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 Henriette Anne d'Angleterre

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MessageSujet: Henriette Anne d'Angleterre   29.08.09 18:41

Henriette Anne d'Angleterre
ft. (Camilla Belle)



    22 ans
    A défaut d'être Reine de France, Reine de Versailles , ou presque... Princesse de France, Madame, Duchesse d'Orléans...
    Anglaises par mon père et Françaises par ma mère
    Mariée depuis le 31 mars 1661 avec Philippe d'Orléans, mère de Marie-Louise (4 ans) et Philippe Charles ( 1 an 1/2)


    « Que diable, vous êtes à Versailles ! »

    Un paradis ou un enfer versaillais ?

      « On a le vice des vertus, On se rajoute toujours plus, De chic de luxe et d'éclat, etc. »

    Connaissez-vous un Lion qui n’aimerait pas la savane ? Ou encore un roi qui n’aime pas son pays ? C’est ce même lien qui unie Henriette et Versailles. Un véritable nid de taffetas, de satin, de perruques et bijoux magnifiques. Son mari lui-même y a dicté les codes, et il s’est avéré être un excellent professeur pour la petite Henriette qui ne connaissait alors rien des plaisirs Versaillais. La pauvre petite Anglaise abandonnée par les siens a bien changé. Et maintenant elle règne sur cette Cour par sa préciosité, son charme, son esprit et son art de la danse. Elle brûle sa vie dans les plaisirs mondains, les intrigues, les tourbillons des fêtes. Et surtout, comment ne pas aimer le paradis ? Les jardins, ses appartements et mieux encore, la galerie des glaces. Tout avait été fait pour que Versailles soit le plus beau et que jamais rien ne puisse l’égaler par sa splendeur. Voilà au moins quelque chose que notre Roi avait réussi à faire…

    Vérité ou fantasme du complot ?

      « Des loups dans la bergerie » ; « Des crabes dans un panier, C'est la société »

    « Un complot ? Quelqu’un aurait-il entendu parler d’un complot ? Balivernes, qui pourrais en vouloir au Roi d’avoir su créer un si bel univers ? » Voici Henriette dans toute sa splendeur d’actrice, son meilleure rôle. Si quelqu’un veux en savoir davantage sur l’issue d’un complot, c’est certainement l’une des plus informée. Elle a commencer en achetant deux trois potions par-ci par-là à sa fidèle amie Marie Louise de Chevreuse, a continué en prenant pour amant l’un des plus fidèle partisan de la main de l’ombre comme on l’appelle dans le secret, et en prenant part tout à fait aux méfaits. Cela reste gentillet, Henriette ne serait choisir totalement un camps, mais tant qu’elle s’amuse c’est le principal !

    Plutôt colombe ou vipère ?

      « Des loups dans la bergerie » ; « Des crabes dans un panier, C'est la société »

    Autrefois colombe, inconsciente de ce qui l’attendait hors du couvent, c'est certainement devenue la meilleure des vipères! C’est devenue un jeu d’attiser les ragots. Par sa présence même et ses actes, tout un tas de petites choses peuvent être dites sur elle. Et elle adore être au centre de toutes les attention alors elle ne rechigne absolument pas à tout faire pour qu’on continue à parler d’elle. Madame est certainement l’un des sujets les plus évoqué à la cour. Que ce soit en bien ou en mal, mais il est irrévocable qu’elle plait et séduit la cour par ses grâces, comme bien peu de princesses françaises savent le faire. Mais plus encore que parler d’elle, elle lance les meilleurs sujets à la cour ! Elle se plait même à en inventer certains, du moment qu’ils font fureurs à la cours ! Et attention à ne pas vous attirer ces foudres, car si vous êtes sa cible, soyez certains de l’être pour le restant des Versaillais dans les jours qui suivent. Demandez dons à Marine d’Artagnan, elle saura bien vous renseigner…


    « Plus bas la révérence, plus bas. »

    Appelez moi Madame
    17 ans
    Régulière.
    Code bon by Alex
    Je suis faaaaan Je ne sais pas si j'ai un niveau excellent comme il est demandé mais j'essaierai de faire de mon mieux.



Dernière édition par Henriette d'Angleterre le 03.11.09 12:20, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   29.08.09 18:44

    « Il était une fois ... »

    Lady Morton: Highness, hurry up ! We have to run away quickly. Cromwell’s army is close to London now.

    Le soir tombait sur le labyrinthe de ruelles entremêlées qu’était Londres, capitale du royaume d’Angleterre, empreint à une révolte qui, d’un moment à un autre, pourrait conduire à la chute de Charles Ier. A mois que ce ne soit le matin qui se lève. Qui pourrait le dire, ci ce n’est cette horloge faite d’or qui tourne, indéfiniment, dans un cliquetis insupportable, emportant avec elle les heures amères des plus beaux de nos jours. En effet, malgré l’arrivée proche de l’été, saison fortement appréciée par toutes les cours, semble t-il, le temps à Londres depuis quelques jours s’apparentait à l’humeur sombre des habitants du palais. De lourds nuages gris se plaisaient à passer bas dans le ciel, sans laisser tomber une seule goutte de pluie, juste pour rendre l’atmosphère encore plus pesante qu’elle ne l’était déjà, et avec cette incroyable moquerie. Les parlementaires Anglais n’étaient vraisemblablement pas les seuls opposants, il fallait croire que tous les éléments se déchaînaient contre cette reine, Henriette Marie de France, fille d’Henry IV et sœur de Louis XIII, seule catholique dans un pays de protestant. Belle Dame en vérité, mais capricieuse et autoritaire. Ce pauvre Charles Ier avait déjà bien à faire avec les affaires du royaume pour être tellement fatigué qu’il laissait passer toutes ses plus folles envies.

    « Apportez moi les mets les plus fins », encore ! Toujours plus…
    « Apportez moi les étoffes et les joyaux les plus précieux », encore ! Toujours plus…
    « Amenez moi les meilleurs artistes », encore ! Toujours plus…

    Bien mal en fit le roi, d’ignorez le comportement peu amène de sa femme, quand on en voit aujourd’hui le résultat… Si encore on pouvait lui attribuer quelques qualités, comme la gentillesse, la compassion, ou même un semblant d’amour maternel… Mais il me semble, très chers gens, que nous rêvons tout debout. Elle avait bien de nombreux enfants. Mais à ses yeux, ce n’était qu’une bande de marmailles, inutile et encombrante. Encore aujourd’hui, comme cela était gênant. En effet, à l’aube de son départ imminent pour la France, son pays natal, Henriette-Marie était enceinte jusqu’au cou. Enfin façon de parler, évidemment. Ce futur bébé ne semblait pas bien gros. Mais pour la reine, ce n’était qu’une bouche de plus à nourrir, garçon ou fille, qu’importe, ce bébé ne serait pas roi. Et par-dessus le marché, cette larve gênait sa fuite d’Angleterre. Au château, le calme était de mise, excepté dans les appartements de la reine, où servantes et dames de compagnies s’affairaient pour le départ secret de la femme. Si on venait à l’attraper, elle serait assurément emprisonnée, voir même tuée, car on lui attribuait l’entière responsabilité de la guerre civile. Assise sur un fauteuil de velours d’un bleu sombre, le regard perdu dans le vague, Henriette Marie songeait à l’ultime faute qu’elle avait commise, menant son pays dans l’incertitude du lendemain. La jeune Lady Dalkeith, comtesse de Morton, s’approcha de son Altesse Royale et couvrit ses épaules d’un châle mauve, en harmonie avec sa grande robe brodée de fils d’or. Portant la main à son ventre, cette dernière se leva, tant bien que mal, avec l’aide de sa gouvernante.

    Dans la cour du palais, le carrosse était attelé, chargé des affaires de Madame et fin près à partir. Un vent frais effleura le palais, faisant frémir sous son poids les plus belles plantes du château. On aurait dit qu’elles s’inclinaient au passage de la reine, sachant qu’elles ne la reverraient probablement jamais. Comme un ultime adieu à la maîtresse des lieux. Le cocher, tenant vaillamment les rênes malgré l’heure tardive, réprima un bâillement à la vue de l’arriver de sa maîtresse, soutenue par Lady Morton qui chancelait sous le poids des deux êtres. Le silence était glacial. Seul le bruit des minuscules rafales et des feuilles virevoltantes parvenait aux oreilles. Le cocher mit pied à terre afin d’ouvrir la portière à la souveraine qui se retourna vers le château pour lui adresser un dernier regard emplit de tristesses et de regrets, avant de parvenir à se hisser à l’intérieur. La comtesse pris place à ses côtés dans un froissement de robes. Quand le cocher referma la portière et s’installa devant, la Lady passa la tête par la fenêtre, aux rideaux repliés, pour faire un signe de la main aux quelques personnes mises dans la confidence de leur départ venu voir le carrosse s’éloigné ; tandis que la reine s’appuya contre un coussin et fit basculer sa tête en arrière, afin de prendre une position confortable pour s’assoupir, lasse et fatiguée. Le voyage venait seulement de commencer qu’elle voulait déjà être arrivée…

    .. :: ♠~♠ :: ..


    Lady Morton : Here we are. It’s Exeter’s castle. Just a while again, Highness.
    Henriette-Marie : Ne me laisse pas… pff, pff… Ne me laisse pas seule avec ces… Aaaah !

    Une troupe de serviteurs s’affaira autour du carrosse royal. Une missive avait été envoyée un peu plus tôt dans la journée, prévenant de leur arrivée imminente. Une journée, une journée entière de pleurs, de cris et de gémissements. Tous les signes étaient là. La reine allait mettre son enfant au monde d’un moment à l’autre. La comtesse lui pressa la main et hocha la tête avec un sourire emplit de confiance pour lui montrer son soutient, avant qu’on ne soulève Henriette Marie du carrosse pour la mener au château. Une chambre avait été préparée à son intention et l’un des meilleurs médecins de la région avait été appelé. Mais alors d’où venait ce sentiment d’angoisse qui subsistait au fond du cœur de la Lady, en ce beau jour du 16 juin 1644. Depuis qu’ils avaient quitté Londres, le soleil était revenu, plein de bonnes intentions et assurant un avenir radieux. Il illuminait le teint assombri de la demoiselle par les jours de voyages qui venaient de s’écouler, bien trop lentement à son goût. Si ils se faisaient rattraper, Dieu seul sait ce qui pourrait leur arriver et cet accouchement impromptu ajoutait à son inquiétude. Et si l’ennemi l’apprenait, et si…. Elle se précipita à la suite de sa maîtresse, déjà allongée sur les tentures de soies bientôt rougies par le sang. La souveraine semblait littéralement épuisée, ses cheveux collaient à son visage en sueur sous les efforts déployés tel que le recommandait le médecin. Dalkeith pris place à ses côtés et lui pris la main. Avec celle de libre, elle caressa sa chevelure humide en lui intimant des mots doux d’encouragement. Cela n’aidait probablement pas la douleur à s’estomper, mais rassurait certainement la future maman, découragée par les longues heures de souffrance, dans son travail.

    Il lui fallut encore quelques heures avant de réussir enfin à donner vie à Henriette Anne Stuart d’Angleterre petite-fille d'Henry IV, nièce de Louis XIII et cousine germaine de Louis XIV. Stuart par son père et Bourbon par sa mère, la petite princesse était donc doublement de sang royal. La reine d’Angleterre tomba en pamoison, trop fatiguée pour résister une minute de plus au sommeil qui la tenaillait. Le médecin confia alors la minuscule petite fille à la comtesse avant de retourner prendre soin de sa patiente. A travers la fenêtre de la chambre, la lumière rose orangée du soir qui tombait éclairait la nouvelle princesse d’Angleterre. Une de plus, aurait dit certains. Elle criaillait à petite voix sans se lasser, les yeux clos. Ses petites mains et ses petits pieds gesticulaient dans tous les sens alors que la Lady essayait tant bien que mal de l’envelopper dans une tenture propre. Sa petite tignasse dorée en bataille contrastait avec sa peau de porcelaine. Cette vue fit sourire Lady Morton qui s’inquiétait cependant devant ce petit corps trop frêle pour résister davantage aux intempéries. Le médecin pria la salle de sortir afin de laisser Henriette Marie se reposer sereinement quelques jours avant de reprendre sa course folle pour gagner Paris. La gouvernante approcha le bébé près de sa maman. A présent elle était sage et se blottit entre coussins la rapprochant de la personne imposante qu’était sa mère. Mais cette dernière n’eut pas un seul regard en direction de la nouvelle venue. Avec ce qui semblait lui être un effort intense, elle murmura dans un soupir.

    Henriette Marie : Prend cette enfant avec toi. Je la verrais une fois entièrement rétablie. Pour le moment, fais donc ce que le médecin propose.

    Alors puisque le médecin l’a dis… La comtesse repris avec délicatesse la petite princesse entre ses bras. Plusieurs questions la tourmentaient, alors qu’elle prenait déjà en affection sans s’en rendre compte cette poupée. Qu’adviendrait-il d’une petite princesse d’Angleterre, venant d’un pays où tout n’est que guerre et sang ? Qui l’accepterait ? Survivrait-elle seulement ? Elle déambula dans les couloirs du château, portant dans le creux de ses bras la future promise du prince de France, sans le savoir, bien entendu. Gagnant une grande chambre, elle s’allongea sur le lit, Henriette à ses côtés et se permit de s’assoupir un moment, au son du petit souffle régulier émis par le bébé.

    .. :: ♠~♠ :: ..


    Le son de pas précipités, de froissements d’une robe, de talons qui claquent sur le parquet luisant. Deux mains se tendent en avant pour ouvrir à grands moyens les deux battants de la porte principale. Au dehors, le chant des oiseaux résonne dans la grande cour, vide. Le carrosse royal n’est plus là. Le cocher non plus. Prenant les pans de sa robe en dentelle à deux mains, elle se dirige à vive allure vers les granges. Seuls quelques palefreniers s’occupent des chevaux restant. Mais pas une traces de Neptune et Uranus, les deux étalons noirs de sa majesté. Sans un mot, ni aucune once d’inquiétude sur le visage, pour ne pas mettre en alerte tout le château, elle rebroussa son chemin et se dirigea pour la énième fois en direction de la chambre de sa maîtresse. Avant d’entrer, elle passe une main rapide sur les plis de sa robe, ne sait-on jamais. Peut-être la reine aurait-elle subitement réapparut. C’est vrai qu’elle semblait des plus étranges depuis son accouchement. Elle ne daignait voir la princesse uniquement aux heures d’allaitement, 10 minutes 5 fois par jours. Elle passait le reste de son temps seule, ou avec une servante lui faisant un peu la lecture alors qu’elle brodait quelques dessins sur un chiffon. Et puis elle écrivait, parfois. A qui ? Seul le messager en connaissait la destination, ainsi que la provenance des réponses. Seule chose à laquelle Henriette Marie semblait tenir grand intérêt. Une semaine s’était écoulée ainsi entre les murs d’Exeter. Bien trop long, au goût de Lady Morton qui aurait voulu reprendre la route à la minute même où ils s’étaient arrêtés. Mais la reine prétextait toujours quelque chose. Voila bien 3 jours qu’elle était remise tout à fait de ses couches, mais voilà qu’elle prenait la princesse en considération, quand cela lui plaisait bien, disant qu’un bébé de sa taille et de sa corpulence ne tiendrait pas au voyage. Quelle ineptie ! Retarder le voyage signifiait augmenter la chance de se faire rattraper, si tant est qu’ils soient poursuivis. Et elle ne donnait plus cher de leur peau.

    Elle se décida par rentrer dans la plus grande chambre. Vide, une fois de plus. Aucun miracle ne s’était produit entre le moment où elle quitta la chambre pour s’assurer que le carrosse était bien là, ce qui d’ailleurs avait échoué, et le moment où elle ouvrit de nouveau la porte. Le lit défait, les rideaux encore tirés. La reine avait bel et bien disparu. D’un coup, la tête lui tourna, le découragement et la fatigue accumulée des derniers jours retombèrent. Elle pris place sur un fauteuil, dans cette chambre vide, semblable à une tanière. Lasse, elle ne pensait plus à rien. Les cris d’un bébé se faisaient entendre au loin, résonnant entre les murs du château. Son attention se reporta alors sur ce petit être sans défense, abandonné. Elle tourna la tête, prête à se lever pour aller retrouver Henriette quand elle aperçut sur la petite table, entreposée à ses côtés, le vase remplit de roses, les fleurs préférées de la reine. Mais ce n’était pas les fleurs qui attiraient son regard. Soutenue parmi les tiges, une enveloppe, aux couleurs de nacre, se tenait droite, prête à ce qu’on la recueille. Elle était au nom de Lady Dalkeith. La comtesse retourna la lettre plusieurs fois entre ses mains avant de se décider à la décacheter pour l’ouvrir. Elle reconnue l’écriture fine et élégante d’Henriette Marie. De plus, la lettre était en français, la seule à parler ce langage si charmeur était sa reine. Heureusement qu’elle était à son service depuis suffisamment longtemps pour comprendre cette prose latine. La note était succincte, mais remplit de sens.

    Citation :
    « Voilà une fois encore que je m’apprête de nouveau à quitter ceux qui me sont proches. Je m’enfuie en France avec l’aide de Lord Jermyn. Je laisse à vos bons soins ma fille. Je vous suis redevable de votre dévouement envers moi durant toutes ces années et vous demande cette dernière faveur. Je gagne Paris, pour aller au Louvres où j’espère ma belle sœur saura se souvenir de mes liens étroits avec son défunt époux pour avoir la grâce de m’accueillir comme il se doit, moi, reine d’Angleterre et princesse de France. J’ai envoyé une missive au roi Charles, pour le prévenir de la naissance d’Henriette Anne. Il devrait vous répondre sous peu pour vous avertir des démarches à suivre.
    Comptant une fois encore sur votre loyauté, je souhaite que les grâces du seigneur vous accompagnent. »

    Et effectivement, une lettre parvint au château quelques semaines plus tard. Le roi devait être bien occupé pour répondre si tardivement. Il proposait de rebrousser chemin à Londres, et de baptiser la nouvelle venue selon les rites Anglicans, au vue du contexte politique, pour calmer un tant soit peu les esprits. Ce n’était que folie ! Personne n’accepterai cette nouvelle princesse, dont la mère a fuit en France, reniant son rang, ses actes et son pays d’accueil. Il fallut encore quelques jours à Lady Morton pour se décider. Elle gagnerait la France et irait retrouver Henriette Marie. Elle ne pouvait abandonner sa fille une deuxième fois. Et même si elle n’était pas accueillie comme il se le devait, elle aurait au moins probablement un toit, de la nourriture et surtout la vie sauve. Ce qui était beaucoup moins probable en restant plus longtemps dans un pays qui tombait peu à peu sous la coupe de l’ennemi. Henriette gargouillait et souriait, d’un sourire si enfantin et innocent. Inconsciente du danger qu’elle courrait. La gouvernante lui sourit et lui donna son doigt, qu’elle serra très fort au creux de son petit point. Elle porta lentement à sa bouche pour le mordiller tendrement. A la vue de ce petit bout de chou remplit de douceur, aux yeux dorés, si craquante, elle devait faire quelque chose. Mais le Roi et les parlementaires en avaient décidé autrement. Quelques jours plus tard, la garde royale vint trouver Lady Morton et l’enfant pour les ramener de force à Londres. Il n’était pas question de refuser ni de répliquer. Alors la gouvernante accepta à la condition de rester avec Henriette. Elle prévint le reste du château de son départ. Les dames du château avaient pris en affection la petite fille et versèrent quelques larmes à son départ, alors qu’elle avait toujours ce sourire radieux sur son visage. Pauvre petite.

    .. :: ♠~♠ :: ..
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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   02.09.09 18:07

    Au dehors, la pluie faisait rage, tambourinant continuellement et avec force contre les vitres opaques du château de Paris. Des appartements reculés, on entend s’activer en cuisines. Les pas précipités des valets et des femmes de chambres du château, qui accourent auprès des grands de ce monde, afin que le dîner soit fin prêt à l’heure prévu, sans accepter une seule minute de retard. La succulente odeur s’échappant de ces mets délicats parvint aux sens aiguisés de la tante de Louis XIV, qui respire avec envie ce délice qui ne sera jamais pour elle. En effet la cause britannique n'intéresse nullement le royaume de France et Anne d’Autriche, sa belle sœur, ne l'accepte de manière gracieuse qu'à cause de son rang de fille de France. Alors voilà que pour faire bonne figure on lui procura un petit coin au Louvres, sans qu’elle n’ait à déranger personne. Henriette Marie avait beau crier au scandale, personne ne l’entendait. Elle n’était plus que la reine déchue d’une Angleterre en guerre. Elle porta son regard vers son fils aîné, Charles. Son seul et dernier espoir de retrouver quelque dignité. Le roi l’avait envoyé rejoindre sa mère en France pour plus de sûreté. Il semblait déjà si grand, du au de ses 15 ans, assis là près du feu, le regard plongé dans un vieil Atlas qu’il conservait précieusement depuis tout petit. Voilà au moins une chose qui n’avait pas changée. Les journées étaient si longues et monotones. Ses rares promenades au jardins étaient ses seules occupations qui la distrayaient un tant soit peu, avec la couture et la broderie. Depuis maintenant deux ans qu’elle était en France, elle n’avait été conviée qu’à trois petites fêtes, sur toutes celles données au palais. Et personne ne venait lui rendre visite, ni même n’essayait d’engager la conversation avec elle. Aurait-elle eut quelques pustules repoussantes sur le nez, ou bien une vilaine maladie contagieuse ? En vérité, c’était presque cela. Avoir perdu son royaume était même bien pire.

    On frappa à la porte. Le petit Charles leva la tête de son ouvrage pour porter son attention sur sa maman. Ils se regardèrent un court instant, interloqués. Ils n’avaient pas l’habitude de recevoir. Les seules personnes promptes à entrer étaient les quelques serviteurs qu’on avait bien voulu engager à leur service, sans qu’ils ne coûtent quelques fortunes aux caisses royales. Mais ils ne venaient que quand on les sonnait et sans se faire annoncer. Henriette Marie fit signe à son fils de se lever, ce qu’elle entreprit elle-même de faire, tandis qu’il posait son Atlas à côté de lui pour se redresser de toute sa grande taille. La porte s’ouvrit alors sur un valet qui annonça qu’une certaine lady Morton cherchait à la voir. Le ton de sa voix était méprisant et un sourire moqueur à ses lèvres se dessina. L’anglaise écarquilla les yeux, signe d’étonnement, mais se ressaisit et pria le valet de faire entrer sa visiteuse. Il s’effaça alors pour permettre à une petite ombre, enveloppé dans un long châle de laine tout crotté, tenant par la main un petit enfant, aux cheveux coupés court, semblables à ceux d’un garçon. Mais on décernait les traits fins et les mains potelés d’une petite fille. La paysanne exécuta une révérence parfaite et leva la tête. Elle se décoiffa du tissu et passa en revue la pièce. Elle ne mis pas longtemps pour découvrir un petit salon, très propret, avec un petit canapé bleu ciel et deux fauteuils assortis, une table et quelques meubles avec des fleurs. Une cheminée et deux portes fermées, donnant probablement sur des chambres. Aux fenêtres des rideaux un petit peu défraîchis, mais le tout en assez bon état. La comtesse fut navrée de voir comment sa maîtresse fut reçue dans son pays natal. Elle finit par reporter son attention à Henriette Marie et Charles qui n’avaient pas bougé, ni pipé mot devant cette apparition surprenante. La porte se referma et le claquement sourd du loquet qui se refermait tacha de réveiller la reine.

    Henriette Marie : Lady Morton ? Est-ce vraiment vous ? Comment… ? Et quel est donc cet accoutrement ?
    Lady Morton : Laissez moi tout vous raconter, cela va prendre un moment alors asseyez vous Madame je vous prie. Et permettez moi d’abord de vous présentez Henriette Anne d’Angleterre, votre fille et votre sœur, ajouta t-elle à l’intention du prince.
    Henriette Marie : Dieu du ciel, Henriette !

    Charles se précipita à l’encontre de sa soeur et la serra dans ses bras, avant de relever la tête pour prendre le temps de l’admirer. Il ne l’avait encore jamais vu auparavant, mais la venue de sa sœur, qu’il croyait à jamais perdu le remplit de joie. La petite fille fut surprise mais ne pipa mot. Alors que pendant ce temps la reine s’était rassise sur son fauteuil, les yeux dans le vague, songeuse comme à son habitude, de pensées impénétrables. Le petit prince pris sa sœur par la main et la fit assoire à ses côté pendant que la gouvernante pris place sur un autre siège et commença son histoire. Elle raconta depuis tout depuis le jour où la reine les avait quittés. La lettre du roi, qui les somma de rentrer à Londres, pour baptiser la princesse selon le rite anglican. Le tourbillon qui menaçait la capitale, la guerre, qui tourna il y a peu de temps en la faveur des adversaires du roi. Le Parlement voulant lui voir être présenté la petite princesse. Et sa peur pour Henriette, ce petit être sans défense. Elle narra alors sa fuite d’Angleterre, comment elle avait réussi à déjouer les Anglais en se faisant passer pour une paysanne, et la petite pour son fils. Avec pour uniques bagages un sac, et une bourse remplie, le « petit garçon » dans les bras, et pour unique moyen de transport, une petite charrettes achetée à un marchant à mis chemin de la France.

    Personne n’osa interrompre le récit de la comtesse, épuisée par ce long voyage. La petite Henriette n’avait que deux ans, et ne pouvait comprendre l’importance de ce qui se passait. De plus elle ne parlait pas un mot de Français. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle n’avait pas aimé faire ce long voyage, dans cette chose inconfortable. Elle ne pouvait même pas manger quand elle le voulait et sa gouvernante avait pris sa poupée, jugée comme un jouet trop féminin pour un garçon. Mais maintenant qu’elle était arrivée, elle s’émerveillait de mille choses. Lady Dalkeith lui avait dit qu’elle verrait sa maman et son frère. Alors c’était elle, cette grande dame à l’air sombre, qui ne lui avait adressé qu’un seul regard depuis son arrivée ? Elle préférait son frère, qui la couvait d’un œil protecteur et affectueux. Elle grimpa sur ses genoux et se blottit contre lui, alors que lui jouait avec les minuscules bouclettes brunes de sa jeune sœur.

    Charles : Welcome, my dear little sister.

    .. :: ♠~♠ :: ..


    Dans la salle de danse du couvent de Chaillot, Charles et Henriette esquisse une danse, dans l’optique du prochain bal donné au Louvres. Le soleil illumine à travers les baies vitrées le couple de danseurs et la meilleure pianiste du lieu qui les accompagne gaiement. La jeune princesse sourie. Son frère est venu changer son quotidien monotone pour une semaine, avant de repartir pour l’Angleterre. Elle est si joyeuse quand il est là. Elle est mille fois plus attentive à ses leçons et ses récits de voyages qu’elle ne l’est tout le reste de l’année avec les sœurs de la visitation qui lui enseignent les arts et la culture, avec tout le savoir qu’elles possèdent. A cause de la Fronde et de la décapitation du roi Charles Ier le 30 janvier 1949, voilà à présent 7 ans, la veuve Henriette Marie et sa fille, abandonnées par le reste du royaume de France, n’ont d’autres choix que de se retirer au couvent. Les sœurs les ont accueillies à bras ouverts, offrant à jeune mademoiselle une éducation religieuse et princière, avec l’apprentissage des arts. Cette enfant était intelligente et elle sut rapidement profiter de ce qu’il lui était accordé, bien que ce soit assez rude pour une princesse de sang royal. Mais mère et fille n’intéressaient plus personne. Les deux femmes étaient tenues à l’écart de la vie de cour, étant femme et enfant d’un roi déchu et exécuté, pauvres, héritières d’une lignée royale que l’on croyait à jamais perdu. Voilà pourquoi l’occasion de se faire invité à une fête à la cour était rare et toujours la bienvenue. Dans ces moments là, la « reine » sortait enfin de sa chambre où elle passait ses journées à pleurer la mort du roi et à s’apitoyer sur son sort. Elle avait dû vendre tous ses bijoux et sa vaisselle pour assurer leur subsistance. Les hivers étaient froids, ayant à peine de quoi se chauffer. Et elles ne pouvaient se vêtir selon leur rang. Mais quand on avait la chance de se pavaner devant la cour, pas question de porter de vieux chiffons. On faisait appelle à un grand couturier et les derniers sous y passaient pour paraître encore présentable à la cour de France.

    Tout autour de la salle, les sœurs étaient assises et profitaient du moment pour bavasser un petit peu, tout en regardant le couple danser avec grâce et élégance, ou alors en brodant, ou en raccommodant quelques tissus. Elles avaient pris sous leurs ailes la petite Henriette. C’était un peu la poupée de la maisonnée. Vive et enjouée, pleine d’entrain et cultivée. Quel dommage qu’elle ne soit pas plus jolie. Il faut dire qu’elle se nourrissait à peine et était alors si maigre. Cela n’enlevait rien à son port de tête royal et à son air hautain, si accommodé à sa condition. Sa mère y veillait au grain. Pas question d’être assimilée à n’importe qui. Les dernières notes se firent entendre et la musique s’acheva. Les applaudissements de ce petit public improvisé retentirent dans la salle alors que les deux jeunes gens saluaient. Henriette riait, les pommettes rosies, le regard éclatant. Toute sa joie allait vers son frère qui la regardait plein d’amour. Il la prie par la main pour la mener à un petit fauteuil deux places, pour se reposer et discuter un peu de choses et d’autres, avec le son du piano en musique de fond.

    Charles : Ma très chère sœur, je suis si fier de vous. Vous avez encore progressé depuis la dernière fois que je vous ais vu, alors que vous dansiez déjà à ravir. Vous allez faire tomber des cœurs demain soir à la cour de France si vous dansez comme cela.
    Henriette : Oh non je suis une bien piètre cavalière en vérité. Vous êtes si doués que je ne puis que suivre vos pas. Comme j’ai apprécié ce moment ! J’espère que vous m’en ferez l’honneur une nouvelle fois demain devant ces gens.
    Charles : Malheureusement je dois repartir pour l’Angleterre à la première heure demain matin. Je ne peux m’absenter très longtemps. Si je veux pouvoir reprendre ce qui nous revient de droit et rétablir l’ordre des choses… Mais ne vous inquiétez pas tant, je reviendrais incessamment sous peu. Je ne peux rester loin de vous un long moment.

    Il passa sa main sur sa petite joue maigrichonne, pour lui en faire une caresse. Ses mains étaient si chaudes. Son seul frère arrivait à la fois à réchauffer son cœur et son corps. Alors malgré la tristesse qui l’empara à la pensée de se séparer à nouveau de son frère bien aimé, elle lui offrit un beau sourire. Puis elle se souvint alors de la dernière broderie qu’elle avait faite en pensant à lui. Elle se leva alors, s’excusa pour un moment et sortie de la pièce en courant. Ah, si sa mère la voyait courir ainsi, elle se fâcherait sûrement. Ce n’était pas possible pour une jeune fille de sa caste de se relâcher ainsi. Elle réapparut quelques minutes plus tard encore plus enjouée et excitée qu’à son départ. Elle tendit un petit carrée blanc à son frère qui l’attrapa délicatement. Il caressa le tissu et le fil du bout des doigts. Elle avait représenté le blason de la famille royal d’Angleterre sur un mouchoir blanc avec en dessous les initiales de leurs noms. H + C Stuart. Il se sentait à la fois joyeux de son cadeau et mélancolique, à la pensée de l’ancienne gloire de sa famille. Il lui promit de garder précieusement ce mouchoir avec lui. Il le plia en quatre et le glissa dans la poche de son veston. La pianiste entama alors un nouveau morceau, plus enjoué. Henriette tira son frère par la main et l’amena au milieu de la piste, pour recommencer à tourbillonner, sous l’œil amère de leur mère, qui les regardait de loin, par l’entrebâillure de la porte.

    .. :: ♠~♠ :: ..



Dernière édition par Henriette d'Angleterre le 05.09.09 17:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   02.09.09 18:09

    Et voilà qu’elle allait se marier ! A 17 ans. Avec un homme qui se passionnait pour la mode et les vêtements féminins. Et qui aimait aussi sûrement les hommes qu’il n’affectionnerait jamais sa femme. Il était peut être frère de roi, mais il n’était pas roi. A la bonne heure ! Voila que pendant 16 ans, ils ne leur avaient jamais adressé un seul regard. Mais maintenant que Charles II est monté sur le trône d’Angleterre, et je trouve ma fois que le hasard fait bien les choses, Henriette devient digne d’intérêt et un assez bon parti semble t-il pour Louis XIV et sa royale mère, pour être marié à Monsieur le Duc d’Orléans. Elle allait faire son entrée à la cour, c’était vrai, et devenir la troisième femmes la plus importante de France, derrière cette pimbêche d’espagnole et Anne d’Autriche. Mais elle n’allait pas devenir la reine. Elle l’avait pourtant tant espéré. S’était entraîné aux arts, cultivées avec tant de hâte et soutenue son frère pour reconquérir l’Angleterre. Ce n’était qu’une alliance stratégique, pour rattraper l’amertume d’Henriette et de sa mère, et aussi avoir à ses côtés une intermédiaire entre l’Angleterre et la France. De toute façon, elle n’avait pas le choix. Et puis maintenant que le roi était marié, c’était la meilleure place qu’elle pouvait espérer. Elle devrait s’en contenter. Henriette a bien changé, elle est devenue une beauté, bien loin de la jeune fille maigrichonne avec laquelle Louis XIV ouvrait les bals par pure convenance des années auparavant... De plus, malgré son jeune âge, elle avait déjà compris bon nombre de choses de la vie. Allait-elle survivre au milieu de ces vipères qui formaient la cour du roi Soleil ? Elle n’avait jamais vraiment côtoyé ce monde remplis de taffetas, de diamants, de mets et de vins somptueux. Mais elle avait hâte d’y être. Tout n’était que paraître, commérages, pouvoir et illusions. Elle jouerait à leurs jeux et serait la meilleure.

    Quelqu’un frappa à la porte et entra. C’était sa mère. Cette dame se réjouissait de voir sa fille entrer dans la famille royale de France. En vérité, elle se réjouissait pour elle-même. Elle ne manquerait plus jamais de rien. Son honneur et son rang était sauf. Ces enfants à qui elle n’adressait la parole qu’en de rares occasions autrefois étaient devenus le centre du monde. Ils lui avaient permis de retrouver son statut. Quel égoïsme, cela faisait peur. Mais au fond, Henriette remerciait sa mère. Grâce à elle, elle était devenue ce qu’elle était aujourd’hui. Une véritable petite précieuse. Lors de sa présentation officielle en tant que fiancé du Prince à la famille royale, il y a de ça une semaine, tous les regards s’étaient tournés vers elle. Elle avait adoré ça, être le centre de toutes les attentions. Qu’elles soient bonnes ou bien mauvaises. Mais on faisait attention à elle. Après l’avoir oublié pendant 17 longues années. Sa mère était suivie d’une petite troupe de servantes qui apportaient tout ce dont elle avait besoin pour la cérémonie. Le mariage. Seuls les personnalités les plus importantes seraient là. Et la famille royale. Son frère manquerait par sa présence. Mais il lui avait fait parvenir un magnifique collier en argent, avec de jolies boucles d’oreilles assorties et un petit mot la félicitant de son avancée sociale. Elle les porterait pour la cérémonie en pensant à lui. On déballa la robe et une divine jeune femme avec ses bouclettes blondes en cascade sur sa nuque et cet air hautain qui sied tant aux précieuses de cette époque s’approcha pour lui ajuster son corset. On la lui présenta comme Athénaïs de Mortemart, meilleure amie de Monsieur, qui la confiait à sa femme pour lui être sa dame de compagnie. Il faut croire qu’entre les deux jeunes femmes, le courant passa tout de suite. Elle devint rapidement une amie très chère et une confidente. Toutes deux se ressemblent et peuvent passer des heures à discuter sur tous les sujets du monde avec passion ou dédain. Ce fut Athénaïs qui engagea la première la conversation, se moquant de tous et de chacun. Alors qu’elle l’aidait à se préparer, elle lui appris quelques codes à tenir à la cour, qui fréquenter ou au contraire ne pas approcher. Et surtout elle la rassura sur son mariage et son futur époux, et sur la place importante qu’elle allait tenir à Versailles.

    Henriette : Parlez-moi davantage de Philippe. Dites m’en plus je vous en prie.
    Athénaïs : C’est un très beau garçon, un corps fin et bien fait, un visage aux traits doux, des yeux émeraude magnifiques qui laissent apercevoir toutes ses émotions. Avec lui, sûr de ne pas avoir d'histoires avec d'autres femmes, des messieurs tout au plus. Il a vraiment beaucoup de goût et est attentif à tous. Il aime la popularité. Et surtout, bien que Louis soit le roi de France, il laisse tout le plaisir à Monsieur de choisir les modes, les coutumes et les codes à Versailles. Il sait absolument tout sur les illustres frasques des nobles de la Cour. C’est un plaisir de converser avec lui, si bien sûr vous aimez les rumeurs.
    Henriette : Et bien ma chère duchesse, si je ne savais pas que monsieur préférait les hommes, je pourrais vous croire sa maîtresse ! Mais je dois dire que je me trouve bien plus de points communs avec lui que je ne l’aurais d’abord pensé. Se marier avec lui ne sera peut être pas si mal finalement.

    La future princesse de France fut bientôt prête. Plusieurs petites filles firent à leur tour irruption dans la pièce pour porter la traîne de la mariée, comme le voulait la tradition. Henriette sortie alors, suivie de près par Athénaïs d’un côté et sa mère de l’autre. La peur et le stress lui tenaillaient le ventre. Mais tout disparut d’un seul instant. Quand les grandes portes de la chapelle royale s’ouvrirent pour l’éclairer, et que toutes les têtes se tournèrent vers elle, plus magnifique que jamais.

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    Un cri suraigu se fit entendre dans tout le château de Saint Cloud. Il provenait des appartements de Madame, qui s’était retirée de Versailles depuis quelques temps pour mener à terme sa grossesse dans le calme, selon les recommandations du médecin. Saint Cloud était d’un ennui en comparaison de Versailles ! Mais il fallait avouer que son mari avait autant de goût qu’elle, et il avait choisi ce château dans les règles de l’art. Il lui avait expliquée à son emménagement que ce lieu avait appartenu aux Gondi, qu’il avait vu Henri III s’y faire tuer et Henri IV, leur défunt grand père, y devenir roi. Elle aimait se balader avec ses dames le long de la Seine, dans le magnifique parc dessiné avec goût par le très célèbre André Le Nôtre. Ce jour là même, comme à son habitude, bien qu’enceinte jusqu’au cou, elle profitait des premiers beaux jours du printemps quand ses contractions commencèrent, en compagnie d’Athénaïs et d’autres demoiselles avides de sa compagnie, de gloire et de reconnaissance. Elle trouvait cela pathétique mais s’en amusait beaucoup. Voilà bientôt 1 ans, dans 4 jours exactement, qu’Henriette avait fait sa rentrée dans la cour de France. La reine Marie Thérèse restait toute la journée allongée dans ses appartements et de plus, elle ne comprenait qu’un mot sur quatre en français. Ainsi, elle délaissait ses obligations de souveraine lors des divertissements, au profit de Madame, puisque tel était son titre maintenant, qui paraît telle une reine. Elle accompagne le Roi Soleil dans les ballets qui se jouent à la cour, ce que la reine qui danse bien gauchement ne serait faire sans paraître ridicule. Louis trouve en elle ce que Marie-Thérèse est incapable de lui offrir : Madame chante et danse à ravir. Intelligente, belle et ayant beaucoup de conversation, Henriette brille à la cour. Mais voilà que la reine Marie-Thérèse avait donné un fils au roi. Un héritier, qu’on dit beau et bien portant. Se sentant alors en concurrence, elle désira mettre au monde un garçon, lorsque par bonheur elle entama sa grossesse vers la fin de l’année. Et la voici presque 9 mois plus tard, dans la grande chambre qui lui avait été attribuée, dans l’aile gauche du château de Saint Cloud.

    Tout le monde était en effervescence et s’agitait dans tous les sens. Une femme de chambre apportait une bassine d’eau brûlante alors qu’une autre tenait plusieurs serviettes d’un blanc nacré. Une troisième encore appliquait un gant humide sur le front de sa maîtresse. Et sa jolie amie, devenue Madame de Montespan, se tenait fidèlement à ses côtés. Mais rien n’aurait pu atténuer la douleur que ressentait à cet instant, et depuis de longues heures interminables, la Duchesse d’Orléans. D’où les cris de souffrances abominables, et les traits crispés qui se dessinaient sur le visage de cette si belle femme. De plus la panique l’envahissait. Et si ça ne se terminait jamais ? Et si elle endurait tout cela pour rien ? Que son bébé était mort né ? Ou pire, que se soit une fille ? A quoi bon souffrir autant pour donner naissance à une pauvre petite fille insignifiante ? Et c’est avec ces pensées qu’elle poussa dans un dernier déchirement de douleurs. Alors de petits cris perçants prirent la place de ceux de la nouvelle maman. Apparemment, le bébé se portait bien. Ce fut une inquiétude de moins. La jeune Madame haletait, épuisée, en souriant à son amie. Elle avait réussi à donner la vie ! Un homme n’aurait jamais réussi à supporter une telle douleur. Le médecin quant à lui s’agitait au dessus du nouveau né. La maman s’impatientait de prendre son fils dans ses bras. Mais en fait, qui lui avait dit que c’était un garçon ? Elle s’en était juste convaincue elle-même. Grande alors fut sa déception, quand on lui annonça enfin que le nouveau bébé n’était autre qu’une fille. Elle dit alors ces paroles, gravés dans toutes les mémoires, qu’elle regretta presque aussitôt les avoir prononcés. Mais bien réelles quand même et témoins de son manque d’intérêt soudain pour son enfant.

    Henriette : Qu’on la jette à la rivière !

    Elle avait perdue contre la reine. Elle n’avait pas pu donner la vie à un héritier. Mais il fallait se reprendre, et faire bonne figure. Elle daigna quand même prendre sa fille dans les bras. Lorsque Philippe, son « cher et tendre » époux se décida enfin à rentrer de sa partie de chasse, n’ayant pas été prévenu plus tôt de la mise à bas de sa femme, tout le monde se retira pour laisser seuls les deux nouveaux parents. La coutume était telle. Ils devaient décidés du prénom à donner à la nouvelle duchesse. Ils en avaient bien sûr déjà discuté. C’était l’un des seuls sujets qu’ils pouvaient abordés sans que l’un ou l’autre ne prenne la mouche. Pourtant ils auraient du si bien s’entendre. Ils étaient parfaitement assortis : aussi beaux, précieux et fiers. Justement, cette similitude les éloigna plus qu'autre chose. Où étaient passés les premiers mois de leur mariage ? Lorsque le couple d’Orléans était la coqueluche de la cour, grâce à Henriette et sa joie de vivre, sa spontanéité, qu’ils recevaient à tout va, que même le roi se faisait une joie de venir se divertir à leur côté. Ces temps là sont partis en même temps que la cour s’était installée à Fontainebleau pour permettre à la reine d’accoucher. Lorsque le roi avait commencé à s’intéresser à la Duchesse, à partir de ce moment là le couple commença à s’éffriter, sans aucun doute. La petite porterait le deuxième prénom de sa grand-mère maternelle, Marie, qui s’en ferait une joie. Et par honneur au roi, Louise serait sa seconde appellation. Ainsi, lors du baptême, quelques temps plus tard, et par la même, lors de sa présentation officielle à la famille et à la cour, le monde acclama le nom de Marie Louise d’Orléans.

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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   05.09.09 17:35

    « Les plaisirs de l’Île enchantée » Cette fête de cour promettait d’être réussie, rien que par le nom qu’on lui donnait. C’était le 8 Mai 1663. [Il me semble que normalement la véritable date est 1664, et en l'honneur de La Vallière, mais veuillez pardonner mon léger anachronisme. J’espère que cela ne pose pas de grands problèmes. Auquel cas faite le moi savoir et je corrigerais.] Louis voulait offrir à Madame une petite fête pour éblouir la belle, au grand dam de sa mère et de son frère. Ils s’inquiétaient donc tellement pour rien ! Mais cela faisait au combien sourire Henriette et son beau frère qui s’en amusait et en jouait davantage. Le Roi appréciait chez Henriette sa beauté, sa culture et son goût pour le luxe, mais n’avait jamais penser qu’ils puissent être amants. C’était un amour platonique, de grands complices. En effet, Henriette appartenait à la famille du monarque en étant sa cousine, mais était par la même devenue sa « sœur » en épousant Monsieur. Louis ne se serait jamais permis de défier l’autorité religieuse qui interdisait les incestes ! Alors si ils leur plaisaient de croire cela, pourquoi les contredire ? Mais Philippe et sa mère essayaient par tous les moyens de les séparer. C’est pourquoi il fallait se montrer plus prudent dorénavant. Et Henriette avait un plan, qu’elle allait soumettre au roi pendant la pièce de ce soir. Molière donnait une comédie galante, La princesse d’Elide. Accompagnée par la musique de Lully, soit un véritable délice pour tous les amateurs d’art. Henriette, elle, adorait, comme son cher mari, l'art dans toutes ses formes et le théâtre en faisait bien entendu parti. Un peu plus tard, elle prendra d’ailleurs sous son aile cet écrivain et le soutiendra. Il lui dédiera par ailleurs la pièce La critique de l’école des femmes, représentée pour la première fois le 1er juin 1663, en la décrivant en ces termes.

    Citation :
    «La matière, Madame, ne saute que trop aux yeux ; et, de quelque côtés qu’on vous regarde, on rencontre gloire sur gloire, et qualités sur qualités. Vous en avez, Madame, du côté du rang et de la naissance, qui vous font respecter de toute la terre. Vous en avez du côté des grâces, et de l’esprit, et du corps, qui vous font admirer de toutes les personnes qui vous voient. Vous en avez du côté de l’âme, qui, si l’on ose parler ainsi, vous font aimer de tous ceux qui ont l’honneur d’approcher de vous : je veux dire cette douceur pleine de charmes dont vous daignez tempérer la fierté des grands titres que vous portez ; cette bonté toute obligeante, cette affabilité généreuse que vous faites paraître pour tout le monde. […]Mais encore une fois, Madame, je ne sais point le biais de faire entrer ici des vérités si éclatantes ; et ce sont choses, à mon avis, et d’une trop vaste étendue et d’un mérite trop élevé, […] »

    Mais revenons en à ce fameux soir de Mai 1662. Madame entra au bras du roi, après l’annonce de l’arrivée du couple royale. Marie Thérèse était une fois de plus « souffrante ». La pièce allait commencer. Les murmures envahissaient la salle. La cour se prêtait à son jeu favori, les ragots. Et en voyant le roi arriver une fois de plus accompagné de Madame, ils ne pouvaient qu’êtres satisfaits pleinement ! Tout le beau monde était de la fête. Ils avaient revêtu leurs plus belles parures, leurs plus beaux vêtements. Briller aux yeux du roi paraissait être l’essentiel ! Ah le faste d’une fête de cour. Les serviteurs aussi étaient bien habillés, à l’affut d’un signe, prêt à rendre n’importe quel service à n’importe qui. Henriette pris place au milieu de son époux et du roi. Derrière, les dames de compagnies et favoris. Parmi elles, Louise de la Baume le Blanc, future duchesse de La Vallière, nouvelle demoiselle de la duchesse d’Orléans. Son plan. Lorsque la pièce commença, Henriette se pencha vers le roi, lançant des coup d’oeils furtifs vers son époux, pour le rendre davantage jaloux. Et elle lui murmura tout dans le creux de l’oreille. Cela semblait si simple. Faire croire que le roi s’était en fait amouraché de Louise, en lui faisant la cour en public, alors que cette femme ne serait qu’un « paravent » derrière laquelle ils pourraient continuer à se voir. Le roi l’en félicita d’un sourire, et osa même un furtif baiser sur la joue de sa compagne, de quoi faire jaser la cour une fois de plus. Leur attention se reporta alors vers la pièce qui reçut maints et maints applaudissements. Tout aurait effectivement était si simple. Mais Madame n'avait pas bien vu les grands yeux bleus, le teint diaphane et le corps harmonieux de la jeune fille, qui de plus alliait le charme à une modestie touchante. Vous connaissez la suite, la fière princesse détrônée par l'humble suivante. Louis XIV touché par tant de grâce tombera éperdument amoureux de Louise et abandonnera alors celle qui était tout de même la femme de son frère. Henriette-Anne, qui ne se consolera pas de la perte de l'amour du Roi, décidera alors de briller là où Marie Thérèse est absente, elle sera la reine des fêtes, la protectrice des arts et des lettres, elle ne se repose pas et ne vit que pour les plaisirs de la danse et de la chasse. Le jeu, la danse, le vin, les festins et l'amour seront pour elle des activités aussi courantes et innocentes que la broderie et la poésie pour d'autres. Madame trouvera aussi du réconfort auprès de sa fidèle petite chienne, Mimi.

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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   05.10.09 21:27



    Henriette : Permettez moi de vous présentez la duchesse de Monaghan. Elle a grandie en Irlande, avant d’être amenée à la cour d’Angleterre pour y recevoir une éducation. Et voici que mon tendre frère me demande de veiller sur elle et de l’introduire à la cour de France avant son mariage avec le prince de Saxe. Et elle ajouta plus bas ; Et si vous voulez mon avis, cette charmante enfant a fait un petit passage dans son royal lit avant de m’être remise. Mon frère égale bien le roi Louis par le nombre de ses conquêtes !

    Un petit rire s’échappa du petit groupe formé autour de Madame. Seule la principale concernée ne savait pas de quoi il s’agissait. Par ailleurs elle avait encore un peu de mal avec la langue Française. Alors la Duchesse avait tout le loisir de médire, son activité favorite, sur sa nouvelle demoiselle d’honneur. Pourtant elle était encore si jeune et pure, et elle lui rappelait son enfance. Elles auraient pu si bien s’entendre, cette petite remémorant l’Angleterre natale et son frère. Mais justement c’était son frère qui lui avait conseillé de la prendre sous son aile. Comment une Irlandaise pouvait prétendre avoir approché le roi d’Angleterre ? C’était l’un de ces jours froids de Décembre, où il n’est pas permis de sortir sans mourir frigorifiée dès que le petit orteil est mis au dehors. Les commérages et les visites sont donc les seules distractions appropriées à cette époque avant de voir les beaux jours revenir. Madame avait donc regagné son château, où il fait bon de faire quelques apparitions parfois. Et surtout pour voir ses enfants et son bien aimé Philippe Charles. Depuis que le Roi s’était épris de la Duchesse de la Vallière, tout allait pour le mieux entre son époux et elle qui s’étaient réconciliés, du moins en apparence, et elle se montrait alors une maman exemplaire. Leur faisant la lecture au coin du feu et parfois même participait aux leçons de la petite Marie Louise. Mais en ce moment, les deux chérubins se reposaient après avoir passé la matinée aux cuisines pour concocter un délicieux gâteau à leur père, avec l’aide de leur cuisinière.

    Alors Madame s’était autorisée à inviter Marie Louise de Chevreuse. Certaines vipères de Versailles se plaisaient à dire que cette demoiselle complotait contre le roi. Henriette y croyait à moitié, mais de toute façon, n’était-elle pas elle aussi impliquée dans ces histoires ? Sans que personne ne soit au courant il en va de sois. Marie Louise était une amie sincère, qu’elle tenait en grande affection ainsi qu’en haute estime. Il faut savoir que dans le secret, la Chevreuse lui concoctait des petits filtres de beauté mais aussi des potions… disons pour une utilisation différentes, à des fins de vengeance. Elles aimaient discuter seules à seules sur le sujet, mais aujourd’hui ce n’était qu’une visite amicale, rien de plus. On racontait aussi que la Dame deviendrait prochainement une dame de compagnie d’Henriette. Cette dernière n’était pas contre l’idée, loin de là, mais ne voulait pas attirer d’avantage les regards sur leur curieuse complicité. Mais les voilà encore réunies, papotant de la pluie et du beau temps, mais aussi, et surtout, des dernières rumeurs versaillaises.

    Marie Louise : Savez vous que Marine d’Artagnan à encore été vu avec son beau frère, sans son mari, évidemment. Cette idiote qui a réussi à voler l’un des plus beaux partis de la cour en demande encore ! Je plain sincèrement ce pauvre Alexandre d’avoir une femme si peu fidèle. Bien sur je serais une oreille attentive et surtout une épaule si il a besoin de réconfort !
    Henriette : Je ne doute pas de votre bonté envers ce cher mousquetaire ! Pouffa t-elle. Il faut croire que cette pauvre cuisinière ne connaît pas sa chance. Peut être que je lui demanderais de me faire deux ou trois corvées supplémentaires pour la punir !

    Une femme de chambre apporta le service à thé, accompagné de petits gâteaux secs. Madame n’y toucha pas ne se sentant pas au mieux de sa forme, ballonnée, sûrement dû à un excès de fête en tout genre, alors qu’Athénaïs et Marie Louise en mangèrent plus que de raison. Elle demanda à sa nouvelle et toute fraîche dame de compagnie de bien vouloir jouer du violon pour son invitée et elle. La jeune fille se leva alors et partie à la recherche de son instrument. C’est alors le moment que choisit Philippe pour faire son apparition. Il arriva fièrement, et vient saluer ces dames. Et s’assit un moment pour converser évidemment, comme le voulait la bienséance, dictée par lui-même. Elles eurent alors tout le loisir de minauder, devant monsieur et ses favoris, qui portaient l’annonce d’un bal prochain à Versailles, où toutes étaient naturellement conviées. On parla alors de robes, de coiffures et de maquillage, un sujet fort apprécier de Monsieur qui participa gaiement à la conversation.

    Il s’attarda encore lorsque Mary fit son retour parmi l’assemblée. Henriette lui annonça le bal prochain et lui assura qu’elle y ferait une apparition des plus remarquées. Comme premiers pas dans la cour, elle ne pouvait rêver mieux. Du moins, c’est ce que pensait Henriette qui était loin de se douter que la timide Mary aurait préférée rester cloîtrer pendant tout ce temps. Mais l’enthousiasme l’emporta. On la pria après cette effervescence de jouer un morceau de violon. La musicienne porta son instrument à hauteur de ses épaules. Et lentement, alors que tous les regards étaient tournés vers elle, elle commença à jouer. Il fallait au moins lui attribuer le fait de ravir les oreilles de n’importe qui. Elle semblait transportée dans un tout autre lieu imaginaire quand elle jouait. Un lieu assurément remplit de bonheur. Et elle emmenait avec elle tous ceux qui avaient la chance de l’écouter. Madame ferma les yeux pour apprécier davantage ce doux son. Elle aurait voulu que jamais cela ne s’arrête. Mais tout avait une fin. Encore plus les bonnes choses. Les applaudissements de la salle accompagnèrent sa dernière note. Même la Duchesse d’Orléans y pris part et Monsieur félicita une dernière fois la charmante demoiselle avant de prendre congé. La timide Mary en avait le feu aux joues. C’était si adorable.

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    Un bal Masqué. Quelle charmante idée. De quoi se distraire encore plus ! Et surtout l’occasion de faire de délicieuses rencontres. Le masque n’était qu’un prétexte, évidemment, tout le monde vous reconnaissait. C’est là que le jeu des faux semblant apparaissait au grand jour. Lorsqu’elle daigna enfin entrer dans la salle de bal, la fête battait son plein. Le froissement des étoles de luxe, le scintillement des diamants, la musique enivrante et le vin qui coule à flot. Voilà le monde qu’elle aime. Celui dont elle en est la reine. Elle n’était pas souvent seule. Mais voulait absolument respecter les règles de ce bal et ne fréquenter personne qui aurait pu compromettre sa véritable identité. Bien que dès son apparition la chose fut faite. Qui n’aurait pas pu la remarquer, avec son allure, son style et ses attitudes si reconnaissables au milieu de tout le beau monde ? Mais chacun fit comme s’il n’en était rien. Et elle en fit de même, par exemple pour le duc de Surrey qu’elle voyait là bas, ou la princesse de Russie, venue faire son entrée à la cour depuis peu, qu’elle apercevait près de la duchesse du Luxembourg, en pleine conversation. Il était si facile de tous les démasquer et elle s’en amusa pendant un moment, avant d’être interrompu. Qui était cet homme qui osait venir lui demander une danse, sans avoir eu sa permission auparavant. Elle ne le reconnaissait pas. Etait-ce le masque ou bien tout simplement qu’elle ignorait parfaitement qui il était ? Elle le congédia poliment avec un sourire non dissimulé. Elle se retourna et piqua du bout des doigts un fruit confit, posée dans une des nombreuses corbeilles de filigranes garnissant la table. De suite la corbeille fut réapprovisionnée par l’un des nombreux valets présents les soirs d’appartements. Elle sortie alors du salon de Vénus pour entrer dans le salon de mars, où les musiciens jouaient des musiques à la demande des invités. Certains nobles, parmi les plus talentueux, s’essayaient même à l’exercice, en chantant ou bien en jouant du violon. Il lui était arrivée à elle aussi d’user de sa voix, qui avait d’ailleurs fait des ravages. Elle s’aperçut alors que le jeune homme la suivait. S’en était troublant. Que lui voulait-il ? Elle osa s’approcher de lui, sous le regard de la cour, enfin surtout de ceux à la recherche de nouvelles croustillantes, qui n’étaient pas tout occupés à autre chose.

    Henriette : Qui êtes vous ? Que me voulez vous donc à la fin ?
    Cédric de Portau : Je m’excuse de ne pas avoir eu l’obligeance de me présenter plus tôt, mais n’est ce pas la raison même d’un bal masqué ? Puisque j’effraye Madame, il est de mon devoir de décliner mon nom. Cédric de Portau pour vous servir. Pour ma défense, j’ai juste était tellement subjugué par la beauté, la grâce et l’élégance de Madame que j’eu la fougue et trouvai le courage de venir vous demander de m’accorder une danse. Mais excusez mon insolence, si cela vous déplait je ne recommencerais point. Par contre, ne m’enlevez pas le privilège de vous contempler et ne m’obligez point à détourner les yeux, je ne le pourrais sans un immense effort.
    Henriette : Il suffit voyons, vous en avez bien assez dit. Il me semble qu’après tant de belles paroles je ne peux me refuser à vous une nouvelle fois ! Et bien, dansons !

    Elle se dirigea, accrochée au bras du jeune homme, vers le salon d’Apollon, pour y danser ensemble. Heureusement qu’elle portait un masque ! Sinon le monde aurait remarqué ses petites pommettes rouges. Elle ne se laisserait plus jamais avoir à ce jeu là. Mais c’était si agréable ! Personne n’avait oser lui parler si sincèrement et avec tant de simplicité depuis bien longtemps. Et qui lui reprocherait ? Son époux, peut-être. Celui là même qui affichait son homosexualité sans aucune honte et essayait à peine de dissimuler le fiasco total qu’était leur mariage, alors qu’Henriette s’y efforçait tant. Finalement ce n’était pas si mal d’accepter les sérénades d’un bel homme. Elle était curieuse maintenant, d’en apprendre un peu plus sur lui. Il lui aurait été aisé de demander à l’un de ses gens de se renseigner, mais elle avait d’autres projets, pour elle et lui. La danse commença. Ils prirent place et se saluèrent. La danse s’effectua sans un seul mot. Les partenaires ne se lâchèrent pas un seul instant des yeux. Il dansait divinement bien, au-delà même de ses espérances. Ils jouaient. A la fois chaud et froid. Distants et rapprochés. Je veux et je ne veux pas. Après la danse, la soirée continua sur le même ton. Ils s’étaient compris, d’un unique regard, ils s’étaient compris. Et lorsque la fête toucha à sa fin, que chacun regagnait son château où ses appartements au palais, elle l’avait attendu. Après la cérémonie du coucher, elle était restée éveillée, dans sa petite chemise de flanelle blanche. Assise dans son fauteuil, recroquevillée, elle lisait une œuvre de Shakespeare. Et il était venu. Ils avaient vécu une nuit de frissons, de passions brûlantes. Pas d’amour, mais le plaisir n’en était que multiplié. Et la soirée se termina. Il ne pouvait rester, même si elle l’aurait voulu garder contre elle.

    Elle en apprit davantage sur lui par la suite. Les commérages allaient bon train et elle se surprit de ne pas y avoir fait plus attention auparavant, quand elle ne s’intéressait pas encore à lui. Les dames rigolaient en assurant qu’il s’agissait d’un mauvais garçon, mais en vérité elles semblaient jalouses de toutes les filles qui l’intéressaient. Son charme indéniable faisait allégrement oublier son goût pour les demoiselles. On disait de lui qu’il savait se tenir, il parlait bien, et avait ce quelque chose de mystérieux qui pimentait encore plus son regard ténébreux. Rien de tel pour attiser la flamme de curiosité qui se tenait dans le cœur de Madame. Tout se passa vite et dans le plus grand des secrets. Après quelques missives échangées, ils se retrouvèrent chez le comte de Gan, alors qu’Henriette rentrait de Versailles pour regagner Saint Clou. Elle disait profiter du chemin pour rendre visite à un ami, bien que cela lui fasse faire un grand détour…. Mais très peu étaient au courant, encore moins ceux qui y prêtaient une quelconque attention et seule sa fidèle Athénaïs savait de quoi il retournait. Et ces quelques heures volées devirent une habitude. Elle aimait son côté sauvage et sa mauvaise nature ! Ah la passion charnelle et dévorante de l’âme… Elle aurait tout le loisir de se confesser plus tard… Mais plus le temps passait et plus ses confessions devirent lourdes… Surtout une fois qu’elle découvrit les plans machiavéliques de son amant. Elle se tu au début, mais quand elle découvrit la véritable nature du complot, elle ne pouvait plus rester de marbre. Cédric pris peur, cela se voyait dans ses yeux. Alors il fut véritablement surpris lorsqu’elle lui annonça qu’elle prendrait part au jeu. Après tout elle en voulait encore au roi de son abandon, quelques années auparavant. Et elle se fichait de savoir qui pouvait être roi à Versailles, du moment qu’elle en restait la reine…



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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   01.11.09 10:51

Avec énormément de retard et une grosse honte, je voulais te dire que t'es validée. ^^'

Je ne sais pas si le côté historique est respecté tout simplement parce que je suis nul en histoire de l'ancien régime. PTDR

Ta fiche reste en tout cas un délice tant au niveau intrigue qu'au niveau rédaction. Tu as parfaitement cerné le personnage et je pense que tu lui donnes toute l'ampleur que nous avions envisagé lorsqu'il a été créé dans les prédefs. Smile

Je t'invite donc à passer à l'administraion de ton persos, pour tes Rp, tes liens et un éventuel rang. Et puis à jouer. Very Happy
T'as même droit à un bisou pour m'excuser. Embarassed Kiss 2

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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   01.11.09 13:13

Tu n'es pas du tout en retard pour la simple et bonne raison que je n'ai pas finis xD
Enfin en fait il me reste à écrire les parties :
Un paradis ou un enfer versaillais ?
Vérité ou fantasme du complot ?
Plutôt colombe ou vipère ?

Mais si cela vous convient comme cela... x)
En tout cas je suis honorée de tant d'éloges, je ne sais pas si je le mérite...

J'accepte avec plaisir le bisou et vous le rend en mille =)
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Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   01.11.09 13:24

Ah la la Alexandre Laughing
J'aime ton histoire et pour l'anachronisme ce n'est pas non plus la chose la plus grave qui soit !
Si tu pouvais écrire ce qui te manquait, ca serait bien mais pas besoin de roman, ton histoire en est déjà un ^^

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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   01.11.09 13:28

Mon tendre époux Calin

Je m'en vais la terminer de ce pas (enfin plutôt demain je pense en fait xD)
Je n'écrirais pas un roman, promis. Je m'excuse de vous avoir obligés à lire un pavé, je me suis laissée emporter ^^"

Ralala à demain alors x)
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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   01.11.09 13:36

Oh j'aime les romans quand ils sont bien écrits, faut surtout pas s'excuser de ça !
D'ailleurs, depuis le temps, j'ai mon histoire à terminer ...

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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   01.11.09 14:57

Henriette d'Angleterre a écrit:
Tu n'es pas du tout en retard pour la simple et bonne raison que je n'ai pas finis xD
Enfin en fait il me reste à écrire les parties :
Un paradis ou un enfer versaillais ?
Vérité ou fantasme du complot ?
Plutôt colombe ou vipère ?

Mais si cela vous convient comme cela... x)
En tout cas je suis honorée de tant d'éloges, je ne sais pas si je le mérite...

J'accepte avec plaisir le bisou et vous le rend en mille =)

J'ai été tellement pris par l'histoire que j'avais complètement oublié le reste. Embarassed
Presque validée, alors. Laughing

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MessageSujet: Re: Henriette Anne d'Angleterre   03.11.09 12:22

Et voili voilou! Bon du coup j'ai cherché à faire court mais... C'est trop court, nan?

N'hésitez pas à me dire si je dois rajouter des lignes. Disons que comme j'ai plus ou moins répondus à ces questions dans mon histoires, j'ai finit par être à court d'idées xD
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