est pourquoi je suis venue vous proposer mon soutien. A présent à vous de décider, vous pouvez me chasser ou m’écouter. Vous êtes la Reine, je vous obéirai. Je ne vous ferai pas la guerre, mais il serait regrettable de ne pas faire la paix. Ne sommes nous pas dans un salon propice à cette vertu chrétienne ?

Décidement Amy parlait beaucoup mais il le fallait, il est vrai que son cœur était lourd et cela l’apaisait. La favorite espérait également par ses mots, apaiser la Reine.

- Qu’en dites-vous Madame ? Dois-je partir ? Dois-je rester ?

La favorite se leva une nouvelle fois prête à entendre la décision de Sa Majesté et peut-être à quitter les lieux.

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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime11.11.09 18:29

Marie-Thérèse pria avec ferveur en elle-même lorsqu'elle revint à elle. La vie réservait parfois de bien étranges surprises. Dire que la favorite de son époux -il fallait que ce soit elle!- avait découvert que Marie-Thérèse n'était pas aussi blanche et pure qu'elle aurait voulu. Certes, elle avait des excuses, mais rien, rien n'excusait le fait de tromper son époux. Et encore plus lorsque cet époux était le lieutenant de Dieu sur terre. Elle n'avait certes pas de chance. Marie-Thérèse n'en avait jamais vraiment eu, si on exceptait bien évidemment le matériel.
Lorsqu'elle avait su, entrevu la façon dont Amy of Leeds pourrait se servir de cette découverte, Marie-Thérèse n'avait pu résister. Elle s'était évanouie. Oui, tout banalement. Elle avait perdu connaissance pendant quelques secondes. Le contact d'une eau fraîche sur son visage l'avait peu à peu fait revenir à elle. Elle n'avait ou que demander à Amy si elle était sérieuse. C'était la première chose, la première idée qui lui était passé par la tête. Si tout ceci n'était qu'un cauchemar, Inès de Valencia viendrait bientôt la réveiller. Elle pourrait regarder son époux tout sourire et pourrait à nouveau, sans états d'âmes, partager sa couche afin de concevoir d'autres héritiers. Elle serait une épouse hors paire. Oui, elle parviendrait à le combler et supporterait même ses maîtresses et ses infidélités. Oui, Marie-Thérèse deviendrait une épouse parfaite.
Malheureusement, la réponse que lui fit la jeune favorite ne l'aida absolument pas. Elle confirma ses intentions. Certes, elle disait ne vouloir aucun mal à Marie-Thérèse, mais pouvait-elle la croire? La jeune Reine n'était pas certaine de le pouvoir. Elle craignait encore et toujours que des aveux en règles soient bien trop dangereux. Elle serait sous la coupe intégrale de cette femme. Elle pourrait, après que Marie-Thérèse ait avoué, tout exiger d'elle. C'était horrible, terriblement frustrant. Elle n'avait déjà guère d'indépendance, mais cette situation serait encore plus délicate!
Amy of Leeds parlait avec une gentillesse que Marie-Thérèse aurait qualifié de trompeuse. Méfiez vous de l'eau qui dort, dis le dicton. La Reine était sur ses gardes. Elle décida de laisser la favorite expliquer ses plans.
Le début ne l'étonna: il y aurait bien une contrepartie au silence de la jolie anglaise. Soit, tout dépendait ce que cette compensation serait. La suite émut un peu Marie-Thérèse qui détourna le regard. Certes, la jeune Reine aurait souhaité insulté, quelques instant plus tôt, cette femme. Une putain, en français ou une putana, dans sa langue natale, peu importait. Le regard de Marie-Thérèse s'était légèrement modifié en quelques minutes. Il avait suffi que Amy pointe du doigt la délicatesse qu'elle avait eu de ne pas prévenir le Roi … Certes, elle ne l'avait pas fait, mais tout restait possible. Une épée de Damoclès était désormais au dessus de la nuque gracile de la blonde Reine. Elle entendit les paroles d'Amy, celles-ci trouvèrent le chemin dans le cœur de la Reine. Il ne fallut qu'une demi-seconde à Marie-Thérèse pour prendre sa décision. Elle n'avait qu'un seul choix, une unique décision qui s'imposait: il fallait qu'elle garde la favorite de son époux dans ses filets. Elle répondit donc, prenant son temps pour exprimer dans cette langue qui n'était pas la sienne, ses sentiments les plus profonds.


-Je comprends, certes, votre demande, madame. Mais, à votre tour, comprenez la position délicate dans laquelle je suis. Vous êtes là, face à moi, la bouche en cœur, à m'expliquer comment vous allez sauver ma tête d'une horrible fin. Mais au plus profond de moi, je ne peux pas oublier que c'est dans vos bras que mon époux se repaît, à votre oreille qu'il murmure des mots doux que je n'ai jamais entendu.

Elle laissa ses paroles planaient dans l'air, juste une seconde, puis reprit:
-Néanmoins, je ne peux pas oublier que vous avez gardé le silence sur ma plausible liaison. Elle leva une main pour couper court à toute intervention:

-J'ai bien compris que vous avez des preuves irréfutables et j'en suis bien triste d'ailleurs … J'aurais préféré éviter ce genre de scène, sachez-le. Pourtant, je suis au pied du mur, je ne peux qu'écouter votre proposition et espérer la clémence d'une femme qui connaît la difficulté de résister à ses sentiments même lorsque la morale nous le demande.

Elle ne cachait plus sa peine à cet instant, cela aurait été inutile, mais la jeune Reine s'interdit la moindre supplique ou la moindre larme. Elle sourit même, d'un léger sourire doux, sans aigreur, sans quitter le regard de Amy.
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Amy of Leeds

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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime11.11.09 19:56

Le temps s’écoula, lent, lourd de silence où leurs regards seuls pouvaient se croiser. Ce regard qui disait bien toute la méfiance et tout le ressentiment de la Reine à son égard. Amy avait pensé qu’avec ce qu’elle venait de lui dire, Marie Thérèse aurait été émue quelque peu, peut-être était-ce le cas, mais en tout cas elle ne l’avait pas convaincue. Cela se voyait et cela se sentait. La comtesse avait lutté ! La comtesse avait été vaincue. Tandis que Marie Thérèse reprenait ses esprits, Amy elle, perdait ses moyens. Les yeux hagards et honteux de l’épouse royale étaient des miroirs qui lui reflétaient son attitude ignoble. Elle se revit quatre années plus tôt sur le rebord de la fenêtre de Louis, prête à se tuer pour implorer son pardon. Les phrases qu’elle avait prononcées cette nuit là lui revinrent alors en mémoire.

- Vous devez me détester à présent, je le sais! Comme je vous comprends. La lâcheté, la trahison, l'orgueil je ne suis que cela! Je n'étais que cela! Mais à présent qu'importe, est-ce quelques minutes peuvent rattraper toute une vie? Cela serait trop facile. Je ne fais point cela pour obtenir votre pardon, je ne me pardonne pas moi-même! Si je dois tout perdre ce soir, je gagnerai au moins cette chose précieuse qu'est la paix de mon âme!

Mon Dieu, ces paroles ! Ce fut une claque magistrale que la comtesse reçut par cette voix qui lui disait : Tu as manqué à ta parole ! Car en effet depuis ce jour là, elle s’était juré, elle avait juré au Roi de ne plus commettre le moindre mal. Et qu’avait-elle fait ? Désirant ne pas avoir la Reine comme ennemie, elle avait trouvé le moyen de marchander avec elle. Non à dire le vrai, cela n’était pas une conduite dont serait fier son amant. Réclamer la paix à la Reine et son assistance pour mettre en échec Athénaïs de Montespan contre son silence. C’était tout simplement odieux et indigne de la personne qu’elle était devenue au fil des ans.

Submergée de remords, la comtesse détourna la tête vers la fenêtre pour éviter durant quelques instants le regard de Marie Thérèse. Lorsque cette dernière prit la parole, ce fut un juste retour des choses. Amy n’avait pas été tendre avec elle et l’avait mise dans l’embarras. Ce fut son tour de subir.


« Mais au plus profond de moi, je ne peux pas oublier que c'est dans vos bras que mon époux se repaît, à votre oreille qu'il murmure des mots doux que je n'ai jamais entendu. »

Comment pouvait-elle oublier en effet ? La favorite aimait Louis mais volait Louis. Elle n’écouta que d’une oreille ce que lui dit la Reine par la suite, et lorsque celle-ci leva la main comme pour la faire taire, cela fut bien inutile. Amy était sans voix. Et pourtant Marie Thérèse acceptait de l’écouter, espérait en sa générosité. Et ce fut là, à ce moment précis où elle pouvait enfin lui expliquer ce qu’elle attendait, qu’aucun son ne pouvait sortir de sa gorge. Non aucun ! Sa bouche s’ouvrait et se refermait sur un silence de mort, car en effet l’anglaise avait la mort dans l’âme. D’aucun aurait pu se moquer à avoir en face de lui une carpe, et il aurait eu raison.

Mais peut-être n’était-ce pas encore trop tard pour Amy pour revenir en arrière ? Le mal n’était pas encore fait. La solution qui lui rendait sa dignité et ne la faisait pas dédire sa parole, lui vint tout à coup.


- Madame, vous n’êtes pas au pied du mur. Ou du moins vous ne l’êtes plus ...

Amy redressa la tête, le geste lui coûtait car elle tenait vraiment à cette réconciliation, mais à défaut d’avoir le respect de la Reine, elle resterait fidèle à ce qu’elle s’était un jour promis. De ne plus faire le mal et ce sous toutes ses formes.

- Oubliez mes conditions, je vous fais le serment solennel que rien ne sortira de cette pièce et que nul ne saura jamais votre amour pour Hector de Valois ...

La comtesse donnait à ses propos une sincérité des plus profondes en espérant que cela s’en ressentirait jusque dans l’âme de Marie Thérèse.

- Je supplie Votre Majesté de croire en cette parole, car toute voleuse d’homme que je sois à vos yeux, la parole honneur est pour ma famille une vertu que l’on s’impose depuis la naissance. Il y a quatre années de cela j’en ai fait une à votre époux, aussi je ne la renierai pas.

Les larmes montaient aux yeux de la comtesse bien qu'elle les dissimulât du mieux possible, son estime d’elle-même tantôt mise à mal se lavait de sa conduite.

- Mais peut-être que celle-ci ne vaudra point grand-chose dans les circonstances, aussi je me propose de vous remettre les preuves que je détiens … si vous ne pouvez m’accorder votre confiance.

Et le silence retomba …

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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime24.11.09 14:13

Marie-Thérèse était dans une situation des plus délicates. Chacune de ses paroles, de ses gestes, étaient épiés depuis des années. Elle était né, avait grandi avec cette impression d'être toujours surveillé. Elle y était habitué. Elle le savait. Néanmoins, à ce moment, elle ne savait que faire. Croire à la sincérité d'Amy? Ou alors, croire, comme elle l'avait toujours pensé, que la bonté à l'état pur n'existait pas dans ce monde? Que tout le monde n'agissait que par intérêt et en aucun cas par charité chrétienne. Elle décida d'écouter paisiblement Amy.

Elle aurait tant aimé, tant voulu, que ce soit possible, que ce soit vrai. Si Amy avait pu parler vrai, pour reprendre une expression populaire, cela aurait totalement comblé les attentes de Marie-Thérèse. Notre petite reine, si solitaire, si seule, aurait tant aimé connaître le plaisir d'une amitié partagé, véritable, au sein de la Cour, autre que celle de ses suivantes. Malheureusement, il semblait que ce ne pourrait être le cas. Elle se contenterait donc d'une relation pacifiée avec la maîtresse de son époux.
Cela serait, comparativement à ce que cela aurait pu être, pas trop mal. Notons également que Marie-Thérèse était en train de découvrir une facette de la favorite qu'elle ne connaissait pas. Amy et Marie-Thérèse étaient toujours en opposition, mais elles n'avaient jamais eu une véritable occasion de converser.

La paix de son âme, revendiquait Amy quelques années plus tôt, et même si Marie-Thérèse ne pouvait le savoir, en cela, elles étaient identiques: même but, même recherche! La jeune femme aurait voulu se lever chaque matin, le coeur léger et le sourire aux lèvres, comblées par une nuit douce auprès d'un homme qu'elle aimait. Elle aurait souhaité porter les enfants de l'amour de sa vie, les élèver avec bonheur, partager chaque instant de leur enfance. Nous ne sommes jamais heureux de ce que nous avons et pour reprendre à nouveau un dicton populaire, l'herbe est toujours plus verte chez notre voisin. Marie-Thérèse s'arracha à ses pensées pour prêter une oreille attentive à sa rivale de toujours.

Les premiers mots de Amy firent frissonner Marie-Thérèse. La maîtresse de Louis XIV lui faisait une proposition qui était … Totalement impossible à entendre pour Marie-Thérèse. Oublier, chaque mot, chaque geste, qui s'était passé dans cette pièce! Elle n'osait y croire. Amy of Leeds lui proposait même, comble de la délicatesse, de ne dire à personne l'amour de la reine pour Hector de Valois. Voilà qui risquait d'être … Dangereux. Amy pourrait s'en resservir à un autre moment …

Marie-Thérèse, les larmes aux yeux, tant l'émotion était présente et forte, regarda une nouvelle fois Amy. Doucement, la Reine s'empara des mains de la comtesse. C'est également avec douceur qu'elle prononça les quelques mots qu'elle put laisser sortir:


-Oh, madame … Vous ne savez quel effet vos paroles ont sur mon âme …

Marie-Thérèse, au fur et à mesure de sa prise de parole, commençait à laisser se libérer en elle le flot d'émotions qu'elle contenait depuis si longtemps.

-Vous ne pouvez savoir comme le rôle de Reine est pesant … Depuis ma naissance, chacun de mes gestes, chacune de mes paroles sont contrôlés. Certes, j'ai eu la chance, et je ne le nie pas, d'être élever dans l'opulence et d'épouser le plus grand souverain que la France ait connu … L'idée même que vous puissiez, si facilement, détruire tout ce qui fait ma vie était plus dur à supporter que toutes les pénitences.

Elle s'arrêta là, relâcha les mains d'Amy et essuya d'un geste qu'elle voulait discret, les larmes qui coulaient le long de ses joues.

-Je vous crois, comtesse … Je ne vous demanderais qu'une chose: détruisez ce que vous possédez de compromettant. Faîtes-le à l'instant même si vous le pouvez!

L'espoir revenait peu à peu dans l'âme de notre jeune Reine de France. Telle un liquide chaud, il s'écoulait dans ses veines, lentement, suavement, il venait chatouiller le coeur de Marie-Thérèse.
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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime26.11.09 15:05

La tête baissée, comme abattue par la honte qui la tenaillait, Amy restait pétrifiée. Le geste qu’elle proposait à la Reine lui coûtait énormément. Elle, qui avait toujours voulu tout contrôler, contrôler les hommes, contrôler ses atouts de séduction, contrôler les personnes qui avaient déjà pu l’aider ou auraient pu l’aider, se sentait diminuée. Non pas diminuée par son serment envers Louis ni par l’amour que la comtesse éprouvait pour lui, mais diminuée d’avoir désiré encore le mal. Celui d’avoir tout pouvoir sur la Reine de France.

Exterminer toute trace de preuves serait sa rédemption, cependant Amy ne se faisait plus d’illusions, à peine aurait-elle quitté le salon, que tout recommencerait. Si la duchesse de Guyenne avait pu imaginer une seule seconde la tenir sous sa coupe et ainsi obtenir son amitié, elle ressortirait d’ici sans rien. Ni chantage, ni amitié. Les ragots continueraient, et sa vulnérabilité grandirait. Depuis que la favorite connaissait sa grossesse, afin d’éviter les foudres de Marie Thérèse ainsi que les coups bas qui en découleraient immanquablement, celle-ci avait songé à acheter ses bonnes intentions. Mais après tout à quoi cela aurait-il servi ? A ce qu’elle la déteste encore plus et que le jour venu où les cartes changeraient de mains que sa vengeance se fasse plus terrible encore ? Oui tout lui rendre, tout détruire et se taire. Cela restait la meilleure attitude à adopter en fin de compte. Pour protéger son enfant des médisances et des complots, devenir louve lui avait semblé une bonne option, mais le choix de la brebis se révélait soudain, beaucoup mieux dans son esprit.

Le silence remplissait tellement la pièce qu’Amy perçut lorsque la Reine frissonna. Elle releva alors la tête pour plonger son regard dans le sien. Ce qu’elle vit la surprit, la Reine n’avait plus un visage de marbre, elle paraissait émue et ne cessait de la dévisager. Mais jamais ô grand jamais, Amy n’aurait cru que cette dernière lui prendrait les mains. Sa voix s’empreint également d’une douceur peu commune à une ancienne infante d’Espagne. Marie Thérèse lui fit part alors du dur métier de princesse et de Reine, elle ne pouvait qu’agréer. Oui, cela devait être horrible d’être épiée dans chacun de ses faits et gestes. Pour autant qu’elle s’en souvienne, lorsqu’Amy avait traversé l’océan pour devenir l’épouse du fils du gouverneur de Philadelphie, on l’avait presque condamné au même sort, même après la mort de son fiancé.

La comtesse permit à l’épouse royale de continuer sur sa lancée et avec délicatesse, elle fit semblant de ne pas prêter attention aux larmes qui perlaient à ses yeux. A les voir ainsi, si humaines, si proches, qui aurait cru qu’elles pouvaient être des ennemies ? Tout au moins que la Reine était la sienne car Amy n’avait jamais souhaité le moindre mal à sa rivale. Il est vrai qu’elle restait un obstacle pour vivre pleinement son amour avec Louis et que leur mariage rendait impossible le sien, mais la comtesse le supportait. La situation aurait pu être pire, Louis aurait pu ne pas l’aimer !

Enfin le plus important à l’heure actuelle était la confiance que la Reine lui témoignait. Quel soulagement Amy éprouva à cette seconde, le sourire regagna alors ses lèvres pour illuminer son visage comme auparavant. Elle voulut à son tour lui prendre les mains mais elle s'arrêta dans son élan, ce que la Reine de France pouvait se permettre, le pouvait-elle ? Par respect pour son rang, la comtesse n'en fit donc rien.


- Je vous remercie de me croire Majesté ! Oui je vais détruire toutes ces preuves sur le champ et vous n’aurez plus à vous inquiéter. Pour autant …

Car oui il fallait en venir là, même si elle devait faire évanouir cet espoir et cette joie.

- Pour autant malgré ces précautions et mon silence que désormais vous savez irrévocablement acquis, ce que j’ai appris, d’autres peuvent le découvrir un jour. Comme vous venez de le dire vous-même, vos dires et vos gestes sont sérieusement contrôlés. Il est donc fort probable que votre amour soit bientôt soupçonné si vous n’y prenez point garde ...

Amy avait baissé la voix sur sa dernière phrase, ce qu'elle venait de dire lui fit penser que peut-être certaines suivantes intriguées par l'étrange entretien pouvaient venir fureter derrière la porte pour entendre. Même si cela était peu possible. Elle se leva et regarda un instant par la serrure. Personne ! Hormis des mousquetaires un peu plus loin qui ne risquaient pas d'espionner, tant ils bavardaient entre eux.

- A ce sujet j’ai peut-être une solution à vous proposer, si vous me faites confiance Majesté? Mais je ne vous cacherai pas qu'elle est quelque peu dangereuse.

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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime02.12.09 13:24

Voir Amy of Leeds, la maîtresse de son époux et d'après Marie-Thérèse, une des plus sublimes femmes que la France avait le plaisir de compter, courber la nuque, voilà qui était étonnant. La jeune femme semblait réellement confuse et désolée … A vrai dire, Marie-Thérèse prit peur: et si Amy revenait sur sa proposition de tout oublier? Et si … Les hypothèses affluaient dans le cerveau embrumé de notre jeune Reine.

C'était un moment crucial de sa vie. La décision que prendrait Amy amènerait irrémédiablement à une brusque bouleversement de la vie de la jeune Reine de France. Après cette journée, rien ne serait jamais pareil. Elle pourrait mourir dans d'horribles souffrances, finir ses jours dans un couvent, sans voir qui que ce fût, ou alors … Ou vivre une relation passionnée sans craindre et sentir le couperet sur sa nuque. Oui, voilà tout le pouvoir d'Amy. Par sa décision, elle avait le destin de Marie-Thérèse entre les mains.

Marie-Thérèse s'imagina un instant, devant Louis, avouant sa faute. Impossible. Jamais il n'accepterait cette idée. Lui, le Roi-Soleil, maître de tous, lieutenant de Dieu sur terre. Il ne pourrait supporter. Marie-Thérèse rêvait les yeux ouverts. Un cauchemar plutôt … La colère et les mots violents de Louis … Une sanction. Elle voyait tout, comme si elle y avait été réellement.

C'est à ce moment précis qu'elle décida de tout faire pour que cela n'arrive pas. Se sevrer d'Hector risquait d'être très délicat. Voire impossible. Inimaginable. Marie-Thérèse n'envisageait plus de vivre sans le doux souffle de Hector dans son cou, les légers baisers dont il la couvrait.

Marie-Thérèse sortit finalement de ce moment horrible qu'était le cauchemar qu'elle vivait. Elle regarda Amy. Elle resplendissait, malgré la mine embêtée qu'elle abordait. Comme si … La vie éclatait en elle. Marie-Thérèse ne voulut pas pousser plus loin cette question. Mais elle avait une conviction. Elle n'en parlerait pas pour le moment. Pas tout de suite. Elle ne l'aurait pas supporter -encore une fois- Marie-Thérèse se retrancha derrière sa lâcheté. Mais cela ne dura pas.

Lorsque Marie-Thérèse s'empara des mains de Amy pour lui confier la dure réalité de la vie, elle fit preuve de courage. Un courage paradoxalement timide, doucereux. Elle l'aurait peut-être voulu plus éclatant, ce dur moment. Il ne le fut pas.

Et, par miracle, Amy accepta. Mais comme dans toutes les situations, il y eut un mais. Marie-Thérèse savait tout au fond d'elle-même que sa liaison ne pouvait avoir d'avenir dans son support actuel. Il fallait qu'elle réussisse à la cacher. Pourtant, elle avait du mal à s'y résoudre. Confier à la maîtresse de son époux ses plans pour voir un amant lui paraissait horrible. Elle ne pouvait s'y faire.

Il faudrait pourtant qu'elle finisse à affronter cette idée. Amy of Leeds lui proposa son aide.


-Une solution ? Je ne sais si c'est une bonne idée … Mais dîtes toujours.

En disant ces simples mots, elle se rendit compte mieux que jamais qu'elle ne pourrait enterrer sa liaison aussi facilement qu'elle l'aurait souhaité. Hector et Marie-Thérèse, cela ne pouvait se terminer si tôt. Il leur restait encore tant à faire dans l'esprit de la Reine … Tant à découvrir l'un de l'autre. Dans le péché. Ce mot martelait les tempes de la Reine. Pêcher, le péché, luxure … Ces mots s'imprimaient en lettre rouges dans l'esprit de Marie-Thérèse. Un signe de croix lui échappa. Elle ne parviendrait pas à oublier cette piété ridicule qui ne la servait plus. Une idée cheminait dans sa tête. Mais ce n'était pas encore le moment d'y réfléchir. Cela viendrait plus tard.
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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime13.12.09 14:36

La favorite royale demeurait toujours debout depuis son inspection à travers le trou de la serrure. Cela lui permettait de réfléchir au mieux que d’arpenter la pièce. La Reine semblait tout aussi songeuse, le regard hagard. Pensait-elle aux mêmes choses qu’elle ? Tout avouer à Louis ? Le risque était trop périlleux, le dauphin que seul le Roi Soleil pouvait engendrer comme grand puisque tel était son surnom pouvait être reconnu bâtard, Marie Thérèse exilée et répudiée, couverte d’opprobres. Même si au fond cette perspective lui ouvrirait les portes d’un mariage morganatique, Amy ne la retint pas, mieux valait ne rien dire au Roi.

Se séparer d’Hector de Valois ? La Reine lui sembla si amoureuse que la comtesse abandonna vite cette hypothèse. Elle se souvint lorsqu’on avait voulu la séparer elle-même du Roi, leur amour était ressorti encore plus vivant de cette épreuve. A coup sûr écarter deux amants, les conduirait à commettre les plus grandes folies pour se retrouver. Et c’est justement ce qu’il fallait éviter !

Alors que faire ? Adopter la meilleure des solutions, la Reine malgré sa grande piété ne pouvait tout avouer à son époux et ne pouvait pas plus renoncer à son grand amour. Si pour l’heure elle se sentait forte pour y parvenir, la passion qu’elle éprouvait vaincrait très vite cette résolution. Il fallait donc accepter et trouver un moyen pour que cette aventure restât secrète aux yeux de tous. Et pour la solution à laquelle elle pensait, Marie Thérèse infante d’Espagne aurait besoin d’Amy comtesse of Leeds, ces deux femmes que tout opposait. La maîtresse en titre attendant un enfant et l’épouse royale qui faisant fausses couches sur fausses couches. Amy prit alors réellement conscience de la situation quelque peu cocasse et surprenante. Mais c’est justement pour cela que l’astuce pouvait marcher. Car qui aurait cru que ces deux rivales pouvaient comploter main dans la main ?Toujours dans un profond désir de réconciliation, l’amante mit au service de Sa Majesté son intelligence car de cette qualité, elle n’en manquait guère et sans prétention aucune.


- Votre Majesté pourrait à chaque fois qu’elle désire rencontrer Hector de Valois, me le faire savoir par un code que nous nous donnerions. Nous avons toutes les deux accès à l’appartement du Roi, seul appartement que nul ne puisse vandaliser car très bien gardé par ses mousquetaires. Or dans son antichambre se trouve un portrait de nuit que j’ai réalisé de lui. Lorsque vous visiteriez sa Majesté la nuit et que nul ne vous surveillerait, laissez un maigre morceau de papier derrière ce tableau, j’y regarderai pour ma part tous les matins. Ecrivez H pour Hector et le chiffre indiquant l’heure à laquelle vous voudriez le rencontrer.

Ce que débitait la comtesse était certes risqué mais rempli de bon sens. En tout cas même si Marie Thérèse refusait cette offre, cette solution là aurait pu fonctionner à merveille par les atouts qu’elles avaient toutes deux en main, elle en tant qu’épouse, et Amy en tant que maîtresse. Aucune autre femme ne rentrait chez Louis, et personne ne s’interrogerait au pire si le papier tombait du cadre en voyant écrit H II ou H III. Cela n’aurait voulu rien dire pour personne, de plus la plupart des servantes ne savaient point lire.

- Une fois que j’aurai intercepté ce message court et que nous seules pourrons comprendre, je tenterai de vous apercevoir dans la journée et d’acquiescer à votre vue de la tête ou de vous faire comprendre que j’ai transmis votre message à Monsieur de Valois. Ainsi vous n’aurez plus à vous croiser et tandis que vous continueriez vos audiences, ou vos promenades, je conduirai Monsieur de Valois jusqu’aux souterrains car hélas il s’agit du seul endroit à Versailles qui soit sûr.

Bien sûr Amy songerait bien à bander les yeux du dit amant, car si ce dernier profitait de l’aubaine pour par la suite indiquer à des comploteurs cette faille, elle ne se le pardonnerait jamais. En outre elle lui ferait prendre souvent d’autres ouvertures pour le perdre un peu plus. La favorite pensant certes à se réconcilier avec la Reine n’en oubliait pas le bien être de l’homme qu’elle aimait, et ne connaissant guère cet Hector elle ne prendrait pas le risque de livrer Louis à cet inconnu.

- Tandis que vous seriez avec lui, je m’engage à tenir compagnie à votre époux car je ne vois aucun autre moyen pour vous assurer qu’il ne passera pas par les passages. Ou je m’arrangerais pour connaître l’heure exacte de ses audiences où il ne peut se permettre d'y déroger. Nous devrions convenir également d'un temps que nous aurions défini. Je ne pense pas plus d’une heure à chaque fois, et bien entendu nous ne pourrions pas faire cela tous les jours vous le comprenez bien, sinon nous risquons de nous compromettre toutes les deux.

La favorite laissa sa voix retomber et un petit silence s’en suit. Elle reprit néanmoins pour une précision à nouveau nécessaire pour la sécurité de Louis.

- Si vous agréez à cette alliance entre nous, je vous demanderai une seule chose, non point une faveur à la Cour ou auprès de votre personne, mais que je puisse faire sortir moi-même votre amant des souterrains et que vous ne lui indiquiez jamais comme on se rend aux appartements de votre époux. J’espère que vous comprendrez cette volonté de discrétion, votre mari étant le Roi de France vous conviendrez que sa vie est plus importante que nos passions. Et malgré la confiance que je vous porte, je préfère garder un regard impartial sur cette affaire et prendre toutes les précautions qui s’imposent pour sa sécurité. Aussi si vous acceptez, votre parole me suffira !

A cet instant l’horloge sonna quatre heures de l’après midi et Amy se souvint avoir une audience avec tous les ambassadeurs d’Angleterre, dont Thomas of Norfolk.

- Je prie Votre Majesté de me pardonner mais je dois prendre congé d’elle, je vous laisse mûrement réfléchir à cette affaire et vous laisse libre de l’accepter ou non, en sachant que mon silence vous est acquis et que ce soir les preuves concernant votre liaison n’existeront plus. Écrivez oui ou non et laissez ce message derrière le portrait dont je vous ai parlé, j’en prendrai connaissance demain matin.

La favorite s’inclina dans une profonde révérence et sortit du salon. Elle espérait qu’à défaut de la paix, une entente cordiale naîtrait de cet entretien secret.

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MessageSujet: Re: [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine)   [Salon de la Paix] On ne croit pas si bien dire ... (Pv la Reine) Icon_minitime17.12.09 13:30

Il semblait que Amy of Leeds soit bien en verve ce soir-là. Elle parlait, développait ses idées au point même où Marie-Thérèse se demandait si elle pourrait répondre à tout. Elle écoutait attentivement, suivant point par point. Amy présentait un plan qui semblait ingénieux. Très ingénieux même. La Reine savait qu'elle prenait de grands risques. Il subsistait toujours un doute dans le cœur et l'esprit de la jeune femme. C'était terriblement dangereux. Elle essaya de se calmer. Elle respirait avec attention. Elle s'écoutait inspirer et expirer et elle suivait les paroles de la favorite de son époux.

Le message qu'elle proposait ne paraissait point trop compromettant. Et même si on l'avait trouvé, à supposer qu'on sache lire ce qui n'était nullement certain dans la France de cette époque, on n'aurait rien pu déduire de ce code. Le système semblait sans faille. A priori, car ce n'est que dans l'usage qu'on se rend compte des problèmes que cela pourrait soulever. La suite du programme des réjouissances était dévoilée. C'était Amy qui aurait tout le pouvoir. Si elle n'était pas là, Marie-Thérèse serait démunie. Et si elle apprenait tout au roi … Marie-Thérèse serait morte ou du moins cloîtrée à vie.
Tandis qu'Amy continuait, Marie-Thérèse esquissa une grimace. Oui, Amy tiendrait compagnie à son époux. Soudainement, elle aurait voulu pouvoir se reculer, sortir, oublier ce qu'elle avait fait. Mais la tendresse, le désir qu'elle ressentait envers Hector la retenait malgré tout. Esclave des liens de l'amour … Elle en aurait ri, quelques mois plus tôt car ce n'était point la vie à laquelle on l'avait destiné. Marie-Thérèse avait été élevé pour représenter au mieux les intérêts de son pays … A savoir la Grande Espagne et c'était la seule chose dont on s'était préoccupé.

Personne n'avait imaginer qu'elle se sente si seule, si mal dans sa peau, dans sa vie, dans son rôle d'épouse et même de mère. Car elle n'oubliait pas son fils. Il restait ancré en elle. Marie-Thérèse lui avait donné la vie, dans la douleur. Et cet accouchement même justifiait l'amour qu'elle portait à son fils. Elle souhaiterait d'ailleurs le voir plus souvent. Elle devrait peut-être en toucher un mot à Louis …

Le prénom de son époux vint la hanter alors que la maîtresse de celui-ci se tenait devant elle. Elle acquiesça, comme dans un rêve, aux demandes de Amy. A l'instant, elle n'était plus certaine d'avoir envie d'utiliser ce système finalement. Elle y réfléchirait à deux fois avant de glisser le petit papier derrière le tableau. Elle chercherait longtemps le bon moment. Mais elle craquerait, terriblement humaine au fond d'elle-même. Marie-Thérèse vit sortir Amy de la salle comme dans un nuage. Elle était déjà enfermée dans la prière. Suppliant malgré elle l'aide de Dieu pour le péché qu'elle allait fatalement commettre. Nouvelle Eve, à la différence seule que Marie-Thérèse avait été éduqué pour ne pas le devenir …

Elle aurait toute la Nuit pour réfléchir. Une Nuit comme elle n'en avait pas connu depuis longtemps. Tout pourrait basculer suite à sa réflexion. Marie-Thérèse se referma sur elle-même et implora longtemps le Ciel. C'était sans doute la seule chose qu'elle se savait capable de faire.
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