
Louis XIV en roi tout puissant, maître de son château où les vies se font et se défont |
| | Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] | |
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| Auteur | Message |
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Athénaïs de Mortemart ~*Etoile Montante*~

Age : 17 Inscrit le : 10 Aoû 2007 Messages : 162 Âge : 21 ans Titre : Vicomtesse de Limoges-Rochechouart, Duchesse de Mortemart Humeur Versaillaise Côté Coeur: Je n'ai besoin de personne en carosse noblissone! Côté Lit: Réviser ton jugement: crois-moi ce serait plus prudent! Noble Humeur:
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 | Sujet: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Lun 13 Aoû - 0:44 | |
| Chapitre I: Confessions Intimes
Même si les hauts feuillages des arbres cherchaient à masquer les perfides rayons de soleil de l'été, la surnoise étoile laisserlibre court à sa cruauté en déversant ses bouffées restées humides par l'averse de la veille sur les nords tranquiles du filet d'eau longeant la Château. En cette fin de matinée de mois d'Août, il était donc plus qu'agréable de savourer les fraiches berges du Grand Canal. En effet, la chaleur était si étouffante que les plus honnêtes Dames de la Cour se seraient données à coeur joie de se débarasser, ne fûsse que pour quelques instant seulement, de leurs étroits corsets qui maintenaient eux-aussi solidement, les reins en feu et les fibres respiratoirs en jachère. Vrai, c'était un vrai supplice, digne des tragédie prométhéennes.
En pensant cela, la Duchesse n'était pas sérieuse, bien sûr. Mais enfin pourquoi se laisser anvahir par le malaise alors que la moindre des facilités était de retirer ces prisons de crêpes et de prendre place dans l'herbe douce, les jambes repliées et le buste libéré, protégé par les ombres d'un grand chataîgner voisin? En sortant et voyant que l'air du dehors serait décidément moins réjouissant que prévu, la jeune femme n'avait pas hésité une seconde, sous les yeux écarquillés de sa suivante.
Madame, mais vous n'y pensez pas! soufflait Prudence alors que sa maîtresse défaisait les longs rubans noirs de sa toilette. Cette dernière était composée d'une simple robe de campagne accompagnée de petits souliers de soie. Un châpeau de paille crânement penché sur l'oueil ainsi qu'une petite bourse en soie complètait un accoutrement pour le moins singulier lorsqu'il s'agissait d'une promenade d'été: la Duchesse ne portait que noir et blanc. Que dira-t-on? continua-t-elle tout en plaçant une de ses mèches rousses derrière son oreille droite.
On ne dira rien, ma chère. Absolument rien. Voilà tout ce qui était sorti des jolies lèvres roses nacrées de la jeune femme.
Et comme pour accompagner ses paroles, la Baronne de Lisle ne prononça pas même la moindre syllabe. Aucun soupir, aucune tou ne se dégageait de son larynxe et la jeune femme n'en souriait que davantage. Il était commun qu'aucune critique ne soit formulée lorsqu'un manquement à l'étiquette se produisait...pour mieux en discuter après! Cette chère de Lisle se ferait sans doute une joie plus tard, dans la soirée de jeu, à déblaterrer les dernières extravagances de la belle poitevine. A cette pensée, elle rejetait ses boucles blondes en arrière, un rire silencieux dans le creu de la gorge.
Athénaïs de Mortemart avait été absente durant presque toute une année. Ce voyage au Japon lui avait pris plus de temps que prévu! Non contente de devoir traverser la moitié du globe pour arriver chez Hoi Mong Fi, le Ministre de l'Empereur lui-même, lui avait mangé deux mois de sa vie mais en plus, on ne voulait plus la laisser partir! Finalement, il avait bien fallut faire entendre raison à ce quinquagénaire au grand coeur, cependant trop poussé sur le saké et les belles formes pour montrer trop d'indulgence, mais à la pensée qu'elle ne reverrait plus jamais son cher château, quelque chose c'était serré dans son petit coeur. Oh! Comme elle aimait ce Versailles! Etait-ce la toute proche présence du Monarque et de son Pouvoir ou bien les plaisances et beautés qui réveillaient en elle une nostalgie croissante de ses premiers jours à la Cour alors qu'elle se présentait devant Madame comme "Mademoiselle de Toney-Charente"?
Bien sûr, rien de comparable avec la magnificence des palais du Pays du Soleil Levant. Mais derrière les chimères d'émeraudes et les diables de rubis, Athénaïs percevait clairement où résidait le vrai luxe et le vrai charme de l'art français. Dire que ce n'était que sur demande, certes implicite mais tout de même, de Monsieur qu'elle avait entrepris ce périple, alors qu'elle venait à peine d'enterrer son frère Louis-Victor!
A présent, Gabriel de Mortemart son père lui laissait une fortune dont elle ne savait que faire ainsi qu'un titre par lequel, en revanche, elle espérait bien faire sonner les cloches néroniennes pour annoncer son arrivée. Pourtant, c'était sans bruit qu'elle avait regagné la Cour. Et la Nuit, qui plus était. Oui, la jeune femme, plus démon de minuit qu'ange de midi, était passée inaperçue depuis son arrivée ce qui ne la choquait en rien. De part des sources sûres et avisées, elle était toujours au courant des moindres faits et gestes des personnes qui l'intéressaient. Néanmoins, elle se sentait seule outre la présence de sa suivante. Dire qu'elle s'était donné tant de joie à revoir ce petit monde qui faisait de France le plus brillant Etat d'Europe!
Pour l'instant tout au moins, Athénaïs lisait. L'ouvrage ouvert sur ses genoux, elle s'appuyait de ses deux mains sur la pelouse tandis que ses yeux d'amandes sucrées rattrapaient les lignes brodées en fils imaginaires, retraçant ainsi par un miracle de génie des histoires et épopées magnifiques. Ah! Si seulement Prudence avait eût envie d'apprendre à lire. Bien qu'étant sa soeur de lait, cette dernière s'était révoltée contre toute forme d'éducation. Un peu comme sa maîtresse, à l'inverse qu'Athénaïs elle, se devait de perpétuer les traditions d'un esprit avançé et peut-être trop réfléchi sur son temps. Parfois, cela la prenait même de parler politique...ce qui avait don d'agacer Prudence qui, en mettant en garde la belle blonde, faisait honneur à son baptême.
Il n'est jamais bon pour une femme de parler de choses masculines. Madame la Duchesse vous l'a souvent répèté! -Vous prenez les âmes en paix à témoin à présent? Pour me faire culpabiliser, n'est-ce pas? répondait-elle sur le même ton. Diane avait quitté le monde des mortels peu de temps après son fils. Raison de plus pour Gabriel d'instruire sa fille qui devait à présent porter le flambeau de la plus vieille famille de France!
La Duchesse de Mortemart lisait toujours lorsque Prudence annonçait:
Je fais chercher pour déjeûner? -Faites, Prudence, faites fût la réponse d'Athénaïs qui ne relevait pas les yeux de ses écrits. Seul une légère élévation du poignet congédiait sa suivante.
Dieu c'était toujours la même chose! Quoiqu'elle puisse faire, ses gestes étaient toujours insupportales de grâce et d'élégance. Et le pire était qu'elle en savourait chaque seconde! A si elle n'avait pas été accompagnée pour son retour...serait-elle restée seule, sans que personne ne la remarque à part quelques oiseaux qui, se perchant sur les branches voisines, entonnaient une mélodie digne des sérénades de printemps? A vrai dire, la jeune femme n'y pensait qu'à moitié. La seule, vrai question qui l'obsèdait et qui ne la lachait plus, était celle de l'avenir. Oui, pour la première fois, cette enfant gâtée par Nature et genre humain voyait au trouble son éxistence.
Mais comme bien d'autres choses encore, ces pulsions de philosophies, ses besoins d'être maîtresse de la situation se laisseraient chasser par quelque chose de plus gaie, plus réjouissant...qu'en serait-il aujourd'hui et quelle forme prendrait-elle...? _________________
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Dernière édition par Athénaïs de Mortemart le Lun 21 Juil - 17:39, édité 2 fois |
|  | | Philippe d'Orléans

Inscrit le : 03 Jan 2007 Messages : 1700 Âge : 21 ans Titre : Prince de France, Monsieur Humeur Versaillaise Côté Coeur: Il n'y en a qui a su desserrer le ruban autour de mon coeur de soie ... Côté Lit: Je papillonne régulièrement de conquêtes en conquêtes ! Noble Humeur:
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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Lun 13 Aoû - 14:50 | |
| Il est de ses matins où les grandes nouvelles changent le cours d'une journée qui s'annonçaient des plus plates, une journée versaillaise parmi tant d'autre. Pourtant un été dans ce somptueux château n’était pas donné à tous, peu de monde pouvait se flatter d’avoir pu s’abriter sous un de ces grands châtaigniers du jardin, de profiter de la fine bruine qui s’échappait des fontaines et aller se promener à l’ombre des jardins en fleurs. C’était beau, lumineux et délicieux bien que les costumes de ce temps ne furent point adaptés à la chaleur et aux rayons malicieux du soleil. Certains s’en accommodaient, faisant mine de rien tout en tamponnant délicatement de leurs mouchoirs de soie tout en se promenant, d’autres se cachaient dans les fraîches pièces du château pour n’en ressortir qu’à la tombée du jour, quand le soleil se reflétait dans la Grand Canal. Mais d’autres encore ne pouvaient s’empêcher de rouspéter et d’être d’éternels insatisfaits de la situation. Vous voyez de qui je veux parler ? De Monsieur bien évidemment. Depuis son lever, il s’était changé en tout et pour tout cinq fois déjà. Etant donné que nous étions dans la matinée encore, cela relevait d’un véritable caprice du Prince qui avait toujours beaucoup trop chaud et refusait de mettre un nez dans les jardins en transpirant comme un bœuf. De la part de celui qui voulait être parfait en tout point, ce serait bien sûr intolérable.
Ses appartements ressemblaient à un véritable champ de bataille avec des cadavres de vêtements sur le sol, les chaises, sofas et autres endroits pour poser ces « horreurs » comme il les qualifiait depuis plus d’une demi-heure déjà. Et de jérémiades en colères, le temps passait à vitesse folle tandis que la pile de vêtements ne cessait d’augmenter. Quel poison de rang que celui d’être une personne dont la mode n’était plus un secret malgré sa vingtaine à peine consommée. Philippe avait beaucoup de beaux habits mais peu trouvaient grâce véritablement à ses yeux en plus de correspondre avec la température extérieure des jardins qui semblaient l’appeler de manière de plus en plus forte au fil des minutes qui s’écoulaient.
Philippe, n’avez-vous aucune idée de ce que pourriez mettre ? N’y a-t-il vraiment aucune tenue légère ?
Non, rien. Le reste de mes tenues sont à Saint Cloud ! Dit il en frappant sans vraiment de force sur une petite table ronde en chêne où trônait un merveilleux vase fleuri de lys.
Comme toujours, ses mignons étaient aux petits soins autour du Prince pour tenter de lui apporter satisfaction mais aussi de l’aider à régler des questions aussi épineuses que celle du moment : que va-t-il mettre ? Guillaume, celui qui venait de parler, ne cessait de faire des allers et venues avec de nouveaux costumes, espérant que l’un d’eux calmera enfin les crises existentielles de Monsieur. En plus celui-ci ne cessait de se plaindre qu’il avait grossi et avait du mal à rentrer dans ses vêtements sur mesure. C’était plus psychologique qu’autre chose mais qui irait contrarier ce jeune homme caractériel et capricieux, aimant toujours avoir raison ? Personne ou alors quelques inconscients. Le temps passait sans que rien ne le satisfasse jusqu’à ce qu’on lui apporte LA perle rare : une fine veste au toucher satin et à la légèreté d’une plume de couleur vert pomme et aux coutures blanches discrètes. C’était tout simplement une merveille et quand les mignons virent le sourire de Philippe en se regardant dans le miroir, ils ne purent que retenir un soupir de soulagement. Les regardant, le Prince haussa les épaules et parla avec dédain.
Vous voyez, ce n’est pas bien compliqué de trouver la tenue parfaite.
Mauvaise foi ? Oui, c’est une autre de ses qualités, merci. Ayant fini d’assortir avec des talons de couleurs similaires et autres accessoires, il était prêt à sortir, se montrer en société sans pour autant se soucier de la température, du moins y prêter une attention moins particulière. Entouré de sa petite cour simplement composée de ses deux favoris, il sortit dans les jardins avec cette grâce majestueuse et délicate qu’aurait une demoiselle. Le soleil et la chaleur faisait que peu de monde avait l’audace de se promener en plein soleil de l’allée centrale et les courtoisies avec la gente nobiliaire fut vite donc expédiée. Et ainsi, Monsieur faisait son petit tour, espérant trouver une âme à qui parler, ou plutôt déblatérer, un passe temps à plein temps quand il n’y avait rien d’autre à faire. Mais non, personne de réellement intéressant et cette balade le conduisit jusqu’au Grand Canal. L’air y était plus frais, plus doux et particulièrement agréable. Et vous savez, les grands esprits se rencontrent … Philippe ne put en croire ses yeux de voir la silhouette de dos sous cet arbre. Ces cheveux, cette posture gracieuse … Non, ce n’était pas possible ! Athénaïs serait elle de retour à Versailles et personne n’en avait parlé ? Bien étrange pour une dame qui aimait se montrer, surtout après une telle absence.
Dans un silence de paroles, Philippe fit un simple geste de la main à ses mignons de ne plus bouger et avança doucement dans l’herbe. Sûrement que son amie penserait que cela était sa servante ou quelconque dame de compagnie, son amie détestant la solitude, et ne retournerait pas. Feignant l’indifférence et dans une voix dédaigneuse et légèrement hautaine, le Prince était debout aux côtés de la Duchesse, les mains dans le dos, la regardant de haut.
Une fille du peuple même aurait fait un retour plus en fanfare.
Il avait envie de sourire, de retrouver son amie et qu’elle lui raconte ses aventures tandis que lui, il lui parlerait des aventures versaillaises mais avant, il fallait bien taquiner un petit peu. Vous connaissez Monsieur : le sérieux, très peu pour lui.
Et les bonnes manières ? On ne salue pas un membre de la famille royale ? Décidemment, la précieuse des précieuses perd de son statut !
Mais comme les joies du cœur étaient plus fortes, un large sourire se dessina sur les lèvres de Monsieur. Rendez vous compte à quel point elle lui avait manqué, sa présence et son esprit piquant … _________________
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|  | | Athénaïs de Mortemart ~*Etoile Montante*~

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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Lun 13 Aoû - 15:36 | |
| HJ: J'écoute Bach en te répondant, c'est d'une inspiration! Ne m'en veut pas trop pour le culot d'Athénaïs mais la tentation était trop forte^^
Une fille du peuple même aurait fait un retour plus en fanfare.
Athénaïs n'avait pas levé ne serait-ce qu'un traître centimètre de menton à cet appel. Sa pose était plus immobile que les statues grecques des Fontaines et le vent jouait dans ses boucles soyeuses une douce mélodie de coquetterie. La Nature faisait parfois bien les choses! Mais mon Dieu...! Cette voix, ce surplus de dédain mélangé à quelque chose qui ressemblait presque à du persifflage féminin, rabaissant et suave mais dont l'intonation était si peu retenue et se voulant à la limite de l'offence... Intérieurement, la jeune femme se nommait stupide en se forçant de ne pas esquisser un seul sourir, même vague pour lui signifier qu'elle venait très bien de comprendre le pourquoi de son courroux...Les plaisanteries de toujours, la voix de son enfance...Elle n'avait pas changé! Et dire qu'elle venait à peine de se demander qui viendrait la chercher pour un réel retour à Versailles! Le hasard venait à point nommé et lui apportait le plus brillant des acceuil, plus cher à son coeur que la présence honorifique de Loui lui-même! Car enfin, pouvait-elle espérer meilleur ambassadeur que le frère du Roi?
Cependant, elle se refusait toujours le plaisir de montrer ne serait-ce qu'un signe d'allerte en pensant que juste derrière elle se trouvait Phillipe d'Orléans, Monsieur de Versailles et incontestable Roi des plaisirs et beautés. Mais non, la belle Athénaïs restait aussi impassible que du marbre; le Prince lui non plus ne faisait aucun éffort. Allez savoir lequel des deux personnage s'avouerait vaincu le premier...? Lui, toujours derrière elle et probablement en train de la toiser de haut comme une vulgaire paysanne, mais dont le choix des mots et la rythmique des syllabes trahissait le sourir qui venait de se déssiner sur les lèvres toujours aussi roses.
D'ailleurs, Phillipe reprenait dejà sur le même ton: Et les bonnes manières ? On ne salue pas un membre de la famille royale ? Décidemment, la précieuse des précieuses perd de son statut !
Alors seulement, elle fît un effort: avec extrême lenteur, comme si on la tirait douloureusement d'un songe heureux, la Duchesse de Mortemart relevait l'échine, le regard bleu-gris détaillant chaque nouvelle parcelle de décors paisible des allentours du Grand Canal pour ensuite ne fixer l'autre riven située juste en face d'elle. Les mains posées sur l'ouvrage qu'elle était en train de lire, elle puisa un dernière fois dans le plaisir malin de le faire languir puis... Son visage remonta en demi tour lent et odieux de grâce vers le frère du Monarque, tandis que ses sourcils s'arquaient vers le front de nacre et le velouté de ses cils noirs papillonnants cachait la lueur de joie qui grandissait à chque instant dans le coeur de la jeune femme. Son index vint frôler son menton mais déjà, la bouche charnue se moûlait de sons suaves et délicat, pronçant pourtant chaque mot bien distinctement et sur le même ton:
C'est à se demander, Monsieur... Mais après tout, le Prince est un moule qui donne la forme à toutes les autres.
En d'autres circonstances, et devant une Cour au grand complet, les murmures auraient fusés. Pire encore, les bonnes comères de l'assistance se seraient donné à coeur joie de vomir des regard courrouçés et méchants, tandis que les valets en auraient presque fait tombé leur services. Mais que s'eût été au Salon ou ici, sur les berges du fleuve, cela n'aurait aucunement gêné notre héroïne. Elle bravait follement mais peut-être était-ce cette nonchalence et cette habilité presque offençante qui la rendait si attrayante.
Vous devriez pourtant savoir que je ne fais rien comme les autres...sursura-t-elle derrière ses crêpes. Je salue comme il se doit un ami de longue date, pour qui la préciosité est révolue. Ce serait honte pour vous et pour moi, d'aborder avec vous ce statut de courtisane soumise...que je ne suis pas!
Athénaïs se contenta de sourir du coin des lèvres, ce sourir qui ne relevait qu'un côté de sa bouche tout en prenant son éventaille affreusement bien assorti à ses rubans, une crêpe blanche incrustée de minuscules diamants assortis à une larme qu'elle portait en pendentif à son cou frêle et le tout bordé d'une fine soie noire...D'un geste brusque mais qui gardait pleine douceur, elle agitait devant son petit nez l'objet de luxe, privant ainsi Phillipe d'une quelconque vue sur sa physionomie mais qui cachait tout autant son trouble. Un an déjà! Il lui avait tant manqué d'entendre sa voie ruminer caprices et folies, mais aussi chagrins et soucis...Il était à espérer qu'il lui conterait bien vite tout ce qui s'était passé à la Cour durant son affreuse absence.
Enfin, ils décidèrent d'un commun accord de faire tomber les masques: la Duchesse se leva avec souplesse, plantant le nuagé de ses prunelles dans le fin fond des mers bleues et profondes du jeune homme qui était malgrès tout, Prince de France! Alors, une révérence qui aurait comblé un empereur laissa glisser la silhouette de nymphe de la jeune femme dans la pose de convenance, les yeux baissés, les cils les voilant comme lorsque le rideau se ferme après le premier acte. Fini de jouer, la vie n'était pas un théâtre.
Heureuse de vous revoir, mon cher Phillipe... _________________
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|  | | Philippe d'Orléans

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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Mar 21 Aoû - 17:32 | |
| [Tu as eu raison, c'est parfait ainsi]
Elle le faisait exprès, c'était sûr, certain même. Ne pas bouger d'un millimètre, être indifférente aux paroles du Prince, faire celle qui était trop occupée par son livre pour daigner juste lever les yeux était une technique idéale pour faire enrager Philippe. En effet, ce dernier détestait qu'on soit indifférent à son égard, aimant être au centre des conversations, qu'on le regarde, qu'on l'admire, même qu'on le déteste car au moins il y avait un sentiment. Mais l'indifférence était la pire des choses aux yeux du jeune homme. Sauf là. Depuis le temps que les deux se connaissaient, ils avaient grandi ensembles alors ils savaient comment piquer l'autre au vif, le toucher là où il faut. Et Athénaïs s'en servait à ce moment préçis, jouant sur le narcissisme exagéré de Monsieur qui ne supporterait pas un tel affront venant d'une autre personne. Mais là, comme pour parer le coup, il ne fit que reprendre la conversation, tenter de la faire réagir pour entendre ses mots plus vifs que le vent et plus tranchants que le plus affuté des couteaux.
Enfin, elle se mit à bouger et même parler ! Evidemment, le tout dans une grâce infinie, montrant tout la préciosité de la demoiselle toujours assise qui regardait derrière ses longs cils un Prince de France qui avait bien du mal à contenir son sourire mais restait impassible devant ses propos presque choquant si l'on aurait été en société. Enfin qu'ils soient tous les deux ou qu'ils soient deux cents, si Mademoiselle de Mortemart voulait dire quelque chose, elle le ferait sans aucun doute et surtout sans aucune gêne. Ils se ressemblaient tellement sur ce point là, pas peur de faire jaser l'entourage ni celui de se faire discret d'ailleurs. Ce fut à son tour de faire silence sur cette phrase, se demandant bien ce qu'elle allait bien pouvoir ajouter pour titiller un peu plus Philippe. Les mots ne se firent pas attendre et si les deux restaient toujours de marbre, il n'empêche que ce jeu devait se finir. Mais aucun des deux ne semblaient vouloir lâcher le premier puisque Monsieur décroisa ses mains dans le dos pour les ramener devant et faire tourner délicatement les bagues à son doigts sans pour autant lâcher les beaux yeux malicieux d'Athénaïs.
Vous serez soumise le jour où j'irais batifoler avec les demoiselles. On sait maintenant pourquoi aucun homme ne trouve grâce à vos yeux ... A moins qu'ils vous fuient.
Fuir une femme si belle serait criminel mais cet esprit vaillant, piquant, ses mots habiles mieux que des armes avaient de quoi faire reculer tous les vaillants prétendants. Pourtant à la voir ainsi, où chacun de ses gestes semblaient si calculés alors qu'ils n'étaient que les conséquences d'une haute éducation inculquée à une jeune femme. La voir dans toute sa splendeur, bien que ses habits et le contexte soient des plus simples, le rendait comme un enfant, revenant quelques années en arrière quand il attendait avec impatience le retour de son amie pour s'amuser et parler jusqu'à pas d'heure de tout le monde, prendre des nouvelles, décrire toutes les parures, les évènements, les rumeurs, les tromperies et autres histoires de la Cour qui les passionnait tous les deux. Dieu que la demoiselle en avait des choses à rattraper, en particulier dans la vie de Philippe qui fut des plus tumultueuses ! Mais maintenant qu'Athénaïs était de retour à Versailles, elle n'était sans doute pas prête à repartir de sitôt alors ils auraient tout le temps de parler.
Pour l'heure, c'était les retrouvailles. Les vraies bien évidemment, les deux s'arrêtèrent de se tourner autour, de se titiller et leur amitié se montra au grand jour. Lorsqu'il la vit se lever, un large sourire naquit sur son doux visage, quelque chose de sincère et de profond. Si cela ne suffisait pas, regardez les yeux de Philippe, ils ne mentaient jamais et ce pétillement montrait bien cette joie qu'il n'arrivait plus à cacher. Révérence tout en élégance et fine pour lui aussi, tellement exécutée que la fluidité de ses mouvements gracieux pouvaient faire pâlir les demoiselles les plus appliquées.
Et moi donc ma chère Athénaïs. Vous m'avez manqué à un point que vous ne pouvez imaginer. Mais laissez moi vous regarder pour voir à quel point vous êtes devenue une femme des plus charmantes.
Il fit un pas en arrière pour pouvoir admirer son amie encore plus belle que le jour de son départ. Elle était le genre de personnes déstinée à être belle mais dans le genre éblouissante, où l'on se sent obligé de se retourner pour poser ses yeux sur la demoiselles et impossible de s'en détacher après. Là, Philippe la voyait simplement vêtue, sans vraiment grands artifice et déjà elle éblouissait. Alors n'osons pas imaginer lorsqu'elle se rend dans les soirées richement vêtues. Mais pour le moment, Philippe la détaillait sous toutes les coutures, son sourire ne quittant pas sa bouche délicate. Puis relevant ses grands yeux pour plonger dans ceux de la demoiselle, il joignit ses mains l'une contre l'autre comme pour une prière.
Vous devez le savoir à force de compliments d'autres hommes mais vous êtes absolument exquise, je n'en reviens pas ! Je suis au moins rassuré de savoir que vous n'avez pas dépéri dans cette lointaine contrée. _________________
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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Mar 11 Sep - 19:35 | |
| Et moi donc ma chère Athénaïs. Vous m'avez manqué à un point que vous ne pouvez imaginer. Mais laissez moi vous regarder pour voir à quel point vous êtes devenue une femme des plus charmantes.
Résolvés des supplices qui consistaient en une flexion des genoux tout à fait désagréable car à demi éxécutée selon l'étiquette qui leur venait tout droit des contrées espagnoles par la main douce quoique ferme du Prince, les deux personnages pûrent à présent au véritable plaisir de se retrouver, d'épingler dans leurs subconscients respectifs les aspect peut-être changés d'une personne qu'ils connaissaient certes depuis de longues dates, mais qui s'étaient tenus à l'écart l'un de l'autre pour une période que la Duchesse jugeait parfaitement abusée. Sang du Christ, comment avait-elle fait pour supporter avec tant de patience les froides politesses des cours asiatiques, alors que dans le plus lumineux des pays européen, un homme aussi noble qu'incroyable s'était à ce point vu délaissé? Tout comme il s'égarait dans un détaillage minutieux des avantages poitevin devenus des plus rares, la jeune femme elle aussi se livrait à un éxercice difficile. Bien qu'elle sembali s'intéresser à la taille et le goût tujours aussi extravagant de Monsieur, c'était une question bien plus coriace qui germait dans l'esprit de la belle émérite: avait-il réellement changé? Elle n'avait pas de doute concernant la réciproque. Mademoiselle de Mortemart avait acquit en expérience de part son absence qui relevait presque de l'Odyssée; quand à ses atouts physiques, il eût été sot de jouer les prudes disparues... Non, dans le fond, plus elle s'impreignait de Phillipe, moins elle n'en devenait lucide. Toute fois, il était indéniable, à en juger par l'air nouveau qu'arborait le menton bourbon, que Versailles n'était pas restée un long fleuve tranquil comme les eaux du Canal qui le bordait. Aussi, ce fût d'une oreille nouvelle qu'elle acceuillit les paroles de son Prince. Vous devez le savoir à force de compliments d'autres hommes mais vous êtes absolument exquise, je n'en reviens pas ! Je suis au moins rassuré de savoir que vous n'avez pas dépéri dans cette lointaine contrée. Cette fois-ci, Athénaïs releva un de ses sourcil fin, tandis que sa bouche formait déjà le faussement indigné: Dois-je rappeler que c'est précisément votre personne qui m'envoya ce tantôt au Japon pour y connaître toutes les finesses du culte de la beauté dont on vente tant les vertues philosophiques? Sur le plan du language, la jeune femme était bel et bien restée cette enfant éduquée dans les plus hautes sphères de France et même si le ton qu'elle affichait marquait clairement un désaccord, désaccord qui plus est à la limite de la désinvolture, il n'en restait pas moins teinté d'un curieux respect. Respect apparent. En fait, elle ne cherchait, par des interventions quelque peu sorties de son piquant habituel, peut-être un peu mieux ficelé, à extraire implicitement et sans qu'il ne s'en rende compte, ce qui s'était passé de si fâcheux dans ses affaires. Athénaïs faisait grand cas de la discrétion....elle savait comme Philippe réagissait dans un honneur piqué! _________________
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|  | | Philippe d'Orléans

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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Jeu 13 Sep - 23:18 | |
| Ah qu’il aimait détailler les gens de son regard couleur émeraude impitoyable. Voir l’allure en général pour juger si le vêtement allait de pair avec le corps qui le portait, si tout est fait de sorte que la silhouette soit harmonieuse, les couleurs assorties, les matières nobles. Puis il fallait entrer plus en détail, examiner chaque pli, chaque lacet, chaque baleine du corsage, chaque perle ou autre ornement sur la robe. Le détail faisait l’ensemble. Il suffisait d’un accrochage, d’un petit manquement, d’un lacet mal lacé ou quelque chose qui allait de travers pour que le tout perde de son charme. Même le plus beau des habits pouvait être comparé à un vulgaire tissu aux yeux du Prince pour ce genre d’ « affront à l’esthétique vestimentaire » comme il le disait lui-même. Puis il y avait le reste qui là relevait du corps en lui-même comme la posture, la manière d’être face à quelqu’un, le visage, les cheveux et bien entendu le regard. Le tout pouvait former quelque chose de presque parfait. Oui, presque car même la plus belle des créatures ne pouvait prétendre à la perfection, le défaut sert à enjoliver la qualité. Cet idéal absolu serait bien ennuyeux à dire vrai, il faut avoir quelques imperfections pour tenter de les dissimuler et c’est aussi cet effort qui rendait la personne d’autant plus belle. Enfin, tout cela pour expliquer comment fonctionnait le raisonnement de la beauté selon le Prince de France, tel un juge de l’apparat des habitants de Versailles. Son verdict sur son amie ? Tout simplement resplendissante même si sa robe n’était absolument pas conventionnelle. Et c’était cette touche d’interdit, de non-respect qui la rendait divine dans toute sa splendeur. Son corps fin et gracieux, sa chevelure telle une cascade d’or et ce visage si familier qui lui avait tant manqué. Un défaut chez la demoiselle ? Ce regard naturellement dédaigneux qui lui allait à ravir certes, mais qui avait le don d’insupporter beaucoup de personnes. Mais comme il a été écrit précédemment : la perfection n’existe pas.
C’était un plaisir d’avoir son amie face à lui, Philippe n’en était que plus ravi. Il n’y avait rien de mieux qu’une amie à qui se confier, tout raconter, que ce soit ses propres histoires ou alors la mésaventure d’une quelconque marquise étrangère dans les couloirs du château à la nuit tombée. Et l’avantage de la duchesse est qu’il n’y avait que cette amitié qui les liait, sans ajouter une aventure entre ces deux là. Si Monsieur trouvait Athénaïs des plus charmantes, disons que son goût était plus porté sur les hommes. Il n’y avait donc aucune ambiguïté entre eux, c’était plus que certain. Elle lui avait tant manqué, Versailles était privée d’une de ses étoiles, une grande demoiselle qui était dans toutes les conversations, soit pour ses histoires ou alors pour être celle qui raconte. Les ragots prenaient plus de forme, plus d’ampleur dans la duchesse de Mortemart les relataient dans un langage parfait et de sa voix naturelle sensuelle et délicieuse à l’oreille.
Néanmoins, il était vrai que c’était le Prince lui-même qui avait demandé à la demoiselle de partir en voyage. D’après certains, ils forment la jeunesse et puis cela permettait aussi de voir de ses propres yeux. Mais si loin et si longtemps, il aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche au lieu de lancer des idées ainsi. L’expression de son visage prit un air courroucé, ses sourcils se froncèrent et ses lèvres se pincèrent tandis qu’il croisa ses bras sur son torse.
Evidemment, c’est moi qui ai tort encore une fois ! J’ai l’impression que cela devient une habitude par ici. Enfin, à l’avenir, n’écoutez pas tout ce que je dis, vous savez très bien qu’il ne faut jamais croire tout ce qui sort de ma bouche.
Mais ce petit air fâché ne tint pas, il était vraiment heureux de la revoir, ils avaient vécu tellement de choses et connaissait bien la vie l’un de l’autre. Et puis, on ne résiste jamais longtemps à la jeune femme blonde, pas même un fils de la famille royale et pourtant ce dernier était coriace. Mais on ne joue pas les fines bouches après avoir envoyé une personne qui nous est chère alors bien vite, son visage se détendit pour y faire naître un doux petit sourire malicieux qui ne relevait seulement le coin droit de ses lèvres, laissant apparaître une légère fossette et ses bras se décroisèrent pour poser ses mains sur sa taille. Le jeune homme avait vraiment des manières féminines à souhait, plus que certaines femmes elles mêmes d’ailleurs. Mais là n’était pas l’objet de discussion, Philippe avait hâte de connaître les mésaventures de son amie et d’ailleurs, son regard montrait clairement sa curiosité. Et les mots ne tardèrent à suivre.
Alors, racontez moi à quoi ressemble ce royaume du Japon. Vous y êtes allée et avez bien du apprendre des choses, que ce soit d’ordre philosophe ou plus … personnel.
C’était le deuxième point le plus croustillant, bien entendu même si les discussions sérieuses l’intéressaient tout autant. Tout dépendait du sujet et du raconteur. Son amie pourrait parler de la plénitude des eaux du Canal qu’il en serait fasciné. Ah, quelle demoiselle charismatique, elle avait vraiment manqué au château … _________________
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|  | | Athénaïs de Mortemart ~*Etoile Montante*~

Age : 17 Inscrit le : 10 Aoû 2007 Messages : 162 Âge : 21 ans Titre : Vicomtesse de Limoges-Rochechouart, Duchesse de Mortemart Humeur Versaillaise Côté Coeur: Je n'ai besoin de personne en carosse noblissone! Côté Lit: Réviser ton jugement: crois-moi ce serait plus prudent! Noble Humeur:
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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Sam 15 Sep - 17:01 | |
| Ah! Cet air faussement courroucé, ces manières de petit bourgeois moulés dans les gestuelles princières, une véritable délectation pour une connaisseuse telle que la Duchesse. Bien que douze mois éparaient les incorrigibles complices, on retrouvait chez l'un comme chez l'autres les petits résidus de personalité bien encrées dès la naissance et celle que lui avait conférer Anne d'Autriche ne semblait pas s'être altérée. Un brin de fièreté luisait dans le regard royal, tandis qu'il croisait les bras et considérait toujours comme à l'accutumé, cette créature qu'on mettrait longtemps à retrouver travers les siècles. Evidemment, c’est moi qui ai tort encore une fois ! J’ai l’impression que cela devient une habitude par ici. Enfin, à l’avenir, n’écoutez pas tout ce que je dis, vous savez très bien qu’il ne faut jamais croire tout ce qui sort de ma bouche. -Je ne puis me défaire d'une parole que je donne, Monsieur. Je pensais avoir fait mes preuves sur ce chapitre...ou avez-vous oubliés que je ne devais revenir que lorsque ma conquête aurait été... totale? Avec qu'elle fluette ironie la main gantée de crêpe s'éleva à la bouche pour en éffleurer du majeur uniquement la lèvre supérieure! Un petit sourir enjoué allimentait les contours de l'exquise paire de pétales de roses, cependant qu'elle renversait quelque peu la nuque en arrière. Elle non plus ne changerait jamais! Aussi, ce ne fût pas ans plaisir qu'elle se surpris à devancer les désirs, pour ne pas dire la curiosité qui naissait dans l'esprit du Prince, alors que ce dernier lui posait bien rapidement Alors, racontez moi à quoi ressemble ce royaume du Japon. Vous y êtes allée et avez bien du apprendre des choses, que ce soit d’ordre philosophe ou plus … personnel. Le voyage en terres asiatiques ne devait pas seulement délivrer Phillipe d'Orléans du cruel manque de culture textile dont il se disait victime et dont il avait commandé la mission éxécutive, Athénaïs en étant devenue tout naturellement le pion de choc. Il n'était pas facile d'arracher à un maître artisan le secret de son art et ce fût non sans peines que la jolie demoiselle s'était procuré les informations nécéssaires. De plus, les quelques échantillons de merveilles qui réposaient encore dans ses malles ne devaien pas tarder à être découvertes, au plus tard dans la soirée même, alors qu'une soirée de jeu s'annonçait en salon de Mars. Athénaïs en pensant à ses somptuosités de soies vertes couleurs marés, frémissait déjà de plaisir. Mais pour l'instant, il s'agissait de satisfaire Monsieur. Aussi, la Duchesse cessa de jouer les coquettes pour qu'il se conduise enfin en grand frère, avec lequel elle discuterait de tous les détails d'un périple qui se voulait "purement artistique". Elle était sur le point de reprendre la conversation, lorsque sa suivante Prudence revint en grands galops. La pauvre Montalbret fût comme foudroyée en reconnaissant le frère de son Roi et s'inclina tant bien que mal avec son souffle court, en une révérance qui laissait quelque peu à désirer. Sa maîtresse n'en fût pas moins choquée que Prudence, ne portant pas plus d'attention au Prince que s'il s'était agit de quelque marquis venant courtiser la Duchesse, elle vint droit au but. Madame me pardonnera mais le déjeûner est servit sur la Terrasse du Canal... Ce ne fût qu'a cet instant précis que la Baronne se rendit compte qu'elle venait de mettre Athénaïs dans tous ses étant de profonde indignation, qui allait presque jusqu'à du dédain. Les amandes pétillaient d'un vert de poison, cependant qu'elle se redressait de toute sa taille qui, éllançée en profondeur, révèlait l'héritage d'une famille plus vieille que le premier château des aïeux de sa suivante, qui n'en restait pas moins de très noble famille. C'est pour des calories que vous en oubliez votre respect? Mais qu'avez-vous à la place de votre bon sens, ma chère: un estomac? Singlante, sa voix venait de claquer comme un fouet, bien que, et c'était tout le mystère d'une personalité à toute épreuve, elle se sentait étrangement calmée, comme si son indignation refluée devant Monsieur n'avait qu'attendut de déferler sur le pauvre femme qui, pour une fois, portait bien mal son nom. Cette dernière bredouillant des excuses, se morfondaient en politesses et mille grâces tirées pour la plupart par les cheveux, avant de revenir sur la Dame de Mortemart. Je...je...ne fûrent que les minces filets parlés qui sortaient d'n visage défiguré par la honte. Bien. Ainsi, je vous rejoins dans un moment...Voulez-vous vous joindre à moi? Nous serons bien plus tranquils pour discuter, Monseigneur...!
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|  | | Philippe d'Orléans

Inscrit le : 03 Jan 2007 Messages : 1700 Âge : 21 ans Titre : Prince de France, Monsieur Humeur Versaillaise Côté Coeur: Il n'y en a qui a su desserrer le ruban autour de mon coeur de soie ... Côté Lit: Je papillonne régulièrement de conquêtes en conquêtes ! Noble Humeur:
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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Lun 17 Sep - 22:08 | |
| Décidemment, les mois passent mais certains ne changent pas. Enfin, on vieillit, s’embellit, grossit on s’amincissait mais l’attitude n’est jamais totalement modifiable, surtout si on ne prenait pas la peine de faire quoique ce soit pour changer. Et s’il y avait une personne qui ne devait en ce monde, c’était bien la jeune femme face au jeune Prince. L’esprit piquant à souhait, toujours le mot qu’il faut et la palabre parfaite, le tout dans la grâce et le ton adéquat selon la solution. Mademoiselle de Mortemart, la perfection précieuse ? En tout cas, elle en est un emblème, un symbole, un exemple même pour toutes les jeunes femmes qui font leur entrée dans le grand monde, dans la Cour en voulant être des plus appréciées et des plus reconnues. Et Philippe était fier que cette jeune femme soit son amie d’enfance, actuelle et espère pour de nombreuses années encore. Pourquoi ne s’entendraient ils plus ? Ils cultivent l’art des belles choses, des bonnes manières, des rumeurs, de la futilité mais aussi une grande intelligence et un parler des plus acerbes s’il le faut. Elle était un peu son double mais avec les atouts féminins dans toute son excellence.
Tout dans ses gestes et sa voix indiquée une féminité des plus développées malgré la vingtaine à peine entamée. Philippe l’admirait dans toute sa splendeur, si seulement toutes les dames de la Cour pouvaient avoir en exemple cette divine enfant, bien que démoniaque sous les apparences, il serait bon de ne plus voir de mauvais goût dans les couloirs et jardins. Evidemment, on n’aurait un sujet de conversation en moins mais il y en avait tellement d’autres que ce n’était pas un souci. Loin de là même car quoi de mieux qu’un corps bien vêtu, sans couleurs trop criardes ou matières trop vulgaires ou surtout accessoires grotesques et trop voyant. Oui, Monsieur surveillait cela au quotidien sur les autres mais sur autrui surtout. Il passe en revue ses nombreux costumes pour être à la fois beau, distingué, suivant de près la mode et souvent original. Dur de conjuguer le tout mais si lui y arrivait en tant qu’homme de goût, toutes les femmes pouvaient le faire. Il suffisait d’un peu de jugeotte, ce que tout le monde n’avait pas, au grand dam de certains … Inclinant doucement la tête, de manière légère que l’on croirait ce geste naturel alors que cela avait du être travaillé maintes fois dans un miroir pour rivaliser de grâce. Son regard malicieux de ses grands yeux verts doucement plissés montrait à la Duchesse qu’elle avait raison mais l’on connaît tous Monsieur, une véritable tête de mule.
Mais trop de mois se sont écoulés, vous êtes partie bien trop de temps. Alors tenir vos paroles, soit, mais pensez un peu à ceux qui vous avez délaissé. Il manquait à Versailles une touche que vous savez manier. Pas même moi je n’ai pu réussir, c’est pour dire.
Un poil mégalo, Philippe ? Disons que le narcissisme lui allait bien à la peau, cela faisait partie de son caractère et de sa manière d’être. A force de se regarder dans le miroir pour ajuster ses vêtements, s’arranger pour être plus beau, il avait appris à aimer son image qu’il cultivait énormément, même si Monsieur se trouvait un peu trop potelé. Si la mode était aux demoiselles tout en rondeur, les hommes se devaient d’être sveltes et bien bâtis, non au laisser-aller alors. Mais nous ne sommes pas là pour parler des défauts que Philippe se trouvait mais plutôt parler voyage et contrées lointaines. On en disait des choses sur le royaume japonais, Philippe allait pouvoir un œil neuf de cette région bien loin de leur vieux continent. Son amie s’apprêtait à tout lui raconter mais comme rien ne se passait comme prévu, une jeune femme vint en courant et stoppa net en voyant devant ses yeux le Prince de France avant de courber la tête ainsi que son corps pour faire une pitoyable révérence. Les yeux verts du jeune homme s’assombrirent, tout comme ceux de son amie, et il fronça les sourcils. C’était le genre d’attitude que notre protagoniste ne pouvait tolérer. Mais il laissait Athénaïs frapper la demoiselle par des mots plus mots offensants, laissant la dame de compagnie dans le désarroi le plus complet, se retrouvant face à deux personnes qui la toisaient de leurs regards dédaigneux et hautain, celui que l’on retrouve chez les grandes familles arrogantes dont faisaient parti les deux amis. La pauvre demoiselle était aussi rouge qu’un coquelicot, mortifiée de s’être mis dans cette situation juste à cause de la nourriture. Cela n’allait pourtant pas faire refuser une invitation à déjeuner. Tournant à nouveau la tête, Philippe avait en quelques microsecondes à peine changer de visage, donnant un air rayonnant par un léger sourire relevé en coin avant d’incliné à nouveau la tête sur le côté.
Pour rien au monde je refuserais pareille invitation, pas même à cause de la gaucherie ou la bêtise de vos suivantes. Je veux vous entendre tout me raconter.
D’un geste doux du bras et de sa main, Philippe fit signe de se mettre en marche en direction du coin où les deux grands personnages pourraient parler chiffons et coucheries, mais aussi d’arts et d’histoires de cœur. Ayant fait un pas, son regard se posa sur son ami, un air des plus espiègles dans le fond de ses iris d’émeraude.
Evidemment, plus vite nous y arriverons, plus vite vous saurez tout sur ce qui s’est passé en votre absence. Je ne sais si je pourrais tout vous raconter aujourd’hui d’ailleurs.
Oh oui qu’il s’en était passé des choses, pas toujours roses d’ailleurs. Rien que dans la vie du Prince, que d’aventures, que de périples du cœur … _________________
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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Dim 30 Sep - 15:45 | |
| Dois-je me retirer? La timide voix de Prudence de Montalbret semblait se cacher derrière le froissement d'étoffe des robes de sa maîtresse à qui Monsieur venait d'ouvrir le chemin. Encore rouge de confusion, elle s'était longtemps interrogée avant de prononcer ces quelques mots, innocents lui semblait-il. Restée en arrière, elle apréhendait le regard de la Duchesse, dont les yeux vert pouvait glacer autant que les iris de son princier compagnon. Parfois, Prudence se demandait si par quelque hasard, ces deux personnages n'avaient pas été façonnés de la même chaire, tant ils se complètaient, présentaient un couple reflet? Elle accompagnait la jeune femme depuis qu'elle était rattachée à sa maison, se qui faisait à peu près deux siècles et demi et avait encore du mal à la comprendre. Quand à Athénaïs...ce fût avec beaucoup de nonchalence qu'elle lui répondit, nullement préocupée et ne cherchant même pas la face de la Baronne. Réflechissez, ma chère...Vous nous avez donné un merveilleux exemple de vos capacités en la matière il y a tout juste deux minutes. Certes, elle venait de montrer ses côtés les plus méchants, mais enfin quelle autre solution pouvait-on trouver afin de faire comprendre ses fautes à sa suivante. Probablement la compassion, mot et idée qui ne se trouvait que très rarement dans le vocabulaire charantais de Mademoiselle de Mortemart! Alors que la Dame de Montalbret se retirait plus que confuse et au bord des larmes, Athénaïs se tournait vers Phillipe. Avant que la Baronne ne l'interrompe, il venait de prononcer des paroles plus qu'intriguantes. Ainsi, il s'était déroulé bien des choses en son absence et le frère de Louis semblait en être l'exemple le plus frappant; elle ne s'était donc pas trompée. Songeuse, elle ponctuait ses pas de mouvement gracieux de son éventaille, chose qu'elle appréciait tout particulièrement car, outre le fait que c'était ravissant, cela avait le don de l'appaiser afin de mieux réfléchir. Une image plus que vivante se déssinait devant elle, la silhouette d'un jeune homme aussi blond que Philippe était brun, mais qui portait le même prénom... Et vous voulez tenir votre langue jusqu'à ce ce que nous nous posons en Terrasse...? Quelle torture infligez-vous donc à ma curiosité, Philippe! C'était la première fois qu'elle s'adressait à lui de cette façon. Aussi familiairement, avec un tel naturel; il lui semblait pourtant que quelque chose s'était serré dans le coeur de l'homme -oui, elle ne pouvait s'empêcher de voir en lui les atouts masculins!- qu'elle considérait presque comme un frère. La verve habituelle qu'il affichait en parlant d'amour, de rivalités et d'intimités ne s'était point manifestée mais plutôt quelque chose comme du recul, une pointe de détresse...devenait-il adulte? Incrédulité et inquiètude prenaient posséssion de la jeune femme tandis qu'ils atteignaient tous deux la Terrasse du Canal, qui surplombait le plan d'eau et délivrait sur eux une ombre volontier acceuillie, tant la chaleur les frappait. Un page s'inclina devant eux avant de les mener à une belle collation de campagne. Une nappe blanche et une carffe de vin blanc les attendaient déjà, mais avant de s'assoir, la Duchesse de Mortemart se retourna: Messieurs? Veuillez me pardonnez mais je vous enlève le Prince pour quelques heures... Accompagnés du plus charmant des sourirs, on pouvait difficilement lui refuser ce qui, déguisé ainsi, était bel et bien un ordre! Mais malheureusement, les "mignons" de Monsieur ne s'élloignèrent pas complètement; ils prirent place dans une herbe près des eaux, sortant guitares et sonnets et faisant poésie, ils souriaient de leurs dix-neuf printemps. Cependant satisfaite, Athénaïs prit place en face de son ami et se vit remplir une coupe d'un délicieux Chardonnay de Gascogne. Levant le crystal, elle adressa ses voeux à Philippe, trempa ses lèvres dans le liquide glacé, appréciant en fille de vigne les arômes et mêllées de miel du breuvage, avant de reposer la coupe. Puis, pliant d'un geste charmant ses mains parfaites sur les plis de ses crêpes, elle commença: A qui l'honneur? _________________
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|  | | Philippe d'Orléans

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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Lun 1 Oct - 23:22 | |
| Même pas un regard accordé à la suivante qui voulait se retirer. Les deux amis restèrent fiers l’un à côté de l’autre, même son amie parla tout en regardant devant elle, comme si l’autre jeune femme était des plus insignifiantes. Enfin, lorsque l’on connaît le caractère de la duchesse et du prince, il n’était à douter de leurs réactions hautaines ou pire, indifférentes. C’est ainsi que la jeune femme les laissa tous les deux s’en aller à leur repas. Il était étonnant de voir la ressemblance frappante de ces deux êtres : gracieux dans chacun de leurs mouvements, à la pointe de la mode même dans la simplicité, un port de tête majestueux, ce regard qui méprisait à juste titre les autres nobles car ils ne les valent pas d’un pouce, sans oublier ce même amour pour les discussions sur autrui. Même si la ressemblance physique ne s’y prêtait pas, on pourrait presque dire qu’ils étaient frères et sœurs. Peut être pas de sang mais en tout cas on peut dire de cœur, depuis toutes les années qu’ils se connaissaient, qu’ils se fréquentaient et qu’ils passaient du temps ensembles, des liens se tissent et il est bien sûr difficile de s’en défaire. Une belle amitié même si parfois, certains se complaisaient à dire que l’un se servait de l’autre pour quelconque affaire ou pour tirer des informations. Stupides personnes, s’ils se confiaient l’un à l’autre, c’était naturel sans attendre quelque chose en retour. N’était ce point le principe d’une amitié ? Enfin, certains préféraient n’avoir que des attaches superficielles, Philippe leur donnerait bien des leçons sur les besoins de l’amitié et de personnes sur qui compter mais à peine en parlerait il à une oreille que cela ressortirait de l’autre. Valait mieux pas ne pas perdre son temps à cela, ce serait pur perte pour des personnes qui n’en valaient pas la peine …
D’ailleurs leur amitié se dévoilait, les familiarités dans les propos d’Athénaïs s’en ressentaient. Curieuse ? Il était évident qu’elle avait envie de connaître les moindres rumeurs et évènements du château durant son année d’absence. Pour toute réponse, Philippe plissa des yeux, rendant son regard vert mystérieux et coquin, relevé d’un léger sourire en coin dévoilant une adorable fossette. C’était pour lui-même une torture de se taire ainsi, lui qui avait la langue bien pendue en temps normale. Mais rien ne filtrait pour le moment, la belle jeune femme attendrait qu’ils soient confortablement assis pour commencer une véritable discussion. On ne parle pas de choses importantes, du moins à leurs yeux, tout en marchant. Non, il fallait pouvoir lire dans les yeux de l’autre la surprise, la stupéfaction d’une nouvelle que l’on attendait point. Surtout qu’Athénaïs pouvait avoir son joli visage des plus expressifs quand elle le voulait, quand elle lâchait un peu la précieuse bride qu’elle tenait de ses douces mains de fer sous un gant de soie. Monsieur était un véritable livre ouvert s’il le voulait, surtout dans le profond de ses yeux et en compagnie de personnes proches, là on lisait en lui comme s’il était transparent. Heureusement que le Prince était un fieffer acteur en société, il mériterait d’être un grand acteur de troupe s’il n’avait pas été de sang royal.
Enfin, après quelques pas au bruit de froissements de robe et de costumes, ils arrivèrent à la terrasse qui semblait n’attendre qu’eux. Un déjeuner improvisé pour Philippe qui s’en réjouissait. Après tout, n’était il pas en compagnie de la plus charmante et plus piquante des demoiselles de Versailles ? Quelle meilleure compagnie que la sienne, du moins dans l’ensemble de l’ethnie féminine au château. Mais avant de s’installer, Mademoiselle de Mortemart ordonna, d’une manière douce en apparence, aux mignons de Monsieur de bien pouvoir les laisser. Mais au lieu de partir, ils préférèrent rester dans l’herbe à attendre patiemment. Lui se retint de rire en les regardant. On ne peut jamais les éloigner de quelques mètres de moi. Qui sait, au cas où je m’échappe ou quelqu’un en veuille à ma personne. Je leur suis indispensable.
Ses sourcils relevés et cette moue fière montraient l’ego démesuré du jeune homme, il aimait vraiment avoir un entourage qui avait besoin de lui, se sentir aimé et essentiel à autrui. Un brin mégalomane ? Hum … oui ! S’installant et s’étant fait servir du délicieux vin, ils levèrent leurs coupes avant de tremper leurs lèvres dans ce délicieux breuvages. L’alcool était délicieux mais Monsieur ne devait pas en abuser, il n’était plus maître de ses gestes et de ses actes. Souvenons nous de l’épisode avec Christopher of Kent dans les labyrinthes d’un bosquet … Mais le moment était venu à la discussion avec une question cruciale : qui allait commencer à parler ? Faisant tourner doucement le vin dans le verre, Philippe arborait ce sourire moqueur qui était si caractéristique de ces instants.
La galanterie dirait honneurs aux dames. Après tout, vous revenez d’une lointaine contrée, vu une culture autre que la notre, sûrement ramené des étoffes dont, j’espère, vous me ferez présent d’un.
Il se tut un instant, regardant la couleur pourpre du vin qui se reflétait à la lumière et concentré dessus, il reprit la parole.
Mais d’un autre côté, vous mourrez d’impatience de tout connaître … Et savoir que je suis celui qui vous dévoilera tout est vraiment plaisant. Il s’est passé tellement de choses, vous ne pouvez pas imaginer.
Garder un peu de mystère, prendre son temps pour boire une petite gorgée avait l’air d’une éternité. Philippe savait que les potins étaient plus importants à leurs yeux, il y en avait tellement chaque jour qu’il fallait être constamment au courant de tout. Alors, un an de résumé, il fallait bien choisir. Reposant son verre délicatement, les yeux verts du Prince brillèrent d’une étrange lueur et après un petit silence de sa part, le flot de paroles allait commencer.
Je pense que nous sommes tous deux d’accord pour que je commence. Mais par où ? Oh, je sais ! Vous ne la connaissez peut être pas mais la nouvelle coqueluche de Versailles se prénomme Amy of Leeds, comtesse anglaise des plus distinguées, intrigantes mais qui a su charmer le Roi mon frère. Evidemment, lui en est tombé éperdument amoureux. Durant le dernier bal que j’ai organisé, il m’a commandé un petit bosquet gardé pour lui faire la surprise. Nous avons notre nouvelle favorite. Il n’y a pas une conversation où son nom n’est pas prononcé, c’est pour dire. Il faudrait que vous la rencontriez, vraiment une jeune femme délicieuse, ayant bon goût et sûrement très intelligente pour avoir pénétré le cœur du Roi si peu de temps après Marie Mancini … _________________
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 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Mar 2 Oct - 1:02 | |
| La galanterie dirait honneurs aux dames. Après tout, vous revenez d’une lointaine contrée, vu une culture autre que la notre, sûrement ramené des étoffes dont, j’espère, vous me ferez présent d’un. Athénaïs ne pû réprimer un sourir amusé tandis que Philippe d'Orléans entamait la conversation. Inclinant quelque peu la tête comme elle en avait l'habitude lorsqu'elle se savait sujette à distraction plus portées sur les futilitées que sur des questions d'intérêt général à verve polémique, la jeune femme fît briller avec intensité ses yeux redevenus miroirs de marais si abondant sur ses terres de Charente-Maritime: il venait de lui rappeler les échantillons quasi divin dont l'ambassadeur de l'Empereur du Japon l'avait pourvue pour "illustrer au mieux possible le goût nipon et faire connaître l'art de l'habit asiatique en Europe loitaine". La voix traînante du quinquagénaire résonnait encore dans l'esprit de la Duchesse, ainsi que le baiser mouillé qu'il n'avait cessé de lui appliquer sur ses doigts de porcelaine. Elle préféra néanmoins ne pas attaquer le sujet des plaisir dans la minute qui suivît la réplique de Monsieur; connaissant son incroyable enthousiasme en ce qui concernait chiffons et autres, il était plus sage de lui cacher la petite merveille qu'elle enfermait précieusement dans une grande malle de bois de bambou et dont elle comptait bien se parer à la prochaine lotterie royale! Chaque chose en son temps se dit-elle en adressant une mine faussement désintéressée à son compagnon. Lui qui la connaissait le mieux de tous saurait à quoi s'en tenir...et comprendrait qu'elle préparait une rentrée fracassante dans le cercle des courtisans de Versailles! Mais d’un autre côté, vous mourrez d’impatience de tout connaître … Et savoir que je suis celui qui vous dévoilera tout est vraiment plaisant. Il s’est passé tellement de choses, vous ne pouvez pas imaginer. Mourir d'impatience? C'était déjà plus qu'un euphémisme! Il maniait avec tant de talent l'art de se faire désirer que si elle n'avait pas été mieux éduquée, elle se serait certainement conduite de la façon la plus déshonnorante qui soit: se traîner à ses pieds. A cette pensée, Athénaïs la Précieuse fronça son petit nez que quelque légères tâches de rousseur délivrées par un soleil éclatant réhaussaient la beauté encore juvénile de la jeune femme, tandis qu'Athénaïs la Rebelle se rêvait dans la situation imaginée...que de contradiction chez l'héritière de Gabriel de Mortemart! D'ailleurs, ce dernier avait envoyé à sa fille une bien mystérieuse lettre où il était question de quelques rencontres familiales, sujet brûlant dont elle désirait d'entretenir avec nul autre que le deuxième homme de France! Mais pour l'instant, Philippe était lançé et elle fût bien obligée de constater qu'il lui serait impossible de l'arrêter... Mais ce qu'elle croyait être futile se révèla être d'une grande importance, pour elle tout au moins. D'un ton gaie, tel le son d'une joyeuse cascade, Philippe l'entretenait d'une nouvelle venue à la Cour, une jeune personne qui n'avait pas perdu de temps pour mener à bien quelques embitions et d'assurer une place convoitée parmis les femmes de Versailles: elle se nommait Amy of Leeds, Comtesse du même nom et aparemment, elle avait "touché le gros lot"; réussi à se faire aimer d'un homme qu'Athénaïs avait connu à peu près aussi longtemps de son frère, l'anglaise que Monsieur disait "délicieuse, intelligente et intriguante". A cette énumération de ce qu'elle avait du mal à classer parmis des défauts ou des qualités, Athénaïs resta impassible et ce fût d'un geste doux qu'elle leva la coupe à ses lèvres roses nacrées, savourant pour la seconde fois la fraicheur du vin blanc. Le miellé de la mise en bouche lui livrait comme une illustration de la nouvelle favorité de Louis: quelques chose de délectable au plus au point, mais dont la douceur était trompeuse puisqu'elle masquait merveilleusement le poison de l'ivresse...à la différence que son actuelle proie avait largement dépassé ce stade d'après les dires de Philippe! Reposant le verre sur la table, Athénaïs marqua d'un sourir indulgent la remarque que son ami venait de faire au sujet de l'actuelle Princesse di Colona. Elle n'avait jamais appris à connaître cette personne de deux ans son aînée, mais dont la cruelle réalité d'avoir de si peu manqué la consécration d'une ascenssion sociale fulgurante avait réjouit plus d'une mauvaise langue! D'ailleurs, la jeune femme s'en décrèta elle même partie intégrante puisqu'elle assimilait le couple que Mademoiselle Mancini avait formé avec Louis IV à rien de plus qu'à une manipulation héritée de son oncle à la tunique rouge... Rencontrer Mademoiselle n°2? Avec joie...vous savez qu'avec moi elle n'aura rien à craindre! Et voilà, c'était reparti; en moins d'une demi-heure et une fois qu'il lui aurait livré tous les détails nécéssaires, la Duchesse qui avait peut-être inspiré son ami du théâtre, Molière d'après ces dires et ces quelques lettres dans lesquelles il parlait d'un projet de comédie sérieuse, aurait vite fait de dresser le portrait de la Comtesse de Leeds. Pourquoi y trouvait-elle tant de plaisir? Probablement parce qu'elle était la seule à pouvoir le faire de manière à ne jamais blesser, mais de ridiculiser au plus haut point et au summum de l'implicit! Orgeuilleuse? Mais qu'allez-vous chercher là?... Reprenant quelque peu son sérieux, elle ajouta: Ma fois je n'ai rien contre...et si elle est si prodigieuse que vous semblez me la décrire, il faudrait mieux pour moi que je me dise de ses amies si je ne souhaite pas me faire chasser par votre royal fraternel! Je me souviens de cet épisode durant lequel il m'excluâ de Saint-Cloud parce que j'avais malencontreusement parlé d'une taille trop basse...Un facheux qu'il fût le premier à regretter et qui me valû une voiture personnelle pour me ramener à lui! Mon Dieu! Quel caractère! Je souhaite bien du courage à la nouvelle élue de son coeur, mais nous nous chargerons de la ménager et de l'y préparer... L'emploi du pluriel de majesté était voulu, non seulement pour humoriser des propos difficilement interprétables, mais aussi pour mettre en évidence la supériorité de rang de Mademoiselle de Mortemart par rapport à Mademoiselle of Leeds...Athénaïs se demandait si elle était jalouse d'elle pendant une fraction de seconde, avant de se promettre d'aller à sa rencontre qu'elle jugeait plus qu'indispensable! _________________
Noone knows what it's like To be a sad girl To be a bad girl Behind Blue Eyes
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|  | | Philippe d'Orléans

Inscrit le : 03 Jan 2007 Messages : 1700 Âge : 21 ans Titre : Prince de France, Monsieur Humeur Versaillaise Côté Coeur: Il n'y en a qui a su desserrer le ruban autour de mon coeur de soie ... Côté Lit: Je papillonne régulièrement de conquêtes en conquêtes ! Noble Humeur:
   (30/100)
 | Sujet: Re: Si Versailles était un long fleuve tranquile....[Abandonné] Ven 5 Oct - 20:28 | |
| La manière de se tenir, tous deux assis avec leurs verres de vin entre leurs doigts, laissait présager une discussion hautement importante. Non, pas les affaires de l’Etat ni autres grands problèmes politiques. Non, cela il les laissait à ces vieux nobles qui ne cessaient de critiquer les stratégies militaires, donner leurs avis sur tel et tel sujet, ambassadeur ou traité de paix qui s’était écrit au cours des années mais aucun n’en pipait mot au monarque, trop conscient que ce dernier imposait sa volonté et n’aimait pas recevoir des critiques de la part d’hommes, bien que l’expérience leur permettait de porter des jugements. Non, non, la discussion entre Philippe et Athenaïs jugeaient importants de connaître la vie des autres, leurs coucheries, leurs disputes, leurs amants. C’était toujours amusant de disséquer la vie d’autrui, montrer à ciel ouvert et aux yeux de tous ce qui se passait derrière les portes des appartements ou dans un coin où personne ne passaient en temps normal. Malheureusement pour certains, mais heureusement pour beaucoup, Versailles avaient des yeux et des oreilles partout, il était donc évident que tout se sache un jour ou un autre. Bien sûr, tout cela remontait à Philippe et la Duchesse de Mortemart, à moins que ce soit eux qui en soient à l’origine. Ils étaient tous les deux partout, dans toutes les situations, dans la plupart des histoires, directement ou indirectement. C’était une sorte de passion, ils pouvaient passer leurs journées à cela, d’ailleurs c’est ce qu’ils faisaient. Quand il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire, il fallait bien s’occuper !
Et donc les voila à discuter, du moins Monsieur parlait et son amie écoutait. Et par où commencer si ce n’était par le Roi lui-même ! En effet, qui n’était pas au courant de l’histoire entre Louis, le Roi de France, et Amy, simple petite comtesse anglaise. Evidemment, les rumeurs allaient bon train : on disait qu’elle était le genre de demoiselle à manipuler les hommes, d’autres qu’elle était réellement sincère. Quant à Louis, tout le monde savait que les femmes étaient en quelque sorte sa faiblesse et qu’il suffisait de bien s’y prendre pour entrer dans ses bonnes grâces. Pour tous, le monarque était réellement sincère mais comme personne ne savait réellement ce qu’il en était, cette histoire d’amour semblait inaccessible, mêmes aux pires horreurs dites par les gens. Et l’on savait qu’il en courait des choses à leurs sujets, aucun amour n’était épargné en ces lieux, il y avait toujours des détracteurs sans cœurs, méchants et sans scrupules pour détruire ce que certains avaient construit à la force de leurs cœurs …
Les deux amis allaient un peu pouvoir débattre de tout cela. Sans vraiment les critiquer, du moins Philippe trouvait l’anglaise charmante et n’avait pas envie de se mettre à dos son propre frère, mais juste faire connaître une personne à son amie et savoir ce qu’elle en pensait. D’ailleurs la Duchesse avait toujours son mot à dire dans toutes les conversations possibles. Que ce soit pour n’importe quelle discussion, la jeune femme se mettait en avant par quelques mots bien placés et surtout bien dits. C’est pour cela qu’il fallait être plus son ami qu’autre chose, on craignait moins les grands moments d’humiliation comme certains ! Mais ce qui surprit Philippe, d’ailleurs ses sourcils s’en relevèrent, ce fut qu’elle employa un « nous » comme si lui allait faire quoique ce soit. D’ailleurs, c’est ce qui le frappa le plus.
Nous, ma chère ? Oh moi je ne ferais rien. J’en ai déjà assez fait en lui proposait de ce joindre à un petit comité sur la préparation du bal, plus pour voir à quoi elle ressemblait je l’avoue que pour son bon goût. Il s’avéra d’ailleurs qu’elle a un esprit réfléchi et un certain goût. Et puis cela vous donnera une occasion d’une bonne rentrée en matière à la Cour. Vous en faire une amie, je ne sais, mais au moins rencontrer celle par qui Louis voit. Enfin, je sais que vous la ménagerez, il serait déplaisant qu’à peine revenue à Versailles, on vous renvoie dans votre duché car vous avez une nouvelle fois déplu au Roi.
Athénaïs avait beaucoup de caractère et le montrait. Tout le monde dans le Château la connaissait au moins de réputation même si elle était partie durant de trop longs mois, on ne pouvait l’oublier entre ses murs. En tout cas, ce ne serait pas le Prince qui le pourrait, elle était bien trop précieuse à ses yeux, dans tous les sens du terme « précieuse » bien évidemment, et d’ailleurs il était bien trop heureux de la revoir. Son petit sourire en coin, ses yeux brillants démontraient une partie de sa joie. Il n’y avait pas d’autres personnalité avec qui parler de la sorte, à la fois ouvertement et tout en finesse. Tout un paradoxe qui leur allait si bien au teint à dire vrai. Ils se retrouvaient bien tous les deux, on comprenait parfaitement les deux étaient amis.
Et durant ce petit silence, Monsieur jouait avec ses nombreuses bagues à ses mains, des pierreries peu discrètes autour de doigts aussi fins, pour un homme bien évidemment. Il cherchait dans sa tête ce qu’il pourrait bien raconter tellement il se passait de choses. Bien évidemment, rien que sa vie aurait pu suffire mais à dire vrai, le jeune homme n’avait pas envie d’en parler de plein gré. Bien sûr, si Athénaïs le questionnerait, il y répondrait sans l’ombre d’un doute. Mais parlons d’autres personnes, un peu plus amusantes. Et il avait déjà son idée.
Je vais continuer sur nos chers anglais ! Si vous vous promenez dans Versailles, vous y verrez une véritable invasion, je n’en reviens pas moi-même. Et parmi tout ce flot, il y en a un qui vous fera rire de bêtises. Ma chère, connaissez vous Christopher of Kent ? Si non, je peux vous dire que même s’il est beau comme tout avec des yeux magnifiques, ce duc est aussi bête que la bêtise peut montrer en extrême. J’ai eu l’occasion de le rencontrer il y a quelques semaines de cela et je me dis qu’il doit être bien habile sur les mots avec les femmes car il n’a rien d’autre. Vous en rirez, j’en suis certain ! Et j’ai entendu dire qu’une de ses anciennes conquêtes d’Angleterre allait venir pour se venger, du grand spectacle en perspective.
Lui avait moins ri le soir dans les labyrinthes, c’était sûr mais il avait prouvé que le Duc de Kent n’était qu’un idiot de premier ordre, pleutre de plus et incorrect avec les gens d’un rang plus élevé. Si l’on rajoute coureur de jupons et sans scrupules, Christopher n’était pas du tout le gendre idéal. Et dans ses mots, Philippe avait été légèrement cassant mais rit sur ses dernières paroles, au sujet de la vengeance d’une conquête serait des plus amusant, de son rire caractéristique, aigu mais pas trop, pas vraiment féminin ni masculin en fait. Sa petite marque de fabrique dirons nous. _________________
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