
Louis XIV en roi tout puissant, maître de son château où les vies se font et se défont |
| | arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] | |
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Angélique de Vilenoy A la poursuite du Succès

Age : 22 Inscrit le : 14 Déc 2007 Messages : 119 Âge : 25 Titre : Baronne de Vilenoy Humeur Versaillaise Côté Coeur: celui qui en aura le courage Côté Lit: celui qui passera Noble Humeur:
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 | Sujet: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Dim 30 Déc - 1:53 | |
| Depuis son arrivée, elle avait eu plutôt de la chance. Elle était tombée sur quelqu’un de courtois qui lui avait immédiatement rappeler ce qui lui restait à faire.
*Et maintenant ?*
Elle contemplait le château sans oser y entrer. Elle l’aimait déjà et aurait été épouvantablement frustrée d’en être chassée. Elle n’avait jamais vu autant de luxe de sa vie. Si elle était admise, elle ferait partie des grands de ce monde et voilà qu’elle s’apprêtait à entrer vêtue comme une paysanne. Elle repensa à ce que le père Roulier lui avait dit : de se sentir comme une Dame et alors elle aurait l’air d’en être une. Elle ne s’était jamais comportée comme une Dame. Elle se rappelait une dispute avec son père quand elle était jeune : elle était rentrée une fois de plus crottée de la tête aux pieds et vêtue d’un pantalon. Elle avait croiser le fer avec son frère Guilhem et elle venait avertir son père qu’il était blessé à la jambe. Elle insista bien pour dire qu’elle n’y était pour rien et que ce maladroit ne savait pas esquiver. Après avoir envoyer la servante secourir son fils, le Baron avait piqué une colère. « Ce n’est pas une fille que j’ai eu, c’est trois fils dont un particulièrement cruel ! Et bênet par-dessus le marché ! Ma fille, vous n’avez pas d’éducation, pas de situation, vous n’êtes même pas un parti enviable. A défaut de n’avoir rien dans la vie, ayez au moins une dignité » ! Comme à défaut d’avoir une dignité elle avait un orgueil hors du commun, elle prit très mal cet affrontement avec son père. Mais aujourd’hui, elle pouvait être fière d’elle car elle s’apprêtait à faire quelque chose que son père n’avait jamais osé : elle allait mettre un peu d’or autour de leur nom ! En repensant à cela, elle se sentit grandie. Elle se redressa, prit un air digne et tendit les rênes de son cheval jusqu’à ce qu’un laquais vienne les lui prendre pour les amener à l’écurie. Bien, elle avait compris le principe : toujours se faire servir ! Elle n’avait pas de bagages mais qu’importe, elle trouverait bien le moyen de s’offrir rapidement de nouvelles robes. Elle regarda le château en se demandant s’il était enfin temps d’y entrer. _________________
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|  | | Tatiana de Suède ~ Dame des Glaces ~

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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Lun 31 Déc - 3:30 | |
| Tatiana de Suède aurait été incapable de dire l’heure qu’il était. Elle sortait tout juste d’une entrevue désagréable avec une comtesse, une certaine Marignan, qui lui avait reproché de détourner l’attention de son soupirant. La suédoise avait trépigné, protesté, puis finalement tempêté contre l’insolente, tout en bénissant le ciel de posséder des appartements privés à Versailles, luxe que bien peu de courtisans possédaient. La belle marquise rousse avait la chance d’avoir une cousine, Elena, qui était au mieux avec le roi, de telle sorte qu’on la traitait avec déférence et qu’on lui avait octroyé cette chambre. Au début modeste et simple, Tatiana l’avait transformé à l’aide des pensions qui lui venaient du Värmland, son duché d’origine. Toujours est-il que la comtesse après avoir écouté les explications embrouillées de la marquise se retira les lèvres pincées, en promettant de faire la ruine de sa nouvelle ennemie. A vrai dire, Tatiana se rappelait confusément d’un jeune homme qui lui avait parlé autour d’un bon verre de champagne durant une soirée, mais elle le laissait volontiers à cette folle. Quand on avait la chance de posséder ne serait-ce qu’un milligramme du cœur d’un homme comme Raaphael de Turku, le beau finlandais, on en arrivait à devenir exigeante.
Puis c’était désormais le tour de l’abbé X de telle paroisse bien éloignée, qui la regardait avec condescendance. Certes Tatiana s’était officiellement convertie au catholicisme, alors que sa religion maternelle n’était autre que le protestantisme, mais les religieux avaient bien remarqué son manque de piété. La marquise avait traité l’hypocrite abbé de tout son dédain. Cela leur allait facilement de s’indigner contre quelques malheureux courtisans qui ne s’étaient prosternés devant Sa Grâce Immortelle et Divine, puis de tolérer les péchés des gens plus hauts placés. D’ailleurs, la bedaine de celui-là ne prouvait-elle pas qu’il profitait des richesses de son église sans se préoccuper des pauvres miséreux qui mouraient de faim ? La maxime de sa grand-mère Eleonora du Danemark lui revenait toujours en mémoire quand on lui parlait de Dieu : « Prie-Le, Respecte-Le, Aime-Le, mais ne t’en remets jamais à Lui seul ».
Tatiana s’était enfin débarrassée de ces malotrus avec toute la politesse dont elle était capable. On lui avait appris très jeune à respecter les usages et à se comporter comme une véritable duchesse, duchesse qu’elle serait un jour. Même si parfois elle rêvait de pouvoir s’exprimer comme la plus vulgaire des paysannes, de jurer comme les serviteurs des palais, elle appréciait cette retenue, cette beauté du langage et des conversations. Quand elle était plus petite, vers l’âge de sept ans, son précepteur l’avait initiée aux règles de l’étiquette, du salut et aux arts du comportement digne. Tatiana trouvait cette appellation et cette matière complètement ridicule alors qu’il y avait encore tant de choses à apprendre en mathématiques, en histoire et en langues. « Une princesse de Suède se doit d’avoir une tenue irréprochable. » La jeune femme était forcée de constater que cela lui avait forgé le caractère.
La marquise sortit du château de Versailles par la grande entrée afin de prendre un peu l’air extérieur, loin des odeurs de peinture d’une pièce que l’on refaisait. Sa cousine lui avait donné rendez-vous au Trianon à l’heure du thé mais Tatiana était incapable de savoir l’heure. Elle renonça à la trouver et après tout Elena avait l’habitude de ses retards. Une dame doit toujours savoir se faire attendre. Elle se fit bousculer par une armée de laquais et salua quelques courtisans qui passaient là. Dans la cour, l’ébullition était à son comble, une fois de plus. Dans toute cette agitation, une jeune fille était arrêtée en pleine stupeur semblait-il. Tatiana pouvait la comprendre, Versailles était toujours impressionnant. Ennuyée par le chambardement, elle s’approcha d’elle. Etait-ce une servante ? Elle avait un air bien fier pour cela. Etait-ce une noble ? Ses vêtements étaient en ce cas bien pauvres. Indécise, Tatiana prit son ombrelle dans la main gauche et adressa à la petite blonde un sourire engageant, attendant qu’elle prenne la parole. _________________
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|  | | Angélique de Vilenoy A la poursuite du Succès

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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Ven 4 Jan - 2:48 | |
| Angélique était bien consciente qu’elle avait l’air un peu ridicule à danser d’un pied sur l’autre devant le château. Mais elle n’en pouvait rien, il l’intimidait. Une femme en sortit. Il n’y avait aucun doute sur sa condition : l’élégance et le raffinement de sa toilette et de son attitude ne laissait aucune place au doute. La timidité ne faisait visiblement pas partie de sa vie. Angélique l’envia pendant quelques secondes.
*Mais qu’est-ce que je fais moi ?*
Elle se rendit compte qu’elle la dévisageait depuis un petit temps déjà : elle n’était plus la maîtresse, elle ne pouvait se le permettre ! Cependant elle ne détourna pas la tête : cela aurait pu passer pour de la faiblesse !
La nouvelle arrivante s’approcha d’elle. La baronne se redressa de tout son long et entreprit de ranger quelques mèches rebelles qui lui donnaient un air des plus négligé. La femme lui fit un sourire engageant. Visiblement la curiosité l’avait poussé jusqu’à elle. Pour Angélique c’était l’occasion ou jamais de voir si elle pouvait se mélanger aux nobles de la Cour. Elle lui rendit donc son sourire.
Madame.
Elle inclina légèrement la tête comme on le lui avait apprit.
*L’erreur ne m’est pas permise !*
Cette pensée lui donna un brusque coup de fouet et elle prit de l’assurance.
Nous n’avons pas été présentées je crois, je suis la baronne Angélique de Vilenoy. Je termine à l’instant le voyage qui devait me conduire ici.
Elle fut heureuse de constater que chacun de ses gestes devenaient fluides : elle savait par réflexe comment se conduire. Si cela ne plaisait pas à la nouvelle venue, ce ne serait qu’une incompatibilité d’humeur et non pas un faux pas de sa part. _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Dim 27 Jan - 2:38 | |
| La demoiselle la fixait, ses mèches blondes voletant autour de son visage délicat. Tatiana de Suède aurait pu être gênée, mais elle avait l’habitude d’être observée. Pas autant que la famille royale de France, certes, dont les membres se livraient comme des acteurs au regard de leur public, mais toutefois son rang l’avait habituée à faire face à ses yeux indélicats qui scrutaient chacun de ses mouvements, cherchant à remarquer le moindre faux pas. Tel était l’univers impitoyable de Versailles et des cours européennes, où chaque ragot était apprécié et disséqué par les commères. Sans doute n’avaient-elles rien d’autre à faire. Par son esprit libertin, son amour du luxe et des hommes, Tatiana était un excellent sujet de conversation pour ces dames. On s’étonnait de ses mœurs si légères, de son parler à la fois franc et raffiné, mais surtout on admirait cette liberté, dans ce pays de France où les femmes étaient encore prisonnières de leur père ou mari.
Tatiana croisa le regard de la jeune femme, qui ne détourna pas la tête. Apparemment elle était de la noblesse et au moins d’un rang aussi important que le sien, aussi étrange que cela paraisse. Cela se confirma par ses manières posées et son ton, habitué au commandement, lorsqu’elle s’adressa à elle. La suédoise avait appris à reconnaître ceux qui possédaient le pouvoir au cours de son existence à Karlstad, sa ville d’origine, à la cour de Stockholm ou à celle de Versailles. C’était un instinct qu’elle avait développé durant le règne de la reine Kristina qui s’entourait de conseillers plus ou moins influents. L’objectif était de voir les plus importants et de s’immiscer dans leur vie, pour atteindre un gramme, une poussière du pouvoir. Elena et Tatiana avaient eu une certaine chance, puisque la cousine Kristina était plutôt sympathique avec elles et écoutait leurs avis. Au cours de ses batailles, donc, la marquise avait vu bien des personnes différentes mais n’avait jamais rencontré une demoiselle comme celle-là. Aux allures de paysanne, aux manières de comtesse.
Tatiana salua la jeune femme qui se présentait d’un signe de tête. Angélique de Vilenoy, baronne. En effet, elle avait un petit accent des campagnes françaises, même si la suédoise avait un peu de mal à le remarquer plus habituée à sa langue natale, les sonorités du scandinave. Angélique avait néanmoins une agréable tenue, que manquait certes un peu de naturel aux yeux de Tatiana, mais qui avait le mérite d’être juste.
- J’espère que vous avez fait bon voyage. Vous devez être lasse, les cahots du chemin ne vous ont-ils pas fatigués ?
Tatiana se rappela un instant des mois qui l’avaient menée en France. La route pleine de trous de Suède, les remous de la mer qui séparait son pays de la France, puis enfin des Pays-Bas de guerre jusqu’à Paris et Versailles. Mais elle chassa ce souvenir.
- Je suis ravie de faire votre connaissance, mademoiselle de Vilenoy. Je suis la marquise de Suède, Tatiana. Suis-je la première courtisane que vous rencontrez ? En ce cas, permettez-moi de vous souhaiter bienvenue, au nom de votre famille royale, à Versailles. _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Mar 29 Jan - 3:03 | |
| Le cœur d’Angélique battait à tout rompre. Elle devait avouer qu’elle était très nerveuse : c’était une chose d’entendre des rumeurs sur Versailles c’en était une autre d’y être pour de vrai avec les gens de la Cour, les vrais Grands du Royaume. Elle avait toujours eu envie d’en faire partie, elle avait du mal à croire qu’elle était proche du but. La femme qui se tenait devant elle avait fière allure. Il s’agissait probablement d’une grande dame de la Cour. Angélique se demanda rapidement ce que coûterait une erreur avec elle. Elle semblait la deviner, Angélique se sentit observée. Elle avait horreur de cela mais il n’était pas question de le lui montrer. Elle se contenta de garder un air tranquille comme s’il s’agissait d’une conversation anodine pour elle.
Oh madame, les cahots ne m’ont pas tant gênée que la longueur du voyage. J’ai bien cru que je n’arriverai jamais.
Elle ne voyait pas comment lui expliquer que les longues ballades à cheval lui étaient coutumière sans passer pour une pauvrette. Elle se présenta : la marquise de Suède. Angélique ne s’était pas trompée, il s’agissait bien d’un rang important. Elle n’avait qu’entendu parler de la Suède que l’année précédente lors de ses leçons mais elle avait appris alors qu’il s’agissait d’un royaume puissant. Tatiana lui demanda si elle était la première courtisane qu’elle rencontrait et lui souhaita la bienvenue.
Je vous remercie madame !
Angélique l’observa à son tour. Décidément on devait l’avoir tromper sur Versailles : loin de regarder de haut, Lulli l’avait traitée avec beaucoup de respect et voilà qu’une femme importante était d’une courtoisie et d’une amabilité hors du commun. En plus, on lui avait décrit que les courtisanes de Versailles étaient sottes et frivoles. Et Tatiana n’était de toute évidence ni l’une ni l’autre : ses manières montraient une élégance et un bon goût naturel sans chercher à paraître et ses yeux pétillaient d’intelligence. Non, on avait dû la tromper sur Versailles. Peut-être serait-ce même un endroit agréable pour vivre, qui sait !
*Prudence !*
Doucement, elle ne savait rien sur ce monde encore. Il ne fallait pas baisser sa garde trop vite quitte à être soulagée tard. _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Sam 23 Fév - 1:30 | |
| [Désolée du retard ]
Tatiana ne pouvait s’empêcher d’étudier chacun des mouvements d’Angélique, sans s’apercevoir que ses grands yeux bleus devaient gêner son interlocutrice. C’était la première fois qu’elle rencontrait une noble française provinciale. Qu’est-ce qui l’avait décidé de venir à Versailles parmi ses courtisans hypocrites et mesquins ? Comme elle, la volonté de changer d’air, de partir loin de la mort, et des histoires familiales de sa contrée d’origine ? Comment penser que cette petite jeune fille blonde avait vécu des affaires telles que les siennes ? La marquise ne prononça aucune de ces questions à haute voix, de peur d’effaroucher mademoiselle de Vilenoy. Après tout, elle ne devait pas être encore au courant des us et coutumes de Versailles et Tatiana se sentait d’âme charitable, quoi qu’en puisse dire messieurs les abbés. La belle marquise, après avoir retouché son chignon impeccable, entraîna sa compagne dans la cour royale pour faire quelques pas. Elle espérait qu’Angélique n’était pas une demoiselle naïve, qui s’imaginait que ce château était le paradis qui permettait d’accéder à tous ses rêves. Hélas ! Rien n’était plus faux. Si Versailles avait l’allure d’un paradis, il ne fallait pas se faire d’illusions. Pour preuve, ces dames qui parlaient derrière leurs éventails en leur jetant des coups d’œil furtifs. Tatiana leur sourit gracieusement en les saluant de la main et fut secrètement ravie en voyant qu’elles durent se déplacer vivement afin d’éviter un carrosse de prince.
- Voyez-vous, ces dames sont toujours là à caqueter, expliqua Tatiana à Angélique les lèvres pincées pour marquer son mépris, sans doute n’ont-elles rien d’autre à faire de leurs journées.
Elle tenait à lui expliquer les pièges à éviter dans ce monde plein d’embûches qui ne vous faisait pas de cadeaux. La jeune femme avait toujours respecté à la lettre l’étiquette suédoise puis française, tout en sachant qu’un moindre de ses écarts lui serait aussitôt reproché. Mais elle se souvenait d’un courtisan indélicat, qui se ridiculisait en permanence à Stockholm, sous les yeux même des monarques. D’abord l’objet de toutes les moqueries des commères puis de tous, il devint en moins de temps qu’il faut pour le dire l’homme le plus connu du palais. Il finit par être remercié par le roi et il se retourna dans sa province du Nord de Suède. Descendu par l’opinion, sacrifié sur l’autel de l’apparence. Impitoyable, telle était la règle. Et Tatiana avait peur que sa jeune protégée ne soit condamnée avant même de démarrer sa vie sociale. Tout se racontait, surtout les ragots les plus scandaleux. Et tout arrivait aux oreilles du roi Louis. Une légende voulait même qu’il se tînt informé de tout ce qui ce passait dans son château, des trahisons et manipulations, aux liaisons amoureuses. La suédoise ne pouvait confirmer puisqu’elle n’avait jamais rencontré le souverain.
- Mais vous devez savoir que ce sont elles qui font la loi à Versailles. Si vous restez charmante avec elles, rien ne vous arrivera.
Et puis, après les écraser. C’était la tactique de Tatiana, les laisser s’approcher le plus près, les endormir par de vaines paroles, prendre de l’influence, puis les laisser s’éloigner, dépouillée de leur pouvoir. Oh, elles pouvaient bien constater que la marquise avait des aventures avec quelques hommes, la protectrice de Tatiana, sa propre cousine Elena, la protégeait suffisamment. Qui oserait s’en prendre à la cousine d’une femme qui est au mieux avec le roi ? Mieux une femme qui n’était pas sa maîtresse, et qui ne risquait donc pas la moindre disgrâce, une femme qui était son amie !
- Hélas mademoiselle, je vous dresse un portrait bien noir de Versailles, pardonnez moi. Heureusement, il existe toujours des personnes recommandables qui peuvent être vos amis et à qui vous pouvez vous confier. Considérez-moi comme une de celles-ci, comme une amie.
Souriant chaleureusement à la baronne, Tatiana l’entraîna plus loin des oreilles tendues des courtisanes, tout en réfléchissant si elle pouvait lui prêter une robe plus convenable que celle qu’elle portait. _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Ven 29 Fév - 22:52 | |
| [pas de problèmes, moi aussi j'ai une vie chargée donc je comprends]
La jeune femme qui se tenait devant elle l’intimidait profondément mais cela, elle n’osait pas se l’admettre. Angélique avait été habituée à être la Dame. Dans sa vie, elle n’avait jamais rencontré quelqu’un de plus important qu’elle et elle devait reconnaître que cela ne pourrait que lui faire du bien à l’ego de s’apercevoir qu’elle n’était pas la plus grande. Mais le problème c’est qu’elle ignorait comment se comporter. Elle était terrifiée à l’idée de commettre un impair. Elle serait mal vue à la Cour et ne saurait pas comment gérer ça. Versailles qu’elle s’était figurée comme une terre promise était en train de devenir un Enfer quotidien. Et si elle devait cacher qui elle était pour le restant de ses jours, pourrait-elle le supporter ? Elle voulait se persuader qu’elle y arriverait mais quelque chose en elle lui disait que ce n’était pas sûr. Bien qu’elle n’ait pas souvent connu ce « quelque chose », elle parvint à l’identifier sans trop de difficultés. Il s’agissait de la peur ! Pour la deuxième fois de sa vie, elle était morte de peur ! Mais la marquise ne la laissa pas sombrer dans la panique et l’entraîna dans la Cour Royale afin de faire quelques pas. Malgré son apparence soigné et son regard scrutateur, Angélique se sentait déjà à l’aise en sa compagnie. Elle observa autour d’elle. Des femmes élégantes leur lancèrent quelques regards. La marquise leur fit un signe de la main. Angélique afficha un sourire discret et poli, elle avait appris qu’elle ne pourrait pas parler à ces femmes avant d’avoir été présentée. Sa nouvelle compagne lui parla de celles-ci avec un mépris non dissimulé.
Leurs occupations m’ont l’air rares en effet !
Angélique se demanda si elle avait bien fait d’être aussi impulsive et de répondre avec autant de franchise.
*Et si je devenais comme elles ?*
Non, elle ne voulait pas ! Et s’il fallait vendre son âme pour vivre à Versailles, aurait-elle la force d’aller jusque-là ? De devenir tout ce qu’elle avait méprisé ? Ce qui la rassurait, c’était le fait que Tatiana semblait être très différente de toutes ces femmes. Elle lui parla de l’importance de plaire à ces poules car c’était elles qui faisaient la loi au château. Elle ne jugea pas utile de le faire remarquer à la marquise mais ça, elle s’en était un peu doutée. Elle n’était pas assez naïve pour imaginer qu’elle pourrait éviter de passer par la case : « complaisance ». Tatiana lui assura enfin de son amitié. Angélique était flattée mais toujours méfiante : on lui avait dresser un portrait si noir de Versailles qu’elle était étonnée d’être accueillie à bras ouverts.
Votre offre d’amitié me flatte beaucoup Madame.
La marquise lui fit un sourire chaleureux et commença à l’entraîner ailleurs. Mais Angélique n’était pas tranquille : elle avait un air miteux et voilà qu’une Dame de grande importance lui offrait son amitié. Elle était bien consciente d’avoir l’air d’un oiseau pour le chat et cela la poussait à se méfier de toute le monde. Pourtant elle avait l’air sincère.
Mais parlons sans rien feindre !
Après tout si elle était aussi franche qu’Angélique semblait le percevoir, il n’y aurait pas de problème. L’instinct de la baronne lui disait que sa nouvelle compagne n’était pas une hypocrite et elle mourait d’envie de lui accorder également son amitié mais elle avait peur que son ignorance ne lui joue des tours dès son arrivée.
De tout mon cœur, j’aimerais vous offrir mon amitié en retour, mais avant cela, je vous prie de me dire une chose : où une grande marquise comme vous peut trouver un intérêt quelconque chez une petite provinciale. Ne m’en voulez pas Madame, mais on m’a tellement mise en garde que je ne veux pas devenir un oiseau pour le chat dès mon arrivée.
Elle espérait ne pas avoir été blessante, elle voulait juste s’assurer qu’elle pourrait accorder une confiance totale à cette inconnue qu’elle trouvait pourtant fort sympathique. _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Dim 2 Mar - 20:27 | |
| Angélique de Vilenoy semblait bien impulsive mais avait répondu avec une franchise désarmante face aux explications que lui avait donné la marquise sur les femmes de la Cour. Au moins, n’avait-elle pas l’air de manquer de sens de la répartie, c’était une qualité appréciable dans les milieux mondains où l’on jugeait les courtisans outre sur leur apparence mais également sur leur conversation. Certes pour arriver chez les Précieuses, mademoiselle de Vilenoy devrait faire des efforts pour être plus raffinée mais rien n’était impossible aux jeunes filles de son âge. Tatiana se prit à imaginer cette baronne entre les mains de ces courtisans affamés de belles paroles qui ne juraient que par La Fontaine ou les Perrault. A moins qu’Angélique ne devienne comme ces garces impitoyables si elle parvenait à entrer dans leur groupe. A ce moment-là, la marquise de Suède ne pourrait plus rien faire. Elle avait offert son amitié, si la jeune fille la refusait, c’était tant pis pour elle.
Madame de Suède imagina des parures somptueuses, des robes de velours et de dentelles qui seyaient fort aux dames. Une magnifique robe noire sur sa peau blanche de blonde, pourquoi pas ? Mais le sens de la mode de Tatiana lui fit remarquer que la demoiselle n’était pas en deuil... Oui, une robe rouge, couleur de la passion, de l’amour et des souffrances, quoi de plus beau ? Les cheveux blonds de la petite rassemblés dans une coiffure élaborée, avec de petites mèches qui pouvaient tomber sur ses joues encore rondes. Une démarche assurée, un sourire blanc, et elle ferait battre bien des cœurs et attiser bien des jalousies. Il ne manquait plus qu’un collier de perles autour de son cou blanc. Mais Angélique pouvait-elle être à la hauteur de ce que la marquise était prête à lui offrir ?
Mais parlons sans rien feindre ! De tout mon cœur, j’aimerais vous offrir mon amitié en retour, mais avant cela, je vous prie de me dire une chose : où une grande marquise comme vous peut trouver un intérêt quelconque chez une petite provinciale. Ne m’en voulez pas Madame, mais on m’a tellement mise en garde que je ne veux pas devenir un oiseau pour le chat dès mon arrivée.
Tatiana de Suède recula comme sous l’effet d’un soufflet, choquée que l’on puisse mettre sa parole en doute. Bien peu de personnes l’avaient dans sa vie, tous avaient peur de la réaction d’une authentique fille de prince suédois, capable d’attendre des années avant de se venger. Ainsi, il y avait quelques années, des courtisanes s’étaient vues refuser des places auprès de la reine Kristina, car Tatiana avait intercédé en leur défaveur. Les dames avaient le défaut de ne pas avoir voulu croire que la jeune fille qui leur parlait dans une auberge dans l’hiver de la quinzième année de la marquise, était mademoiselle de Värmland. Elles s’étaient moquées de la petite qui furieuse et humiliée avait attendu des années pour se venger. Oh, certes Angélique n’avait pas à ce point là vexé son interlocutrice. Car finalement elle avait raison de se poser la question. Qu’avait-elle de si intéressant pour la suédoise ? Pourquoi ne pas la laisser croupir parmi ses ridicules nobliaux qui imaginaient que Louis XIV pourrait les remarquer ? Tatiana n’était pas du genre à s’ennuyer avec des personnes stupides et idiotes. C’était pourquoi elle était si peu aimée chez les domestiques. Ils n’avaient pas reçu son éducation, ils n’avaient presque rien à se dire.
La dame s’interrogea. Certes, elle pouvait toujours prétendre que c’était par charité. La religion ne cessait de porter aux nues cette notion. C’était l’occasion idéale de montrer à tous ces abbés sentencieux qui était réellement Tatiana. Elle n’allait que peu à la confesse mais elle ne manquait pas de cœur. Mais elle savait que ce n’était pas cela. Pas totalement du moins. La vraie raison de ce geste d’amitié était l’orgueil de Tatiana. Elle imaginait toujours cette magnifique femme blonde qui ravissait les courtisans dire à tous que sa protectrice était la marquise suédoise. En quelque sorte, Angélique serait sa créature, la personne qui ne pourrait que lui être dévouée. Sa sœur, sa fille, presque. Quelqu’un dont elle pourrait être fière. Et puis il y avait cette gentillesse innée chez Tatiana évidemment. Elle choisit de dire la vérité avec des mots choisis :
- Mon offre d’amitié est profondément sincère, mademoiselle de Vilenoy. Après tout, nous avons tous besoin d’alliés dans les châteaux. Vous pourrez être assurée que, si vous acceptez, je vous soutiendrais toujours, quoi qu’il arrive. En échange, je vous demanderais juste de m’aider également si besoin s’en fait sentir.
En réalité, en quoi cela importait à Angélique ? Si elle était assurée que la dame ne l’abandonnerait pas, que pouvait-il la pousser à refuser ? _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Sam 29 Mar - 17:13 | |
| Angélique connaissait par cœur son manque de délicatesse. Depuis toute petite, il lui avait déjà maintes fois jouer des tours. Parce qu’elle était orgueilleuse et ne voulait dépendre de personne, elle avait toujours préférer foncer dans le tas. Oui, elle y allait de façon brutale agissant avant de réfléchir. Enfant, elle décevait tellement son père qu’elle s’était refusé à écouter ses conseils même quand ils étaient bons pour elle. Elle tenait à lui prouver qu’elle n’avait pas besoin de lui pour devenir quelqu’un. Ses frères croyaient en elle, eux savaient ce qu’elle valait réellement. Mais ses frères étaient morts à présent, plus personne ne croyait en elle. Plus personne à part elle. Dans son semblant de village normand, tout le monde était mortifié de devoir traiter une femme en maître absolu.
Sans compter que maintenant, les données avaient changées. Elle n’était plus une petite baronne blonde prête à tout pour asseoir son autorité sur une poignée de paysans. Maintenant elle était à la Cour afin que son nom ne tombe pas dans l’oubli, que sa famille ait ce qui ressemblerait à une histoire, de pouvoir être fière d’être une Vilenoy ! Elle était orgueilleuse, pas stupide. Elle aurait besoin d’aide pour se faire remarquer par le Roi, y arriver seule n’était même pas envisageable ! Il fallait avoir un talent particulier pour cela. Elle avait un don pour le combat à l’épée mais ce n’était pas ce que l’on demandait à une Dame. Elle ne s’illustrerait jamais ainsi. Pendant quelques instants, elle eut peur d’avoir blesser une personne qui lui proposait sincèrement son amitié, une personne qui pourrait l’aider. En voulant avoir l’air bravache, elle s’était peut-être fermer les portes à tout jamais !
Elle observa la marquise un moment et ses pires doutes se confirmèrent : alors qu’elle s’était répéter durant tout le voyage que l’erreur ne lui était plus permise à partir de maintenant voilà qu’elle en commettait une irréparable dès son arrivée. La marquise avait reculer suite à sa brillante remarque. Angélique se sentit gênée comme jamais autant pour ce qu’elle avait dit à une Dame qui ne le méritait pas que pour la portée de son geste. Elle aurait aimé bafouiller une excuse mais aucune de lui venait à l’esprit. Elle était paralysée par la honte, incapable de parler. Contre toute attente ce fut Tatiana qui brisa le silence en lui assurant une fois de plus que son offre d’amitié était sincère.
*Ainsi, j’ai droit à une autre chance ?*
Angélique avait du mal à y croire. Ainsi, tout n’était pas perdu, elle pourrait se rattraper. Maintenant, il s’agissait de réfléchir avant d’agir.
Je vous demande pardon madame, mon impulsivité est inexcusable.
Elle releva la tête vers la Dame espérant ne pas l’avoir définitivement refroidie.
Je serai très honorée d’être votre amie. Quant à mon soutien, je n’ai jamais trahie personne surtout pas mes proches. Je vous assure que je ne commencerai pas ici.
Elle s’exprimait mal mais espérait avoir pu remonter dans l’estime de Tatiana. _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Jeu 22 Mai - 22:02 | |
| [Mon Dieu, quel retard ! Voudras-tu me pardonner ?]
Mademoiselle de Suède songea avec ironie qu’elle n’aurait jamais deviné que cette journée finirait comme celle-ci. Elle finirait sans doute par rentrer au château, mais non plus solitaire mais accompagnée de cette très jeune fille, qui ne désirait sûrement qu’apprendre. Du moins si celle-ci acceptait sa proposition. Tatiana l’espérait de tout cœur même si cela était une grande responsabilité pour elle. Parmi toutes les raisons qu’elle avait évoqué tout à l’heure, il y avait aussi celle-ci : Angélique saurait la détourner de son quotidien et de ses préoccupations. La marquise avait en effet reçu il y avait peu de temps des lettres de ses parents et de son lointain cousin Sa Majesté de Suède. On cherchait à faire une alliance avec un nobliau germanique pour sceller une paix durable entre suédois et allemands. Tatiana ne voulait pas se marier mais il lui fallait un enfant pour ne pas que son neveu Karl ne puisse prendre le pouvoir au Värmland. Elle décida de remettre ses interrogations à plus tard. Il fallait agir au plus urgent : mademoiselle de Vilenoy.
Celle-ci semblait revenir sur ces précédentes paroles et s’excusa avec ce qui semblait être, pour Tatiana, de la contrition. Ses paroles étaient maladroites, comme si elle cherchait une bonne formulation sans pour autant la trouver. Pourtant Tatiana lui pardonnait volontiers. Angélique n’avait pas l’habitude de s’exprimer en société, mais elle pourrait apprendre. Quant à son impulsivité, il lui faudrait la contrôler, sans pour autant l’étouffer tout à fait, car les princes aimaient cela face aux demoiselles sans sens de la répartie, et sans originalité, terriblement conformistes. La marquise se sentait prête à prendre un rôle presque de préceptrice, comme si la réussite d’Angélique ne dépendait que d’elle. Elle se tourna vers la jeune fille, faisant mine que la discussion sur les doutes de la baronne était close et parla d’une voix ferme et presque dure :
- Mademoiselle, je m’engage à vous introduire dans la Cour de Versailles, car soyons honnêtes, sans soutien d’aucune sorte, vous n’avez pas une seule chance d’approcher de votre rêve de vivre ici. J’espère que vous ne me décevrez pas.
Tatiana de Suède s’aperçut que ses paroles étaient teintées d’un fort accent du nord et se reprit en entraînant Angélique dans la Cour Royale, en faisant des tous petits pas, ses pieds étant coincés dans des minuscules souliers. Elle passa son ombrelle dans sa main gauche pour se protéger du soleil et prit familièrement le bras de la jeune fille.
- Je m’engage auprès de vous. C’est aussi le cas de votre côté. Suis-je bien claire ? Il n’est pas question, il n’est plus question de planter des couteaux dans le dos l’une de l’autre. Vous ne chercherez pas à parlementer mes conseils, ou à n’en faire qu’à votre tête, sauf raison tout à fait justifiée. Je ne veux pas perdre mon temps.
Elle avait conscience de ne pas être très sympathique avec sa petite protégée mais elle voulait que les choses soient totalement claires entre elles deux, pour ne pas qu’Angélique se retourne contre elle. Pour ne pas que cela ne soit trop dur, elle lui adressa un sourire rassurant. Elle apostropha un laquais qui passait près d’elle.
- S’il te plaît ! Es-tu au service de Sa Majesté ? Oui, bien, je désirerais que tu fasses une commission à Madame Elena de Suède, qui possède une maison au Trianon. Dis lui que sa cousine Tatiana ne pourra pas la rejoindre pour l’heure du thé. Sais-tu qui est madame de Suède ? Oui ? Merci.
Elle s’adressa de nouveau à Angélique d’un ton léger, sentant monter en elle l’excitation d’un nouveau défi à relever.
- Aviez-vous des bagages, Angélique ? Les avez-vous donnés à un valet ? J’aimerais que nous puissions examiner votre garde-robe, pour savoir ce qui peut-être porté à Versailles. _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Lun 26 Mai - 2:25 | |
| Jamais elle n’avait eu autant envie de disparaître. Elle venait à peine d’arriver à la Cour de Versailles que déjà elle se conduisait comme une malapprise. Son attitude aurait très bien pu convenir à la petite baronne de Vilenoy, éduquée par des paysans, régnant en maître absolu sur un hameau de gens trop pauvres pour connaître ne fut-ce que la signification du mot : « éducation ». Mais ici, elle était dans la Cour des grands. Son année d’éducation auprès de ce gentil prêtre ne lui avait appris qu’à lire, à écrire et à parler sans utiliser des mots paysans. Elle avait appris la réputation de la Cour aussi. Mais elle avait été bien idiote de se croire prête à affronter ce monde, elle en ignorait encore tout ! Et voilà que Tatiana lui arrivait, proposait son aide, tel un ange descendu du Ciel pour l’aider à trouver son chemin. Et voilà qu’Angélique la repoussait presque ! Heureusement Tatiana ne revint pas sur sa proposition. Angélique sentit la dureté du ton de la marquise et comprit que celle-ci devait être sincère, sinon elle n’aurait pas été blessée par ses paroles. Elle s’en voulut encore plus d’avoir eu des paroles si malheureuses. Elle ravala sa fierté lorsque Tatiana lui fit remarquer que sans elle, elle ne pourrait même pas imaginer vivre ici. Il n’y avait rien d’intelligent à répliquer : c’était vrai. Angélique n’aimait pas l’idée de remettre son destin entre les mains d’une seule personne mais elle n’avait malheureusement pas le choix.
Je ne vous décevrai pas madame.
Elle prit un air soumis –pourtant peu coutumier pour elle- en signe de bonne volonté. Tatiana continua en lui promettant son engagement et en insistant sur la loyauté qu’elle attendait d’elle. Angélique en fut presque offusquée. Elle faillit lui faire remarquer sèchement que si elle avait répliquer de façon aussi impulsive tantôt c’était justement parce qu’elle recherchait avant tout la sincérité dans une amitié. Elle s’empêcha de parler juste à temps. Elle n’était plus la maîtresse, elle était bien un oiseau pour le chat et Tatiana était la seule à pouvoir la protéger : il lui fallait donc montrer qu’elle avait raison de le faire.
Je connais bien mes défauts madame, je n’ai pas celui de manquer de loyauté. Je vous serai fidèle.
Elle détestait sa position mais il lui faudrait passer par-là si elle voulait entrer chez les grands de ce monde. Elle avait déjà beaucoup de chance. Quant au fait de ne pas discuter les instructions de sa protectrice, elle se promettait d’essayer. Elle ferait de son mieux, parce qu’elle était ambitieuse et voulait atteindre son but. Mais elle avait une nature très forte qu’il lui faudrait combattre.
Je vous promets de faire de mon mieux.
Ça au moins, elle pouvait le dire sans avoir peur de faillir à son serment. Tatiana se fit plus douce à partir de là. Angélique remarqua seulement qu’elle l’avait prise par le bras. C’était la première fois que ce geste avait quelque chose de classe. Colin la prenait parfois par le bras. Ce geste était attendrissant mais jamais elle ne l’avait trouver élégant. D’ailleurs tout ce que faisait sa protectrice était élégant. Angélique ne comprenait pas comment une femme aussi lumineuse pouvait avoir envie d’aider la petite sauvageonne qu’elle était. Surtout quand elle la voyait parler aux domestiques. Elle n’était pas suffisante mais rien qu’à sa façon de parler, il était inconcevable d’imaginer lui manquer de respect. C’était une Dame, une vraie Dame. Elle était tellement perdue dans son admiration qu’elle ne vit pas venir la question de la marquise. Des bagages ? Une garde-robe ? Oh mon Dieu !
Bien…
Elle ne pourrait pas lui mentir sur une garde-robe imaginaire. Il fallait donc dire la vérité.
Tout ce que je possède est sur moi !
C’était pour cela qu’elle tentait sa chance à la Cour alors qu’elle n’avait de toute évidence aucune des qualités requises pour cela :
Comme vous pouvez le constater, je n’ai plus rien à perdre Madame !
Elle avait pris un ton assuré pour faire comprendre à la marquise qu’elle irait jusqu’au bout de son apprentissage. Enfin, du moins elle essayait de se persuader que c’était la raison pour laquelle elle avait parler. Mais en vérité, il s’agissait d’un cri de désespoir. Angélique n’était pas la petite protégée que les grandes dames voudraient s’arracher et elle craignait à tout moment que madame de Suède ne décide de changer d’avis !
[pas de soucis pour le retard, je n'aurai pas eu le temps de te répondre avant de toutes façons. puis bon j'imagine que tu as une vie en-dehors des forums^^] _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Sam 7 Juin - 22:58 | |
| Mademoiselle de Vilenoy assura à la marquise de Suède qu’elle se connaissait et qu’elle lui serait fidèle malgré toutes les épreuves. Se connaître ? C’était une qualité appréciable, et Tatiana espérait de tout cœur qu’aucune d’elles deux ne s’engageaient à la légère. Il y aurait du travail avant qu’Angélique puisse tenir une conversation charmante, et se conduire comme une véritable dame. Certes, la jeune fille était intelligente, sinon que viendrait-elle faire ici ? Mais la chose n’était pas facile à atteindre et les courtisanes vivant ici à Versailles avaient eu la chance de grandir et d’avoir une éducation les préparant à la vie de château. Tatiana avait souvent observé comment les duchesses, marquises ou autres comtesses s’y prenaient pour faire entrer les cousines ou filleules dans le monde. Les demoiselles étaient prêtes, et devaient avoir de l’esprit pour sortir du lot de toutes les filles voulant entrer à la Cour. Ou alors devaient être très riches et très belles, c’est-à-dire porter des bijoux que les paysans mettraient cent vies à acheter, ou avoir un teint de lait. Madame de Suède était prête à mettre le prix pour qu’Angélique puisse lui faire honneur avec des vêtements dignes d’elle, et une intelligence excellente. Elles réussiraient.
Cependant, Tatiana ne pu s’empêcher de ralentir le pas quand Angélique lui avoua qu’elle n’avait aucune toilette avec elle. La jeune femme en déduisit que la jeune femme était véritablement nourrie d’espoirs en venant ici les mains vides. Avait-elle su d’avance que la chance serait avec elle, qu’elle croiserait une protectrice qui l’aiderait envers et contre tout ? Comment et pourquoi le destin avait placé Tatiana sur le chemin d’Angélique ? Qu’est-ce qu’Angélique aurait-elle fait en entrant dans Versailles, seule et sans même une robe convenable ? Parfois, la marquise se demandait si ce Dieu qu’elle voulait à tout prix ignorer n’existait pas bel et bien. Le destin est bien impénétrable. Personne n’aurait parié un sou sur la rencontre de cette petite baronne et la marquise suédoise.
- Bien... Je vois en effet que nous avons du travail qui nous attend. Il n’est pas question que vous fassiez votre entrée dans le monde habillée ainsi. Je veux que vous puissiez éblouir ces courtisans, que vous fassiez bonne impression et ce, dès le départ.
Tatiana s’était remise à marcher d’un pas vif, peut-être un peu trop rapidement pour Angélique, qui n’était pas prévenue de ces brusques changements de rythme. Pour l’instant, c’était la marquise qui guidait les deux femmes. Mais elle espérait bien que la jeune fille blonde finirait par se détacher d’elle pour marcher seule vers le succès. Elle se rappelait de son entrée dans la cour de France, il y avait environ deux années désormais. Tatiana avait été tout d’abord étonnée de ce luxe débridé, mis en scène dans cette nature domptée par les innombrables jardiniers. Versailles se dressait dans ce paysage, seul et abandonné. Comment Louis XIV avait-il réussi à imposer ce qui n’était qu’à simple pavillon de chasse entouré de marécages à l’Europe entière ? Tatiana admirait cet homme, qu’elle ne connaissait pas. Ce devait être un grand stratège, une personne à l’intelligence acérée qui obtenait tout ce qu’il désirait, sans même le demander ou le commander. La marquise aurait tellement voulu être cette personne. Elle avait l’esprit et le goût pour l’opulence. Il lui manquait le pouvoir sans nul doute. Mais la jeune femme sentait ses pensées s’égarer. Il fallait pourvoir au plus urgent.
- Vous savez, je compte sur vous pour vous instruire sans attendre mes hypothétiques ordres. La bibliothèque royale est ouverte. La lecture est le meilleur moyen de se cultiver, d’apprendre ce qui est à la mode, apprendre aussi les bonnes formules de langage. Ceci est un effort qui doit venir de votre part. Et puis Dieu seul sait qui l’on peut croiser dans les bibliothèques...
Tatiana n’avait guère l’habitude de plaisanter et ces paroles lui arrachèrent un sourire amusé malgré tout. Après tout si Angélique croisait un homme, voilà qui lui apprendrait la vie. A moins qu’elle en eut déjà connus dans sa vie passée.
- Savez-vous déjà où l’on vous a installée ? Aux appartements du château ou au Trianon ? Il vous faudra constituer une garde robe digne de ce nom dans votre nouvel appartement.
Tatiana disait des banalités en entraînant sa jeune protégée vers le château. Elles croisèrent un courtisan à la perruque brune qui portait une moustache longue et frisée. Il était assez âgé et se targuait d’être d’une antique noblesse et d’être le favori de Sa Majesté. La jeune femme n’y croyait pas un seul instant. Elle s’éloigna rapidement, mais hélas, le comte de Bénézac les avait vues.
- Madame de Suède ! Quel bonheur de vous voir. Vous m’aviez promis de partager une danse lors d’une soirée au salon de Vénus...
- Je ne l’ignore pas, répondit la marquise agacée, mais qui faisait mine d’être ravie, mais voyez-vous j’ai des obligations. Elle poussa Angélique vers le courtisan en lui chuchotant à l’oreille de faire une révérence. Voici ma chère filleule Angélique de Vilenoy, qui va bientôt faire son entrée à Versailles. Je m’occupe d’elle depuis peu.
Certes, c’était un mensonge, mais si petit... _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Mar 8 Juil - 1:11 | |
| Angélique détestait se sentir aussi idiote. Pourtant lorsqu’elle avait annoncer, avec toute la fierté dont elle pouvait être capable, que tout ce qu’elle possédait était sur elle, elle se rendit bien compte du ridicule de la situation : une petite provinciale sans nom ni argent et totalement dépourvue d’éducation arrivait à Versailles en espérant réussir avec sa volonté pour seule arme. En voyant la classe de Tatiana, Angélique se rendait bien compte qu’elle avait été parfaitement inconsciente. Rencontrer la marquise était une chance, une chance inespérée pour elle mais sa fierté l’empêchait d’en prendre conscience.
*Si Dieu m’offre la chance, mon culot fera le reste !*
Du moins essayait-elle de s’en persuader. Elle se refusait à voir que la situation ne jouait pas en sa faveur de prime abord et que si elle ne corrigeait pas rapidement son impulsivité et son manque de modestie, même Tatiana ne pourrait rien pour elle. Il fallait que cette femme aime les défis pour vouloir la prendre sous sa protection. Angélique ne put s’empêcher une fois de plus de s’interroger sur les intentions de sa nouvelle amie : si elle avait été dans sa position, jamais elle n’aurait pris sous son aile une petite souillon insolente. Angélique était convaincue d’arriver à ses fins, elle y était toujours parvenue. Enfin presque toujours, elle n’avait jamais obtenu l’amour de son père ! Mais elle s’était brillamment rattraper sur le reste. Elle savait qu’elle avait ce feu qui permet de tout franchir en elle. Seulement une femme comme la marquise de Suède n’avait jamais dû connaître ni la misère ni le manque de renommée. Elle avait dû tout avoir à la naissance, elle ne pouvait certainement pas comprendre cette rage d’en avoir toujours plus, de prendre cette revanche sur la vie que possèdent les gens comme Angélique. Pourtant malgré son mouvement de recul en apprenant qu’elle avait peu de toilettes, elle semblait toujours aussi déterminée à l’aider.
*Peut-être manque-t-elle simplement de distractions ?*
Angélique en était là dans ses conclusions lorsque la marquise se mit à lui donner ses premières instructions. La jeune baronne fut d’abord un peu offensée que Tatiana lui critique sa toilette alors qu’elle avait tout vendu pour pouvoir l’acheter. Le reste avait servit à la location d’un appartement à Versailles. Ses propriétés ne valaient pas grand-chose et le voyage avait beaucoup abîmé le tissu trop délicat de la robe, d’accord, mais elle s’était donné du mal pour faire bonne impression et le fait de minimiser ainsi tous ses efforts lui avaient porter un coup au cœur. Elle s’apprêtait à sortir une remarque acerbe quand elle jeta un coup d’œil à la robe impeccable de Tatiana. Il n’y avait pas à discuter, elle était parfaite. Peu importe le coup porté à sa fierté, cette femme savait de quoi elle parlait. Elle ravala son orgueil et suivit aveuglément la marquise, acceptant malgré elle de prendre son rythme…pour l’instant. Elle écouta tout et accepta d’aller seule à la bibliothèque pour s’instruire. Après tout, elle n’avait appris à lire que très récemment et il faudrait qu’elle s’exerce. Et puis, cela l’arrangeait d’apprendre les choses par elle-même : elle était reconnaissante des efforts que Tatiana s’apprêtait à fournir pour sa réussite mais elle n’aimait pas dépendre complètement de quelqu’un.
Dans la lettre qu’on a envoyé chez moi, ils m’ont dit que j’aurai une chambre au Triannon.
Elle avait pris le ton de la jeune fille disciplinée que son père aurait rêvé qu’elle soit. Elle voulait montrer à la marquise qu’il y avait de l’espoir pour son éducation, que tout ça ne serait pas en vain ! Un homme les aborda. Il avait l’air niais des pauvres nigauds à qui elle jetait des pierres étant enfant. Le temps n’était malheureusement plus aux jeux. Tatiana répondit tout en lui murmurant de faire une révérence. Angélique obtempéra, elle s’était beaucoup exercée pour que ses mouvement paraissent gracieux et elle espéra que sa protectrice le remarquerait. C’est alors que celle-ci la présenta comme sa filleule dont elle s’occupait depuis peu. Angélique retint son souffle, c’était le moment.
- Mademoiselle, répondit le nigaud en faisant mine de poser les yeux sur elle.
Angélique n’était pas dupe : il n’avait d’yeux que pour Tatiana. Discrètement, elle l’observa pour mieux l’imiter quand elle serait mise de façon à attirer le regard des hommes.
Monsieur, c’est un honneur !
Elle reconnut à peine le ton de sa voix : poli et sage. D’une hypocrisie qu’elle n’appréciait guère. L’homme lui donnait la migraine et elle aurait été ravie de pouvoir plaisanter sur les frisettes de sa perruque assorties à celles de sa moustache.
Je crois que je vous dois des excuses.
Le courtisan fit mine de la regarder mais sans détacher ses yeux de Tatiana.
Je suis les récentes obligations de ma marraine et c’est à cause de moi que vous êtes privé d’elle. J’espère sincèrement que vous me le pardonnerez !
Elle sourit gentiment. Elle espérait que c’était bien ainsi qu’on s’adressait aux nigauds de la Cour de Versailles ! _________________
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 | Sujet: Re: arrivée à Versailles[pv: Tatiana de Suède] Mar 2 Sep - 1:51 | |
| - Ma foi, vous êtes si charmante, que je ne peux que vous pardonner ma chère, répondit galamment le comte de Bénézac.
Tatiana savait bien que le courtisan n’avait guère regardé sa petite protégée mais que pour plaire à la marquise, il lui fallait faire mine de s’intéresser à celle-ci. Finalement, cela la ravissait d’avoir rencontré cet homme. Dans quelques heures, le château entier serait au courant qu’une nouvelle venue avait fait son arrivée, et que sa marraine était la marquise de Suède. L’impatience des dames et des gentilshommes serait d’autant plus grande. Angélique serait attendue pour ses premiers pas en société. Et puis le fait que Tatiana soit marraine ne pourrait que calmer ces messieurs les abbés qui ne cessaient de la rappeler à l’ordre pour son manque de piété manifeste. Elle craignait que l’un de ces fanatiques n’aillent faire leur rapport en haut lieu et que la suédoise soit soupçonnée d’être toujours protestante. Certes, en France, un édit datant du règne du roi Henri le Quatrième autorisait les pratiquants de la religion réformée à vivre selon celle-ci, mais il n’était pas valable sous le toit même du roi très chrétien. Tatiana avait du se convertir en arrivant en France, mais tout le monde n’était pas dupe. On la surveillait donc de très près. La jeune femme pourrait se racheter une conduite en présentant sa filleule.
- Mademoiselle de Vilenoy est issue de petite mais vieille noblesse provinciale. Ses ancêtres ont toujours été les soutiens de Ses Majestés les Rois de France. Mais veuillez m’excuser monsieur le comte, ma filleule est fatiguée de son voyage, et désirerait que je lui indique le chemin de son appartement au Trianon pour pouvoir se reposer. Peut-être pourrons nous nous voir plus tard.
- Je vous en prie, mesdames, faites selon vos désirs. Je suis navré de vous avoir importunées. Je vous écrirais, madame de Suède.
- C’est cela.
« Je ne suis point sûre de vous répondre », compléta intérieurement Tatiana, agacée de tant d’attentions. Elle fit une petite révérence pour lui témoigner de son respect puis s’éloigna en entraînant fermement la jeune fille avec elle. Elle ne songeait déjà plus à cette rencontre inopportune et réfléchissait à ce qu’elle pourrait donner à Angélique. Tout d’abord, les robes qu’elle ne mettait plus, parce qu’elle ne rentrait plus dedans ou parce qu’elle les avait trop portées. Puis de quoi meubler au minimum son appartement. Elle doutait que celui-ci soit très luxueux, ce qui était réservé aux membres de la haute noblesse ou aux représentants de pays étrangers. Pour ce qui était de l’ascension sociale, Angélique n’avait guère le choix. Il lui fallait se montrer charmante pour attirer l’œil d’un riche héritier qui soit enclin à épouser une fille sans dot mirobolante et sans terres dignes de ce nom.
- Excusez-moi pour cet imbécile, Angélique. C’est le souci lorsque l’on a beaucoup de connaissances à Versailles, on ne peut pas faire deux pas, sans que quelqu’un ne vous arrête pour vous faire parler. Hélas ! Quand il s’agit d’idiots de cet acabit... Mais changeons de sujet, il ne mérite guère que l’on s’attarde sur lui. J’aimerais que vous me fassiez le récit de votre enfance, et que vous me disiez ce qui vous emmène ici. Il me serait aussi utile de savoir si vous possédez une famille, des terres, bref, que je sache des choses sur vous qui me permettraient de vous aider plus convenablement. Et puis, pour que personne ne soupçonne que j’ai fait la connaissance de ma filleule aujourd’hui. Mais nous aurons tout le temps de bavarder, mademoiselle, ne vous inquiétez pas. Vous prendrez des collations dans mes appartements dès que vous le voudrez.
On allait désormais passer aux choses pratiques. Néanmoins, Tatiana se prêta à rêver que les deux jeunes femmes pourraient devenir des confidentes, ou au moins des amies. Elles n’avaient pas grand-chose en commun, mis à part le fait de vouloir vivre heureuses à Versailles. Et elles avaient de l’ambition. Elles s’entendraient bien, si tout au moins Angélique n’en ferait pas qu’à sa tête. Tatiana détestait que l’on se moque d’elle.
- Bien, j’espère que notre collaboration se fera sans heurts. Vous ferez la connaissance de ma servante qui n’est autre que ma nourrice. Vera n’est guère accueillante mais au fond, elle a un cœur d’or. J’espère que vous aurez rapidement une servante, je suis prête à la payer s’il le faut. Bien, ceci étant dit, rendons nous dans mes appartements, nous avons du pain sur la planche.
Tatiana, sur ces mots, renferma son ombrelle, avant de reprendre le bras de sa protégée et de la mener dans le château d’une poigne de fer, mais douce néanmoins. _________________
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