
Louis XIV en roi tout puissant, maître de son château où les vies se font et se défont |
| | Behind blue eyes [Pv Mlle de Bourgogne] | |
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| Auteur | Message |
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Suzanne de Bourgogne Une beauté aux yeux océans...

Age : 19 Inscrit le : 24 Juin 2007 Messages : 404 Âge : 21 ans Titre : Duchesse de Bourgogne Humeur Versaillaise Côté Coeur: Coeur à prendre Côté Lit: Personne... Noble Humeur:
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 | Sujet: Re: Behind blue eyes [Pv Mlle de Bourgogne] Mar 12 Fév - 2:27 | |
| Même s'il était clair qu'il souhaitait plus que tout cacher son inclinaison aux doux sentiers des souvenirs, Suzanne compris très vite ce qui était en train de ce passer. Le Roi, son Roi venait de remonter le temps, l'espace d'un instant surement bien trop court comparé à tout ce que contenait sa mémoire, il était revenu une voir deux années en arrière. Il se rememorait ce jour où, pour la première fois, il avait croisé le regard de cette belle jeune femme alors qu'il venait visiter sa mère, soeur de Monseigneur le Cardinal parce qu'elle était souffrante. Cette blondinette que l'on désirait voir entrer au couvant alors qu'elle ne revait que de liberté, d'amour et de livres. Il se souvenait de chacun de ses mots, de la coiffure de ses cheveux, de la robe bleue qu'elle portait, de sa gorge qui se suffisait a elle même. De fil en aiguille il en vaint à se souvenir du goût de sa peau, cette peau qu'il n'avait eu de cesse d'embrasser, ses yeux qu'il ne parvenait, ou plutôt ne voulait pas ôter de sa mémoire, des promesses faites et de l'amour qu'ils jurèrent éternel. Tout était là, en lui cela se voyait.
Des souvenirs Suzanne en avait aussi, peut être même trop, cela lui faisait plus de mal que de bien de penser à Marie mais pourtant elle ne pouvait s'empêcher de ses remémorer celle qu'elle appellait affectueusement sa soeur. Elle aussi se souvenait de tout, des batailles de polochon et de far à joue à en faire rugir de colère la femme de chambre, les soirées passé à refaire le monde, à rêver d'un monde idéal où l'on se marirait par amour et où les titres et les convenances n'existeraient plus. Les fous rires qu'elle avaient eu en voyant Marie imiter à merveille les précieuses de la Cour. Bien sur, le Roi lui même faisait partie de ses souvenirs, pas physiquement mais presque. En plus d'être une amie, une soeur présente, les deux jeunes femmes étaient des confidentes, c'est donc ainsi que la Duchesse connaissait presque tout de la vie des deux amants. Elle savait le Roi doux, attentioné et passioné mais également parfois dur et intrensigeant, elle connaissait par coeur toutes les promesses qu'il lui avait faite et qu'il n'avait pu tenir. A t-il au moins connaissance des soirées entieres que la jeune femme passait à imaginer, faire et défaire ce qui était censsé être leur vie de couple royal ? Savait-il qu'elle avait dessiné avec beacoup de talent le visage de leurs futurs enfants et qu'elle avait trouvé un prénom pour chacun d'eux ? Savait-il qu'elle souffrait de porter en elle l'enfant d'un autre ? Qu'elle regrettait de n'avoir pas voulut devenir sa maitresse lorsqu'elle en eu l'opportunité ? Etait-il conscient qu'elle offrirait jusqu'à sa vie pour avoir juste une minute de plus seule avec lui ? Qu'elle l'aurait suivit et soutenu dans toutes les décisions bonnes ou mauvaises qu'il aurait prit ? Même si elle l'avait toujours aimé, ce n'est qu'avec l'éloignement qu'elle se rendit compte qu'il était sa destiné, qu'il était son âme soeur mais qu'elle ne c'était peut être pas assez battu pour la garder...
Repensser à tout cela arracha une larme à la jeune Duchesse, mais voir le Roi ainsi l'emplit de deception. Non pas contre lui ou son hatitude mais plus par rapport au fait qu'elle venait juste de réaliser que la Reine Mère et le feu Cardinal avait reussit ce pourquoi il était sur Terre. Ils étaient parvenus à faire ce grand Roi un sorte de machine qui ne ressentait rien ou pire, qui ne montrait rien. Mazarin devait être fièr de là où il était de voir son neuveu regner en main de maitre sur le Royaume de France. Pour lui peut importait qu'il s'agisse d'un amour réel et sincère, la sécurité du Royaume passait avant le bonheur de celui qu'il avait le cullot d'appeller son filleul. Cet homme révoltait au plus haut point Suzanne, comment le Roi avait-il pu se laisser marcher ainsi sur les pieds ? Comment as t-il pu être aussi aveugle ?! Même si son admiration pour Louis n'était pas affecté, fidèle à elle même et donc à sa sincérité, elle se devait d'avouer que le Roi manquait sérieusement de jugement.
Morte ? Il est vrai que pour beaucoup de contemporains de sa Majesté, le nom de Marie Mancini n'était plus qu'un petit grains de sable au fond de leurs mémoires. Tous ? Je n'en serais pas aussi sûre, en effet un certain Racine se servira de cette histoire d'amour pour écrire une pièce de théâtre dans laquelle Marie portera le prénom de Bérénice et Louis de Titus, mais chuut, ils ne le savent pas encore. Tout bien réfléchis, il n'est pas certain que demeurer dans la mémoire de deux personne vexe la jeune femme. Suzanne était en effet certaine que si son amie avait voulut ne jamais mourir dans les souvenirs de quelqu'un, elle aurait choisit le Roi et elle. Comment la Duchesse en était aussi sûre ? Et bien parcequ'elle l'avait entendu de la bouche même de celle qu'elle appelait affectueusement sa soeur.
- Cela n'est rien Sire, Marie m'a dit un jour qu'elle n'avait que faire de l'oublie public tant que cela n'affectait pas vos souvenirs... Sa plus grande peur était votre oublie...
En fait, ce soir là Marie avait déclarer ne pas souhaiter sortir de la mémoire de Suzanne et du Roi mais la Duchesse avait bien consience qu'elle n'avait dit cela uniquement pour éviter de blesser son amie. Cela n'affectait en rien l'amitié qu'elles se portait mais l'amour de Louis était bien plus important à ses yeux. Comment lui en vouloir ? On dit que l'amour rend aveugle, Suzanne pense au contraire qu'il les ouvrent sur certaines choses dont on aurait jamais eu conscience si on n'avait pas trouvé la personne pour qui on serait prêt à mourir ou à ranger sa couronne et son manteau d'hermine au placard pour le prochain. _________________
~¤~ " Ce que tu as en commun avec le Roi, se sont tes yeux Suzanne ... " ~¤~  |
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 | Sujet: Re: Behind blue eyes [Pv Mlle de Bourgogne] Mer 27 Fév - 16:58 | |
| Que dire mis à part qu’il était dur de revoir le passé en face. Bien sûr, depuis qu’il était souverain du royaume à part entière, Louis passait ses nuits à tourner en rond, souffrait d’immondes insomnies qui le poussaient à réfléchir en regardant les jardins de Versailles vides et sombres, comme un pays ténébreux avec parfois quelques ombres de gardes qui veillait comme ils le pouvaient dans ce dédale de labyrinthes où les gens peuvent se perdre facilement. Alors dans la nuit … Le monarque, même de sa fenêtre, savait où il fallait tourner pour trouver un petit bosquet, atterrir près de telle fontaine ou tout simplement pour s’extirper de là et pendant qu’il faisait les trajets dans sa tête, le jeune homme réfléchissait à tellement de choses. A son royaume bien entendu car il fallait entretenir les affaires de la France, le mener à bien et conquérir encore. Il avait toujours voulu une France forte et des désirs de nouveaux territoires. Il l’avait même écrit, trouvant que son pays était sûrement l’un des plus puissants d’Europe mais avant de tenter de s’aventurer ailleurs, il fallait qu’il comprenne les ficelles du « métier » de roi, ce qui n’était pas évident en soi. Et durant son insomnie, quand les affaires d’Etat ne suffisent pas à faire passer un temps qui semble suspendu par l’ennui, Louis se met à penser aux gens, à ce qu’il entendait, ce qu’on lui racontait, à des personnes proches … Et cela le faisait remonter dans le passé. Pendant quelques nuits, il lui arrivait à penser à Marie, se demander ce qu’elle devenait, se souvenir de leurs doux moments ensemble, de leurs promenades, de leurs lectures, de leurs promesses, de leurs baisers … Tous ces tendres passages de sa vie qui semblait si loin quand il était assis dans son grand fauteuil devant sa fenêtre. Dire qu’une aussi belle histoire, commencée un peu grâce au hasard, s’était fini dans des larmes et la tragédie. La vie était injuste mais c’était la vie de l’époque : comme si un futur Roi pouvait épouser une fille autre qu’une Princesse. Mais il aurait pu se révolter, refuser ce mariage avec l’Infante, Marie-Thérèse d’Autriche mais à quoi bon, il avait eu sa mère et Mazarin opposé à toute mésalliance avec Marie. La raison d’Etat l’emporta sur celle du cœur, à la grande satisfaction de tous, sauf celles des amants. Et aujourd’hui ? Il ne voulait plus la voir, non pas que l’envie lui manquait mais après tout, elle était mariée et lui Roi d’un pays qui avait besoin d’un monarque puissant et qui ne se laissait pas distraire par l’amour. C’est un poison d’après certains. Ceux là ne savent pas ce qu’aimer veut dire, tout le monde ne pouvait pas connaître ce sentiment vu que le monde est peuplé de mariage arrangé, sans amour donc, juste des raisons politico-financières.
Et si Marie serait montée sur le trône avec lui, qu’est ce qui aurait changé ? Lui, en tout cas, sa vie serait tellement différente, c’était totalement évident … Enfin, il ne fallait pas rêver, il avait une vie toute tracée à présent et se révolter ne servirait à rien. Toutes les larmes, les souvenirs, les battements de cœur du monde ne pouvaient ramener dans le passé ni changer le cours des choses, c’était trop tard. Il faudrait vivre avec cela pour le reste de ses jours et avancer dans sa vie. Et les pages tournent, ne soignent pas vraiment mais atténuent les blessures. C’est un peu pour tout cela que Louis ne réagissait pas en apparence : mis à part son éducation, cela ne servirait à rien. Même si à nouveau, les mots de Suzanne le touchèrent. Marie ne voulait être oubliée de lui … Il leva les yeux au ciel, scrutant les étoiles avec un petit air triste.
L’oublier ? Si vous étiez aussi proche que cela avec Marie, vous connaissez notre histoire. Effacer tout cela est impossible, …
Même dans sa voix, il y eut une sorte de tristesse. Le temps s’était écoulé, Louis avait aussi Amy dans sa vie mais personne ne remplace une autre, elles se succèdent voila tout. Ainsi allait la vie. Puis il baissa sa tête pour à nouveau regarder la jeune femme qui se tenait non loin de lui et hocha de la tête, comme cherchant à dire quelque chose sans savoir quoi exactement, les mots venaient parfois à manquer.
Avez-vous régulièrement de ses nouvelles ? Que devient elle réellement ?
Une pointe de curiosité pour en savoir un peu plus sur la vie de celle qui lui avait fait découvrir l’amour … _________________
{{ A QUI PEUT SE VAINCRE SOIT MÊME, IL EST PEU DE CHOSES QUI PUISSE RESISTER |
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 | Sujet: Re: Behind blue eyes [Pv Mlle de Bourgogne] Mar 3 Juin - 22:44 | |
| S'il est bien une chose que connaissait Suzanne c'est l'histoire d'amour hors du commun qui unit ses deux être essentiel à sa vie. La précision des détails sur le Monarque qu'elle avait à ses connaissance vaut sans aucun doute celle de sa Favorite... Autant vous dire que Suzanne savait des choses sur Louis qu'il était loin d'imaginer. Mais ce que la jeune Duchesse savait aussi c'est la perpetuelle douleur que son amie devait contenir depuis son départ pour la Rochelle mais surtout depuis l'annonce de son état. Porter un enfant n'étant pas celui de Louis était quelque chose qu'elle avait encore du mal à concevoir. On peut quitter quelqu'un par amour, on peut faire du mal la personne que l'on aime uniquement par amour, mais vouloir avoir une partie de cette même personne en soit, vouloir porter le seul être qui nous unira à jamais à celui pour qui l'on donnerait notre âme est normal n'est ce pas ? Alors même si la douleur est forte, à la limite du tenable, on ne dit rien parce que tout ce qu'on veut c'est le bonheur de cette personne, on veut qu'elle aime, qu'elle rit à nouveau même sans nous... On lui est seulement reconnaissant d'avoir un jour croisé notre chemin...
Certes il est normal de vouloir porter un jour l'enfant de celui qu'on aime, mais vouloir faire revenir cette même personne auprès de soit lorsque l'on a été éloigné est tout à fait normal. Alors même si Suzanne comprenais le fait que pendant tout le temps ou le feu Cardinal était de ce monde, Louis ne faisait pas ce qu'il désirait, qu'il était Roi par intérim et qu'il avait un pouvoir de décision uniquement officiel, elle ne parvenait pas à comprendre qu'il ne cherche pas à la revoir maintenant que le Cardinal était mort, maintenant que le pouvoir lui était totalement dédié et qu'il lui suffisait de claquer des doigts pour obtenir tout ce qu'il désirait. Avait-il peur de ses sentiments ou était-il trop idiot pour ne pas y avoir pensé ? Même si cela n'était pas trés joyeu, Suzanne se refusait à croire qu'il puisse avoir peur de celle qui l'aima au point de le regarder la laisser partir sans rien dire. Dans ses lettres Marie n'avait de cesse de raconter à Suzanne qu'elle sentait encore les bras de Louis autour d'elle, qu'elle se retournait encore en sentant un homme portant la même eau de toilette que lui et que, ne serait ce que pour avoir l'impression de s'unir au monarque l'espace d'une nuit elle n'hésitait pas à s'offrir à ces hommes aux douces odeur de Royauté. Ces moments passés auprès de l'homme qu'elle aime rendait Marie heureuse et rien d'autres, pas même sa grossesse ne reussisait à lui donner le sourire autrfois si cher au Monarque. L'espace d'un instant Suzanne s'imagina ce qu'aurait put être la vie si son amie était monté sur le trone avec Louis... Rien n'aurait été pareil c'est certain. La politique mais également la vie intime du Souverain n'aurait pas était la même, peut être aurait-il était le premier Roi sans favorite, son amour pour Marie lui suffisant amplement... Enfin, comme on sait si bien le dire, avec des si nous pourrions refaire un monde, alors rien de sert d'imaginer, cela ne fait que rendre notre coeur encore un peu plus douloureux.
Suzanne ne lacha pas le Monarque du regard, pouvant lire malgrès lui tout ce qu'il cherchait à lui cacher soit par pudeur, soit par douleur. Se rendait-il compte qu'elle parvenait à lire en lui comme dans un livre ouvert ? Je n'en suis pas certaine, toujours est-il qu'elle préfera ne rien dire et continuer la conversation. Aussi douloureuse soit-elle cela devait leur faire du bien à tout les deux de pouvoir partager les souvenirs de Marie.
- Je ne saurais dire à sa Majesté à quel point je connais son histoire, la précision des détails étant bien trop grande... Je sais en revanche qu'il est impossible d'oublier le passé, qu'il soit heureux ou douloureux, choisit ou subit... Je crois également que l'on aprend de son passé, vous avez laissé la vie vous séparer de celle que vous aimez et je suis aujourd'hui certaine que jamais plus vous ne laisserez quelqu'un vous dicter votre conduite.
Lui ne devait pas s'en rendre compte mais Suzanne et le Roi étaient deux personnes similaires au plus haut point. Tout deux étaient fort en apparence mais quelque peu influencable sur les bords, leur personnalités les avaient contraint à se forger une carapce de froideur ou de réserve dans le seul but de se proteger de la méchanceté des autres. Mais contrairement à Louis, Suzanne n'avait pas encore eu le bonheur de connaitre l'amour et ses tourments, tout ce qu'elle savait sur ce drole de sentiment elle l'avait appris de part les livres qu'elle dévorait. Elle avait aussi appris que dire la vérité à quelqu'un n'était pas toujours la bonne solution, que devait-elle faire ? Avouer au Roi que Marie n'était pas heureuse et prendre le risque de faire encore plus culpabiliser le monarque ou au contraire lui faire croire que la jeune femme était des plus heureuse et le soulager même si cela va contre la franchise et l'éducation de Suzanne ? Nan, mentir aux gens n'est pas le meilleur moyen de s'en faire aimer, qui plus est lorsqu'il sagit du Roi en personne, c'est pour cela qu'elle lui dévoilà la vérité à moitié
- Je ne saurais vous mentir Sir mais je ne peut cependant pas vous décrire la totalité de ses actes, tout ce que je puis me résoudre à vous dévoiler c'est que la vie qu'elle mène ne lui convient que très peu et qu'elle fait tout ce qui est en pouvoir pour avoir l'impression même furtive d'être à vos côtés...
Charmante façon de voiler la vérité... _________________
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 | Sujet: Re: Behind blue eyes [Pv Mlle de Bourgogne] Sam 5 Juil - 22:51 | |
| Le passé. On ne peut s’en défaire, rarement en guérir. On doit vivre avec, s’accorder avec ses douleurs, les enfouir au fond de soi, de tourner vers l’avenir, avancer sans se retourner et faire croire que tout va bien, qu’on vit tout à fait avec ce qu’on a vécu, qu’on assume tout et qu’il s’agit de bases solides pour poursuivre. Oui, c’est facile de dire tout cela et même de le montrer. Mais en réalité, qu’en est il vraiment ? Qui peut oser prétendre qu’il va bien malgré un lourd passé ? Pas Louis, c’était certain. Imaginez un petit garçon dont on programme la destinée à peine venu au monde -il sera Roi de France et pas autrement-, qu’on l’éduque dans cet objectif sans relâche, perd son perd à même pas 5 ans et devient dans la foulée le nouveau monarque d’un royaume mal en point à cause des diverses guerres qui le rongent, qu’on lui prenne le pouvoir jusqu'à sa majorité, qui vit La Fronde et cette peur de ne pas s’en sortir avec aussi cette promesse que cela ne se reproduira plus sous son règne alors qu’il a 10 ans à peine, qu’il découvre l’amour entre les bras d’une jeune femme qu’il aime sincèrement, qu’il pense même à épouser pour la faire devenir Reine, même si le plus important est de régner sur son cœur, mais qu’il soit empêcher par sa mère et l’oncle de la demoiselle, que celle-ci soit exilée tandis que lui est marié pour la raison d’Etat à une femme, espagnole de surcroît, qui ne parle pas le français et qui ne lui plait pas. Dans un autre contexte, peut être que Marie Thérèse aurait pu avoir un autre charme mais là, le cœur brisé et la tristesse le rongeant, il la vit plus comme un objet de punition qu’autre chose. Puis tout s’enchaîna : la mort de Mazarin, la prise totale du pouvoir et seul, l’éviction de sa mère et la découverte du plaisir absolu d’être à la tête d’un pays dont il est décidé à relever le niveau. Tant de choses dans une vie, difficile de tout encaisser d’un seul trait. S’il a décidé de se remettre de certaines choses en les contrôlant aujourd’hui, il y en a d’autres qui sont impossible à changer. Marie fut son premier amour, celle qui lui a pris son cœur et quoiqu’il se passe, quiconque viendra après ne changera rien. Oui, le monarque aimait à nouveau mais cela n’avait pas la même saveur, chaque personne est unique et donc chaque histoire aussi. Mais qu’il aurait aimé faire de Marie la Reine de France, prouver au monde que l’on pouvait être un Roi et un homme, qu’on pouvait être fidèle. Aurait-ce été le cas ? Sans nul doute, Louis est une personne entière et s’il aime, il ne verrait pas ailleurs. Tout aurait été tellement différent …
Peut être que son ambition prenait le pas sur sa vie amoureuse, il connaissait Marie et elle lui aurait parlé de cette démesure dans ce château, ces jardins, cette stupide étiquette. Lui voulait voir grand pour qu’on se souvienne de sa personne et tenir les courtisans pour éviter une nouvelle Fronde, sa promesse d’enfance. Et si l’Etat aurait pris le pas sur leur histoire ? Le jeune homme s’était engagé dans une voie, impossible de reculer à présent et même si le souvenir de Mademoiselle Mancini le hantait parfois, certains soirs où il peinait à trouver le sommeil comme ce soir, ce serait impossible de revenir en arrière. Il le pourrait, bien sûr, mais tout aurait changé. Elle ne serait que sa maîtresse, et non son épouse, ce qui fait une énorme différence avec leur projet. Elle serait toujours dans l’ombre de la Reine même si celle-ci peinait à briller en société, il n’empêche que l’espagnole était l’officielle. Oui, il y avait pensé mais à force de penser comme un Roi, cela prenait le pas sur sa vie personnelle. Il aurait peut être un jour des regrets de ne pas l’avoir revu, de ne pas l’avoir ramené à la Cour ni de l’avoir aimé comme elle le méritait véritablement … Parfois il n’est pas bon de ressasser le passé et de vouloir le transposer dans le présent ni dans l’avenir. Un choix à faire même s’il n’est pas toujours bon. Louis XIV n’est qu’un homme après tout, il peut commettre des erreurs. Et ce serait entièrement sa faute. Suzanne avait raison, personne ne lui dictera sa vie alors quoiqu’il en faisait, ce serait lui le fautif. Plus de Anne d’Autriche ni de Mazarin pour diriger, juste lui. Il acquiesça donc aux paroles de la Duchesse en ajoutant.
Apprendre, je ne sais pas mais il est certain que les décisions viennent de ma personne et de personne d’autre. Je ne supporterais plus les contraintes désormais.
Pas besoin d’en ajouter plus, il résumait ce qu’il pensait, avec la peine en moins. Les regrets peuvent vous prendre de temps à autre même si la vie que l’on mène actuellement pouvait paraître comme celle que l’on attendait. Nous ne sommes jamais satisfait de notre vie, toujours à penser que l’herbe est toujours plus verte ailleurs et meilleure aussi alors que si l’on va dans le pré à côté, on se rend compte que toutes les vies se ressemblent sur certains points. Une preuve ? Marie Mancini vivait un mariage ennuyeux, tout comme Louis. Les deux se ressemblaient sur tellement de points, il est aisé de comprendre pourquoi leur amour fut si fort. Et il n’y avait pas cette contrainte constante du pouvoir, il montait sur le trône mais toujours entouré du Cardinal et de sa mère, ceux-ci l’influençant pour les décisions … Mais parlons plutôt de Marie. D’après Suzanne, celle-ci tentait d’avoir l’impression d’être aux côtés de Louis. Ce dernier avait du mal à comprendre cette tournure, ou alors se refusait de se l’avouer. Il leva les yeux au ciel, l’air si sérieux sur son visage, comme inquiet de ce qu’elle pouvait faire de sa vie. Il ne la voyait pas ainsi, sa Marie était si pure …
Je me doute qu’elle n’est pas des plus heureuses, on ne l’est jamais réellement quand on vous impose le chemin à suivre. Quant à Marie, j’ai bien du mal à saisir vos paroles, veuillez précisez pour savoir si je comprends ou non ce que vous me dites. Je l’imagine difficilement vivre une vie qui ne lui ressemble pas.
Nous donnons tous une image sur les gens. Nous les voyons gentils, sages, intelligents, bêtes, pieux, débauchés, fous, inintéressants, purs … Et il est souvent bien difficile de se défaire de cette image, surtout quand on met les gens sur un piédestal. _________________
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