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 LOUIS XIV - Le travail n'épouvante que les âmes faibles

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Belle et douce Amy, l'unique. Peu importe mon alliance ...
Côté Lit: Avec ma femme au nom du devoir conjugal, avec la Reine de mon coeur au nom d de l'amour
Discours royal:



ADMIN ROYAL
L'Etat, c'est Moi

Âge : 28 ans
Titre : Roi de France
Missives : 1180
Date d'inscription : 26/08/2006


MessageSujet: LOUIS XIV - Le travail n'épouvante que les âmes faibles   30.03.09 22:30

Louis XIV
_______ ft. Emmanuel Moire



    ► 28 ans, et cela fait environ vingt trois années qu'il porte la couronne de France, avec régence ou non. Malgré son jeune âge comparé aux autres monarques, il n'est pas dénué de talent ni d'intelligence, bien au contraire !
    ► Roi de France, cela fait de lui la personnalité la plus importante du Royaume. Titre légué par son père, le feu Louis XIII et descendant d'Henri IV, il est issu d'une famille royale par excellence et malgré les fois où il a manqué de mourir, il reste bien accroché à son trône.
    ► Français et espagnol de par sa mère, ainsi sûrement que d'autres origines puisqu'à l'époque, les familles s'entrecroisaient régulièrement. Pour simplifier disons que son père était de la branche des Bourbons français et que sa mère est issue des Habsbourg d'Espagne
    ► Marié à Marie-Thérèse d'Autriche depuis le 9 juin 1660, à Saint Jean de Luz, et père d'un Louis, le Dauphin et deux autres mort en bas âge.

    « Que diable, vous êtes à Versailles ! »

    Un paradis ou un enfer versaillais ?
    Versailles est à son image : grand, majestueux, luxueux et puissant. Le petit pavillon de chasse de son père ne s'attendait certainement pas à faire parti d'un magnifique réseau d'appartements, de salons et de cabinets tous aussi beaux les uns que les autres ! Le monarque a toujours vu grand et surtout loin car le coin n'était pas forcément des plus attractifs avec tous ces marécages, loin de Paris et dont le bourg ne valait pas grand chose. Qu'importe, cela l'inspirait, c'est ici qu'il voulait aller car le Louvre puait le vieux, le Palais Royal ne lui convenait plus, Saint Germain avait trop de souvenirs et Fontainebleau n'était bien que pour l'été à son propre goût. Alors il mélangea un peu le tout, se voulant à la fois classique dans la symétrie des plans, les façades à colonnades et l'inspiration mythologique. Quelques touches baroques furent ajoutés pour plus de beauté. Le système ingénieux va au-delà de tout : l'architecte des jardins André Le Nôtre voulait qu'on ne devine pas la ville des jardins et inversement. Quant à la construction du château Le Vau s'en chargea volontiers pour construire ce château de plus de sept cent pièces pour le plaisir du futur plus grand monarque de France. L'intérieur du château est notamment occupé par les grands appartements. Ceux-ci comprennent le grand appartement du roi, l'appartement de la reine et la galerie des Glaces. Les appartements correspondent à des enfilades de salons magnifiquement décorés jusqu'aux plafonds par les artisans de Charles Le Brun. Longue de 73 m, la galerie des Glaces se veut la salle la plus majestueuse du château. Elle s'ouvre d'un côté sur le jardin tandis que l'autre est couvert de dix-sept panneaux de miroirs. Aux grands appartements répondent les petits appartements. On y trouve des pièces plus intimes que les grandes salles d'apparat. En plus de ces bâtiments résidentiels, le château est complété par la chapelle et l'opéra. Quant aux jardins de plus de huit cent hectares, Le Nôtre les aménagea dans le nouveau style jardins à la française. Mêlant buis, fleurs et gazons, les parterres de broderies, comme on les nomme, offrent au regard des courbes et des dessins qui rappellent des pavages de mosaïque. Le terrain étant marécageux, les travaux d’assèchement et de plantation d’arbres durèrent plusieurs années. Si l'on remarque, tous les parterres sont géométriques, les allées rectilignes et les bassins symétriques, d'ailleurs ces derniers sont là pour créer un effet d'optique. Chaque bosquet reflète une ambiance différente, le Roi lui-même en dessine un, le fameux bassin des Trois fontaines. Bref, il a tout supervisé et en apprécie l'aspect final, bien que quelques travaux se font toujours à certains endroits pour toujours de plus belles améliorations.

    Louis est fier de son château, son petit paradis pollué par les vipères. Il adore ce que le petit pavillon de chasse est devenu, adore toutes ces œuvres, ces magnifiques peintures, ces jardins où il y fait sa promenade quotidienne pour admirer les travaux effectués. Sa plus grande réussite est sans doute ce Grand Canal où le soleil y donne une impression d'infini lorsqu'il s'y couche. Et bien qu'il n'aime pas toujours les habitants, le monarque a su faire d'avoir à portée de main les plus grands princes de sang et personnalités du royaume, afin d'éviter une nouvelle Fronde, période traumatisante pour le garçon à l'époque. Ici, tous se disputent ses faveurs et espèrent un titre, au détriment des autres. Rassembler pour mieux diviser, voilà sa politique et cela à l'air de marcher pour la plupart. Finalement Versailles est un excellent endroit pour vivre, régner et espionner, le Roi a pensé a tout et en est bien fier. Voilà pourquoi, en dehors de son éducation prêt à monter sur le trône dès son plus jeune âge, il s'y promène la tête haute et se félicite de voir toutes ces courbettes sur son passage.

    Vérité ou fantasme du complot ?
    S'il y en a bien un qui est au courant qu'on trame quelque chose, c'est bien lui ! Il en va de sa propre vie, de la sécurité de sa famille et du royaume entier ! Louis XIV a toujours été prévenu, déjà du temps de Mazarin, le monarque avait engagé ses propres espions pour veiller à sa sécurité et avoir ses propres rapports. Au fil des années, de nombreux complots furent démantelés et les coupables jetés à la Bastille ou envoyer en exil sur les terres d'Amérique pour travaux forcés à vie, bien que celle-ci ne tiendra pas longtemps sous un travail harassant. Son homme de confiance est bien sûr d'Artagnan, ce célèbre mousquetaire fidèle sous feu son père Louis XIII a toujours prouvé sa loyauté envers la famille royale et n'a jamais eu un écart de travail dans sa vie professionnelle. Il était l'homme idéal pour cette nouvelle branche d'espions chargé de veiller à sa sécurité et celle de sa famille. L'ancien mousquetaire en recruta d'autres, Louis lui présenta Evangeline de Comborn, une des espionnes les plus douées malgré son jeune âge et son sexe. Les autres suivirent, et si leurs caractères, méthodes et origines diffèrent, ils possèdent tous en commun cette loyauté envers le monarque, une grande intelligence et un bon sens de l'observation. Chacun à leur manière a su faire avancer les pistes de différentes conspirations.

    Par des systèmes détournés ou grâce à des audiences privées, ils font leur rapport et Louis leur donne parfois de nouvelles directions, des contacts ou de se mettre en relation avec d'autres espions sur la même piste. Il s'agit de toute une organisation secrète que la plupart des autres personnes de la Cour ne connaissent. Il y a bien sûr des rumeurs mais aucun Roi n'a été épargné de se voir menacé de mort pour une quelconque raison, l'homme le sait bien et agit en connaissance. Si quelqu'un veut le voir reposer à Saint-Denis, qu'il essaie ! Pour lui, ses espions sont excellents et savent garder un secret aussi délicat que celui-ci. Au pire, la Bastille ou l'exil sera tout aussi approprié pour les faire taire en cas de trahison …

    Quant au complot actuel, il n'en sait pas plus que les autres. D'après ses sources, quelqu'un voudrait prendre sa place sur le trône, quitte à tuer tous les bourbons. Quant à savoir qui, le mystère reste entier mais l'investigation se poursuit lentement mais sûrement. Loin de se douter qu'il s'agit d'un cousin éloigné inconnu, élevé dans la soif de vengeance, réparer les affronts de sa famille. Non, ça Louis n'en sait rien mais veut le découvrir.

    Plutôt colombe ou vipère ?
    Le Roi est toujours au centre des rumeurs, plus on est important, plus on fait parler. Et Louis n'a pas non plus la sagesse d'un moine ni une famille typique. Un frère homosexuel dont il tolère les frasques ouvertement, une épouse niaise et incapable de garder plus d'un enfant en vie, une belle-sœur précieuse et ancienne amante, une mère décédée sans que personne ne l'ait vu pleurer et une maîtresse officielle qui a beaucoup d'influence. Rien que ça ! Louis a, depuis une dizaine d'années, un grand amour pour les femmes et leurs chairs et il l'a bien fait savoir en voguant de maîtresses en maîtresses tout au long de ses années, même après son mariage avec Marie-Thérèse. Alors à chaque demoiselle passée dans son lit, toute la Cour le sait en un rien de temps et cela jase. Pourquoi, comment, où, ce qu'elle va devenir, s'il a bon goût … Chaque maîtresse est passée au crible. Alors quand on le vit délaisser La Vallière et Henriette d'Angleterre pour une autre anglaise, une certaine demoiselle de Leeds, tout le monde suivait avec avidité chaque épisode, chaque entrevue entre les deux protagonistes. Une sorte de feuilleton en plusieurs parties. Beaucoup avaient parié que cela n'allait pas durer et pourtant la jeune femme est toujours là, aux côtés de son amant qui l'aime encore comme au premier jour. Là encore de nouvelles rumeurs : elle aurait recours à des philtres pour le garder sous son charme. Les gens ont énormément d'imagination et cela fait rire Louis, toujours surpris par la créativité de la part de ces nobles en mal de sensation dans leurs propres vies. S'il aime parfois connaître quelques histoires pour s'amuser, il n'en prend jamais le parti et ne les colporte pas non plus, un monarque a autre chose à faire que de raconter qu'untel a été vu en compagnie d'une femme mariée. Il laisse cela à ceux qui ne savent pas quoi faire de leur journée.

    Les dernières histoires à son sujet concernent en premier lieu le complot : qui veut la mort du Roi ? Info ou intox ? Ceux qui y croient s'amusent avec des théories abracadabrantes à l'abri du soleil au bosquet de l'Encelade et d'autres rejettent cette hypothèse à défaut de trouver un véritable coupable. Cela passionne les conversations en tout cas, il est amusant de les écouter parler. La deuxième concerne inlassablement Amy : dans combien de temps va t'elle chuter ? Les dames veulent charmer un Roi trop occupé entre ses affaires, le complot, sa femme et sa maîtresse pour voir ailleurs. Pourtant, ce n'est pas les plus moches qui se présentent ! Et d'après la dernière rumeur, la Montespan entrerait en compétition pour emporter le cœur du monarque. Mademoiselle de Leeds, devenue duchesse de Guyenne a plus d'un tour dans son sac et puis, vous savez que l'amour rend aveugle à tout autre hormis celle que l'on aime !

    « Plus bas la révérence, plus bas. »

    ► Secret défense X)
    ► 21 ans
    ► Régulière
    Code bon (by Moi)
    ► //

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« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
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Dernière édition par Louis XIV le 28.04.09 17:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LOUIS XIV - Le travail n'épouvante que les âmes faibles   01.04.09 15:43

    « Il était une fois ... »


Mai 1643 « Le Roi est mort, vive le Roi ! »


Quel drôle de spectacle que tous ces ministres en rouge et d'hermine superbe couleur de deuil, et tous les grands princes de sang en violet, couleur de deuil pour les grands nobles, l'air grave et debout face à l'estrade devant eux où se tenait une femme d'une quarantaine d'années, de beaux cheveux blonds relevés en un impeccable chignon, de magnifiques yeux verts mis joliment en valeur par un subtil maquillage, de longues mains fines et blanches, une magnifique robe noire avec un discret décolleté et bon nombre de dentelles et de discrets cerceaux pour agrandir le jupon de la robe, la rendant gracieuse et mince malgré deux enfants, elle restait toujours aussi belle, personne ne pouvait le nier. Deux pas devant elle se trouvait un petit garçon vêtu d'un justaucorps violet et d'un pourpoint brodé d'or. Il s'agissait d'un jour nouveau, d'une ère nouvelle. Louis Dieudonné de France, le Dauphin, devenait solennelement Louis XIV, Roi de France. Et il tenait son premier parlement, lui si petit et eux si grands tous ces Condé, Beaufort et bien d'autres. Et pourtant l'enfant, puisqu'âgé d'à peine cinq ans, ne tremblait pas et arborait un visage grave, un « visage de Roi » comme il eut dit à sa mère peu avant. Mais il n'était pas à l'aise avec tous ces regards hypocrites braqués sur lui, chacun attendait un mot, une phrase, un geste de travers. Il s'assit devant tout ce monde mais le petit garçon ne sut quoi dire l'espace d'un instant. Son regard azur contempla chacun d'entre eux, un spectacle fascinant de visages familiers au cours de cette enfance trop courte, ces cousins frondeurs, ces ministres valseurs, amis ou non de sa chère mère, la régente à présent du royaume avec le cardinal Mazarin, parrain du monarque. Louis ne faisait qu figuration pour l'instant mais apprenait vite, l'intelligence est un don qu'il reçut depuis son plus jeune âge, ainsi que son sens de l'observation.

Un instant, son esprit quitta cette pièce puant le faux et le deuil feint pour revenir en arrière. Louis XIII, son père, monte sur le trône après l'assassinat de son propre père, Henri IV, alors qu'il n'a que neuf ans. Sa mère Marie de Médicis est donc régente et refuse de donner le pouvoir à son fils à sa majorité car elle le juge trop faible de corps et d'esprit. Pauvre Louis, détesté par sa propre mère qui préférait ses autres enfants, beaucoup plus gracieux et souriants. Elle le marie alors qu'il n'a que quatorze années à une espagnole, Anne d'Autriche, qu'il déteste au premier abord à cause de ses origines. Jugés trop jeunes, ils ne consommeront le mariage aux dix-huit ans de Louis. La suite est digne d'un roman lorsque le monarque lance un coup d'état contre sa propre mère, veut l'envoyer en exil mais que celle-ci lève une armée pour reprendre le pouvoir … Que d'aventures où, au milieu de cela, il n'arrive pas à concevoir d'héritier. Anne n'arrive pas à tomber enceinte, certains font courir la rumeur d'une annulation de mariage et beaucoup s'en réjouissent car ils ne veulent pas de cette espagnole sur le trône. Quand enfin elle tomba enceinte, sans fausse couche ni rien, elle perdit le bébé à cause d'une mauvaise chute dans les escaliers après qu'elle jouait avec ses dames de compagnie. Les relations deviennent tendues pendant plusieurs années et il fallut attendre seize longues années avant de faire cesser cette maudite stérilité. Là encore, l'histoire de la conception est digne d'un roman. Après une journée de chasse, le roi veut rentrer à Saint Maur pour la nuit mais, sur la route, un orage éclata, on pourrait même l'appeler une tempête. Guitaut, protecteur de Sa Majesté, lui conseilla de se rendre au Louvre, les éclairs pleuvaient autant que les gouttes d'eau. Après de longues hésitations, Louis accepta pour se rendre dans son palais parisien qu'il n'aimait point. La Reine, habituée à vivre à l'heure espagnole, fit exception ce soir-ci, bien heureuse de voir son époux trop absent, pris entre ses chasses et ses pensées. Louis le Timide fit un pas en avant dans le relation, sans savoir que cela allait engendrer un futur héritier. Après tout la Reine a trente six ans, beaucoup perdaient espoir de voir un descendant. Seul Gaston d'Orléans, frère de Louis, se frottait les mains pour espérer car il voulait monter sur le trône. Pas de chance, il a suffit d'une nuit pour que la Reine tombe enceinte. Et cette fois çi, elle se ménagea pour porter l'enfant à terme. L'enfant du miracle qui naquit le 5 septembre 1638 à Saint Germain En Laye. Louis Dieudonné, fils de France, Dauphin. Une Reine comblée, un Roi à genoux devant celle-ci pour la remercier. Enfin, un peu de bonheur dans la vie de Louis le Triste. Depuis l'instant de sa conception, il n'eut d'autre destin que d'être Roi, on ne le traitait pas comme un enfant normal mais déjà en dauphin. Ses nourrices, de hautes dames et amie de la Reine, étaient chargées de sa bienveillance. Sa mère le gardait souvent près de lui, le maternait car elle savait, qu'un jour, cela changerait et qu'elle ne pourrait plus le prendre dans ses bras. Douloureux destin de devenir souverain. Quant à son père, timide et ne sachant comment s'y prendre, il venait de temps en temps lui rendre visite, le prendre rarement dans ses bras, lui parler -ou plutôt bégayer- quelques mots mais sans véritable amour donné dans l'enfance, il ne savait pas vraiment comment en donner, juste quelques douces tentatives sous les yeux verts attendris d'Anne. Grâce à cet enfant, le couple s'est plus que jamais rapproché, complices et plus heureux que jamais. Enfin la France avait un héritier et l'on ne laisserait pas le royaume entre les mains de Gaston. A Saint Germain, le bébé fit ses premières dents, très tôt d'ailleurs, puis se mit à parler et marcher. Un enfant précoce disait on, très observateur du monde qui l'entourait et physionomiste des visages. Bref, il savait déjà bien se tenir lorsque la Reine fut à nouveau grosse. On ne s'attendait pas au premier mais encore moins au deuxième ! Et encore un garçon, Philippe cette fois, duc d'Anjou. De quoi achever Gaston d'Orléans de ne pas se retrouver un jour sur le trône … L'enfant grandissait au fil des jours, s'embellissait avec ses grands yeux bleus presque inquisiteur par défaut, ses jolies boucles de jais et ses joues de poupon. En total contradiction avec son petit frère aux yeux verts comme sa mère et châtain. Deux enfants et un même sang, la relève de la France était assuré. Autant dire qu'à Saint Germain puis au Louvre, les deux enfants s'en donnaient à cœur joie dans les bêtises. Louis un peu moins mais d'aussi loin qu'il s'en souvient, un garçon a partagé ses journée : un autre Louis, de Mortemart cette fois-ci, duc de Vivonne. D'ailleurs, l'enfant l'appelle par son titre, Vivonne. Les deux enfants s'amusent, rient et s'imaginent des petites aventures d'enfant. Mais déjà, le dauphin se voyait déjà roi et lorsqu'un jour, Vivonne riait sur le fait qu'ils seraient de la même famille s'il épousait sa petite sœur, Louis ne voulait pas rire et tout le monde se tut. Un charisme impressionnant pour un si petit bout, si adorable lorsqu'il s'amusait dans le bain de sa baignoire incrusté dans le sol avec sa mère et son petit frère. Déjà, l'enfant savait ce qui l'attendait, lorsqu'un jour, son père lui demanda comment il s'appelait, le dauphin lui répondit « Louis XIV, père » et le souverain amusé lui répondit « pas encore ! ». Si seulement, on ne l'avait pas privé de son enfance aussi tôt.
Sa mère ordonne à ses précepteurs d'apprendre au garçon en s'amusant pour mieux assimiler. Louis XIII est très malade, sa santé déjà fragile ne faisait que s'empirer au fil des jours. Cloué la plupart du temps au lit, les journées s'éternisent. Puis, à force de le voir s'enliser dans sa maladie, Anne le change de chambre, elle lui donne ses appartements, plus lumineux, une petite brise lorsqu'on ouvre les fenêtres et une vue imprenable sur les jardins. En avril 1643, Louis au plus mal demande à son épouse d'apporter ses enfants pour quelques cadeaux. L'enfant ne comprenait pas tout à fait, la notion de vie et de mort sont relativement abstraites pour un enfant de quatre ans et demi mais il voyait son père allongé, à la peau jaunâtre et faible, même un gamin comprenait que l'homme allongé n'allait pas bien. Le monarque malade demanda à son fils de venir près de lui, malgré l'odeur qu'il dégageait. Heureusement, les fenêtres grandes ouvertes calmaient cette puanteur. Il confia au jeune dauphin un petit coffre à code de quatre lettres, il fallait choisir un mot au choix. De son petit esprit déjà malin, il trouva de suite un mot dans ceux qu'il apprenait dans ces premières leçons de lecture : SIRE. Le père trouva cela fort bien trouver, le mit en route et le donna à cet enfant, bien trop jeune pour monter sur le trône. Quelques temps plus tard, il demanda à ce que ses enfants lui disent au revoir. Louis fut grave et son ton fut à fendre un cœur de glace, tandis que Philippe, trop jeune pour comprendre, le fit sur un ton joyeux. C'est la dernière fois qu'ils le virent puisque dans la nuit, après un dernier souffle, Louis XIII n'était plus.

Une si petite vie retracée devant ce Parlement. Ces hommes se permettaient de le jauger, de ne le considérer comme un enfant. Il en était encore un, certes, mais il était à présent Roi et grandirait, alors là ce tas de rouge et d'hermine verrait de quoi il est capable. Pour l'instant, il n'était là qu'en représentation, une décoration oserait penser certains parlementaires. Plus loin, ses cousins Beaufort et Condé le regardaient. Avec un si jeune garçon sur le trône et une femme régente, tout serait possible à présent. Louis resta droit, se leva de son trône, intimidé de sa petite prestation à venir mais son visage ne montra rien, il restait sérieux et parla d'une voix forte et claire.

    Messieurs, je suis venu vous voir pour vous témoigner mes affection ; Monsieur le Chancelier vous dira le reste

Pendant que le Chancelier, Séguier, parla au nom du Roi, le jeune garçon se tourna vers sa mère, espérer voir un sourire de fierté ou quoique ce soit pour le féliciter en silence. Anne souriait, discrètement certes, mais ses beaux yeux verts traduisaient tout le bonheur et l'affection qu'elle avait pour son fils, trop jeune à ses yeux pour devenir Roi mais elle ne décida pas de cette loi-là où il faut un fils de France sur le trône. Et le voilà donc, Louis le Quatorzième, succédant à son défunt père. Une page se tournait dans l'histoire, inévitable. Mazarin et Anne d'Autriche régentait le royaume, le premier expliquerait à l'enfant le fonctionnement des Conseils et la seconde lui donnerait tout l'amour pour qu'il s'épanouisse. Mais nous n'en sommes pas encore là. Louis se rassit sur son fauteuil et écoutait les paroles du Chancelier, ses yeux bleus scrutaient la salle d'un air feint mais attentif. Plus tard, ces hommes seront à ses pieds et ne le toiseront plus du regard, ne l'appèleront plus « Louison » comme Condé l'appelait derrière son dos. Mais plus tard est si loin ...


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Dernière édition par Louis XIV le 14.04.09 14:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LOUIS XIV - Le travail n'épouvante que les âmes faibles   13.04.09 21:34

Janvier 1649 « Et Paris se réveilla sans Roi ... »


Paris grondait en dehors. Beaufort avait pris ses quartiers aux Halles, Condé se voulait chef de Paris et le peuple les suivait. La faim les tiraillait au niveau de l'estomac, la colère emplissait leur cerveau. De nombreux écrits, pamphlets de pacotille circulait sur le petit Roi, les amours de la Reine et de Mazarin. La capitale n'était plus en sécurité, personne ne savait quoi faire au sein de la famille royale. Rester, quitte à voir la famille être décimée sous la fureur des manants ? Partir et se voir arrêter avant de passer les murs de la cité et vivre une révolution avant l'heure ? L'heure était grave. Pourtant, en ce soir, la vie au Palais Royal semblait des plus normales. Mazarin partit jouer chez le Maréchal de Gramont, où il trichait aux cartes habituellement mais pas ce soir puisque l'esprit bien occupé par ce qu'on appelait La Fronde. Quant à la Reine et ses enfants, ils tiraient les rois tout simplement. L'ambiance était bon enfant au milieu d'autres courtisans avec brioches de fruits et, évidemment, galettes de frangipane. Marie de Hautefort, amie de la Reine que le jeune Roi trouvait diablement belle, fut la main innocente chargée de répartir les parts dans la bonne humeur. Ce fut Anne qui crocha la fève entre ses dents et d'en rire. La voilà couronnée par un Duc d'Anjou déguisé avec un manteau de duc adulte, en fit un surplis d'archevêque pour couronner solennellement la Reine où toute la Cour applaudit, touchée par tant de légèreté en période si grave. Louis embrassa les bas de plis de la robe de sa mère et l'espagnole régente prit ses deux chérubins entre ses bras pour les embrasser affectueusement. Ce fut une soirée à l'italienne que la Reine affectionnait tant, avec des amusements et un coucher tardif comme si de rien n'était au dehors. Tandis qu'elle finissait les confiseries entre deux parties de billard de la part de ses messieurs. Les enfants furent couchés par leurs gouvernantes et le fidèle La Porte. Ce soir là, le coucher fut inhabituel, plus de pompe qu'à l'ordinaire et le petit Philippe s'en amusait, il envoya même des baisers à l'assistance, touchée par tant d'innocence de la part de ces enfants.

Tout aurait pu être une soirée des plus normales, les enfants endormis se réveilleraient au matin. Mais non. Aux coups de deux heures du matin, on les réveilla et toute la famille passa par les escaliers dérobé de la Régente. Louis suivit tout ça de son regard, tout cela avait été concocté dans le plus grand secret, sûrement entre sa mère, Mazarin et les fidèles à ces derniers, comme La Porte et le grand d'Artagnan qui les attendit devant le carrosse pour les escorter jusqu'à Saint Germain, l'enfant de onze ans admirait ce mousquetaire qui avait fièrement servi son père, La Porte lui avait souvent raconté, au milieu de dizaines d'autres histoires du soir, les aventures de cet homme dont l'âge n'altérait rien au courage ni à la fidélité envers la famille royale. Un jour il sera récompensé, Louis n'oubliait rien, les souvenirs s'accumulaient dans sa tête pour savoir qui était réellement ses amis et ses ennemis. Mais point le temps de penser, le carrosse sortit discrètement à l'arrière d'une rue sans surveillance, le peuple se trouvait plutôt devant les portes du Louvre ou devant la porte Saint Antoine, celle appelée la "clé des champs". C'était bien mal connaître ce trio de cerveaux, paré à la plupart des éventualités. En route pour l'Ouest, l'enfant observa son petit frère encore à moitié endormi dans sa petite robe de soie, ses petits yeux verts mouillés par tant de fatigue puis se tourna vers sa mère face à lui. Les traits tirés, entre fatigue et peur de se faire prendre. Les beaux yeux verts de sa mère démontraient toute l'affection pour ses enfants lorsque son regard se posaient sur eux. Il lui fit un petit sourire réconfortant qu'il lui rendit avec amour.

D'autres officiers et ministres rejoignirent le petit cortège royale, même Condé et Conti, la ville serait entre les mains du coadjuteur Gondi. Louis regarda au travers des rideaux tirés, ce manège de la noblesse en robe de chambre ou en tenue froissée. Tout le monde avait quelque chose à perdre dans Paris, il fallait donc fuir ce qui leur appartenait. Fuir pour mieux vivre, pour mieux revenir. Le garçon observait cela avec intérêt mais aussi colère : lui Roi, jamais cela ne se reproduira ! Il mettra tout en oeuvre pour que jamais la noblesse ne se mêle au peuple pour renverser ou prendre un quelconque pouvoir. Il ne sait pas encore mais plus tard, une fois officiellement à la tête du royaume, il fera tout pour que la noblesse reste dans son entourage grâce à de charges et divers privilèges, plus pour les garder près de soi que pour les flatter. Comme dit le dicton "garde près de toi tes amis mais encore plus près tes ennemis". Mais là, à onze ans, il se sentait impuissant, frustré de ne pouvoir agir. Ca non plus, il ne l'oubliera jamais … Tout le monde se dirigeait vers Saint Germain où le vaillant Mousquetaire s'était rendu plus tôt dans la journée pour s'assurer que tout ce monde pourrait y vivre, bien que sans grand meuble ni confort absolu. Et sa mission ne s'arrêterait pas là, il devrait repartir pour aider la fuite de Mazarin, quel courage cet homme. Louis l'observa sur son cheval, l'air fier bien qu'il n'avait pas son chapeau où trônait sa plume, trop visible aux yeux des badauds. L'enfant eut l'impression que l'homme l'a regardé un instant mais rapidement, il posa ses yeux d'un bleu triste sur sa mère, incapable de tenir en place, tournant ses bagues, un air inquiet sur son beau visage. A qui pensait-elle ? Ses enfants ou Mazarin ? Seule elle le saura à jamais et il s'endormit avant d'avoir atteint leur palais.

La Cour sera exilée de Paris pendant plusieurs mois. Le Parlement parlait de Mazarin comme un perturbateur à envoyer en exil et Condé établissait le siège de la ville. Louis visita les campements du haut de son jeune âge qui avait tant vu de la vie. Lui qui avait perdu son père, devenu monarque dans la foulée, manqué de mourir noyé dans une fontaine car on ne le surveillait pas assez, parti en exil hors de cette capitale qu'il haï davantage chaque jour. Jeune mais intelligent, réfléchi et n'oubliait jamais rien, tout sera les répercutions pour l'avenir. Paris mourrait de faim, certains mangeaient des rats ! Le Roi s'en réjouit intérieurement, ils ne tiendraient pas longtemps ainsi, ils l'avaient cherché, qu'ils en profitent ! Cela dura jusqu'à l'été. La Cour vécut de manière rudimentaire, certains courtisans se retirèrent dans leurs terres et d'autres s'alliaient à la Fronde comme Longueville et Chevreuse. On ne pouvait plus faire confiance en grand monde dans ce monde. Louis continuait ses enseignements de ses précepteurs, restaient toujours discret sur sa personne mais n'en pensait pas moins. Un jour, tout cela se paierait … Mais avant il lui fallait revenir en grande pompe. Et Condé lui organisa cela en août où la foule acclama le retour de son Roi, son Prince et sa Régente. Certains scandèrent même le nom du Cardinal, pour vous dire !

Louis, de retour au Louvre, songea dans ses appartements après que, comme chaque soir, La Porte lui lut une histoire passionnante et que sa gouvernante vint lui déposer un doux baiser sur le front. Il ne dormait pas, regardait les rues vides de Paris. Il détestait ce château froid, n'aimait pas Paris ni son peuple hypocrite, retournant sa veste vers quiconque vantait une vie meilleure, un tissu de mensonge aveuglant. La Cour n'était pas mieux mais, étant moins nombreux, les coupables pouvaient être plus facilement châtiés ou humiliés. Qui oserait envoyer Paris en exil ou à la Bastille ? Ce serait la mort de la ville, ou alors d'autres viendraient, un incessant cercle vicieux. Un jour, il quittera Paris définitivement. Il avait onze ans, cela ne l'empêchait pas d'avoir déjà des idées bien arrêtées sur certains sujets. Lorsqu'il gouvernerait seul, tout changera, il aura la Cour à ses pieds, la France … Le monde ? Les pensées de nuit peuvent aller très loin et n'ont pas de limite, elles se poursuivirent loin dans la nuit. Il détestait cette période de sa vie, dans deux ans il serait déclaré majeur et plus tard … Oh, plus tard il verra !


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MessageSujet: Re: LOUIS XIV - Le travail n'épouvante que les âmes faibles   15.04.09 17:38

Juin 1660 « Vous être le Roi et je pars ... »


Allongé sur son lit aux draps cramoisis, un jeune homme fixa obstinément le plafond richement décoré. Aux travers des rideaux, la nuit ne laissait place qu'à quelques lanternes dans les rues de Saint Jean de Luz, certaines mobiles par le déplacement de quelques véhicules hasardeux. Rien de bien palpitant en cette soirée. Pourtant cela aurait pu l'être, rien ne s'était passé comme prévu. Il aurait du le savoir, le sentir que quelque chose n'irait pas dans ce plan profilé par Mazarin. Jouer un rôle, encore une fois, pour assurer les arrières du royaume. C'est vrai, il fallait faire passer les intérêts de la France avait tout, on lui avait prouvé à plusieurs reprises, jusque récemment. Et voici encore une journée à le faire : était ce cela qu'être Roi ? Ressembler aux comédiens de Molière, jouer un rôle où la Cour serait une scène perpétuelle où tout ne serait que paraître, jouer à être le Roi, le plus grand rôle de tous les temps où seuls les autres monarques pouvaient comprendre réellement ce qu'il pouvait ressembler. Alors l'homme aux cheveux gris tombant sur les épaules avec cette petite barbichette tant à la mode sous feu son père, aujourd'hui totalement dépassée, ne savait pas ce qu'il se passait dans la vie des Rois. Et il avait beau en avoir cotoyer deux français et un espagnol, il y avait toujours une part de mystère. Turenne, puisque c'était le nom de cet homme, avait pourtant combattu pour Louis XIII, avait été un temps frondeur avant de se rallier à Mazarin et était un fidèle de Louis XIV. Il était là pour le proche mariage de son monarque allongé sur le lit, l'air blasé par ce qu'il venait de se passer au cour de la journée. Henri, debout non loin de la fenêtre, regarda les quelques badauds encore dans la rue, un silence pesant planait dans cette chambre aménagée spécialement pour le jeune homme en vue de ses futures épousailles et la signature d'un traité de paix. Et on ne parlait pas tant que le souverain ne daigne ouvrir la bouche.

    « Turenne … ? »
    « Oui, Sire ? »
    « Comment trouvez vous l'Infante ? »
    « Puisque vous me demandez mon avis, je la trouve fort jolie pour une espagnole … sans offenser Madame votre mère. »
    « Moi, je la trouve fort laide. Aucune grâce, une coiffure déplorable et une tenue absolument dénuée de tout sens esthétique. »
    « Voilà qui a le mérite d'être clair. Mais êtes vous réellement sincère ou est ce juste le fantôme de l'amour qui parle à votre place ? »

Touché. Le quinquagénaire n'a pas totalement tort à y repenser. Dans ses pensées, il hantait encore l'ombre de son premier amour, Marie Mancini. Il pouvait vous raconter chaque instant de leur relation, jusqu'à la fin tragique, digne de Shakespeare. Pourtant, la demoiselle n'avait pas grand chose pour plaire au premier abord à cause de ces cheveux trop bruns, sa peau trop mate et l'air bien trop intrépide pour une Cour de France. Elle ne nommait Marie Mancini, nièce du Cardinal Mazarin. Louis avait bien connu ses deux sœurs, Hortense et Olympe, toutes deux passées dans son lit avant qu'il ne se détourne d'elles pour d'autres demoiselles. Un véritable étalon, toujours à la recherche de nouveaux plaisirs et tout le monde penchait pour deux solutions : soit la Marie allait être royalement ignoré par le monarque, soit elle ferait un petit tour dans son lit avant de s'en aller, comme les autres. Mais personne, surtout pas les deux parents des futurs amants, n'imaginèrent ce qui allait arriver. Marie était cultivée, intelligente sans s'en vanter, aimant le théâtre et la poésie, l'art était sa passion. Par tant d'esprit, Louis tenta de la conquérir par tous les moyens, pas toujours très fin. Elle le repoussa, d'une divine manière, en lui rappelant que dans la séduction, même un roi devait se comporter comme un prince. Le monarque en fut conquis et voilà comment commencer l'histoire d'amour. Tout le monde pensa à une amourette, il avait dix neuf années, l'âge où le coeur ressemblait plus à un artichaut. Mais tout s'accéléra en juillet.

La bataille de Dunkerque, Louis prit son plaisir par les armes. Vaillant combattant, il ne se cachait pas à l'arrière mais se battait vaillamment pour son honneur et celui de son royaume. Seulement voilà, malgré l'été qui se profilait, le temps était glacial sur les bords de mer. Le vent mêlé à la pluie, donna au souverain de violents maux de têtes et une toux à s'en arracher les poumons de la cage thoracique, des plaques rouges et une langue noire. De quoi faire craindre le pire. Et tandis qu'il fut transporté jusqu'à Calais où sa mère et de nombreux médecins l'attendirent pour mettre fin à ses douleurs atroces, la Cour du Louvre fut prise entre la tristesse et la trahison. Certains n'hésitèrent pas à jurer fidélité à Philippe, le frère du Roi, lorsqu'il monterait sur le trône. Ce dernier fut apeuré mais ne cessa de quérir des nouvelles de son royal ainé et implorer sa guérison, au nom de l'amour fraternelle mais aussi d'une incapacité à gouverner car il n'était pas taillé pour gouverner un pays. Pendant ce temps, au chevet du malade, Anne soutenait son fils pâle comme la mort, subissant des saignées et multiples expérimentations de remèdes sur une maladie inconnue aux yeux des médecins. Puis ils firent une dernière tentative avec une tisane laxative à l'antimoine. Certes, c'était à la base un poison, mais avec des vertus guérissantes si elles étaient bien dosées. Après absorption, il vomit pas 22 fois, se sentit mourir, sa bouche puait la moisissure mais ne cessait de lutter, il tenait trop à la vie pour partir si jeune, il avait de nombreux desseins pour son royaume et sa gloire, il devait les réussir coûte que coûte. Cet état dura plusieurs jours puis il guérit enfin, un sommeil apaisé et une mère soulagée. Celle-ci lui annonca que Marie, restée à l'écart pour ne pas assister à un tel spectacle, n'avait eu de cesse de prier et pleurer tout au long de l'agonie du souverain. Ainsi donc elle l'aimait sincèrement. Un petit sourire vint naître au coin de sa bouche et lorsqu'il se sentit plus présentable, il voulut qu'on l'amène jusqu'à lui. Et ainsi commença réellement la belle histoire d'amour entre Louis et Marie.

Il lui resta fidèle, un bel amour pur où rien ne comptait plus qu'eux deux. Elle ne voulait ni titre ni cadeaux, sa présence lui suffisait. Ils passaient des heures en tête à tête, elle se trouvait à ses côtés lors des représentations de théâtre par Molière, que Louis présenta à son frère pour lui en donner la charge, ou un ballet de Lully, grand ami de Sa Majesté depuis de nombreuses années. Elle était le baromètre de ses plaisirs, jamais on ne vit le Roi autant rire depuis tout petit, lui à l'air si grave habituellement. Ils allaient souvent se promener en carrosse ou à cheval, la simplicité de la demoiselle dépassait les conventions et personne, surtout pas Louis, ne pouvait lui en vouloir de refuser les fastes de la Cour. Mais si à ses yeux, plus rien ne comptait, le monde continuait de tourner autour. Anne d'Autriche et Mazarin voulaient la paix avec l'Espagne, un mariage arrangerait tout mais Philippe IV refusait de donner son unique héritière à un Bourbon. Le Cardinal à robe rouge eut une idée lumineuse comme son esprit italien savait si bien faire. La Cour partit pour Lyon où ils devaient rencontrer la famille de Savoie en vue d'un mariage, faux évidemment mais ni l'Espagne ni la Savoie n'était au courant. Louis ne savait pas pour l'Espagne, croyait qu'il s'agissait d'une mascarade, une mauvaise plaisanterie à la cousine de son défunt père et s'y prêta volontiers pour crier sur tous les toits qu'il avait hâte de rencontrer sa future épouse. En privé, il rassura Marie, il ne voulait qu'elle et songeait même à en faire une Reine. Il se disait qu'étant le Roi, tout lui serait permis. Un peu trop utopique mais l'amour est aveugle. Comme promis, Lyon fut un magnifique théâtre, une comédie que Molière aurait pu écrire tant cela était comique. Le souverain, faisant mine d'être impatient de rencontrer la savoyarde, fut froid avec elle une fois l'un en face de l'autre, l'évita et préféra se promener avec sa bien aimée sur les bords du fleuve. La peur de l'Espagne se conclut par un accord pour un mariage et la Cour remonta à Paris.

Lorsqu'Anne demanda à son fils de venir lui parler en privé, il voulut d'abord annoncer la nouvelle qu'il épouserait la Mancini. Sa mère fut horrifée et Mazarin insulta sa propre nièce en la qualifiant de « Cinq Mars en jupon ! », pas vraiment glorifiant … A leur tour, il lui imposa le mariage avec l'Infante d'Espagne. Il y eut des refus, des cris, des larmes même mais ceux qui ont eu la tâche de Régents ne transigèrent pas, Marie ne montera pas sur le trône mais Marie-Thérèse, si. Pour finir d'achever le jeune Roi, on décida d'exiler la demoiselle à Brouages, près de La Rochelle. Les adieux furent déchirants, il ne quitta pas marie un seul instant jusqu'au dernier instant, et encore, lorsqu'elle monta dans son carrosse, il s'accrocha à sa portière. La Reine envoya d'Artagnan pour stopper cette fin de tragédie entre deux amoureux qui durent se quitter. Le Mousquetaire attendait deux pas derrière son souverain faisant mine de ne pas entendre les mots d'amour, les sanglots et cette phrase de Marie Mancini.

    « vous pleurez, vous êtes le roi et je pars »

Et elle partit, laissant un jeune homme au coeur brisé par tant de souffrance. L'homme derrière lui fit venir deux montures et, sans un mot, les deux hommes galopèrent dans la plaine. Le coeur de Louis battait à tout rompre mais il avait l'impression de mourir au fond de lui-même. Alors, était-ce cela qu'être Roi ? Sacrifier son âme pour la raison d'État ? Quel stupide héritage lui avait laissé son père alors. Au fil des kilomètres parcourut, les yeux bleus du garçon se séchèrent

    « Nous pouvons rentrer »
    « Pourquoi ? »
    « Vos larmes ont séché, Sire. »

Il avait haï ce mousquetaire autant qu'apprécier pour cette aide précieuse, personne ne devina que le souverain avait pleuré. Et il pleura encore des semaines après le départ de la jeune femme, inconsolable dans sa douleur. Aimer était-il un crime ? Apparement, oui, il était condamné à épouser une femme qu'il n'avait jamais vu et n'avait pas du tout envie de rencontrer. Pourtant on lui en fit de portraits flatteurs. Qu'importe, il voulait digérer son chagrin avant. Anne autorisa le courrier entre les amants, elle ne pouvait pas les empêcher de totalement communiquer mais Mazarin fit stopper cette mascarade rapidement. Chacun devait vivre de son côté à présent, Louis allait avoir une épouse, il ne faudrait qu'un ancien amour vienne tout gâcher.

Et c'est ainsi que Louis et la Cour partirent pour Saint Jean de Luz, on l'installa dans une somptueuse maison avec une luxueuse chambre, celle où il se trouvait à l'instant. Il ne devait voir l'infante avant le mariage mais Mazarin, toujours avec l'art italien, manigança quelques histoires pour contourner le protocole. Tout fut mis en place et le jeune roi, se relevant plus ou moins de son amour perdu, devait jouer le futur marié trop impatient de voir sa promise. Dans la maison de l'Infante, puisque la ville était divisée en un côté français et un autre espagnol, Mazarin Anne d'Autriche, Turenne et Philippe d'Anjou vinrent rendre visite à Philippe IV, roi d'Espagne vieillissant, sa deuxième épouse et Marie Thérèse, suivant l'épouse comme son ombre, silencieuse mais polie lorsque l'on lui adressait la parole. Puis quelqu'un vint à la porte, un ''étranger'' se trouvait parmi eux. Et c'est ainsi que Mazarin alla chercher Louis qui put enfin découvrir à quoi ressemblait cette fameux Marie-Thérèse d'Autriche. Cela ne fut pas le coup de foudre de son côté, mais toutes les histoires d'amour ne pouvaient commencer ainsi. On lui avait conté qu'elle était plus belle que Marie. Mais si elle avait beaucoup plus dans les critères de beauté de l'époque, lui en fut déçu et voilà pourquoi il s'en confia à Turenne puis avait réfléchi tandis que l'homme avait continué de parler. Il se tut lorsqu'il vit le monarque l'air absent et toussota avant d'oser le déranger.


    « Sire ? »
    « Oui, Turenne? »
    « Regardez l'infante avec un peu plus d'indulgence. D'ici quelques jours, elle sera votre épouse, Reine de France, il vous faudra l'avoir à vos côtés jusqu'à la fin de vos jours. N'avez vous vraiment rien trouvé de beau sur cette apparence espagnole? »
    « Comme ? »
    « Sa blondeur, sa chevelure est somptueuse bien que vous ayez raison, la coiffure ne lui seyait pas au mieux. Son sourire illumine la pièce et ses yeux sont pleins de douceur. Sa robe ne la mettait pas à son avantage mais on y devine un corps bien fait. Je n'ai pas pu faire conversation avec mais je pense qu'elle vous conviendra. »
    « A y repenser, vous avez raison. Je me suis emporté. Il sera facile pour moi de l'aimer. »

Louis se montra fort galant avec elle, lui offrit une cassette contenant de nombreux bijoux, la couvrit d'attentions qui la fit rougir au plus au point, elle habituée à n'avoir que son père comme homme dans son entourage. Le neuf juin, ils s'unirent après que l'infante ait renié son héritage espagnol et endossé un costume français, plus élégant mais plus inconfortable avec le corset qui pourtant lui allait à merveille. Ainsi la France eut une nouvelle Reine de France, encore une espagnole mais bien plus fade physiquement que l'ancienne. Le soir, après un souper public, le Roi alla se coucher pour leur nuit de noces, comme le veut la tradition. Plus tard, il lui sera venu aux oreilles que Marie-Thérèse s'était jetée dans les bras de sa belle-mère, les yeux pleins de larmes et disant en espagnol qu'il était trop tôt. Mais lorsqu'on lui annonça que le monarque était déshabillé, elle se ravisa et se dépêcha de le rejoindre. Habituellement public, on prit soin de leur aménager un peu d'intimité. Ainsi commença leur union, un bon départ qui ne durera pas mais dont il fallait profiter avant le retour à la capitale.


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MessageSujet: Re: LOUIS XIV - Le travail n'épouvante que les âmes faibles   22.04.09 1:31

Mai 1662 « Le Roi a retrouvé sa Dame de coeur. »


Le bal battait son plein. Son frère Philippe, avait organisé le bal sur le thème de l'Amour, parfait pour ce qu'il comptait préparé. Pendant que la Salle de Bal était recouvert de tentures pastels, de bougies et chandeliers dansants au gré des jupons virevoltants au son de la musique d'un Lully bien inspiré. L'eau coulait de la petite cascade, les musiciens se tenaient en hauteur, au dessus de la foule avec l'italien naturalisé à leur tête. Jean Baptiste Lully, compositeur de la Cour depuis de nombreuses années, il est un ami du monarque depuis l'enfance du souverain. Ils s'étaient rencontrés alors que le jeune homme avait treize ans et le musicien la vingtaine. L'italien était au service de la cousine royale, Mademoiselle de Montpensier, et les deux ont dansé lors du Ballet de la Nuit. Il entre au service du Roi lorsque la grande Mademoiselle s'exile dans ses terres de Bourgogne après la Fronde. Les deux se sont tout de suite entendus car l'un créait la musique et l'autre dansait dessus. Deux grands hommes l'un en face de l'autre, trop jeunes à l'époque pour s'imaginer leurs véritables destinées. Aujourd'hui, le Surintendant faisait virevolter sa baguette pour que la musique soit parfaite pour cette noblesse festive. Et Louis préparait quelque chose, avait demandé à l'organisateur son frère de préparer une surprise pour une demoiselle. Philippe avait sourit et accepté mais s'était posé la question que tout le monde n'oserait dire tout haut : laquelle ?

Depuis quelques années, Louis était un insatiable amant et l'avait bien fait comprendre aux jeunes filles de la Cour. Beau et bien fait en plus de porter le titre d'Altesse, difficile de réellement lui refuser quoique ce soit. Puis il y eut Marie, la période de fidélité et chasteté avant son départ pour Brouages. Aujourd'hui, elle était mariée le prince Colonna et était partie à Rome. Il n'avait pas demandé à la ramener à la Cour après la mort de Mazarin. Il s'était guéri de cette histoire, toujours gravée au fond de lui mais enfouit pour ne plus avoir à souffrir ni à pleurer. Alors ce n'était pas elle.
La Reine ? Marie-Thérèse n'était finalement pas si laide qu'il l'avait dit au premier abord, peut être un peu trop tendance à se goinfrer de chocolat et ne pourrait bientôt plus rentrer dans ses belles robes. Elle eut du mal à parler français les premiers temps, ne comprenait rien aux comédies de Molière avec les traits d'esprit. Il avait réussi à l'apprécier et venait la voir régulièrement pour quelques mots et plus. Ils avaient leurs codes : lorsqu'elle lui parlait et qu'elle lui prenait les deux mains, cela signifiait qu'elle lui demandait de rester pour la nuit, ou du moins une partie. Elle eut même le bonheur de tomber grosse un an après leur union. Au moins elle n'avait pas fait comme la première femme de son grand père, Marguerite de Valois n'avait su donner de descendance à Henri IV. Enfin, c'est ce que le monde croyait mais nous ne sommes pas encore là ! Et, comble du bonheur, elle lui avait donné un fils après un long et terrible accouchement. Louis pouvait avoir de nombreux défauts comme celui d'être infidèle et de faire passer l'Etat avant tout, il restait charmant et prévenant avant son épouse, lui tenant la main lorsque la douleur d'une contraction se faisait trop fort. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi impuissant face à l'adversité. Il devait laisser la nature donner vie à un petit être, un Dauphin, ou une Dauphine. Louis avait longtemps prié et veillé sur elle avec beaucoup d'attention, surtout lors de ses nuits d'insomnies pendant que l'enfant tardait à naître. Il alla prier, revenait au chevet de son épouse dont le visage se tordait sous la douleur. Puis un cri, un pleur déchirant l'assistance. Et des mots « C'est un garçon ! » Il ne comprenait pas tout à fait ce qui lui arrivait. Il déposa un baiser sur le front suant de Marie-Thérèse qui lui rendit un pauvre sourire. Le nourrisson fut donné au nouveau papa. Il tenait l'avenir de la France, un nouveau Dauphin, un nouveau Louis. Il en était si fier qu'une larme perla au coin de son oeil mais ne coula pas, cela en était trop pour ce pudique des sentiments. L'assistance constituée des Princes de sangs, ducs, maréchaux et autres évêques entrèrent et saluèrent la famille royale. Puis l'enfant connut les bras de celle qui l'avait mis au monde, Marie-Thérèse avec ses cheveux blonds collés sur son visage. Anne se tint à leur côté, fière d'être grand-mère.

    « Nous l'éduquerons comme vous l'avez fait pour moi, mère. Comme un futur Roi, cet enfant aura beaucoup à apprendre mais avec toute sa famille à ses côtés, il deviendra un Grand. Je lui écrirai moi-même un traité de ses instructions. »

Tous acquiescèrent devant l'enfant endormi paisiblement entre ses linges. Un sourire sincère naquit sur les lèvres du monarque. Quoi de plus beau que de voir la vie apparaître devant soi ? Et après cette naissance, s'il restait proche de sa femme, c'était courtoisement, bien qu'elle l'invitait toujours dans sa chambre. Mais entre eux, il n'y avait pas de réel amour, un mariage de convenance et beaucoup de sympathie de sa part à lui, de la tendresse mais point d'étincelles entre eux.
Madame ? Henriette d'Angleterre, aujourd'hui d'Orléans, vécut au Louvre avec sa mère lors de la révolte dans leur pays et la décapitation du monarque, Charles Ie et on les avait quelques peu oubliées. Il se souvenait de l'enfant comme maigre, sans forme avec laquelle il dut danser sans vraiment d'envie mais pour la politesse. Après tout, elle était fille de Roi, bien que d'un pays où un peuple avait pris le pouvoir avec à sa tête un certain Cromwell. Il ne s'était jamais soucié d'elle, bien qu'étant sa cousine. Cela changea lorsque son frère, Charles II, monta sur le trône et reconquit le royaume. D'un coup la demoiselle avait un certain intérêt, ce que Anne d'Autriche vit de suite : si l'on avait marié Louis à l'Espagne, grand ennemi, Philippe servirait d'alliance entre l'autre éternel ennemi de la France, l'Angleterre. Si Marie-Thérèse n'était pas un canon de beauté, les souvenirs qu'il gardait d'Henriette le fit rire et se moqua de son cadet au sujet de sa femme, parlant d'elle comme les os des Saint Innocent. La surprise fut de taille de la voir si transformée, si jolie du haut de ses dix-sept ans, à la fois intelligente, candide mais ayant vécu tant de choses aussi. Il en était presque jaloux de voir son frère qui n'aimait pas les femmes à leur juste valeur, l'avoir dans son lit une fois la bague au doigt passée. Il l'avait méprisée petite fille et à présent, il cherchait à la séduire. Ce fut assez explicite lorsqu'il fit porter un pli à son nom, lui demandant de le rejoindre à Fontainebleau … avec son mari bien sûr. Le bel été de Fontainebleau fut des plus radieux. Henriette et Louis se voyaient régulièrement, pour discuter, se chercher par sous entendus sans que rien ne se fasse, au départ. Les rapprochements se firent doucement, Louis adorait celle qui était la Reine de la Cour, si belle et gracieuse, au coeur de la vie des nobles. Grâce à elle, la triste Cour redevenait sensuelle, les dames imitaient sa mode et les messieurs regardaient les demoiselles, tentaient de les charmer. Anne avait remarqué l'attirance entre son fils ainé et sa bru britannique et le temps de réagir, il était trop tard. Tous deux devinrent amants, elle se sentait Reine et se sentait grandie. Lui avait trouvé quelqu'un à sa hauteur, ils se comprenaient, étaient passionnés sans être exclusifs. Ce n'était pas un danger de vouloir se partager. Il lui rendait régulièrement visite avant de voir sa propre épouse et elle son mari, ou un autre amant. Fontainebleau ressemblait à un tableau de soap contemporaine, avec ces multiples tromperies, ces passions et autres jalousies. Beaucoup se doutaient de l'histoire entre le monarque et sa belle-soeur, Monsieur n'y voyait rien et tant mieux. Mais ils n'allaient pas dans la discrétion et Anne voulait épargner Marie-Thérèse, enceinte jusqu'au cou, de souffrir des infidélités de son mari qu'elle entendait sans y croire. Pour remédier à cela, un stratagème fut construit, une demoiselle d'honneur servit de chandelier. Choisie par Madame elle-même, ce fut sans aucun doute le pire choix de sa vie car elle est la suivante sur la liste. Henriette fut délaissée bien qu'une attirance continua de planer et elle restait toujours à sa disposition.
La Vallière ? Vierge à ses dix sept ans, peu titrée et peu de poitrine, boiteuse, elle croyait encore à l'amour. Une petite sotte en somme, rien pour attirer le souverain car elle ne voulait rien. Malheureusement, c'est ce désintéressement qui plut à Louis. On les vit se promener en calèche, rentrer trempés sous un orage. C'est à lui qu'elle donna sa première fois en toute discrétion, sans prétention. Elle ne demandait rien que la présence de son amour, de ses sourires et d'un peu d'intimité. Elle fut une petit bouffée d'oxygène mais les épaules pas assez solides pour un royaume de vautours. Louis avait beau tenté de lui donner de la force, Louise s'enfuyait au couvent mais revenait toujours. Une histoire sincère qui s'effaça à son tour. Car elle avait beau être jolie et honnête, les sentiments s'estompèrent car le souverain trouvait qu'il manquait, à son goût, quelque chose. Et si Henriette espère le récupérer, elle a tort car une nouvelle demoiselle est le résultat de ce nouveau désintérêt.
Amy of Leeds ? On la connaît assez peu en fait. Une autre anglaise, comtesse cette fois, que l'on dit froide et aime tourmenter les hommes sans leur donner pleine satisfaction. Une garce en somme d'après beaucoup. Lui la rencontra un jour où elle jouait divinement bien du clavecin, ils avaient beaucoup parlé et même essuyé l'attaque d'un homme, ils avaient formé un excellent tandem ensemble. Cette jolie jeune femme avait donc attiré son attention, il l'avait remercié par l'envoi de bijoux et une invitation à une promenade dans les jardins. Elle avait refusé la parure mais ils eurent droit à une promenade pleine de révélations. Louis la trouvait belle et cette barrière qu'elle mettait entre eux l'intriguait. Pourtant, il entra dans son jeu de se voir juste pour parler, se voir. Elle avait voulu le peindre et leurs rendez vous se faisaient dans les appartements même du souverain, de nuit. Là où beaucoup auraient tenté quelque chose, Louis n'en fit rien. Ce fut tout en sous-entendus, en regards, sourires, quelques effleurements, des confidences. Une histoire d'amour naissante en douceur, sans précipitation et à l'abri des regards.

Alors nous avons notre réponse : la surprise pour le bal était pour la belle Amy. S'il avait ouvert le bal avec la Reine, maladroite danseuse, il l'avait bien vite reconduite à sa chaise pour inviter Amy à danser.
    « Amy, aimez vous les surprises ? »
    « M'en auriez vous fait une par hasard pour me demander ça? »
    « Si je vous le dis, ce ne serait plus une surprise voyons. Rejoignez moi à la fin de cette danse, dans le bosquet sur votre droite. Vous emprunterez la même sortie que moi à présent. Ne venez pas avant, ne gâchez pas tout, Amy. A tout de suite. »
    « Sire, allez-vous me dire enfin ce que ce sont tous ces mystères? »

Et le voilà, sortir de la fameuse Salle de Bal, tenue en extérieur pour un petit bosquet juste derrière, non loin pour entendre la musique. Tout était prévu depuis quelques jours. Louis avait fait ses recommandations auprès de son frère qui s'était chargé de tout personnellement selon lui. Il n'y avait plus qu'à attendre le moment qu'il fallait pour pouvoir dévoiler cette petite surprise mise sur pieds en si peu de temps, quelques secondes dans l'esprit du monarques et quelques heures de travail supplémentaires pour ceux qui avaient si bien travaillé pour que ce bal soit des plus exquis. La patience était en général une qualité indéniable chez Louis, enfin en privé pour la plupart des choses car en public, le Roi se devait d'avoir tout dans les plus brefs délais. Mais en amour, il n'y a ni patience ni temps à vrai dire, tout va si vite en ayant malgré tout une impression d'éternité. Cela ne faisait que peu de temps qu'ils dansaient mais cela passait trop vite et ils voudraient sûrement tous deux continuer à jamais. Dans sa tête, il se remémorait comment il avait voulu que ce bosquet soit établi et surtout ce qu’il contenait. Il n’y avait pas grand-chose au niveau du mobilier même si la décoration était assez luxueuse, on n’y avait pas été de main morte pour les pétales au sol ni pour les tentures aux diverses couleurs, tout était fait pour que ce soit un endroit romantique, comme un petit nid d’amour pour deux personnes qui se découvraient véritablement après de nombreuses semaines à se chercher, comme un jeu sur les sentiments, être sûr de savoir la vérité sur l’autre et sur soi-même, que ce ne soit pas un simple coup de cœur d’un temps. Et il se révéla que ce fut bien plus qu’un simple coup de cœur, plus fort que tout et Louis s’était laissé aller à vraiment aimer Amy et maintenant qu’il en était plus que sûr de ce que son cœur voulait, il ne restait qu’à continuer cette relation, si elle le voulait bien sûr. Lorsqu'elle arriva, il lui pria de fermer les yeux, de le suivre et lui donna son bras pour l’accompagner un peu plus loin dans le bosquet, là où se tenait sa surprise se tenait. Dans ce bosquet des tentures de couleurs du bal sur les haies, des chandeliers dans quelques coins pour illuminer cette atmosphère douce, des pétales sur le sol comme au bal, une petite table de bois avec un petit buffet et surtout une vue imprenable sur un ciel dégagé où les étoiles brillaient plus que jamais. Vraiment un décor paradisiaque, il y avait de quoi faire rêver n’importe qui et Louis espérait que c’était le cas pour Amy. Ils étaient au bal, dans le décor du bal avec la musique mais sans le reste des personnalités qui les observaient. Un doux sourire sur les lèvres, il se tourna vers Amy et lui prit les mains tout en la regardant, ses yeux étaient toujours fermés. Il se mit à parler doucement, comme pour ne pas la brusquer.
    « Je vous aime, Amy »

C'était la seule phrase qu'il fallait retenir, ainsi que ce baiser donné sur fond d'une magnifique musique, pleine d'amour que Lully dirigeait à merveille. Leur premier baiser, il n'avait jamais cherché à la bousculer ni quoique ce soit. Il approcha son visage du sien jusqu’à toucher les lèvres de la demoiselle pour lui donner le plus doux des baises, avec une délicatesse infinie. Tout cela était magique, sous un ciel dégagé avec des milliers d’étoiles. Elle avait raison, la nuit était propice à l'amour et le soleil à la gloire. A eux deux, ils étaient l'univers.


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MessageSujet: Re: LOUIS XIV - Le travail n'épouvante que les âmes faibles   28.04.09 17:16

Mars 1666« La Reine meurt et le Roi pleure … »


Voilà deux mois qu'il venait de perdre une nouvelle fois un être cher. Après son père, son parrain, deux petites filles mortes en bas âge, voici que sa mère la quittait à son tour. Il y repensait, assit dans son cabinet alors qu'il avait lancé la grande recherche de noblesse, afin que tout soit-disant noble le prouve et les contrevenants seront déchus de leur noblesse, et poursuivis comme usurpateurs. Mais lire les documents ne l'intéressaient pas, à cette heure aussi tardive, avec pour seule lumière quelques bougies pat-ci par-là, aux flammes dansantes. Il faisait frais malgré le printemps revenu à Versailles alors le voilà à resserrer sa robe de chambre cramoisi aux coutures dorée, douceur soie et si molletonnée à l'intérieur, du bon confort. Alors que devant lui se tenait des documents authentiques, son regard azur voyait au delà, il n'arrivait plus à se concentrer sur son travail alors il se leva, ses pieds nus caressaient les tapisseries au sol pour se rendre à la fenêtre la plus proche, observer les jardins endormis, juste éclairé par quelques lampes de gardes et par la lune se reflétant dans le Grand Canal. Là, seul au monde, Louis pouvait laisser vagabonder ses pensées.

Les premières durent pour sa mère. La grande Anne d'Autriche, celle qui l'a mise au monde, l'a élevée, aimée et éduquée pour en a fait un monarque digne de ce nom, toujours à l'épauler pour le guider dans ses choix, lui avait enlever son premier amour et s'il lui en avait voulu les premiers temps mais avait compris que la Raison d'État passait avant sa vie personnelle, elle lui a toute appris. Anne lui a imposé des limites lorsqu'il avait voulu profiter de la faiblesse de son beau-père et oncle pour attaquer l'Espagne. Il se rappelait qu'elle ne le voulait pas, qu'elle vivante, cella ne se produirait jamais. Aujourd'hui, Philippe IV était mort, son fils Charles II était débile, sous la régence de sa mère. A présent, libre à lui de faire la guerre à qui il voulait. Mis à part ce triste souvenir, Anne d'Autriche avait été une femme exceptionnelle, elle l'avait aimée comme personne, il se souvient encore des bains partagés avec elle dans sa baignoire du Louvre, avec son frère aussi, à l'époque où ils n'étaient encore Dauphin pour un et Duc d'Anjou pour l'autre, là où l'insouciance faisait encore un peu parti de sa vie. Elle avait régi le royaume, sa famille avait fermeté et douceur à la fois, elle l'avait élevé comme un Roi digne de ce nom et il ne la remercierait jamais assez pour cela. Elle servit de guide dans ses choix sans jamais s'imposer, juste donner son point de vue et le conseiller, comme une mère et comme une Reine. Bien sûr, elle l'avait éloignée de Marie, l'avait marié à l'Espagne et ne supportait pas qu'il affiche trop ses maitresses, le voulait discret mais les disputes furent peu nombreuses, justifiées sur le recul. Bien trop tard mais il avait demandé pardon sur son lit de mort, elle l'avait accordée. Il se souvient encore de son départ au Val de Grâce où il venait la voir régulièrement, rendre visite pour savoir comment elle se portait. Des douleurs à la poitrine parfois, Anne mentait en disant que ce n'était rien de grave. Puis finalement, ça l'était car au fil des semaines, elle ne put plus vraiment marcher, ni même se lever. Elle était si pâle dans son lit, proche de la mort. Philippe et lui ont passé leur temps à la veiller, à lui parler, à s'excuser. Peut être son frère plus que lui, mais qu'importe, elles les aimaient tous les deux, chacun avait apporté son lot d'amour, de soucis et de réconfort. Puis elle s'était éteinte, en un instant, lorsque les deux frères ne la regardaient plus. Partie en silence, à peine un soupir de soulagement. Elle rejoignait sa famille, ses amis, ses amants et enfin calmait la douleur.
    « Elle est partie ... »

Cela fut dit dans un souffle, ses yeux saphirs se perlèrent de larmes, coulèrent seules, la tristesse prit le dessus sur tout. Il laissa son frère partir, l'air grave tandis que lui resta encore un peu de temps devant cette femme qu'il avait adulé, observé durant vingt huit années. Il lui caressa ses cheveux blonds, ferma ses paupières, baisa sa main et voulut partir par l'escalier dérobé. Sa gouvernante, et amie de sa mère, voulut le retenir. Elle l'avait vu grandir, il s'était de nombreuses fois confiées à elle car il lui faisait confiance, en sa discrétion et en sa dévotion. Mais cette fois-ci, il n'irait pas dans ses bras pour soulager sa peine, il resta digne, comme un Roi. Bien qu'il soit un fils en deuil avant tout.
    « Laissez moi pleurer en paix, je vous en prie.. »

Et il était parti sans un mot de plus. Encore un morceau du passé qui s'effaçait mais pas totalement, son coeur était meurtri sous le chagrin. A présent, il régnait réellement seul sur la France, avec Colbert à ses côtés. Il était orphelin mais plus souverain que jamais.

Puis il pensa à son épouse. Pauvre Marie-Thérèse avait perdu sa plus chère amie en la présence d'Anne d'Autriche, puisqu'elle était à la fois sa tante et sa belle-mère, elles pouvaient discuter en espagnol sans grand problème. Si, au début, elle n'avait rien su des infidélités de son mari, cela lui vint assez rapidement. On l'avait ménagée durant sa grossesse, sait-on jamais, mais depuis elle découvrait les infidélités de son mari. Avec la femme de son frère, une boiteuse de La Vallière, une anglaise en exil et d'autres entre temps … Personne n'a dit qu'être Reine n'était évident, il fallait toujours paraître, donner vie à toute une famille sans en perdre la vie, autoriser la vie dissolue de son époux. Elle n'était pas infidèle, trop pieuse pour cela. Du moins, c'est ce qu'il pensait … Elle lui avait donné un fils, Louis le Dauphin, âgé de quatre ans à présent, un bel enfant dont il était fier. Les deux filles qui suivirent, ne tinrent pas quelques mois, ce qui le chagrina. De si petites choses en cercueil, cela faisait si mal. Lui et son épouse entretiennent toujours des relations charnelles, beaucoup moins qu'avant mais il lui trouve des qualités, il faut avouer qu'elle est jolie, bien que pas assez « française » à son goût. On ne peut pas non plus tout avoir dans la vie. Et il lui semblait qu'elle avait un peu grossi, était ce le chocolat ou une nouvelle grossesse ?

Un visage amical passa dans son esprit : Vivonne. Ce bon vieux Louis de Mortemart, ami depuis toujours avec qui il avait fait les quatre cents coups, à donner des coups de reins à des demoiselles entre deux déplacements, s'en amuser et repartir. Ils ne s'étaient jamais vraiment quittés, sauf lorsqu'il fut nommé capitaine de vaisseau et s'embarqua pour diverses expéditions. Mais les deux hommes, devenus grands à présent, adorent se revoir, partir ensemble à la chasse. Un ami comme celui-ci se garde précieusement. On dit que sa soeur, l'actuelle Marquise de Montespan, voudrait bien aller dans ses draps, mais il n'y croit pas vraiment.

Puis son visage se crispa, il pensa à quelqu'un qu'il n'aimait pas du tout. Un homme dont il ne connaissait pas le nom ni l'origine, mais qu'il aimerait bien faire enfermer à la Bastille ! Ce voleur s'est introduit à plusieurs reprises dans le château et s'est amusé à subtiliser de nombreux objets de valeur. Louis était sorti un soir de sa chambre, marché à travers les Salons et était tombé nez à nez avec Arturo, c'était son nom mais il ne le savait pas, qui tentait de voler des chandeliers en or. Le gredin s'est enfui avant que la garde ne put le rattraper mais il ne devait pas en être à son premier coup d'essai, le monarque ne retrouve plus des bijoux de sa mère, dont une sublime bague en diamant. Si c'est lui qui s'en est emparé, le souverain sera sans pitié avec cet homme !!

Et, sans transition aucune, Amy vint apaiser la colère. Il l'aimait vraiment. Pour elle, il avait renoncé à Louise de la Vallière, qui devait toujours être entrain de prier le pardon de l'adultère, à Madame et beaucoup d'autres. Depuis quatre années, il s'était montré presque fidèle. Oh, une fois ou deux, le corps avait été plus fort que la raison mais elle lui avait pardonné, ils avaient tellement vécu ensemble. Après le bal, elle avait disparu sans donné de nouvelles pendant plusieurs mois avant de revenir, poursuivi par un homme de son père qu'il avait fait chasser du bout de son épée et avait gardé la belle Amy avec lui. Ce fut leur première nuit ensemble, enfin. Et cela n'avait cessé depuis. La Cour le savait mais ils ne s'affichaient pas ouvertement, par respect pour sa mère qui lui avait supplié de ne pas montrer l'adultère aux yeux du monde. Si lui se montrait parfois impatient et demandait des fêtes où, par sous-entendus, elle en était la Reine. Et là, il l'affichait sans complexe, il y a quelques jours lors d'une soirée appartement comme il organisait parfois. Elle était la plus belle, sans aucun conteste. Et à présent, elle était française. Amy of Leeds était aussi duchesse de Guyenne, il lui avait trouvé un duché sans véritable propriétaire alors elle avait de somptueuses terres et un titre digne de ce nom. Une consécration pour la demoiselle, maitresse officielle de sa Majesté. La Cour, comme toujours, jasait de cette relation d'adultère, où ni l'un ni l'autre ne voyait le problème de la fidélité dans un couple. Il n'y avait plus qu'à avoir des « bâtards » comme ils disaient si bien. En quatre ans, elle n'avait jamais donné de descendance, il n'avait qu'un seul enfant mais son anglaise lui suffisait, elle était non seulement belle mais aussi spirituelle, musicienne et avec son caractère. Elle était le mélange parfait de ces trois plus grandes histoires en tant que monarque.

Cela le fit sourire lorsqu'un bruit se fit entendre. Une porte s'ouvrait, mais pas la principale, une dérobée dans un coin de son cabinet. La main se glissa discrètement vers le mousquet non loin de lui. La silhouette fit son apparition par une jambe dans une robe de satin blanche. Une femme, et pas n'importe laquelle. Amy fit son apparition avec un grand sourire qui lui rendit. Elle venait sans qu'on la demande, à croire que la jeune femme captait les pensées de son royal amant. Elle vint doucement jusqu'à lui et Louis entoura sa fine taille pour l'enlacer et enfin l'embrasser. Ils ne voyaient plus trop en ce moment, il avait tant à penser qu'il négligeait presque ses proches.
    « Ma belle Amy. »
    « Mon Louis, ce genre d'étreinte me manquait cruellement. »
    « Je m'en excuse mais nous voilà réunis. Je peux entendre de ta jolie bouche si mes cadeaux t'ont plu. »
    « Bien évidemment mais ils ne consolent pas de ton absence. »

Elle portait à ses oreilles deux ornements en or blanc avec de chaque coté, une fleur de lys pendante incrustée de diamant. Deux pures merveilles qu'elle portait pour lui faire plaisir mais, évidemment rien ne remplaçait leurs entrevues, pouvoir se promener ensemble ou se voir en tête à tête. Ils s'aimaient, cela se voyait à la façon dont elle le regardait et, pour lui, par comment il la tenait. Cette nuit, elle resterait dans sa chambre. Ils parlèrent un peu, du magnifique ballet donné par Lully avec son triomphe de Bacchus dans les Indes, de tout et rien avant qu'elle finisse de s'assoupir sur le lit où il l'installa confortablement avant de la rejoindre. Instinctivement, elle se tourna pour se blottir contre lui, ce qui le fit une nouvelle fois sourire. Ainsi, il pouvait être homme la nuit et Roi le jour. Demain, il faudra parler à un de ses espions de l'avancer des recherches et aussi continuer à menacer l'Espagne d'une guerre si elle ne cède pas les villes du Nord Est. Demain, ce sera une grosse journée mais en attendant, il profitait du doux parfum de la chevelure d'Amy ...



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