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 | Sujet: Un vent froid dans l'allée Lun 21 Avr - 23:04 | |
| Journée ensoleillée, brise légère, ciel azurin... Temps propice pour les longues promenades, et les courtisans de Versailles ne s'en privaient guère. De ce fait, les Jardins accueillaient bien du monde. Chacun avait le coeur léger, et des envies d'allégresse. Les courtisans courtisaient, et leurs jeunes compagnes se pâmaient, secouant légèrement leurs éventails de manière à faire onduler les boucles soyeuses de leurs cheveux... Bal de couleurs pastels, musique du vent doux que brisaient parfois des rires.
Dans ce tableux gai et lumineux, il fallait bien une ombre. Mademoiselle de Manchester semblait toute désignée pour tenir ce rôle, ayant déjà l'habit adéquat. C'est ainsi qu'une touche de couleur sombre vint s'ajouter à cette calme agitation.
Un sourire en coin sur des lèvres carmin et de grands yeux saphir entourés de cils durs, ce n'était pourtant pas ce que l'on remarquait en premier chez la jeune femme. Une allure grâcieuse, certes, mais qui n'adoucissait pas ses couleurs. Sa couleur, en l'occurance. Du noir. La robe taillée dans le plus beau et le plus intensément sombre velours, et ourlée de satin noir formait un étrange contraste avec la peau, d'une blancheur de magnolia, de sa propriétaire... En deuil, assurément. Ce n’était en fait qu’une jolie mascarade. Son mari était mort, certes, mais elle n’éprouvait aucun chagrin. Il l’avait laissée merveilleusement riche, et divinement libre. Tout ce qu’on lui demandait, c’était de jouer à avoir mal. Pour le moment, elle acceptait de se prêter à ce jeu hypocrite, mais, le jour où elle s’en lasserait, elle troquerait le velours noir pour les soies chatoyantes, les mousselines légères, les cachemires doux… Biensur, quand ce jour viendra, on clamerait l’indescence de ses manières. Peu importait, on lui prêtait déjà bien des vices…
L’ombre glacée passait dans les jardins d’un pas tranquille. En apparence, elle se conduisait comme n’importe laquelle de ces jeunes demoiselle bien sages et ingénues. Quelque chose la démarquait néanmoins de toutes celle-ci. Captivante, malgré son air froid et distant, bien des regard se tournaient vers elle, à son passage. Cela la faisait rire, intérieurement.
Elle avança dans l'allée centrale un moment. Enfin, son regard saphir apperçut le Grand Canal. Sa surface était toute sintillante des rayons de soleil qui s'y reflètaient. La jeune femme se demanda si elle se plairait, à Versailles. La beauté des lieux avait quelque chose d'irréel. Elle se laissa aller à de nombreuses réflexions, qui l'amenèrent à penser à ses amis. Elle coupa court à ses songes avant que le nom de Jude of Newcastle y fasse irruption, et préféra s'appliquer à observer le paysage environnant... |
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