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 ANGÉLIQUE___ «Marquise des Anges »[5%]

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MessageSujet: ANGÉLIQUE___ «Marquise des Anges »[5%]   26.08.09 23:29

Angélique-Marie, Béatrice - DE LUZY-CONDÉ DE SANCERRE

_______ ft. (Natalie Portman)



    ► 23 ans;
    ► Demoiselle de Luzy, Comtesse de Condé;
    ► Française;
    ► Célibataire;


    « Il était une fois ... »

    15 août 1643

      Combien de temps dura la tempête de douleur qui ensevelit Béatrice ? Celle-ci eût été incapable de le dire, mais il lui parut une éternité. Le temps s’effaça et avec lui, la conscience de tout ce qui n’était pas la torture de son corps. Même son chagrin s’en trouvait aboli. Bientôt, la douleur ne laissa plus trêve ni repos. C’était comme si l’enfant, tel un géant secouant les murs de sa prison, faisait tout éclater en elle pour venir au plus vite à la lumière. La seule chose réelle, en dehors des affres du supplice, était le visage anxieux de Louis, éclairé par les flemmes de la cheminée et sa voix qui murmurait des paroles d'encouragement. Et puis, elle ne criait plus, mais un gémissement continu s'échappait de ses lèvres sèches que Raphaël humectait de temps en temps. Elle haletait, prise au piège de cette souffrance sans rémission qu'aucune force humaine, aucune magie ne pourrait faire cesser et qu'il fallait endurer jusqu'à son terme normal. Par instants, Louis passait sur son front en sueur un linge imbibé d'eau de vie et l'odeur fraîche ranimait un instant la parturiente, puis l'enfant revenait à la charge et replongeait sa mère dans son martyre. Vers la fin de la nuit, la conscience claire de la jeune femme commençait à s'embrumer quand une sage-femme, qui écartait le père et le frère, ordonna d'aider le travail et de pousser.

        « Je ne peux pas... Je ne peux plus... Laissez-moi mourir !»
        « Vous n'allez pas mourir et l'enfant va être là dans quelques minutes. Encore un peu de courage, ma mignonne !»

      Du courage ? Béatrice ne savait plus ce que c'était. Elle obéit néanmoins, presque machinalement, et, soudain, il y eut une douleur plus forte que les autres, une douleur au sommet de toutes les douleurs qui lui arracha un véritable hurlement. Dans le jardin où les gens de la maison attendait, on se jetait à genoux, les mains sur les oreilles. Mais ce fut le dernier. L'instant suivant, Béatrice, délivrée, plongeait enfin dans la bienheureuse inconscience qu'elle avait tellement désirée. Elle n'entendit ni le chant enroué du coq, ni le piaillement rageur du bébé dont la sage-femme claquait les fesses d'une main experte, nu le cri de joie de Louis.

        « C'est une fille ! »

      Quand elle revint à elle, il lui sembla flotter à travers une brume légère. Son corps n'existait plus. Il avait miraculeusement rompu les amarres qui le retenait à une terre cruelle et sans pitié, au point qu'un instant, Béatrice crut avoir atteint le séhour bienheureux. Pourtant, la voix douce et chaude, pleine de bonheur de Louis lui démontra qu'elle figurait toujours au nombre des vivants.

        « Elle a ouvert les yeux ! Apportez vite un œuf battu dans du lait, Péronnelle ! Il faut lui rendre des forces... après ce beau bébé que tu m'as fait... »

      Instinctivement, Béatrice laissa ses mains glisser le long de son corps et constata qu'il était redevenu plat, presque comme le passé. Elle se souvint alors de ce qu'elle avait enduré et demanda, encore d'une voix faible :

        « L'enfant ? Est-ce qu'il est né ? »
        « Bien sûr qu'il est né ! Tiens ! La voilà ! »

      Entre les mains de son époux, il y avait un paquet blanc de linges fins que l'heureux père, avec des gestes pieux, vint loger entre le bras de la mère et sa poitrine. Béatrice se souleva un peu et vit un petit visage rouge et fripé dans l'encadrement neigeux d'un béguin de baptiste brodée, deux poings minuscules et cependant parfaits qui se serraient près du bout du tout petit nez. Elle écarta un peu son bras pour mieux le sentir et, instinctivement, sourit à ce bébé qui était sien.


        « Dieu, qu'elle est laide !»

      Raphaël, qui se tenait lui aussi tout près de sa mère, contemplait sa petite sœur avec un regard à la fois curieux et dédaigneux de ces grands-frères qui, du haut de leur trois ans, ne comprennent pas encore quelle beauté on peut bien déceler chez un petit bout de chaire qui fait tant souffrir avec d'arriver au monde. Devant sa mine déconfite - il espérait au moins que la chose en valait la chandelle ! - Louis et Béatrice éclatèrent de rire tout en échangeant un regard doux et plein d'amour pour l'un et l'autre.

        « Tu veux dire qu'elle est superbe ! Ce sera une belle fille, vous pouvez m'en croire ! Avec une figure d'ange comme ça, bien malotru celui qui choisirait de faire le difficile... »

      La voix forte de Péronnelle résonnait à nouveau dans la pièce alors qu'elle apportait le lait de poule; et ce fut sur ces paroles sages - mais qui lui avait tout de même valu un froncement de sourcil de par le maître de maison - que le prénom de la petite fut décidé. Elle s'appellerait Angélique. Angélique-Marie, car née sous le jour de l'assomption de la Sainte Vierge, la petite avait pour patronne la plus saintes d'entre toutes les femmes...

      23 janvier 1646

        « Mais pourquoi ? »

      La petite fille ne voulait pas comprendre. Elle ne pouvait même pas le comprendre. Quand on lui annonça que désormais, Raphaël partirait faire son éducation loin des siens en pays gascon, elle n'avait tout d'abord pas réagit. Sur ses lèvres jouait encore le rire qu'elle avait partagé voilà deux heures avec son frère dans les vignobles de la propriété. Cheveux décoiffés, les boucles soyeuses flottant au vent, et la petite robe à dentelles bleu nuit dont on l'avait affublée était déchirée à l'ourlet; ce n'était vraiment pas pratique pour gambader à loisir à travers les vignes. Et puis il fallait toujours soulever le lourd tissu pour permettre à ses petits pieds nus de fouler le sol rugueux de la campagne sancerroise ! Jamais elle n'avait voulu comprendre quelle différence il y avait entre elle et son aîné de trois ans. Oh ! On avait tout essayé, mais rien n'y faisait : Angélique ne voulait pas comprendre que Raphaël était un garçon et que comme le Seigneur l'avait voulu, elle était une fille... Cependant, aujourd'hui, il faudrait qu'elle se rende à l'évidence. Mais allez faire comprendre cela à une petite fille de trois ans aussi têtue qu'une mule !

        « Parce que je suis grand à présent et que vous, ma sœur, vous êtes encore petite. »
        « Mais pourquoi ? »
        « Angélique ! Cette incessante question sur vos lèvres commence à être fatigante ! Il vous faudra apprendre que certaines choses sont faites comme elles le sont et qu'il n'est pas de mise d'en discuter. Apprendre. Voilà ce que je vais faire. L'éducation d'un garçon de six ans ne se fait plus dans les jupes d'une gouvernante. »
        « Pas juste... »
        « Je sais... mais il ne saurait en être autrement. Mais soyez sans crainte, ma migonne. Je resterai toujours votre frère, quoi qu'il puisse arriver. »
        « Moi aussi ! »

      Levant les yeux au ciel, le garçon pris sa petite sœur dans ses bras et posa un affectueux baiser sur son front, là où foisonnaient quelques fines bouclettes brunes. On pouvait dire ce que l'on voulait de la petite, mais Dieu qu'elle était attachante ! Oui, elle avait cette manie de poser des questions sur tout, de préférer les écuries aux salons, de tutoyer tout le monde, de courir partout et de semer quelques fois la zizanie dans le logis. Mais dans le fond, Raphaël se demandait s'il aimerait sa petite sœur d'une autre façon si elle ne se montrait pas si... vivante ! Sûrement que ceci n'était qu'une phase dans l'enfance, et qu'Angélique, à qui on avait conféré le jolie nom de Luzy en mémoire des terres de leur mère, s'assagirait avec les années. Sans doute qu'une fois adolescente, les sœurs de la Visitation de Dax se chargeraient d'en faire une jeune fille du monde. Tout comme les Chevaliers de Bayonne se chargeraient de faire de lui un bon soldat. Tout le monde serait à sa place. Sauf qu'il s'égarait en pensant qu'à force de patience, Angélique de Luzy deviendrait comme tout le monde...


    4 mai 1651

      Perceval de Raguenel guettait les abords du bois. Des gouttes de sueur perlaient à son frond tandis que ses mains moites avaient du mal à restées sereinement croisées derrière son dos. De ses pieds bottés, il chassait ça et là quelques petits cailloux qui s'amusaient à rouler à lui. Mais lui n'avait pas envie de rire ! Voilà deux heures que la demoiselle du château était partie, bride abattue sur un valeureux destrier. Mais pas n'importe lequel, Zaïr, un étalon fraichement dressé mais qui conservait son caractère à limite du sauvage. C'est vrai qu'il était beau et que son élégance dépassait de loin celle de tous les autres chevaux de Monseigneur. Alors il était tout naturel qu'Angélique ait jeté son dévolu sur l'animal; du haut de ses huit ans, la demoiselle de Luzy n'avait peur de rien. Depuis longtemps déjà, elle ne faisait plus attention au recommandations de sa mère qui frisait l'évanouissement chaque fois que sa fille se présentait en salon en culotte et chapeau de cavalier. Depuis longtemps, elle se glissait en cachette au dehors du domaine pour aider les paysans à vendanger. La saison des récoltes était la saison préférée d'Angélique. Oui, elle avait ses défauts - ou plutôt cet appétit de toute chose - mais elle aimait la terre, sa terre, celle de ses ancêtres et connaissait toute son histoire, parfois même mieux que le Comte lui-même. Et en pensant à Louis de Sancerre, son cœur se serra. Oh ! Il aimait Louis, comme tout écuyer aimait son maître. Mais c'était la petite qu'il aimait encore plus. Combien de fois était-elle venue le trouver pour qu'il lui apprenne le secret de la bonne cavalerie ? Et combien de fois lui avait-il à mi mot donné des leçons d'escrime ? Combien de fois le regardait-elle avec des yeux brillants quand il lui parlait des étoiles, qu'il parlait l'espagnol ou quand il lui offrait de nouvelles partitions pour son clavecin ? Oui, Perceval s'était attaché à Angélique comme un père. Et aujourd'hui, alors qu'elle s'était lancée tête baissée sur Zaïr pour une promenade en pleine forêt, le jeune homme attendait son retour la peur au ventre. Comment allait-il lui dire ? Et surtout... serait-il trop tard quand elle arriverait ?


    « Que diable, vous êtes à Versailles ! »

    Un paradis ou un enfer versaillais ?


    Vérité ou fantasme du complot ?


    Plutôt colombe ou vipère ?


    « Plus bas la révérence, plus bas. »

    ► Elodie
    ► 18 ans
    ► Je serai présente tous les jours, même si je ne poste pas aussi régulièrement
    Code bon by Alex
    ► Peut-être rétrécir le forum niveau largeur... pour un soucis d'esthétisme XD
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