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 Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert]

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MessageSujet: Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert]   Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert] Icon_minitime29.08.09 22:56

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La veille au soir, Marc avait décacheté le pli qu'il venait de recevoir du manoir familial et dans sa chambre avait entrepris de lire la missive. Sa mère lui donnait des nouvelles de son fils, qui apparemment grandissait solidement, une chance pour eux, il avait hérité de la solide constitution de son père. Sa très chère mère lui accordait même le fait qu'il avait pris la grâce de sa défunte épouse. Elle lui relatait dans sa lettre les premiers pas de son enfant, ce qu'il mangeait, ses progrès de langage... Tout ce qu'un bon rapport devait contenir et ce qu'elle exigeait comme son devoir d'informer son fils. Le caractère de la lettre pouvait paraître froid mais Marc connaissait bien sa mère et il savait que sous ses dehors parfois rudes, elle aimait ses enfants et encore plus ses petits enfants. Mais comme pour eux, elle n'était pas du genre démonstrative, ils avaient hérité cela d'elle, indubitablement.

Néanmoins, il y avait un domaine où elle oubliait cette retenue qui lui était pourtant habituelle : la colère. Et la fin de sa missive n'y avait pas échappé. La Comtesse de Beauharnais s'offusquait que son fils ne suive plus assidument la messe et saute même matine pour passer plus de temps dans sa salle d'arme. Elle qualifiait ce comportement de tout simplement irrespectueux et inconcevable pour un fils de sa maison. Elle lui enjoignait, voire même ordonnait, de retourner afficher sa présence à l'église et de se réconcilier avec Dieu céans ! Et ce que la Comtesse exigeait se devait d'être exécuté, il en avait toujours été ainsi avec sa mère et il n'avait pas le cœur à contrarier la femme qui élevait son fils pour lui. Ce qui n'avait pas manqué de contrarier Marc, n'aimant guère qu'on vienne s'ingérer dans ses affaires. Malheureusement c'était lui qui avait ouvert la porte en lui confiant l'éducation de son fils et aujourd'hui il ne pouvait guère s'offusquer ouvertement de cette incursion dans sa vie.Il avait alors passé sa contrariété dans un entraînement tardif et n'était revenu à son dortoir qu'épuisé et après avoir décidé d'aller à l'église le lendemain matin pour matine. A défaut de suivre réellement la messe et de croire au fadaise du Père officiant il pourrait toujours réfléchir au calme et chercher les réponses aux questions qui ne cessaient de hanter son esprit. Et s'il rencontrait un homme de foi, il pourrait toujours s'ouvrir de ses doutes même s'il se doutait déjà des réponses qu'il recevrait.

Marc était, à présent, assis sur un des bancs de l'église, se remémorant ce qui l'avait conduit en ce lieu alors qu'il doutait même de l'utilité de sa venue ce matin-là. Il s'était placé au milieu de la salle du moins au environ, ils n'avaient pas compté les rangs avant et après lui pour en être sûr et le regard perdu au loin fixait droit devant lui. Réfléchissant.

Depuis la mort de sa femme il avait perdu la fois et remettait sérieusement en doute l'existence de Dieu, mais sa mère voulait qu'il règle ce différent avec le très saint Seigneur. Alors de mauvaise grâce il s'était exécuté. Mais il ne savait trop au juste ce qu'il était sensé faire et où trouver ses réponses. Il pensait qu'il trouverait une inspiration soudaine, que le Seigneur lui parlerait par un moyen détourné ou autre, mais seul le silence l'entourait. Qu'était-il sensé comprendre de ceci ? Quel était le message de ce silence ? Dieu souhaitait-il ne pas se réconcilier avec lui ? Prenait-il la mauvaise voie pour rester parmi ses fidèles ? Dieu n'était-il pas sensé ramener dans le droit chemin ses brebis égarées ? Choisissait-il de l'abandonner lui ? Parce qu'il doutait de Lui ?

Pour sûr, qui ne douterait pas à sa place ? Quel Dieu était assez cruel pour rappeler trop tôt à lui la plus douce des créatures qu'il avait façonné ? Quel Dieu d'amour pouvait infliger une si cruelle affliction à une de ses brebis sur le simple fait d'éprouver sa fois ? Il trouvait ces explications un peu légère. Pourquoi son Isabeau ? Elle n'avait jamais fait de mal à personne, remplissait à la perfection son rôle d'épouse, de femme et mère aimante. Son épouse était l'être le plus pur d'entre tous. Alors pourquoi avoir armé le bras de ces hommes venus l'assassiner ? Pourquoi ne trouvait-il pas ses meurtriers pour assouvir sa vengeance ? Il s'était juré de poursuivre sa quête, sur son sang, son nom et son honneur. Il n'aurait de répit avant d'avoir apporter Justice à sa femme et vengeance à son cœur.

Et le silence de la chapelle était tellement assourdissant...

Marc renonça, il ne trouverait pas de réponse. Pas maintenant. Pas ici... C'était peine perdue, alors avec un soupir il se leva. Son regard se posa sur le Christ crucifié sur la croix et il murmura tout bas pour ne pas déranger les prières des autres personnes présentes ce jour-ci et parce qu'il s'agissait d'une conversation entre lui et Dieu et personne d'autre.

"N'importe quel signe fera l'affaire. Montre-moi seigneur que je me fourvoie et je renoncerai à mes projets."


Il attendit. Mais la réponse jamais ne vint. Il se surprit cependant à sentir dans son cœur une pointe d'espoir. L'espérance que Dieu soit toujours à ses côtés, qu'il soit là pour le guider et ne l'ai pas abandonné à son tour. Qu'avait-il bien pu faire pour le contrarier de la sorte ? Où était-ce tout simplement parce qu'il n'avait jamais existé ? Et cette réalisation était une nouvelle part qu'on lui amputait ? Il secoua négativement la tête, se sentant ridicule et décida qu'il ne tirerait rien de plus aujourd'hui. Il avait suivi les ordres de sa mère, avait fait un effort, sa prochaine tentative attendrait, présentement il devait prendre son service et ne voulait pas être en retard, même si comme d'habitude il serait trop en avance.

L'idée était de quitter la chapelle tout aussi silencieusement qu'il y était entré et y était resté dans sa contemplation muette. Comme il se devait dans tout lieu saint pour ne point troubler son voisin. Malheureusement il est des jours où tout ne se déroule pas comme on le voudrait, et il semblait être dans un de ceux-là. Avec une maladresse qui lui était peu commune, Marc trébucha sur un prie dieu qu'on avait déplacé pendant sa méditation lorsqu'il quitta la rangée de banc où il était. Cela traîna le tabouret sur le sol dallé, raclant le parterre dans un bruit peu agréable mais fort heureusement peu sonore. Assez tout de même pour tirer de ses prières quiconque était dans un entourage relativement proche. D'ailleurs Marc releva aussitôt la tête pour vérifie si c'était le cas et à qui présenter ses excuses si cela était.


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MessageSujet: Re: Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert]   Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert] Icon_minitime30.10.09 9:07

    Il y avait parfois des choses que nous devions faire, c’était ainsi. Nous n’avions pas le choix, nous le faisions parce que c’était un devoir de le faire. Dans ses moment là, nous, êtres humains ressemblons à des machines. Et cela me fait peur je dois l’avouer. Les machines, ce sont des choses affreuses en métal qui exécutent le même mouvement en continu. Tu dois te demander pourquoi je te parle de ça cher journal. Après tout, les machines ne sont pas essentielles dans notre vie. Mais j’ai l’impression qu’un jour elles le seront. Et cela me fait peur parce que je crois que notre race, nous les humains, nous allons à notre perte. Mais je m’y prends mal, je dois commencer par le début.

    Je te l’avais dit cher journal, aujourd’hui, père et moi devions rendre visite à un de ses anciens amis. Un bourgeois. Père est resté très discret sur cette visite, il ne veut pas que la cour le sache. Moi, personnellement je trouve cela assez ironique. Cet homme, Monsieur Boulvine - drôle de nom n’est-ce pas ? - était un de ses meilleurs amis d’enfance. Ils ont grandi ensemble. Avant Monsieur de Boulvine était noble mais il a été banni pour avoir eu une aventure avec la femme d’un des ministres du roi. Très personnellement, je ne trouve pas cela très malin. L’adultère est vraiment le pire crime que l’homme puisse connaître.

    Je suis sans doute très fleur bleue mais je ne peux m’empêcher de penser que lorsque l’on épouse une personne, c’est pour la vie et c’est surtout parce qu’on est fou d’amour l’un pour l’autre. Je te l’ai dit moi-même tellement de fois. Je veux vivre une vraie passion. Je ne rougis même plus à ce mot qui est si grave lorsqu’on le prononce. Tout le monde pense que la passion est péjorative, c’est peut-être vraie mais je crois que pour vivre il faut connaître le pire tout comme le meilleur. Enfin, tout cela pour expliquer que je ne comprends pas comment et surtout pourquoi un homme peut tromper sa femme ? N’y-a-t-il donc que le physique qui compte pour eux ? Même si ce n’est pas un mariage d’amour, il y a forcément quelque chose. Une femme de bonne famille est cultivée, intelligente, cela doit suffire pour créer une affection et donc un certain respect. Il ne devrait pas y avoir d’adultère dans n’importe quel couple, qu’il y ait de l’amour ou pas. Mais ce jour là n’est pas près d’arriver, même le roi trompe la reine. Les courtisans suivent le roi, c’est tellement facile comme excuse. Je me demande parfois si je ne suis pas un peu en avance sur mon temps. Ma façon de penser est tellement différente…

    Enfin, ceci était un grand aparté, revenons à Mr de Boulvine. Comme je te le disais, il a eu une histoire avec la femme d’un ministre et il a été puni. Il a été banni de la noblesse par une lettre de cachet du roi. J’imagine la colère et la trahison que sa femme a dû ressentir. Mais cela ne compte plus maintenant, la petite vérole l’a terrassé il y a des mois de cela. Mr Boulvine n’a pas l’air très bouleversé. Après son bannissement, il a réussi à monter une petite affaire et maintenant il tient une imprimerie. Il a un petit château avec un terrain d’un hectare à peine. Quelques kilomètres en mois me semble-t-il…

    J’ai toujours eu une grande passion pour les livres et l’écriture. Et je rêvais un jour de voir une imprimerie mais finalement, je suis extrêmement déçue. Mr Boulvine nous a donc fait visité sa petite affaire et cela ne m’a pas plu du tout. Si tu savais à quel point des machines peuvent-être effrayantes ? Au début, j’ai été captivé et puis le mouvement répétitif de ces horribles objets en métal m’a tout bonnement terrifié. Mr Boulvine ne voulait pas que je vienne au départ. Il disait que ce n’était pas un endroit pour les jeunes filles. Et je dois avouer, malheureusement qu’il avait raison. Plus jamais je ne veux revoir ceci.

    Je crois que ce qui m’a terrifié, c’est-ce mouvement répétitif qui me fait penser à moi et à tous les autres humains. Nous faisons les même actions en permanence. Dans quelques minutes, une de mes femmes de chambre va venir m’avertir que père m’attend pour la mâtine et demain encore et ainsi de suite. La religion, le protocole, tout est répétitif. J’ai peur de voir l’humain se perdre un jour. Ma femme de chambre vient d’arriver, je te laisse…


    La jeune duchesse de Mariviers, de prénom Amélie se leva et lissa un peu les plis de sa robe, réajusta sa coiffure et fut fin prête. Elle suivit tranquillement la femme qui venait d’entrer en lui adressant un charmant sourire et arriva dans le salon de ses appartements, son père l’attendait et elle lui sourit. Celui-ci lui fit un doux baisemain.

    « - Ma chère fille, j’ai l’impression que vous vous embellissez de jour en jour. »

    La jeune femme sourit en remerciement à son compliment et le suivit dehors, pour aller à la chapelle. La brune serrait contre elle les feuilles de son journal intime. Elle le tenait depuis un certain temps. Depuis qu’elle avait su écrire. Elle y confiait ses sentiments, ses peurs, les événements qu’elle jugeait importants ou tout simplement divertissants. Elle espérait qu’un jour, des siècles plus tard, on retrouve son journal et que l’on sache qui elle était. Son père finit par remarquer les feuilles.

    « - Ma chérie, que faites-vous avec ce feuillet ?
    - Ce sont des copies de poèmes que je me plais à lire lorsque je m’ennuie. Et je vous connais père. Après la messe, vous parlez et priez avec énormément de gens et si je dois vous attendre, j’aime autant que cela soit en compagnie des grands auteurs qui ont traversé nos siècles, mentit la jeune femme avec une finesse surprenante.
    - Et vous n’ auriez pas pu prendre un recueil au lieu de ses feuilles qui vont bien s’envoler ?
    - Ne vous inquiétez pas père, je ferais très attention.
    - Soit, abdiqua le duc… »

    La brune sourit, son père ne pouvait rien lui interdire. Ils finirent par arriver à la chapelle et ils prirent place. La mâtine se passa avec une effroyable longueur. Il fallait savoir quelque chose sur Amélie. Elle n’était point catholique. Certes, c’était extrêmement choquant mais la jeune femme avait arrêté de croire en Dieu le jour où il l’avait abandonné. Croire en Dieu rassurait les plus faibles. Elle n’avait pas besoin de cela. Quand son seul but dans la vie était d’en profiter au maximum, la jeune femme ne voyait nullement l’intérêt de prier. Paradis ou enfer, qu’est-ce que cela changer ? Y avait-il une vie après la mort ? Personne ne pouvait l’affirmer. Amélie préférait attendre et voir quand le moment serait venu.

    La mâtine prit fin et la jeune femme pria quelques minutes pour faire plaisir à son père et ne surtout pas montrer qu’elle n’était pas catholique, elle n’avait pas besoin d’attirer l’attention sur elle et encore moins finir en prison pour ne pas avoir peur de la vérité ou pire.

    Une fois le temps écoulé, elle se leva et partit dans un coin tranquille à l’extérieur. Elle voulait relire son journal pour penser à ce qu’elle rajouterait dès qu’elle serait rentrée. Quand elle allait atteindre la sortie, un bruit assez fort la fit sursauter. Elle se retourna et vit qu’un homme s’était pris le pied dans un prie Dieu. Il s’excusa rapidement autour de lui. Il devait se sentir gêné pensa la brune. En fait, elle était intriguée car il était rare que quelqu’un quitte l’église aussitôt à part quelques exceptions comme elle. Amélie s’approcha donc de l’homme et lui demanda à voix basse pour ne pas déranger mais avec un voix amicale et douce :

    « - Excusez-moi, vous ne vous êtes pas fait mal ? »


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Dernière édition par Amélie de Mariviers le 08.12.09 17:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert]   Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert] Icon_minitime25.11.09 1:06

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La première chose que Marc repéra fut la douleur lancinante dans son petit doigt de pied. Il en aurait presque blasphémer de douleur s'il n'avait été dans ce lieu saint. Et même s'il avait des doutes sur Dieu, il respectait encore les lieux de sa présence. Il aperçut ensuite ce qu'on appelait une vieille rombière à l'air courroucée, engoncé dans ses rubans de soies cramoisis et dardant sur lui un regard de mécontentement impérieux. Nul doute qu'elle, elle avait été dérangée dans ses prières et Marc se fustigea mentalement une nouvelle fois pour sa maladresse et s'indigna de son manque de chance de tomber sur pareille femme. Probablement une bigote. N'aurait-il pas pu être une jeune personne agréable ? Néanmoins il n'en oublia pas la politesse ni son éducation et s'inclina bien bas pour s'excuser.

« Je vous prie de me pardonner Madame... Je ne voulais en aucun cas troubler vos prières. Je me retire de ce pas pour vous rendre à votre quiétude. Une nouvelle fois je vous présente toutes mes excuses... »

Ce ne fut qu'alors qu'il s'autorisa à se relever et à sourire à cette charmante comtesse pour s'excuser de son geste une nouvelle fois. En se reculant, avec attention cette fois, il dissimula une grimace, son pied le lancinait encore un peu et aperçut alors une jeune femme, tout à fait agréable elle, et qui en plus prenait sur elle pour venir lui parler et lui demander s'il allait bien. Marc était un homme poli et bien éduqué, une nouvelle fois s'inclina devant la jeune fille, comme le voulait l'étiquette. Il se prépara également au baise-main dès fois que la jeune fille lui tende la sienne mais ne fit aucun geste pour la mettre mal à l'aise si jamais elle n'était pas de cette pratique. Il ne réagirait qu'à son mouvement. Cela ne l'empêcha pourtant pas de parler après s'être redressé.

« Merci de votre sollicitude Ma Demoiselle... J'en suis touché. Néanmoins rassurez-vous, aucun mal n'a été fait qu'un mousquetaire ne soit entraîné à souffrir. »

Ou comment dire qu'il allait bien. Mais les formes de l'époque étaient, bien sur, plus alambiquées que de nos jours. Elles étaient néanmoins bien souvent plus poétiques et plus jolies. Et tout homme parlant ainsi passait pour alors homme de lettres et distingué.

« Je vous présente également mes excuses si j'ai troublé votre tranquillité dans ce lieu Saint. Ce n'était nullement mon intention. »

Nullement son intention de se casser la figure de la sorte et par une mauvaise fortune contre lui d'avoir autant de témoins. Il n'avait vraiment pas de chance aujourd'hui... Et sa mère voulait qu'il retrouve sa foi en Dieu. Il ne semblait pas être dans ses bonnes grâce pour le moment ! Alors croire en lui... Ce n'était pas gagné avec un moment humiliant de cette sorte... Il ne se savait pas malchanceux, et il n'était pas agréable de découvrir qu'on le devenait. Quelle erreur avait-il bien pu faire pour qu'on lui en veuille autant ?! Etait-ce parce qu'il n'était pas venu à l'Eglise à chaque matine pour prier depuis plusieurs semaines ? Si Dieu existait, il pouvait comprendre que le devoir passait avant tout ? Sinon de quelle sorte de Dieu pourrait-il se prévaloir ? Il était sensé être Amour, Tolérance et Compréhension. Et en guise de compréhension, il manquait de s'étaler sur le parvis comme un vulgaire manant parce qu'il ne venait pas assez souvent dans ces lieux saints le prier ? De son avis ce n'était pas une forme de compréhension ça. Il ne lui restait plus qu'à espérer que cette jeune demoiselle, elle, saurait en faire preuve. Demoiselle dont il ignorait le nom et à qui il ne s'était présenté non plus. Quel manque de civisme ! Cela ne lui ressemblait guère habituellement... Alors juste après ses excuses, il remédia à cet oubli.

« Et pour que vous sachiez qui vous adresse ces excuses, pardonnez ma façon cavalière de m'introduire mais en de telles circonstances je n'en vois nulle autre. Je suis le mousquetaire Marc de Beauharnais. »

Et force est l'habitude, il claqua les talons et s'inclina, une nouvelle fois comme l'étiquette l'exigeait, alors que dans son dos raisonnait un bruyant.

« Shhhhhhhhiiii ! »

Évidemment des bottes sur des dallages dans un tel lieu silencieux avec une acoustique si développée, il avait fallu que cela raisonne et si sa première chute n'avait attiré l'attention que des quelques proches l'entourant, il pouvait gager que ses bottes porteraient plus loin. Malheureusement. Et cette pensée le fit grimacer. Seigneur qu'il pouvait être maladroit parfois ! Quel bougre d'idiot !



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Dernière édition par Marc de Beauharnais le 10.12.09 0:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert]   Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert] Icon_minitime09.12.09 17:59

    Amélie de Mariviers, était une jeune noble de dix-sept ans. A l’époque du Roi Louis XIV, époque où elle vivait, elle avait tout pour plaire à la gente masculine et trouver un parti des plus acceptables. Elle était belle, douce, gentille, jeune, polie, connaissait le protocole sur le bout des doigts (bien que celui-ci l’ennui fortement), son titre de duchesse était élevé, elle avait une dot qui pouvait ravir n’importe quel avare digne de ce nom… En plus de cela, la jeune femme devait sûrement être en état de tenir ses devoirs de femme et elle pourrait sans aucun problème enfanter et donner un héritier male à son mari. Dès qu’elle en aurait un. Oui, Amélie de Mariviers avait tout pour plaire et elle était la personne idéale pour peindre le portrait de la haute noblesse à l’époque. Et puis, elle logeait à Versailles, le magnifique Versailles où les sourires agréables et charmants camoufler les vices et la méchanceté. Et la jeune Amélie excellait dans l’art de mentir avec une tête d’ange. Et ne croyait pas qu’elle se sentait coupable de sortir mensonge sur mensonge pour s’amuser quelque peu. Et puis, ce n’est pas comme si elle devrait se repentir après. Car voilà son plus grand défaut, la duchesse était ce qu’on appelait quelqu’un d’athée.

    Oui, bien qu’aux yeux de tous, Amélie paraisse parfaite, elle n’était pas plus croyante que les noirs d’Afrique envers la religion chrétienne. Ne pas être chrétienne était un crime envers la couronne et le roi lui-même. La brune le savait très bien mais elle n’y pouvait rien, elle n’arrivait pas à avoir la foi, l’avait-elle déjà eu une seule fois dans sa courte existence ? Elle ne s’en souvenait pas. Pourtant, elle connaissait bien la bible, elle était capable de vous retrouver un passage sans grande difficulté tout comme elle était capable de vous citer un verset ou autre. Mais connaître la bible ne signifiait pas y croire.

    « …et Dieu séchera lui-même toutes les larmes de leurs yeux, et de mort il n'y en aura plus aucune, et de cris il n'y en aura plus aucun, et de peine il n'y en aura plus aucune car l'ancien monde aura totalement disparu… »

    Quelle bêtise ! La brune connaissait ce passage par cœur et elle ne pouvait s’empêcher à chaque de fois de le trouver d’une bêtise aberrante. C’était un passage que les prêtres disaient à la veille d’une mort. Et Amélie le détestait plus que tout car il signifiait tout d’abord la mort mais aussi, pour elle, le fait qu’une fois éteint à jamais, les hommes, les morts oubliaient leurs passés, leurs familles et qu’au paradis ils étaient heureux. Mais comment pouvaient-ils être heureux en sachant leurs mondes en deuil. Dieu essuie leurs larmes mais qui essuient leurs larmes à eux, mortels ? Qui ? Si Dieu aurait vraiment créé les hommes, il essuierait aussi leurs larmes, à eux les hommes.

    Mais il ne les essuyait pas, parce qu’il n’existait pas. Il n’y avait pas d’ancien monde, parce qu’il n’y avait pas de nouveau monde. C’était simple. Amélie ne voulait même pas croire à un seul instant que les morts oubliaient d’où ils venaient, qu’ils oubliaient leurs chairs et leurs sangs. Oui, Amélie refusait de croire que sa mère décédée peu après sa naissance l’ait oubliée et qu’elle soit insouciante dans un monde de prospérité que plutôt en train de veiller sur elle. Autant croire qu’il n’y avait rien après la mort.

    La bible n’était qu’un tissu de mensonges, cette phrase était une ineptie parce que sa mère n’était pas ailleurs, elle n’était pas heureuse, elle était morte. Et Amélie en était sûre, elle était morte et elle voulait qu’elle soit morte et pas heureuse pendant qu’elle, le soir, se serrait fort contre son oreiller en essayant de trouver la chaleur d’une mère à jamais inconnue.

    Ainsi Amélie remettait chaque passage de la bible en cause et elle niait toute existence de Dieu. Et quand on lui parlait de religion, elle affichait ce sourire angélique si adorable et elle mentait ouvertement, disant le contraire de ce qu’elle pensait pour ne pas avoir à supporter tous les regards sur elle. La brune supportait en silence tous les actes religieux, maudissant en son for intérieur celui qui avait écrit la bible et inventé toutes ses messes qui n’avaient aucun sens à ses yeux.

    Et ce matin n’avait pas fait exception, la duchesse avait suivi son père comme une enfant bien éduquée tout en souriant alors qu’une profonde lassitude envahissait son corps et que l’ennui tissait des toiles dans son cerveau. Elle ne pouvait que subir et attendre que la fin de son calvaire pour qu’elle puisse retourner ses pensées intimes dans son journal et se libérait de toute ces mauvaises ondes.

    Mais à croire que le destin avait trouvé un moyen de la sortir de son ennui. Après avoir assisté à la mâtine et après avoir prier le temps nécessaire selon son humble avis, la brune s’était levée bien décidée à sortir d’ici et de prendre l’air frais. Pourtant un homme avait attiré son attention et sans doute celle de tous les autres nobles présent dans la pièce. Il avait eut un regrettable incident en trébuchant sur un prie Dieu.

    La brune, curieuse et à la fois pleine de compassion pour cet homme qui lui était inconnu alla prendre connaissance sur son état. C’est d’un sourire aimable lui demanda s’il ne s’était point fait trop mal.

    « Merci de votre sollicitude Ma Demoiselle... J'en suis touché. Néanmoins rassurez-vous, aucun mal n'a été fait qu'un mousquetaire ne soit entraîné à souffrir. »

    Amélie lui offrit un doux sourire, tout en notant le fait que l’homme était un mousquetaire. Elle avait toujours aimé les mousquetaires, les généraux, les colonels et tant d’autres hommes qui avaient connu l’aventure, ils avaient toujours des histoires trépidantes à raconter bien que parfois tragiques.

    « Je vous présente également mes excuses si j'ai troublé votre tranquillité dans ce lieu Saint. Ce n'était nullement mon intention. »

    La duchesse se promit, à l’entente de cette phrase, de corriger l’homme qui s’excusait pour une raison non valable puisqu’elle allait partir. Néanmoins, elle ignorait son nom et il aurait été mal vu, selon elle et le protocole, de continuer cette conversation sans qu’il n’y ait eu de présentation. Mais l’homme étant parfaitement galant du si peu qu’elle avait vu, se présenta :

    « Et pour que vous sachiez qui vous adresse ces excuses, pardonnez ma façon cavalière de m'introduire mais en de telles circonstances je n'en vois nulle autre. Je suis le mousquetaire Marc de Beauharnais. »

    Il fit claquer ses talons comme le faisait sûrement les mousquetaires ce qui provoqua un bruit plus fort qui résonna dans la chapelle entière et le mousquetaire s’attira les protestations de la noblesse présente. La brune eut un petit sourire amusé face à la maladresse de l’homme, cela le rendait plus humain.

    « - Enchantée de vous rencontrer Monsieur de Beauharnais, fit la jeune femme en faisait la révérence habituelle, je me présente moi-même. Amélie, duchesse de Mariviers, je suis ravie de faire votre connaissance. Ne vous excusez point pour tout l’heure, j’allais quitter les lieux en cet instant et attendre mon père, le duc de Mariviers à l’extérieur, à l’air frais. »

    La brune lui sourit puis prise d’une impulsion soudaine, elle fit une proposition à l’homme :

    « - Si vous le désirez, peut-être pourriez-vous attendre avec moi devant l’entrée. Vous êtes mousquetaire, vous devez avoir de magnifiques histoire à raconter, j’aimerais beaucoup les entendre. Qu’en pensez-vous Monsieur de Beauharnais ? »


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Dernière édition par Amélie de Mariviers le 23.12.09 11:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert]   Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert] Icon_minitime12.12.09 21:39

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Nouvelle grimace et quand il se redressa il s'excusa d'un sourire pour Amélie avant de se tourner vers la même rombière pour recommencer ses plates excuses. Il paraissait que la seconde fois était la plus facile, il se serait pourtant bien passé de se second essai. Au moins il pourrait perfectionner son approche. Ou pas. Il décida que le meilleur moyen de se débarrasser de cette encombrante affaire était d'aller droit au but et de minimiser le temps où il serait exposer à une quelconque autre bévue. Ne plus prendre de risque... Un mousquetaire pouvait faire une erreur mais rarement deux... Surtout la même...

« Une nouvelle fois, veuillez me pardonner... »

On se tourne, on s'incline et on se retourne. Et cette fois-ci il n'attendit pas un quelconque commentaire de cette si charmante et si parfumée vieille dame et se retourna vers Amélie en se traitant de tous les noms pour cette maladresse si inhabituelle. On aurait pu croire que la jeune fille le troublait assez pour provoquer cette malchance soudaine, après tout, cela arrivait à de nombreux jeunes hommes. Ils perdaient leur moyen quand ils rencontraient une dame capable de les troubler. Certes. Mais il n'était plus un jeune homme et cela n'avait jamais été son genre. Sa maladresse dans ces cas-là était toute verbale, donc il savait qu'il n'en était rien. Son cœur était éteint, brulé et éparpillé sur la tombe de sa femme. Même une belle jeune demoiselle, très jeune au demeurant, ne l'émouvait plus et pour ceux qui se posaient la question de savoir s'il préférait les mignons comme Monsieur, celui-là ne pouvait plus se fourvoyer. Il n 'avait juste plus d'appétit pour l'amour ou les plaisirs de la chair.

Heureusement pour Marc, la présentation d'Amélie avait interrompu son lot de fustigation intérieure qui aurait pu durer une bonne heure encore ainsi. Quand il s'agissait de ses pensées intérieures, il avait toujours tendance à élucubrer et à rallonger d'autant plus le temps qu'il était généralement avare de mot en réalité. Il fallait bien compenser quelque part. Personne ne pouvait rester si silencieux aussi longtemps sans trouver quelque part un exutoire. C'est ainsi qu'il faisait donc la connaissance de la jeune duchesse de Mariviers. Duchesse ? Alors que son père était encore vivant ? Ainsi il apprenait fortuitement qu'elle avait perdu sa mère. Probablement bien des années auparavant, vu avec quel détachement elle pouvait affirmer son rang. Un tout petit titre pouvait en dire long sur une personne. Elle n'aurait jamais porté le titre de Duchesse si sa mère avait été en vie, puisqu'il revenait de plein droit à la femme de son père. Néanmoins, le sujet n'étant pas d'actualité il se garda d'y faire une quelconque mention. Comme de présenter ses condoléances fort peu à propos. Cela n'aurait fait que blesser la jeune femme, très probablement, et puis ils n'étaient pas assez proches pour discuter de choses si personnelles. Avoir confirmation de ses pensées ne l'intéressait nullement, après il serait obligé de dire quelque chose de gentil, voire même d'avouer qu'il avait lui-même perdu sa femme il y a peu et de ce point il n'avait pas du tout envie d'en parler. L'échappatoire qu'on lui proposait aurait pu être intéressant s'il ne considérait le fait que son travail était tout ce qu'il y avait de plus ordinaire et n'avait d'histoires folles et trépidantes à raconter. Les rondes de nuit n'était guère passionnante, et les rues étaient étrangement plutôt tranquilles. Trop tranquille... Comme le calme avant la tempête. Néanmoins, sa galanterie naturelle l'empêchait de laisser cette jeune jouvencelle sortir sur le perron de l'église non accompagnée et non chaperonnée. Cela ne se faisait pas. Et il contrariait assez sa mère avec ses irrégularités à matines pour ne pas la vexer plus en ne faisant point honneur à l'éducation qu'elle lui avait donnée.

« Je n'ai malheureusement peu ou pas d'histoire à raconter, ma vie est tout ce qu'il y a de plus ordinaire, mais il n'est pas dit que je laisserai une jeune femme attendre seule dehors sans protection. Aussi mademoiselle, je suis votre obligé. »

Fit-il donc avec politesse. Galamment il lui tendit son bras pour l'escorter hors de l'église de manière à ce qu'elle puisse poser sa main dessus et se laisser conduire sans autre quiproquos qu'une noble escorte. Il pourrait attendre ainsi avec elle la venue de son père comme il l'avait annoncé juste avant. Il était de son devoir après tout de veiller à la sécurité de la demoiselle. Et s'ils ne parlaient pas de ses trépidantes aventures ils trouveraient bien un sujet de conversation tout à fait régulier pour les faire patienter. Après tout, le Duc de Mariviers ne devait pas en avoir pour si longtemps, non ? Et au pire, il quitterait lorsqu'il devrait prendre ses heures de garde, ainsi son honneur et sa maison ne subirait aucun dommage de laisser une damoiselle seule puisque d'autres impératifs, et royaux, l'appelleraient ailleurs. Et puis elle serait devant l'église, en cas de problème il lui suffirait de rentrer à nouveau à l'intérieur et elle serait à l'abri. Et tout en marchant, Marc songerait où ils pourraient s'arrêter pour rester au couvert du porche sans toutefois gêner l'entrée des autres pratiquants.


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MessageSujet: Re: Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert]   Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert] Icon_minitime23.12.09 12:21

    Amélie venait à l’instant même de faire connaissance avec le mousquetaire, Marc de Beauharnais. Un homme charmant du si peu qu’elle pouvait juger. Poli, bien éduqué, mais au fond, c’était si banal de rencontrer comme lui. A Versailles, tout le monde était poli, tout le monde était bien éduqué, tout le monde avait une prestance, une élégance. Tout le monde était noble. C’était un constat comme on pouvait constater que Versailles serait toujours un lieu où les rumeurs seraient le centre des conversations ou alors on pouvait tout aussi bien faire la comparaison comme quoi le soleil se lèverait toujours à l’ouest et se coucherait à l’est jusqu’à la fin de l’éternité. C’était indéniable tout comme le fait donc que les nobles avaient une apparence parfaite pour revenir à notre sujet.

    Néanmoins, Monsieur de Beauharnais était un mousquetaire ce qui le sortait de la banalité des nobles. Les nobles passaient leurs temps à chasser, à jouer, à parler et au bout d’un moment, tout devenait lassant. C’était comme voir tous les soirs le même opéra, c’était lassant, indéniablement lassant. Mais un mousquetaire avait une chose que tous les nobles n’avaient pas (et ne désiraient en aucun cas). Ils avaient un travail et donc quelque chose de différent à raconter.

    La brune étant, en plus de cela, très passionné de livres, d’écriture et autres activités littéraire, elle aurait été ravi que le mousquetaire lui parle un peu de son métier, peut-être avait-il fait des guerres, des expéditions qu’il pourrait lui conter en attendant son père. Elle adorait beaucoup les livres d’aventure, cela lui permettait de s’évader, de voyager à travers différent pays, de découvrir de nouvelles culture bien que les pays d’Europe se ressemblent tous un peu. Malheureusement pour elle, la jeune femme n’aurait pas de merveilleuses histoires aujourd’hui.

    « Je n'ai malheureusement peu ou pas d'histoire à raconter, ma vie est tout ce qu'il y a de plus ordinaire, mais il n'est pas dit que je laisserai une jeune femme attendre seule dehors sans protection. Aussi mademoiselle, je suis votre obligé. »

    Le mousquetaire lui proposa son bras et la jolie brune l’attrapa tout en lui disant :

    « - Ne soyez pas mon obligé, tenez-moi plutôt compagnie, ce sera tout de même plus agréable. Aussi, si vous n’avez pas d’aventure à me conter, pouvez-vous me parler du métier de mousquetaire. C’est sans doute un défaut mais je suis énormément curieuse. Le monde est si vaste que je veux en découvrir chaque parcelle. »

    C’est sur ces mots qu’ils se mirent en marche et sortirent de l’église et ils arrivèrent à sortir dehors sans aucun incident. L’air frais vint caresser le visage de la jeune duchesse et lui fit pousser un petit soupir discret de contentement. Que cela faisait bien de sortir de cette église si glaciale pour retrouver la nature et la fraîcheur du temps. Amélie se tourna vers le mousquetaire et l’observa discrètement, ne voulant pas paraître impolie en le dévisageant.

    Il avait un visage aux traits masculins, assez froid et mature. Un visage de mousquetaire dit la jeune femme. Il avait l’air assez impersonnel comme tous les hommes engagés militairement. Seuls ses yeux étaient différents, ils étaient emplis de tristesse, n’importe qui aurait pu le voir. L’homme avait l’air brisé. Amélie ne dit rien à ce propos, peut-être sortait-il d’un deuil et le lui rappelait n’aurait fait que le mettre mal à l’aise. Elle décida de trouver un sujet neutre, pour combler le silence et passer le temps.

    « - Il fait bon temps pour l’époque n’est-ce pas ?

    Soudain, le jeune femme se demanda si l’homme ne devrait pas être ailleurs qu’ici ou s’il ne voudrait pas être ailleurs. Elle lui avait peut-être imposé sa présence d’une manière bien impolie, aussi elle demanda :

    « - J’espère que me tenir compagnie ne vous dérange pas. A vrai dire je n’aime pas être seule, la solitude n’est bon pour personne. Cela dit, je me vois dans l’obligation t’attendre mon père pour rentrer à mes appartements, il y tient absolument et quelle fille indigne je serais si je ne respecter pas les volontés de mon paternel. Néanmoins, celui-ci met énormément de temps à sortir de l’église. Et vous rencontrer m’aurait permis de ne pas passer les minutes qui suivent seule mais peut-être avez-vous quelque chose d’important à faire ? Je ne souhaite en aucun moment vous ennuyez. Ne vous tenez pas obligé de rester avec ma personne par devoir. Nous sommes devant une église, il ne risque pas de m’arriver quelque chose. Tout le monde a un minimum de respect pour Dieu. »

    La brune lui fit un sourire poli tout en attendant la réponse du mousquetaire. Mais un accident changea ses préoccupations.

    La jeune duchesse avait toujours eu un tempérament de feu et elle détestait, par-dessus tout, avoir tort. La plupart du temps, ce qu’elle disait était basé sur des faits inébranlables et ainsi elle était sûre d’avoir toujours raison. Quand elle avait ne serait-ce qu’un petit doute, elle préférait ne rien dire ou alors relancer sur la conversation sur un autre sujet, question de prudence. Ce n’était pas qu’elle était orgueilleuse mais entendre claironner à ses oreilles le « j’avais raison » ne lui plaisait guère.

    Ce comportement visait en particulier son père qui avait tendance à lui rappeler ses erreurs. Et ainsi donc, elle savait en cet instant précis que sur le chemin qui la mènerait à ses appartements, son père lui ferait remarquer qu’il avait raison, qu’elle n’aurait jamais dû amener toutes ses feuilles avec elle puisque comme il l’avait prévu, elle les avait fait tomber. Dieu merci, elle étaient toutes reliées entre elles et aucune d’elle ne pourrait s’envoler.

    Car oui, c’était cela le malheureux accident qui venait d’arriver. Les feuilles qu’elle tenait serrait contre sa poitrine tombèrent au sol lorsqu’elle voulait replacer une mèche de cheveux déplacée par le vent. Les feuilles étant son journal intime où tous ses pensées secrètes étaient confinées.

    Le paquet s’échoua au sol dans un bruit lourd. La brune resta un moment indécise. Elle se retint de blasphémer, elle était vraiment maladroite aussi quand elle s’y mettait finalement.

    « - Je suis désolée de ma maladresse.

    S’excusa-t-elle auprès du mousquetaire avant de se pencher pour attraper le feuillet.


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MessageSujet: Re: Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert]   Où est Dieu dans tout ça ? [ouvert] Icon_minitime15.01.10 0:25

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Marc voyait les actions dans son métier d'un tout autre œil que la jeune Amélie. Pour lui il ne s'agissait que de routine et de devoir et non de bravoure et d'aventure. Mais il fallait avouer qu'il y a bien longtemps, pas si lointain en fait, où Marc voyait les choses de la même manière que la duchesse de Mariviers. C'était ce qui lui avait valu de s'engager dans l'armée du Roi et plus précisément pour les mousquetaires. Élite de la nation, il voulait en faire parti, croyant qu'à Versailles se déroulait la plus grande des aventures. La plus passionnante également. En un sens il ne s'était pas trompé. La lumière de son enthousiasme s'était juste éteint. Ou peut-être avait-il tout simplement compris qu'aussi étincelante que soit cette aventure, il y avait un prix à payer pour toute chose et il jugeait le sien trop onéreux à l'heure actuelle. Un jour peut-être, changerait-il d'avis à nouveau...

La jeune femme avait posé sa main sur son bras pour se laisser reconduire visiblement sans heurts et sans ques.... Ah bah non pas sans questions, puisqu'elle demandait. « Ne soyez pas mon obligé, tenez-moi plutôt compagnie, ce sera tout de même plus agréable. Aussi, si vous n’avez pas d’aventure à me conter, pouvez-vous me parler du métier de mousquetaire. C’est sans doute un défaut mais je suis énormément curieuse. Le monde est si vaste que je veux en découvrir chaque parcelle. » Elle n'avait pas tord... Il était préférable l'aspect de tenir compagnie que d'être son obligé, mais l'un dans l'autre cela revenait au même. Le second terme n'était le plus souvent qu'une manière déguisée de nommer le premier. Tous le savait, mais tous fermaient les yeux. La seconde proposition étant de loin plus agréable. Dans tous les cas, Marc se sentait obligé, par son éducation, de tenir compagnie à la jeune demoiselle en attendant la sortie de son père et s'il avait pu esquiver la vision idyllique de la jeune femme sur ses exploits, il ne pouvait faire de même avec une purement pragmatique sur son travail. Alors, courtoisement, il s'exécuta.

« Le plus souvent nos journées se résument à un entraînement matinal afin de garder notre maîtrise de l'épée, puis un conciliabule avec notre capitaine afin d'être informé des derniers évènements et de connaître nos tours de ronde. Et nous partons exécuter dans la foulée celle-ci afin que Versailles puisse continuer à jouir de cette nonchalance qui le caractérise. Parfois le roi nous envoie escorter telle ou telle personne jusqu'aux frontières françaises et la remettre aux ambassadeurs étrangers, ou à l'inverse recevoir telle autre personnalité et lui fournir une escorte sécuritaire jusqu'à Versailles. »

Expliquait Marc alors qu'ils remontaient la travée jusqu'aux lourdes portes de chêne barrées de fer et qui marquait l'entrée ou, en l'occurrence, la sortie de l'église. Sa mère ne pourrait plus dire qu'il n'avait pas essayé, songea Marc un instant en passant les portes à la suite de la jeune duchesse. Arrivant sur le perron il terminait ses explications.

« Mais le plus souvent, nous assurons la sécurité de Versailles où notre présence suffit généralement à dissuader toute action. »

Comment démystifier le mythe des mousquetaires et de leur vie trépidante... Marc serait champion toute catégorie dans ce domaine, assurément. Mais à sa décharge, il fallait avouer qu'il ne se passait pas grand chose à Versailles ces derniers temps. A part peut-être ce vaste complot dont on entendait parler ici ou là. Trop parler pour que cela soit vrai de son avis. Il resta un instant silencieux et immobile à la sortie de l'église, le temps que sa vision se fasse à la lumière du jour après avoir été si longtemps dans la pénombre. Il lui fallut quelques secondes pour ce faire et retrouver une parfaite visibilité des alentours qu'il scruta par réflexe rapidement. Puis les propos de la jeune femme ramenèrent son attention sur elle. « Il fait bon temps pour l’époque n’est-ce pas ? » Il mit quelque secondes avant de comprendre de quoi elle parlait. Probablement parce que ses pensées s'étaient arrêtés quelques instants supplémentaires sur l'échange entre un bohémien et une jeune boulangère un peu plus loin. Échange d'argent bien entendu. Ce qui lui semblait suspect dans le fait que c'était la boulangère qui donnait de l'argent au bohémien alors que celui-ci n'avait pas de pain. Et comme chacun le savait, les boulangers n'étaient pas réputés assez riche pour donner l'aumône. Soit. Il y reviendrait plus tard. Il avait fixé la jeune femme quelques 2 secondes de trop avant de se reprendre et d'ouvrir la bouche pour répondre. Mais Amélie le devança. « J’espère que me tenir compagnie ne vous dérange pas. A vrai dire je n’aime pas être seule, la solitude n’est bon pour personne. Cela dit, je me vois dans l’obligation t’attendre mon père pour rentrer à mes appartements, il y tient absolument et quelle fille indigne je serais si je ne respectais pas les volontés de mon paternel. Néanmoins, celui-ci met énormément de temps à sortir de l’église. Et vous rencontrer m’aurait permis de ne pas passer les minutes qui suivent seule mais peut-être avez-vous quelque chose d’important à faire ? Je ne souhaite en aucun moment vous ennuyez. Ne vous tenez pas obligé de rester avec ma personne par devoir. Nous sommes devant une église, il ne risque pas de m’arriver quelque chose. Tout le monde a un minimum de respect pour Dieu. »

Marc était embarrassé qu'elle ait pu interpréter de la sorte son silence. Certes, il avait effectivement mieux à faire que de tenir compagnie à une demoiselle inconnue, comme aller questionner cette jeune boulangère sur ce qu'elle venait de faire avec ce bohémien. Ce qu'elle cachait, ou autre. Mais servir la demoiselle en détresse faisait également partie de son travail et de ses devoirs de gentilhomme. Si elle savait ce que les hommes pouvaient bien faire devant les églises.... Malheureusement même une sainte croix ou des murs consacrés n'arrêtaient que peu les malfrats de nos jours. Alors il n'échangerait cette place pour rien au monde et même s'il préférait être ailleurs il ne bougerait pas d'ici avant que le père de mademoiselle ne les rejoigne et ne le libère de ses obligations. Alors comme un arracheur de dent, il mentit parfaitement. Même si au fond pour lui, ce n'en était pas vraiment un. De mensonge...

« Nullement, mademoiselle. J'ai encore bien du temps devant moi avant de joindre mon campement et de débuter notre entraînement commun aussi ne vous faites aucun sang pour ma présence ici, elle est tout à fait volontaire et décidée. Il est tout à votre honneur et de votre devoir de fille de respecter les volontés de monsieur, votre père, je le conçois aisément. Donc, c'est avec plaisir que j'aide une jeune personne à réaliser cette noble tache qui vous vaut d'être une demoiselle digne de votre rang. »

Acheva Marc en ponctuant son discours d'un sourire, espérant rassurer ainsi la jeune femme. Il se demandait un instant s'il n'en avait pas trop fait. N'allait-il pas voir la jeune femme s'accrocher à sa présence plus que nécessaire ou y déceler des signes de tendre amour alors qu'il n'y avait là que devoir et courtoisie ? Il verrait bien et quand le problème se présenterait, s'il se présentait un jour, il ferait le nécessaire pour bien faire comprendre le fond de sa pensée. Pensées une nouvelle fois interrompues par la maladresse de la jeune femme qui laissa échapper plusieurs feuillets reliés en un ouvrage succinct. « - Je suis désolée de ma maladresse. S'excusa-t-elle avec visiblement ennuie d'être la proie de cette fameuse maladresse. Le visage de Marc s'éclaira brièvement d'un sourire amusé en songeant combien il en avait fait preuve dans cette église et voulu la retenir en posant sa main libre sur celle de la jeune femme pour capter son attention.

« Laissez, je vous prie. »

Il se pencha gracieusement à son tour, ôtant son bras servant d'appui à la jeune femme, pour ramasser le dit objet tout en indiquant.

« Vous n'avez pas à vous excuser... Je crois avoir fait montre bien pire en maladresse il n'y a que quelques minutes dans cette église... »


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